Note : Coucou tout le monde ! On se retrouve pour la fin du chapitre sept ! Il est un peu plus long que la moyenne, mais j'ai pas pu faire autrement. C'est un de mes chapitres préférés ! Et clairement un des plus niais aussi... Sur ce, je vous fais des bisous !


CHAPITRE 7E

Tony poussa un grognementen sentant le corps frais de Loki se dégager du sien. Par réflexe, il roula là où les draps étaient encore tièdes, mais la sensation bienfaisante ne dura pas longtemps et il la sentit disparaître à mesure que son propre corps réchauffait l'espace.

Il se tourna une seconde fois, dégagea un drap qui s'était enroulé dans ses mollets et passa une main dans ses cheveux humides de sueur. Quel climat de merde, jura-t-il mentalement. Il savait déjà qu'il ne parviendrait pas à retrouver le sommeil, du moins pas sans Loki pour lui servir de climatisation personnelle, parce qu'il suait comme un cochon et que l'atmosphère moite pesait sur sa poitrine et l'empêchait de respirer convenablement. Et pour compléter le tout, il crevait de soif.

Tony dégagea les rideaux et quitta le lit. Il faisait encore nuit noire, la pièce n'était éclairée que par la lumière de la salle de bain, qui filtrait à travers la porte close et celle du réacteur. Tony toqua à la porte, l'esprit encore un peu embrumé.

« Qu'est-ce qu'il y a, Stark ? lui parvint la voix contrariée du dieu à travers le bois épais.

- Je rentre et je suis poli, répondit Tony en se frottant les yeux.

Il entendit Loki jurer à voix basse, mais comme ce n'était pas des menaces de mort, il prit sur lui de l'ignorer et d'entrer sans plus de cérémonie. Évidemment, le dieu était très bleu et très énervé. Tony embrassa sa joue en guise de salutation.

- Fais pas cette tête Rudolphe, je fais que passer.

- Tu as un sens du timing déplorable, Stark. Pourquoi est-ce que tu dois toujours me tomber dessus dans ces moments-là ? lui reprocha le dieu, nez froncé.

- Il fait genre cinquante degrés et j'ai soif, pointa Tony. Le monde ne tourne pas autour de toi, tu sais.

Il poussa le dieu grognon hors de son chemin pour accéder au lavabo et entreprit de se passer un peu d'eau sur le visage et les cheveux pour se rafraîchir.

- Putain, même là elle est tiède, se plaignit-il, on veut que je meure déshydraté. »

Il entendit Loki soupirer, et l'instant d'après le dieu se penchait derrière lui pour l'enlacer. Tony frissonna au contact de son torse frais sur son dos nu et posa ses mains sur les avant-bras du dieu qui entouraient ses épaules. C'était vraiment trop pratique, cette connerie.

Il leva le nez pour demander un baiser, et sourit en sentant les lèvres froides de Loki effleurer les siennes. Lorsqu'il baissa la tête, il aperçut leurs reflets dans le miroir. Il les contempla un instant, songeur. Il n'arrivait pas à déterminer s'ils étaient très mal, ou très bien assortis, mais c'était une expérience étrange que de se contempler soi-même, entouré d'un dieu du chaos extraterrestre, très bleu aux yeux très rouges. Pas désagréable, évidemment, mais étrange.

« À quoi est-ce que tu penses ? voulut savoir Loki derrière lui.

- J'arrive pas à savoir si le bleu me va bien. Tu penses que je devrais repeindre mon armure ?

Tony s'était un peu habitué aux yeux rouges à présent. Il ne voyait pas le bas du visage de Loki dans la glace parce qu'il était caché derrière ses cheveux, mais il voyait ses yeux. C'était ceux qui correspondaient aux sourires tendres et calmes de Loki. Il caressa distraitement ses avant-bras.

- Mauvaise idée, tu risquerais d'envoyer tes amis de Midgard en service de réanimation, lui répondit le dieu. Et je croyais que tu préférais le rouge.

- Tu sais, que je crois que tes yeux sont exactement de la même couleur que mon armure. Quand ils sont comme ça, je veux dire.

- Je ne sais pas, murmura Loki pensivement. J'ai l'impression qu'ils sont un peu plus sombres. »

Tony observa avec plus d'attention. Ouais, Loki avait raison, ses yeux tendaient vers le pourpre alors que l'armure avait une teinte plus claire. Il se demanda si ce serait vraiment trop niais de d'adopter la teinte précise des yeux de Loki pour son prochain design et oui, c'était définitivement trop niais. Immortel, tenta-t-il de se rappeler. Ils ne sortaient pas ensemble.

C'était dur de s'en souvenir, surtout quand Loki le tenait comme ça. Tony n'était qu'un petit homme stupide, dans le fond. Par moments, il se demandait encore comment ils en étaient arrivés là parce qu'il se souvenait très bien qu'il avait voulu se débarrasser de Loki le plus vite possible lorsqu'il l'avait trouvé sur son tapis. Et c'était encore plus dur de comprendre pourquoi Tony n'arrivait pas à rassembler sa volonté pour mettre fin à ces conneries d'attachement et de relation.

- J'ai toujours du mal, à comprendre que c'est moi, avoua Loki, concentré sur son reflet. J'ai l'impression que c'est un étranger qui porte mes traits.

