Retenue et frustration

James et Sirius avaient rendu le professeur McGonagall si furieuse avec leurs blagues de toilettes qui explosent qu'elle les avait collés jusqu'à Noël. Ils avaient essayé de protester, de se rejeter la faute l'un sur l'autre (c'était légal si au moins l'un d'entre eux pouvait s'en sortir) et même de la convaincre que Peeves les avait manipulés pour qu'ils le fassent. Inutile de dire que rien n'avait fonctionné et qu'ils durent passer tous leurs vendredis soir de 18 h à 22 h à faire des corvées différentes toute plus désagréables les unes que les autres et qu'elle avait même retiré trente points à Gryffondor chacun. Lily et Remus étaient furieux contre eux, ce qui avait provoqué une dispute entre James et elle.

La salle commune était restée silencieuse pendant leur dispute et les gens se regardaient les uns les autres, trouvant cette situation trop étrange pour y croire. Jamais en un million d'années ils n'auraient cru James capable de crier sur Lily, mais ils avaient eu tort. Elle lui avait dit qu'il était toujours un crétin immature et insupportable, dont le seul désir était de détruire autant de choses que possible et il avait répondu en lui disant qu'elle était une je-sais-tout agaçante qui ne savait pas ce que s'était de rigoler et qu'elle n'avait pas à lui parler si elle le détestait tant.

— Laisse-nous un peu tranquille Evans, arrête d'agir comme si tu étais parfaite tout le temps et comme si tu n'avais jamais fait un pas de travers dans ta vie, miss perfection ! Quelques étages ont été inondés et alors. Ce n'est pas comme si Rusard avait dû tout nettoyer à la main, c'est une putain d'école de sorcellerie Evans, tout est parti d'un simple coup de baguette. On s'est plus amusé qu'on a fait de mal et on récupérera ces soixante points en un rien de temps, ce n'est pas comme si on ne travaillait pas assez dur sur le terrain de Quidditch pour ça ou qu'on était des idiots en classe, comme tu aimes tant le croire.

Elle était restée là, les yeux écarquillés alors qu'il lui vomissait ses mots durs avec un ton froid qu'elle ne lui avait jamais entendu utiliser, avant de lui tourner le dos et de traverser le portrait de la Grosse Dame, Sirius sautant du canapé où il était assis avec Peter pour le suivre. Inutile de dire que cela avait jeté un froid autour d'eux tous, et Lily avait depuis refusé de s'asseoir avec eux ou de laisser Marlene parler de lui. Elle avait dit à son amie, le visage aussi rouge qu'une tomate, que si elle voulait sortir avec cet idiot, ce crétin de bas étage au cerveau aussi petit qu'un pois, qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait, mais qu'elle ne voulait pas en entendre parler.

– Mais c'est d'un ennui mortel, je vais mourir ! Se lamentait Sirius alors qu'ils avaient été chargés de nettoyer la salle des trophées un vendredi soir, lors de leur avant-dernier vendredi de retenue. Mettant sa serviette sur son épaule, Sirius s'assit sur le petit escalier qui menait aux trophées de Quidditch. – Elle a été beaucoup trop sévère pour une simple petite farce, ce n'est pas comme si nous avions tué quelqu'un ou quoi que ce soit. James haussa les épaules, continuant lentement à essuyer la coupe des quatre maisons de 1923 remportée par les Serdaigle. – Oh, allez, Cornedrue. Soupira Sirius. – Tu vas en parler ou quoi, ça fait deux semaines et tu es toujours en colère contre elle. On est juste tous les deux là, pour une fois, tu peux bien me parler !

James inclina la tête vers Sirius, le regardant dans les yeux. — Ouais… dit-il lentement. Ça fait vraiment un moment… dit-il, ignorant la demande de son ami pour parler.

– On a besoin de passer plus de temps tous les deux ; je me sens parfois étouffé par les autres.

– Toi, dit James en riant. – Étouffé parce que tu es entouré de gens toujours assez proche pour pouvoir les toucher, s'il te plaît, tu aimes être avec des gens 24 heures sur 24. Surtout quand c'est Lunard ou Queudver, les pauvres, ils n'ont pas signé pour te supporter toute la journée. Et en plus tu me dis ça, alors que tu viens de te glisser dans le lit de Lunard la nuit dernière parce qu'il avait de la fièvre.

– Ils ont signé pour ça ! Avec leur propre sang en fait, tu ne te souviens pas ? demanda Sirius avec un grand sourire, ignorant la dernière phrase de James, qui le fit rouler des yeux.

– S'il te plaît, nous avions onze ans.

– Et alors ?

- Alors rien du tout. Maintenant s'il te plaît peux-tu te bouger un peu et recommencer ce qu'on est censé faire ici. Je ne veux pas que Minnie ou Rusard reviennent ici et nous disent que ce n'est pas assez propre, je ne veux pas passer la nuit ici ou voir des jours s'ajouter à notre peine, j'ai bien mieux à faire.

