Hold My hand chapitre 5

Disclaimer : c'est un chapitre court, avec peu d'action, mais nécessaire pour présenter les différents personnages.
Les Oc présents apparaissent dans Décision Divine, qui se passe avant et est en cours d'écriture.
Bonne lecture à vous


Le soleil s'était levé depuis longtemps, et le ciel était parsemé de longs nuages rouges, violets pâles. A l'horizon, il restait de minces lambeaux de nuit.
Il était huit heures du matin et le ferry venait d'accoster dans un fjord où juste un petit port et quelques habitations étaient présentes. On était à présent dans la Scandinavie sauvage, pas loin du royaume d'Asgard. C'était terminé, les grandes villes, les bateaux à moteurs, les commerces. Les voitures étaient rares. Sur la jetée, des marins réparaient des filets tandis que des bateaux partaient à la pêche.
Personne n'était vraiment d'humeur à parler, même après le petit déjeuner pris au restaurant du ferry. Surtout après la différence flagrante des denrées : non mais franchement, servir des œufs brouillés, des tranches de saumon ou de fromage, du pain de seigle plat et craquant ! Il n' y avait que très peu de pain blanc, ainsi que du beurre et des confitures. Par bonheur, le café ou le thé étaient servis à volonté, maigre consolation.
Un bref passage par une agence de location de véhicules, fût leur dernier contact avec les villes.
Le froid sec et le ciel blanc, les maisons en bois colorées étaient une évidence à leurs yeux : le Sanctuaire était loin d'eux. Cet endroit que beaucoup d'entre eux considéraient comme un « chez soi », un refuge sur, un lieu ou donner un sens à leur vie, n'était qu'une goutte d'eau dans l'océan.
Un arbre dans une immense forêt, dont ils sortaient pour la première ou la seconde fois.

Ça avait quelque chose d'excitant et d'inquiétant en même temps, à présent, ils ne pourraient plus compter que sur eux mêmes.

- Bordel de merde, ça caille !

Effectivement, l'air était froid et sec, près sans doute des – 5°, le ciel d'un blanc immaculé annonciateur de neige. Sur le sol, il y avait quelques flaques d'eau gelées.
Milo resserra son écharpe et tapait avec agacement du pied devant la froidure auquel il n'était pas habitué.De son côté, Mû ne semblait trop perturbé par ce changement de climat, c'est vrai se souvînt le Scorpion. Le chevalier du Bélier avait vécu au Tibet. Pour sa part, Kanon avait trouvé une façon originale de se réchauffer : Il avait déniché une branche de bouleau et s'amusait avec Naïade qui jappait de joie.

Tous les trois étaient là, à attendre Mime, qui leur avait assuré qu'il reviendrait.
- Ce n'est qu'un avant goût de ce que vous allez découvrir, chevaliers. Les températures peuvent être bien plus basses et les vents assez forts. Sans parler des couches de verglas.
Hagen n'esquissa aucun sourire : inutile de se montrer suffisant, à leur place, il aurait eu autant de mal ainsi aux antipodes de ce qu'il connaissait.
A ce moment le Godwarrior d'Eta était revenu avec des chevaux, un palefrenier et un traîneau.
- Savez vous monter à cheval ? C'est le seul moyen pour arriver sans encombre en ville et atteindre le palais. A cet instant, un petit cheval gris pommelé fin et sec posa son nez contre sa joue, comme si il était content de le voir.
- Tiens donc, je croyais que vous préfériez imiter le Père Noël.
Évidemment ! Comme si ce qui s'était passé la veille n'avait pas suffi. Entre Mime et Kanon, une antipathie réciproque s'était tout de suite installée, et ni l'un ni l'autre n'avaient envie de faire des efforts.
-Alors, redemanda Mime, en ignorant royalement la provocation. Si besoin, nous pourrons vous montrer comment faire.
- Avec grand plaisir, nous n'avons absolument pas l'habitude des chevaux, ni de nous en occuper, approuva Mû.
- Juste deux questions : pourquoi ne pas utiliser le traîneau ? Ce serait moins galère. Et comment se fait il que vos bêtes soient si différentes ? Demanda Milo qui s'était approché de deux grands chevaux, un bai doré et un alezan avec une pelote et deux balzanes aux antérieurs.
- Le traîneau est beaucoup plus utilisé pour emmener des provisions ou du matériel, que transporter des personnes. Même si ça peut être un de ses usages, mais c'est réservé aux personnes aisées. De plus, même si on peut utiliser aussi des rennes, c'est plus lent et plus physique pour les animaux de traits.
Quant aux chevaux, poursuivit Hagen, ceux de l'attelage sont des Fjords. Ceux que nous monterons sont des selle suédois, qui ont l'habitude des rigueurs du climat.
- Mais et le votre ? Demanda Milo à Mime, qui caressait doucement sa monture. Le cheval lui rendait son affection en lui soufflant doucement dans le cou.