- Mais tu peux sentir quand je fais ça, s'amusa Tony en sortant de ses pensées. Il pinça la peau froide sous ses doigts sans prévenir. Loki poussa un petit sifflement.

- Idiot, pesta-t-il. Évidemment que je peux le sentir. C'est juste, je ne sais pas, j'ai l'impression que ce n'est pas mon corps par moment. Même quand j'arrive à passer outre le fait qu'il ressemble à un jötun…

- Tu es jötun, le corrigea platement Tony.

- C'est quand même difficile à comprendre, grogna le dieu. Je ne connais rien de ces… personnes, à part leur histoire houleuse avec Asgard. Je ne sais pas ce qu'ils mangent, comment ils vivent, je ne connais pas leurs traditions ou leur histoire. Je ne sais même pas combien de dégâts j'ai infligés à leur planète. Il y a peu, cela m'indifférait, mais depuis que je commence à me voir comme l'un d'entre eux…

- On pourrait aller faire un tour là-bas, proposa Tony.

Il se rendit compte trop tard qu'il venait de s'inclure dans le voyage hypothétique et retint un soupir. Vraiment, ils n'allaient jamais s'en sortir. Heureusement pour lui, Loki ne releva pas.

- Une excellente idée Stark, grinça-t-il. Bonjour, je fais partie de vos ennemis historiques, en fait, je suis leur second Prince. J'ai tué votre Roi, manqué de faire exploser votre planète et peut-être bien que j'aie tué des centaines de vos habitants, pourriez-vous, s'il vous plaît, m'accorder le gîte et le couvert ?

Tony gloussa à sa voix sarcastique. Il ne devrait vraiment pas trouver le sujet aussi drôle.

- Oh allez, comme si tu comptais être honnête avec eux. Je suis sûr que ça te ferait du bien de voir que ce ne sont pas tous des monstres mangeurs d'enfants. En plus, on pourrait peut-être retrouver Sigmund et Signy ? Je sais que tu aimais bien ces deux petites terreurs, ne me mens pas. Tu les aurais adoptés s'ils n'avaient pas eu de parents, le taquina-t-il.

- Bien sûr que non, protesta Loki même s'il ne trompait personne. Je n'ai aucun désir d'adoption, merci bien, j'ai déjà assez de problèmes avec le sujet.

- Vieux raciste d'Odin, pesta Tony dans sa barbe. Je ne comprends pas comment Thor peut ne pas voir le problème.

- Je pense qu'il commence à le voir, raisonna Loki. Mais comme cela ne l'impacte pas personnellement, il ne s'y oppose pas. Après tout, il aurait plus à y perdre qu'à y gagner.

- Ouais, je vois le genre. T'as vraiment une famille tordue, Rudolphe. »

Loki acquiesça et posa sa tête dans les cheveux de Tony. Il faisait souvent cela, en ce moment. Pas que Tony s'en plaigne.

« J'étais en train de me dire, murmura Loki. Peut-être que je me sentirais plus à l'aise dans cette forme si j'expérimentais plus de choses.

- J'ai du mal à te suivre, Rudolphe. Tu veux faire une liste de trucs à faire dans ta forme de stroumph ? Visiter Disneyland et les chutes du Niagara ? Enfin, je suis pas contre l'idée, mais ça risque d'être compliqué.

Il vit Loki lever les yeux au ciel à travers le miroir.

- Non Stark, le rectifia-t-il. Il y avait une gêne inhabituelle dans sa voix. Je veux dire qu'on pourrait expérimenter ensemble. Physiquement.

Tony sentit ses sourcils rejoindre ses cheveux, il arrêta de respirer alors que l'idée court-circuitait son cerveau. Okay, il avait un fétiche bizarre pour les extraterrestres bleus. Ou peut-être que c'était l'idée que Loki s'ouvrait assez à lui pour oser faire des choses qu'il n'avait jamais faites avant. Le dieu pressa un baiser chaste dans sa nuque et Tony le sentit descendre dans tout son corps.

- Alors ? demanda-t-il à son oreille. Je comprendrais si tu trouvais ça bizarre et on risque de rencontrer quelques difficultés techniques, mais…

Tony tourna la tête pour l'embrasser. L'angle n'était pas exactement confortable et les lèvres de Loki encore ouvertes sur son dernier mot, mais Tony ne s'en formalisa pas. Il l'embrassa longuement, avec tout ce qu'il fallait de dents et de langue, et jusqu'à le sentir fondre contre lui, jusqu'à l'entendre soupirer. Alors seulement, Tony le relâcha pour retourner son corps contre le sien, et il plaça ses mains sur les hanches froides du dieu pour l'attirer vers lui.

- Je suis Tony Stark, Rudolphe, j'adore les difficultés techniques, sourit-il contre ses lèvres.

Loki avait l'air un peu surpris, et il respirait fort. Il passa ses bras avec une certaine hésitation autour de son cou. Tony espérait vraiment qu'il ne venait pas de tout foutre en l'air en lui sautant dessus comme un animal, mais il avait eu du mal à contenir son enthousiasme.

- Je vois ça, oui, lui répondit le dieu l'air un peu sonné. Tu sais, tu es vraiment étrange Stark.