– Ouais, comme quoi, bécoter Marlène dans un coin ou crier sur Lily-Jolie ? demanda Sirius d'un ton moqueur et Sirius savait que ça provoquerait son meilleur ami. Il connaissait James par cœur depuis le premier jour de leur rencontre dans le Poudlard Express, il y avait six ans, et il pouvait lire dans ses pensées comme dans un livre ouvert. Et ses manigances portèrent fruit, car James lui jeta son torchon à la figure, lui disant de se taire et de ne pas appeler Lily comme ça. – Quoi ! rigola Sirius, son rire semblable à un aboiement résonnant dans la pièce. – Quoi c'est vrai, c'est les deux choses que tu fais en ce moment, bécoter Marlene ou te mettre en colère contre Lily, je n'aurais jamais pensé que toi, tu aurais les nerfs de lui crier –

– Elle me tape vraiment sur les nerfs, je veux dire, putain de merde, elle est sérieuse ? Interrompis James, visiblement en colère. – Ce n'est pas comme si elle avait le droit de me gronder ou –

– C'est une préfète —

– Et alors, qu'est-ce que ça peut faire ? Lunard aussi et il ne nous materne pas.

– Il le fait, beaucoup en fait, et nous ne sommes pas vraiment des anges, alors il mène les batailles qu'il sait qu'il peut gagner.

– Elle devrait faire la même chose, je veux dire, je ne lui ai rien demandé et elle est là, à me crier dessus, encore, devant tout le monde comme si j'étais encore un putain de bébé, comme si je n'étais pas assez bien pour ses standards ou –

– Comme si tu n'étais pas assez bien pour être son petit-ami ? demanda Sirius calmement avec un sourire. – Je dois dire qu'elle était beaucoup trop en colère pour 60 points. Ouais, c'est 60 points, mais ce n'est rien, et ce n'est pas comme si ça nous avait relégués dernier pour la coupe des quatre maisons. Donc, mon opinion est, et je dis ça avec toute l'expérience que j'ai pour avoir habité avec elle pendant une semaine complète. James roula des yeux tellement forts que ses iris n'étaient plus visibles. – Je pense qu'elle t'aime bien et qu'elle est furieuse que tu aies jeté ton dévolu sur sa meilleure amie et que tu ne la considères plus comme l'amour de ta vie.

– Vraiment pas et puis, elle m'a dit qu'elle préfèrerait le calamar géant à moi, tu te souviens ? Parce que si toi non et bien moi si et tu vois, je ne pense pas qu'elle le disait comme un compliment, alors j'ai ravalé ma fierté et elle peut bien aller se faire foutre avec qui elle veut j'en ai vraiment rien à faire.

– C'est fascinant de voir comment ton langage est soudain si coloré quand tu es en colère. Ricana Sirius, ce qui lui valut un coup de poing sur l'épaule. – Et maintenant quoi, Cornedrue ? Qu'est-ce qui se passe vraiment avec Marl' ? Je veux dire, c'est une fille sympa et tout, elle a du cran et j'aime bien, mais je ne comprends pas pourquoi tu t'accroches soudainement à elle comme ça.

James se contenta de hausser les épaules, ne sachant pas quoi répondre à Sirius. — Marlène est cool, je l'aime bien, elle est intelligente, j'aime ses cheveux —.

– Tu n'as jamais aimé les blondes…

– Elle aime le Quidditch aussi et c'est une bonne poursuiveuse —

– Elle est bonne, parce que tu l'as entraînée sur le terrain, comme nous tous —

– Elle me fait rire, elle est un peu trop intense parfois, mais je suppose que je le suis aussi et —

– Tu n'as jamais aimé les filles bruyantes non plus.

– Mais tu vas la fermer et me laisser parler oui ! grogna James, furieux des commentaires que Sirius ne cessait de lui adresser. Néanmoins, Sirius avait raison et c'est ce qui le rendait si furieux pour pas grand-chose. Mais James ne put se noyer davantage dans ses pensées, car Sirius se leva soudainement et fit mine de nettoyer férocement le trophée qu'il tenait dans ses mains, ayant senti Rusard entrer dans la pièce pour leur dire qu'il était 22 heures et qu'ils pouvaient partir.

Ils étaient retournés à la salle commune des Gryffondors, ayant désespérément besoin d'une douche comme Remus le leur avait dit lorsqu'ils étaient entrés dans la pièce, James avait haussé les épaules une fois de plus, mais était quand même monté au dortoir pour en prendre une, espérant peut-être se noyer dans l'eau chaude qui coulait sur sa tête. Alors que l'eau continuait de couler sur ses épaules et descendait le long de son dos, à nouveau couvert d'ecchymoses dues à une nouvelle chute lors de l'entraînement de Quidditch la semaine dernière, il essaya furieusement de chasser les paroles de Sirius de sa tête, se disant que cela n'en valait pas la peine.