-Un pur sang arabe. C'est rare par ici, mais ce sont d'excellents chevaux bourrés de qualités. Très endurants, sensibles, résistants au froid et aux fortes chaleurs, intelligents. Cela dit leur côté réactif ne permet pas à des cavaliers débutants de les monter.
Il est temps de se mettre en selle, nous avons une longue route à faire.
Naïade avait vite flairé avec curiosité les grandes bêtes, qui en firent de même. Cependant, elle devina d'instinct que ces bêtes pouvaient être dangereuses.
Mime avait dit vrai : la route était longue et ardue, rien à voir avec des trajets en voiture ou à pied.

Fatigante, et difficile aussi, entre les difficultés à garder l'équilibre au trot, rassurer les montures. Milo avait failli à deux reprises tomber à cause d'un écart de son cheval. L'animal avait pris peur en apercevant sur le chemin un lièvre.
Pour ne pas arranger les choses, il neigeait en abondance à gros flocons, parsemant de blanc les routes et les forêts. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, le froid se faisait de plus en plus fort, c'était terminé la douceur de la Grèce !

Mais quel pays de merde ! Non seulement on va finir congelés sur place, mais en plus on se retrouve avec des types qui ne peuvent pas nous saquer. Qu'est ce que je suis venu foutre ici ?

Réprimant un juron en éternuant, Kanon commençait à sérieusement regretter d'avoir été choisi pour cette mission. Même avec le cap Sounion, il ne risquait pas de crever d'une pneumonie ou de fractures au vu des plaques de glaces qu'ils croisaient de temps à autres, les forçant à mettre pied à terre.
Milo lui frissonnait, manifestement les parkas les protégeaient un peu de même que les gants et les bonnets. Quant à leurs guides, ils ne semblaient pas plus que ça perturbés, vêtus de simples vêtements légers, bottes fourrées et capes.

En voyant Naïade épuisée et gémir, Kanon arrêta d'un coup de rêne plus sec son cheval. Ce dernier recula brusquement et manqua donner un coup de cul. De justesse, pensa il en ne tombant pas et en mettant pied à terre avant de mettre sa chienne sur le haut de la selle ?
Ils firent une brève pause autour d'un feu, le temps de manger un peu de pain et de saucisses d'élan ce que Mû refusa poliment.
Le repas fût accompagné de thé noir fort, chaud, pour tenir face au froid. Les chevaux eurent une bonne portion de foin et de granulés, sortis d'un sac, des couvertures sur le dos.
Quarante cinq minutes plus tard, il était temps de repartir. Il restait encore cinq heures de route, les informa Hagen et il faudrait faire vite avant la tombée de la nuit.


Le ciel commençait à se parsemer d'étoiles alors que les flocons continuaient à tomber dans la nuit.
La silhouette de pierre massive se dessinait nettement dans l'obscurité, grâce aux torches mises sur les remparts du château. En contrebas, la mer ramenait sur les rochers des plaques de glace brisées. Seule la teneur en sel et la furie des éléments permettait à la mer de ne pas entièrement geler.
Soucieuse, Hilda jetait souvent des coups d'œil au pont levis. Pourvu qu'il ne leur arrive rien, elle ne réussirait jamais à se pardonner si il arrivait une fois de plus quelque chose à ses précieux Godwarriors.
Freya elle, cherchait à tromper son appréhension en lisant un ouvrage, tandis qu'à leurs côtés, une jeune femme brune aux cheveux coupés en un carré court en bataille paraissait attendre sans montrer d'émotions.