- Je suis un scientifique avant toute chose. Les expériences, ça me connaît. »

Le visage de Loki faisait de nouveau cette chose tendre, comme s'il n'avait jamais rien vu d'aussi amusant, d'aussi incroyable, d'aussi curieux et d'aussi beau que Tony. Il le regardait comme l'on vénérait une idole, comme l'on s'émouvait devant un arbre centenaire, comme lorsque l'on rentrait chez soi après un long voyage. Tony n'arrivait pas à croire que Loki, le gars qui avait vécu des siècles et vu des mondes entiers puisse le regarder, lui, de cette façon, et il sentit son cœur se gonfler dans sa poitrine.

Il aurait fait des choses terribles pour ces yeux rouges et tendres. Envoyé en l'air toutes ses belles résolutions, toutes ses morales et détruit tout ce qui aurait eu l'audace de se dresser entre eux et lui. Mais il n'eut besoin que de lever le visage, de tendre une main et de l'embrasser.

Ce fut assez pour arrêter les mots de franchir sa stupide bouche et assez pour que le sourire de Loki s'étire encore un peu.


« J'ai fait du café, annonça Tony, très fier de lui parce que, eh, il avait fait quelque chose pour quelqu'un d'autre que lui-même.

Loki grogna lorsqu'il ouvrit les rideaux et que la lumière du jour l'atteignit sans pitié. Le dieu était complètement nu, pas même un petit coussin ou un bout de drap pour cacher quoique ce soit. Tony remercia intérieurement la chaleur qu'il maudissait quelques heures auparavant.

- Laisse-moi en paix, infernal mortel, ou je ferais de ta vie un cauchemar, le menaça le dieu en se retournant pitoyablement pour échapper à la lumière.

L'effet était un peu gâché par la paire de fesses bleues qu'il venait de dévoiler et par ses cheveux qui ne ressemblaient vraiment, mais alors vraiment plus à rien.

- Allez, Belle au bois dormant, toute une journée à la librairie ! Oh wow, des livres poussiéreux auxquels plus personne ne s'intéresse et une pièce qui te nique les yeux. Je sais que tu en rêves la nuit, le taquina Tony.

Il manœuvra précautionneusement pour ne pas renverser le contenu de leurs tasses et s'installa aux côtés du dieu qui faisait à présent le mort. Tony eut un ricanement un peu gamin en tapant sur le crâne de son amant avec l'une des tasses chaudes. Loki se redressa, sourcils froncés et moue chiffonnée aux lèvres. Il prit la tasse offensante avec suspicion.

- Pour rêver, il faudrait encore que tu me laisses dormir, Stark. Tu es irrécupérable, râla-t-il.

- Oh, arrête un peu de geindre, Rudolphe, on sait tous les deux que tu adores ça, sourit Tony en prenant une gorgée du nectar divin.

- Un peu moins le lendemain matin. J'ai l'impression de m'être fait écraser par un dragon. »

Tony partageait secrètement le sentiment. Ni l'un ni l'autre n'avait beaucoup dormi la nuit dernière et, à sa fatigue, s'ajoutait tout un tas de crampes qui martyrisaient divers endroits de son corps. Il était prêt à admettre que ses jambes et ses reins le tuaient. De plus, Loki avait de légères tendances à déraper. C'est-à-dire, à mordre et griffer quand l'envie lui en prenait.

Ils avaient également découvert que Loki pouvait également bel et bien le brûler. Tony s'en était relativement bien sorti parce qu'il avait tout de même failli perdre ses épaules dans la bataille. Loki l'avait plutôt mal vécu, mais Tony s'était empressé de le rassurer parce que bon, les dérapages arrivaient, et qu'avec le recul, il s'était même senti plutôt flatté.

« Tu as encore une marque, lui fit remarquer Loki, en passant sa main libre sur la zone incriminée.

Ouais, c'était encore rouge et ça le brûlait par intermittence, comme un coup de soleil. Tony posa sa main par-dessus la sienne, absorbé par ses souvenirs. Ça avait été le moment où ils avaient décidé qu'ils avaient besoin de repos, et où Tony avait accepté de laisser son amant jouer à Dani Lary. Ça avait été terrifiant, d'autant que, de son propre aveu, le dieu était plutôt mauvais guérisseur.

- Ça va, je sens plus rien, tu t'es bien débrouillé, mentit-il.

Loki plissa ses yeux rouges, l'air suspicieux. Tony embrassa leurs mains jointes avant de le relâcher.

- Ça va, je te dis, c'est un accident et ça arrive. Je savais que c'était un risque à prendre. Tu m'avais prévenu, tu t'en souviens ? Maintenant, arrête de faire cette tête et bois ton café. J'y ai mis beaucoup d'efforts.

- Idiot, grogna Loki en s'exécutant. Je me demande souvent comment tu as fait pour rester aussi longtemps en vie.

- Moi aussi. » Ricana Tony.

Ils terminèrent leurs tasses respectives en silence, Tony avait posé sa tête sur son coussin préféré, le torse de Loki, ce qui rendait la manœuvre un peu périlleuse. Il était sûr que le dieu le tuerait s'il venait à en renverser partout. Les yeux fermés, il appréciait le goût et l'odeur du café qui envahissait ses sens et la fraîcheur bienfaisante de la peau de son amant. Une vraie bénédiction. Le torse de Loki se soulevait lentement au rythme de sa respiration.