– James, tout va bien ? entendit-il, la voix douce de Remus lui parvenant de derrière la porte.

– Ouais, désolé je sors ! James a alors rapidement éteint la douche, sortant de la salle de bain, ses cheveux encore trempés qu'il séchait avec une serviette. – Désolé Pad', tu vas devoir faire vite si tu veux de l'eau chaude.

– C'est pas grave, je me doucherai demain matin. Dis Sirius avec légèreté.

– Tu vas prendre cette douche et maintenant, Pat', même si tu dois la prendre froide. Lui dit Remus, en lui pointant la porte de la salle de bain.

– Pauvre Rem' il va suffoquer avec ton odeur ce soir s'il doit grimper dans ton lit. Lui dit Peter en riant, sans remarquer le léger rougissement qui était apparu sur les joues de Remus alors que le rire de Sirius emplissait la pièce. Peter se pencha alors un peu pour voir si Frank Londubat était vraiment endormi, et au son du ronflement, même des feux d'artifice n'auraient pas pu le réveiller. – La pleine lune est la veille de Noël cette année, qu'est-ce qu'on va faire ?

– Nous allons rester évidemment, c'est quoi cette question stupide ? demanda James. – Mes parents comprendront ; en plus, ils avaient prévu de voyager et je n'en avais vraiment aucune envie, ils m'ont déjà demandé si je préférais rester à Poudlard.

– Ils ne veulent pas que Sirius et toi gâchiez leurs belles vacances ensemble. Se moqua Peter.

– Et bien sur ce coup-là, je ne peux pas te contredire. Rigola James. – De toute façon, ce sera beaucoup plus calme, et j'ai des choses à faire pour — euh — des recherches de devoirs, ce sera le moment idéal pour le faire !

– Quel genre de recherches pour tes devoirs ? demanda Remus en fronçant les sourcils.

– Le genre qui ne te regarde pas pour l'instant, mon petit Lunard. Lui répondit James, alors que Sirius sortait de la douche en tremblant de froid et que Remus levait les yeux au ciel. – Alors, si vous voulez encore parler, désolé, mais fermez-la, j'ai besoin de dormir, il y a entraînement de Quidditch demain matin.

– Encore ! gémit Sirius.

– Oui encore, on ne peut pas se permettre de perdre un autre match ! Si l'on bat Poufsouffle, on a encore une chance de gagner la coupe et je ne vais pas laisser passer ça.

– Ouais, ouais, ouais, je préfère ne rien entendre, je dois déjà supporter ton complexe de capitaine sur le terrain, je n'en ai pas besoin quand on ne joue pas au Quidditch. Sirius grogna, fermant les rideaux de son lit à baldaquin alors que les autres allaient eux aussi se coucher.

Un éclair réveilla Remus au milieu de la nuit alors que le tonnerre grondait non loin. Il était en sueur et avait probablement, une fois de plus, de la fièvre. Même si elle était encore supportable, il savait qu'il ne pourrait pas se rendormir facilement. Soupirant, il ouvrit le tiroir de sa table de nuit pour prendre du chocolat et son livre qu'il avait laissé là la veille. Fermant précautionneusement ses rideaux pour allumer sa baguette, il essaya de lire pour essayer d'apaiser son esprit. Ses os craquaient déjà à l'intérieur de lui, son souffle était plus court que d'habitude et un mal de tête allait suivre, il le savait. Néanmoins, il essaya de l'ignorer, se concentrant sur son livre.

Mais trente minutes plus tard, ses rideaux s'ouvrirent sur un Sirius endormi, seulement vêtus de son caleçon et ayant dans ses mains une tasse de thé chaud. — Tu vas bien, Rem' ? demanda-t-il en bâillant, lui tendant le thé et le poussant pour s'allonger à côté de lui, n'attendant pas la réponse de Remus avant de fermer les yeux, prêt à se rendormir.

Remus ne put que lui sourire, serrant la tasse de thé dans ses mains. — Oui, merci Sirius. Tu veux que j'éteigne la lumière ? demanda-t-il, prêt à dire Nox à sa baguette, mais Sirius secouant simplement la tête.

– Non, t'occupes pas de moi, j'ai juste vu les lumières et je savais que tu n'étais pas capable dormir, alors j'ai pensé que tu aurais besoin d'une tasse de thé et de chaleur, tu es aussi froid qu'un mort. Dit-il avec un sourire en coin, sans pour autant ouvrir les yeux. – Bonne nuit. Ajouta-t-il avant de se rendormir.

Remus lui sourit une fois de plus, repoussant quelques mèches de cheveux de Sirius qui étaient tombées sur ses yeux fermés alors que sa tête touchait l'épaule de Remus. — Merci pour le thé Patmol. Dit-il en le sirotant lentement, la chaleur de la boisson et celle du corps de Sirius eurent tôt fait de le rendormir et avant qu'il n'est pu ce rendre compte de quoi que ce soit, sa tête tomba sur celle de Sirius.