« C'est quoi le programme pour aujourd'hui ? demanda-t-il pour essayer de lutter contre le sommeil qui l'envahissait. On devrait sortir faire des trucs. J'en peux plus de la bibliothèque et des recherches sur les cailloux.

- Tu es un grand garçon, Stark, le réprimanda Loki. Tu es libre de faire ce que bon te semble de tes journées. Et mes recherches sur les cailloux, comme tu le dis si bien, sont importantes. Que voudrais-tu faire d'autre ?

- Je sais pas… On pourrait aller voler les designs de leurs armures extraterrestres. Pour la science. Tu sais que le gars qui travaille sur les armures des gardes royaux a pas voulu me laisser regarder ? Alors que tous les autres n'avaient aucun problème ! C'est vraiment scandaleux.

- Freyr est paranoïaque comme ça, acquiesça Loki. Tu ne peux pas l'en blâmer, son peuple risque de se révolter à tout moment et Odin lui envoie des espions par paquet de douze. Évidemment qu'il ne souhaite pas que les schémas de ses meilleures armures soient diffusés au reste des Neuf Royaumes.

- Mais ce n'est pas drôle, protesta Tony. Il ne veut même pas me donner la liste des matériaux, c'est un gros égoïste ! Aller, Loki chéri en sucre, je suis sûr que si on s'y met à deux, on peut tout lui emprunter le temps de quelques analyses, et après, on aura plus qu'à remettre les plans en place ! Il ne s'en rendra même pas compte !

- Je commence à m'inquiéter pour tes valeurs morales, Stark, le taquina le dieu. Je croyais que tu étais contre le vol.

- Premièrement, ce ne sera pas un vol mais un emprunt, et ensuite, c'est de ta faute. C'est toi qui m'emmènes du côté obscur de la force ! protesta Tony.

- Allons donc, moi qui ai toujours été un modèle de vertu…

- Tu veux la liste de tes bêtises ? Je peux te la faire en ordre chronologique. Et les yeux fermés, s'amusa Tony même si, à bien y réfléchir, les bêtises de Loki n'avaient rien de drôle.

- Mais j'ai fait tant d'efforts, geignit Loki. Même pas un seul incendie… Oh, si, mais il était si petit. »

Tony ricana avec une pensée émue pour le trafiquant d'enfants lézard qui avait fini sur son tapis. Il espérait secrètement que Loki avait bien fait son travail et qu'il ne restait plus que des cendres de la base de ses opérations. Enfin, connaissant son amant, il ne se faisait pas trop de soucis.

Il prit la tasse des mains de Loki et la posa avec la sienne sur une des étagères qui peuplaient les murs. Loki jeta un regard désapprobateur à la vaisselle qui commençait à s'accumuler parmi ses précieux bouquins, mais il décida, pour une fois, de garder sa jolie bouche fermée. Tony se réinstalla avec un soupir d'aise et tendit la tête pour l'embrasser chastement. L'une des mains de Loki se posa gentiment sur son torse, Tony admira le contraste que tout ce bleu faisait avec sa peau.

« On devrait demander à ton oncle s'il sait un truc à propos de… Tu sais, la planète que t'as failli détruire. Honnêtement, je pense pas que ça soit si terrible que ça. On a rien vu de trop dramatique en survolant Jotünheimr, tu te souviens ?

- Difficile à dire, nous ne nous sommes pas exactement arrêtés faire du tourisme, soupira Loki. Un de ses doigts tapotait distraitement le réacteur arc.

- Raison de plus pour en avoir le cœur net. On lui demandera à dîner, d'accord ? insista Tony qui n'allait pas le laisser s'en tirer aussi facilement.

- Si tu y tiens, soupira le dieu. J'avoue que j'ai un peu peur de la réponse. »

Ils passèrent les heures suivantes de façon peu productive. Tony somnolait, heureux de pouvoir prendre du repos et de la fraîcheur auprès de son amant, tandis que celui-ci lisait l'un des ouvrages qui encombraient les murs. De temps à autre, il interrompait sa lecture pour passer une main distraite sur le torse ou les cheveux de Tony, pour quémander un baiser, ou pour lui lire un passage qu'il appréciait particulièrement. Dans son demi-sommeil, Tony se surprit à imaginer le reste de sa vie ainsi, les matins tendres, hors du temps et du reste du monde. Ce n'était peut-être qu'un joli rêve, mais en cet instant, il se confondait presque avec sa réalité.


« Vous connaissez l'étendue des dégâts sur Jotünheimr ? demanda Tony sans préambule une fois leur repas terminé.

Loki lui jeta un regard, agacé de son manque de tact. Pourtant, depuis le temps, il devrait y être habitué. Freyr, pour sa part, avait l'air de quelqu'un qui venait juste de se rappeler de son existence. Il le fixait avec l'air de dire, mais que fait-il encore là ? C'était agaçant, mais à ce stade, Tony ne le relevait plus. D'ailleurs, après avoir un peu réfléchi à ses arguments et à ceux de Loki, il ne pouvait pas dire qu'il l'en blâmait. Lui aussi aurait du mal si son neveu un peu instable lui ramenait un gars qui risquait de crever à tout moment.

- C'est une question bien étrange, surtout pour un mortel qui n'a rien à faire dans les affaires des Neuf Royaumes, remarqua Freyr en s'essuyant la bouche. Tony ne put s'empêcher de remarquer que celle-ci ne comportait pourtant pas la moindre trace de saleté.

- Laissez-le tranquille, intervint Loki non sans une certaine lassitude. Il a raison et la réponse à cette question est m'importante.

- Pourquoi ? le questionna son oncle. Tu ne peux pas revenir dans le passé et défaire ce que tu as fait Loki.

Tony savait que son amant n'était pas du genre à s'appesantir sur les actions qu'il avait commises. D'ailleurs, Loki lui avait déjà démontré son incroyable capacité à continuer sa vie comme si sa conscience était aussi blanche que neige. Tony avait d'abord mis cela sur le compte d'un cursus moral vraiment douteux, et du fait qu'il était un super-vilain maniaque et psychotique avant de comprendre que Loki ne pouvait tout simplement pas continuer à vivre en pensant à ce qu'il avait fait. C'était trop lourd et trop tordu à porter, même pour quelqu'un pour lui.

- Je suis simplement curieux, lui répondit Loki. Et vous aviez raison, j'ai une part de responsabilité dans cette attaque. Je l'ai longtemps rejetée sur les autres, Odin, Thor, parfois sur ma mère et vous-même, ainsi qu'Asgard toute entière. Je pense toujours que vous en êtes un peu coupables, mais je sais à présent que je le suis également. C'est pour cela que je veux savoir. J'en ai le droit, et j'en ai besoin. Je peux entendre la vérité.

Freyr hocha lentement la tête, réfléchissant à leur requête. Il n'avait pas l'air trop en colère, ce qui était toujours un bon signe. Tony commençait un peu à en avoir marre de se prendre la tête avec lui.

- Je suppose que oui, tu en as le droit. C'est une bonne chose que tu puisses revenir sur tes actes avec autant d'objectivité, même si j'ai comme l'impression que quelqu'un te pousse dans cette direction, accusa-t-il.

Tony prit son air le plus innocent tandis que son amant fronçait le nez selon sa coutume.

- Je ne laisserais pas Stark m'influencer si je n'en avais pas envie, se défendit-il.

- Je vous confirme qu'il n'est vraiment pas très influençable, l'approuva Tony, dans un effort de bonne volonté. Il ne m'écoute jamais et il a même refusé de venir avec moi voler les plans de…

- Tais-toi Stark, siffla le dieu. »

Tony retint un ricanement. Cela lui apprendrait à refuser de l'aider avec ses supers designs d'armures. De toutes façons, il finirait par mettre la main sur ces plans et ces matériaux, que Loki l'aide ou non. Lui aussi pouvait être un génie du crime si l'envie lui en prenait, tiens.

Heureusement pour eux, Freyr n'avait pas l'air de prendre leur petit échange très au sérieux. Il caressait sa barbe distraitement en rassemblant ses pensées.

« Pour tout vous dire, je me suis bien abstenu d'aller constater les dégâts en personne, c'était embarrassant, vous comprenez. Mais j'étais curieux, aussi ai-je envoyé Svadilfari sur place afin qu'il me fasse un rapport. C'est mes guerriers les plus rapides, voyez-vous, précisa-t-il en direction de Tony.

- Svadilfari, d'entre les centaines de soldats dont vous disposez, releva Loki. Vraiment, mon oncle ? Vous vous moquez de moi ?

Le dieu avait perdu un peu de couleur et il avait l'air positivement dégoûté. Tony n'avait jamais vu son nez si froncé. Il dressa l'oreille. Il ne savait pas qui était ce gars, mais ça promettait d'être intéressant.

- Eh bien, je m'étais dit que je pouvais faire d'une pierre deux coups. Je le forçais à constater ce dont tu étais réellement capable et j'avais un rapport fiable. Qu'en penses-tu, plutôt malin, non ?

- Non pas que je me soucie réellement de lui, mais c'est cruel. Même pour vous, remarqua le dieu.

- Hep, j'ai loupé une partie de l'histoire, moi, leur rappela Tony que la curiosité travaillait. Vous voulez pas être gentils et partager avec le pauvre mortel que je suis ?

- Oh, mais avec plaisir, lui répondit Freyr avec un enthousiasme suspect. C'était bien la première fois qu'il était si poli là l'égard de Tony.

- Certainement pas, ce ne sont pas ses affaires, le coupa Loki. Répondez d'abord à notre première question, vous voulez bien ?

Tony passa ses yeux de Freyr et son large sourire, à son amant, sa pâleur et son air embarrassé. Oh, il devait savoir ce qu'il s'était passé, ça avait l'air hilarant. Si on lui avait dit qu'il se retrouverait un jour à prendre l'apéritif avec le tonton de Loki et que celui-ci serait disposé à lui raconter une anecdote gênante, il n'y aurait pas cru.

- Très bien, très bien, tu as raison, nous nous éloignons du sujet initial, convint Freyr que son air taquin n'avait toujours pas quitté. Donc ton cher Svadilfari s'est rendu sur place sous mes ordres. D'après lui, presque un quart de la Capitale Utgard aurait été emporté par le Bifrost.

Tony tenta de rassembler ses souvenirs à ce sujet. Il se souvenait bien de la ville, mais il n'en avait pas aperçu grand-chose parce qu'elle était protégée par un mur. Enfin, rien ne lui avait semblé particulièrement détruit et il n'avait pas vu d'énorme cratère. Il s'était simplement dit que les jötuns avaient des goûts très glauques en matière d'architecture ou, ce qui était plus probable, pas assez de moyens pour entretenir et améliorer leurs habitations.

- Et les habitants ? voulut savoir Loki.

Freyr marqua un temps d'hésitation, mais Loki le fixait sans ciller. Tony retint son souffle, parce que ça ne sentait pas bon. Il n'avait plus du tout envie de rire.

- Les chiffres ne sont pas clairs, c'était la partie la plus défavorisée de la ville. Ils ont eu des problèmes de recensement par la suite.

- Combien ? insista le dieu, inflexible.

- Plusieurs dizaines, répondit Freyr non sans une certaine hésitation. Beaucoup ont réussi à évacuer à temps, mais ceux qui se trouvaient directement sous l'attaque n'ont pas eu cette chance. Les estimations varient, cinquante, soixante, peut-être plus. Sans compter les blessés, évidemment.

Tony serra les lèvres. Un seul, c'était déjà trop. Les chiffres ne voulaient plus dire grand-chose et ce serait se torturer que de chercher le nombre exact. Loki semblait être arrivé à la même conclusion que lui parce qu'il cessa d'insister et se renfonça dans sa chaise.

- Svadilfari a mené son enquête, et personne ne sait ce qu'il s'est passé sur Jotünheimr. Ils ont compris qu'il s'agissait du Bifrost, mais Odin a fait passer tout cela pour un accident. Il leur a envoyé de quoi reconstruire leur cité en dédommagement, ajouta Freyr avec un petit souffle méprisant. Évidemment, les jötuns ne sont pas stupides, ils savent qu'il y a plus que cela et les familles des victimes ne cessent de demander des réponses à leur nouveau Roi qui ne peut pas les leur donner. À trop creuser, il risquerait de se prendre les foudres d'Asgard et des Neuf Royaumes et tout le monde sait qu'ils n'ont pas les moyens nécessaires pour contre-attaquer.

- Ils ont un nouveau Roi ? s'étonna Loki. Qui est-ce ?

- Bien sûr, qu'ils ont un nouveau Roi, lui répondit Freyr. Que pensais-tu qu'ils feraient après la mort de Laufey ? Son fils aîné a pris sa place sur le trône, un certain Býleistr. Nous avons peu d'informations sur lui, mais il a la réputation d'être un homme plus réfléchi que son père.

- C'est ton frère non ? raisonna Tony sans trop de tact.

Cela tombait sous le sens, mais Loki parut perturbé par sa remarque.

- J'ai un frère ? s'étonna-t-il. J'ignorais que Laufey avait des enfants et pourtant, Odin m'a élevé dans la diplomatie, vous pouvez le croire.

- Laufey a eu deux enfants officiels. Býleistr et Helblindi, son cadet. Tu es le benjamin, de ce que j'ai compris. Et tu ne devrais pas être si surpris. D'abord, Odin n'a jamais eu aucun respect pour les jötuns, il ne les aurait pour rien au monde inclus les rejetons de Laufey dans les relations entre les Neuf Royaumes. Et ensuite, le moins tu en savais et le moins tu risquais de te douter de quelque chose.

- J'ai deux frères aînés, répéta Loki qui avait décidément bien du mal à intégrer l'information.

- Tu en as trois, le reprit gentiment Freyr. Je sais que tu ne veux pas parler de Thor, mais il reste ta famille. »

Loki ne répondit rien, mais Tony pouvait dire à son nez qu'il n'était pas exactement d'accord. Je veux qu'il souffre comme j'ai souffert, lui avait-il dit, et Tony commençait à comprendre d'où provenait ce sentiment. Des siècles à se sentir différent, jamais à la hauteur. Un père complètement tordu qui avait toujours favorisé son fils biologique. L'aveuglement plus ou moins volontaire de Thor face à une situation que son frère vivait comme injuste.

Malgré cela, il était sûr que les deux frères finiraient par se réconcilier un jour. Peut-être pas tout de suite, mais dans le futur, lorsque les rancœurs de Loki seront apaisées et que Thor aura assez mûri pour se remettre en question. Tony espérait qu'il serait là pour voir ce jour arriver, mais en attendant, ils étaient tous les deux sur de bons chemins. Il n'y avait plus qu'à attendre qu'ils se croisent.

« Je n'ai toujours pas eu mon histoire de Svadilfari, se plaignit Tony pour changer l'ambiance devenue un peu morose.

Les yeux de Freyr s'allumèrent tandis que Loki s'enfonçait encore plus loin dans son siège.

- Mais vous avez absolument raison, mon cher Tony. Vous allez voir, c'est une anecdote qui vaut son pesant d'or. D'ailleurs, elle est connue dans tout le Royaume. J'ai rarement la chance de la raconter.

Loki émit un grognement audible. Tony était sûr que s'il pouvait disparaître dans la seconde, il le ferait.

- Voyez-vous, je connais bien Svadilfari car son père, un géant, était un très bon ami à moi. Il nous a beaucoup aidés lors de la construction de ce palais et il avait des idées si irréalisables qu'elles rendaient Odin et ses hommes complètement fous. Nous nous sommes tout de suite très bien entendus.

- Êtes-vous vraiment obligé de raconter cela ? se plaignit Loki, toujours très enterré. Freyr l'ignora superbement, au grand plaisir de Tony.

- Svadilfari était un enfant normal, rien de particulier à son propos. C'était un garçon en bonne santé, joyeux, très fort et très rapide, des caractéristiques qu'il avait héritées de son père. À l'adolescence, il fit ce que beaucoup de jeunes de son âge font dans notre pays, c'est-à-dire qu'il s'engagea dans notre armée, en espérant, à terme, pouvoir intégrer la garde royale. J'en étais évidemment honoré, mais ce fut à cet instant que les choses prirent une tournure mettons… cocasse.

- Par les Normes, intervint Loki du fond de son fauteuil. Finissez-en. C'est vraiment ridicule !

Freyr gloussa comme une gamine tandis que son neveu s'agitait. Tony retint un rire en prenant une gorgée de vin et son meilleur air attentif. Très mauvaise idée.

- Il apparut assez rapidement que ce cher Svadilfari n'avait pas hérité de son père que sa force de géant. Il était également très bien membré, si vous voyez ce que je veux dire.

Tony s'étouffa, au grand amusement de Freyr. Il cracha ses poumons longtemps, parce que cette connerie de vin lui était ressortie par les narines. Est-ce que l'oncle de Loki, Monsieur le grand seigneur, était en train de lui raconter une histoire grivoise ?!

- Respire Stark, respire, le nargua le dieu, qui semblait avoir retrouvé un peu de bonne humeur devant le spectacle de sa souffrance. Petit enfoiré.

- Apparemment, la chose était si impressionnante que tout le Royaume en fut mis au courant en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, poursuivit Freyr, imperturbable. Les gens l'appelaient l'étalon, et le pauvre, même s'il en était flatté, se retrouva vite avec une flopée de jeunes filles et même de jeunes hommes, suspendus au moindre de ses mouvements. Personne n'a jamais su comment la rumeur avait été lancée, mais elle suscitait des passions folles dans tout le pays.

- J'arrive pas à y croire, commenta Tony qui se remettait encore de son étouffement. Le gars est devenu légendaire sur toute votre planète ?

- Oh, et bien au-delà, je peux vous l'assurer. Sa réputation a même dépassé les Neuf Royaumes. Il le vit beaucoup mieux aujourd'hui, mais je peux vous assurer qu'à l'époque, il croulait sous les attentions et il ne savait pas comment s'en défaire.

- Et après ? voulut savoir Tony, qui ne voyait pas très bien ce que son amant avait à faire là-dedans.

- C'est là où l'histoire devient vraiment drôle, sourit Freyr. À l'époque, ma sœur insistait encore pour que ses garçons viennent me rendre visite le plus souvent possible. Arrivent donc Thor, ses bons amis qui ne le quittaient jamais, surtout à cette période de l'adolescence, et ce cher Loki. Maintenant, voyez-vous, Thor a un très bon ami du nom de Fandral…

- Mais je connais ce type ! s'exclama Tony, trop surpris pour penser à se retenir.

Freyr tourna un œil vers son neveu pour chercher confirmation. Loki fit un geste vague de la main, l'air embarrassé.

- Longue histoire, on s'est croisés chez des pirates et il portait une cape hideuse, expliqua-t-il.

- Soit, reprit Freyr, sourcils un peu haussés. Eh bien, je ne sais pas à quel point vous avez appris à le connaître, mais Fandral s'est toujours vu comme un grand séducteur. Il a gagné en tempérance et en galanterie depuis, mais à l'adolescence, c'était un véritable fléau. Il sautait sur tout ce qui bougeait et, je dois bien l'admettre, avait un succès surprenant en la matière.

- Pas si surprenant que cela, c'est un des meilleurs amis du Prince d'Asgard, railla Loki de sa position enfoncée.

- Cela a pu jouer effectivement, lui concéda Freyr. Enfin, ce fougueux jeune homme s'est mis en tête de séduire celui dont tout le monde parlait, le fameux Svadilfari. Sa curiosité et surtout son ego en dépendait. Il passa donc tout le temps de son séjour auprès de lui, et déploya des trésors d'inventivité pour arriver à ses fins. Svadilfari avait un entraînement ? Il se découvrait une passion pour l'archerie et le rejoignait. Svadilfari voulait sortir explorer les tavernes ? Fandral entraînait Thor et toute sa clique et s'assurait qu'il passait une soirée inoubliable. Tout le pays suivait cela avec attention, vous imaginez bien. Un ami du premier Prince d'Asgard, réputé le tombeur de ses dames et notre étalon local… Cela faisait grand bruit. Chaque sortie à cheval, chaque bouquet de fleurs… Tout était détaillé et commenté avec la plus grande attention par les nobles, elfes comme asgardiens, et ces détails passaient ensuite à leurs serviteurs puis au reste du peuple. On en finissait plus.

Tony suivait l'histoire, très investi. Il en avait même oublié l'odeur de vin qui lui encombrait encore les narines.

- Vint alors le point culminant de cette histoire. À la fin du séjour, qui avait tout de même duré trois semaines de rumeurs et de suppositions, on organisait un banquet en l'honneur du départ des deux Princes d'Asgard et de leurs amis. Tout le monde attendait ce banquet, parce qu'il était dit que Fandral comptait sur cette occasion pour fondre sur sa proie. Vous auriez vu la foule qu'il y avait… Et pas des moindre, non. Le gratin de la cour, leurs amis qui les avaient suppliés de venir, leurs serviteurs qui les accompagnaient sous des motifs plus ou moins fallacieux. Enfin, je m'égare, mais c'était une grande soirée…

- C'est bon, s'impatienta Loki, je crois qu'il a compris l'idée générale.

Freyr gloussa. Il savourait ostensiblement la gêne de son neveu et l'impatience de Tony, spectateur attentif. Il marqua une petite pause pour le suspens, et but de son vin en le regardant tous les deux de ses yeux clairs et pétillants.

- La soirée avait bien commencé, se souvint-t-il. Fandral était aux petits soins pour ce cher Svadilfari et tout le monde les espionnait. On le voyait aller chercher des verres, des plats, courir dans la salle, plus affairé encore que les serviteurs et Svadilfari semblait plutôt attendri par ses efforts. Lorsque l'on eut fini de manger, de boire et de converser, les musiciens arrivèrent et on vit Fandral se lever pour aller entraîner son courtisé sur la piste de dance. Il est coutume de finir ainsi les soirées chez nous. La seule personne qui ne vit pas Fandral se lever, je vous le donne en mille, ce fut Svadilfari lui-même. Il était bien trop occupé à essayer de convaincre le Second Prince d'Asgard, dieu des mensonges et du feu en personne de lui accorder une dance.

Tony un rire étranglé et se tourna vers son amant, incrédule. Freyr continuait son histoire sans pitié.

- Et non seulement il le lui demanda devant toute la cour, mais en plus le Prince accepta après bien des supplications de sa part. Vous auriez dû voir cela, c'était à se tordre de rire. Ce pauvre Fandral, éconduit et furieux… et Loki qui faisait des manières avant d'accepter. Ils ont ouvert le bal, évidemment et seule l'intervention de Thor a empêché Fandral de provoquer Loki en duel. Personnellement, je pense qu'il en avait tout à fait le droit. Tu as quand même ruiné trois semaines de sa vie, adressa-t-il à son neveu.

- Un vrai Don Juan, s'exclama Tony incrédule. J'arrive pas à y croire, le gars passe des semaines à essayer de se le mettre en poche, et toi, tu lui piques en quoi… une soirée ?

- Oh non, pas du tout, le corrigea Freyr avec une indulgence teinte d'hilarité. Mon cher neveu était lui aussi bel et bien au travail depuis trois semaines. Ce pauvre Fandral ne s'était pas rendu compte qu'en amenant Thor et son frère partout avec lui, certainement pour impressionner la galerie, il amenait également le loup dans la bergerie. Loki avait profité de ces occasions pour duper son monde.

Tony ne put s'empêcher d'éclater de rire.

- Pauvre Fandral, c'est pour ça qu'il te déteste tant ?

- Il n'a jamais réussi à bien le digérer, acquiesça Loki avec une petite moue gênée.

- La blague ne s'arrête pas là, insista Freyr. Parce que Svadilfari s'était tant énamouré de Loki qu'il en vint à demander sa main un mois plus tard, à l'occasion d'une autre visite royale. J'ai cru que Fandral n'allait jamais s'en remettre.

- Quoi ?! Il t'a demandé en mariage ?! S'étouffa Tony. Pourquoi je savais pas ça ?

- Parce que c'est embarrassant pour lui, et que je tenais pas à t'en informer, lui répondit le dieu, avec une grimace.

- C'est vrai, il a été courageux d'oser remettre les pieds à la cour après un tel rejet, abonda Freyr. Je ne sais pas si je m'en serais remis. Il était très amoureux et tu ne lui as répondu que par des mots durs et des remarques sanglantes.

Eh bien… Tony ne pouvait qu'espérer qu'il ne subirait pas le même sort que ce pauvre gars.

- Et il avait vraiment… Tu sais, un énorme chibre ?

Freyr ricana tandis que Loki lui jetait un regard outré. Sérieusement, il ne pouvait pas être si surpris que ça, évidemment que Tony voulait savoir !

- Ce sont des informations privées Stark. Je ne tiens ni à confirmer ni à dénier les rumeurs à ce sujet.

- Okay, tu me diras plus tard. »

Loki leva les yeux au ciel tandis que Tony se réinstallait plus confortablement dans sa chaise, très satisfait d'avoir entendu l'anecdote. Oh, il avait bien compris que Freyr ne la lui avait pas racontée de bonté de cœur et qu'il avait certainement voulu le dissuader de courir après son neveu, mais Tony était un être têtu. Plus on lui disait qu'il n'avait pas le droit d'avoir quelque chose, et plus il la voulait.

Tony lança son meilleur sourire charmeur au dieu qui lui faisait face d'un air grognon. Oui, super-vilain, immortalité et tonton bizarrement protecteur pouvaient bien aller en enfer. Il était Tony Stark, et Tony Stark obtenait toujours ce qu'il voulait.