- Mime et Hagen connaissent très bien les routes, ma dame. Ce sont des Godwarriors, pas de simples charretiers, ils sont tout à fait capables de revenir sans encombre avec nos invités sans que rien de grave ne se produise, dit la jeune femme brune pour rassurer sa souveraine.
- Sans doute as tu raison, Niorün, admit Hilda en soupirant. Mais avec ce temps bien peu clément, et le retour des Saints d'Athéna sur nos terres, je ne puis m'empêcher d'être quelque peu inquiète.
Tout comme l'assaut d'Aegir peut laisser présager une nouvelle attaque des géants sur notre royaume.
- Confiez vos craintes à Siegfried, ma dame. Niorün lui jeta un regard appuyé de ses yeux bleus. Après tout, il a la responsabilité des Godwarriors et a l'habitude des situations épineuses. De plus il se soucie grandement de vous, et doit savoir quelles sont vos craintes. Vous allégeriez le poids qui est dans son cœur en vous confiant à lui, n'ayez aucune honte de le faire, car c'est la preuve que vous êtes humaine.
Freya s'approcha de sa grande sœur et lui posa une main sur l'épaule.
- Moi aussi j'ai un peu peur, mais j'ai entière confiance en Hagen et Mime. Je sais qu'Hagen reviendra, il a juré de veiller sur nous et de nous voir heureuses.
A cet instant, un des chiots d'élans norvégien gris vînt près des deux sœurs, comme pour lui aussi les rassurer.
Hilda leur adressa à tous un chaleureux sourire. Si elle était encore capable de régner sur ce royaume, c'était grâce à eux tous. A leur loyauté, leur affection, leur courage, et leur dévouement envers elle et le royaume.

- Merci. Mais et toi Niorün, comment peux tu ne rien laisser paraître ?
La jeune fille jeta un regard en coin à son armure de walkyrie avant de prendre la parole.
- Princesse, Mime et moi avons affrontés de périls bien plus grands qu'une simple chevauchée avec de la neige. Dans le pire des cas, il peut y avoir des loups, mais ce serait surprenant.
Quand on aime quelqu'un, si on lui fait confiance, on doit croire en lui, ses capacités. Sinon, ce serait une insulte envers celui qu'on aime, il arrive des moments où on ne doit que compter sur soi même.

A cet instant, trois coups furent frappés à la porte. Hilda ignorant le protocole, alla ouvrir, ayant la surprise de voir Siegfried.
- Majesté, commença il d'une voix quelque peu essoufflée, nos invités viennent d'arriver.
- Nous devons donc rassembler tout le monde dans le grand hall. Tout est bien prêt ?
Siegfried lui fit signe que oui, sans se départir de sa froideur. Il s'était déjà passé tellement de choses depuis leur résurrection, le royaume avait déjà été menacé. Entre complots et attaques de créatures, de géants, rien n'avait été de tout repos. Et voilà qu'on leur parlait de faire alliance avec de parfaits inconnus, qui ne s'étaient jamais souciés d'eux ! De toutes façons, avait on réellement besoin d'étrangers dans les pattes ?
Jusqu'à présent, ils s'étaient toujours sortis d'affaire seuls.


Ils venaient de mettre enfin pied à terre dans les écuries. Au contraire des autres, Mime avait insisté pour desseller lui même son cheval, et vérifier qu'il n'y ait pas de gonflement ou de pied chaud.
D'un geste calme, il tira une carotte qu'il coupa, et l'offrit à sa monture en lui caressant l'encolure.
Comme le lui avait enseigné son père, même un noble doit être capable de se charger de son cheval. Personne ne peut s'en charger sur un champ de bataille, de plus c'est une responsabilité qu'on doit assumer.
A présent, ils se dirigeaient vers le grand hall utilisé pour les réceptions. Milo et ses compagnons réprimèrent discrètement des grimaces de douleur. Bon sang que ça faisait mal aux fesses de rester si longtemps en selle ! Sans parler des jambes et des doigts, de la fatigue accumulée.
- Comme nous sommes tous assez fatigués par le voyage, Dame Hilda a insisté pour qu'il n'y ait ce soir qu'un dîner simple autour des présentations.
Nous devons toutefois la saluer, précisa il.
Évidemment, impossible de se montrer grossiers en les ignorant des le début.

Le château était gigantesque, tout en puissance et en hauteur. De nombreuses tours et des hautes murailles se voyaient de loin, le rendant repérable aisément. Depuis combien de temps existait il ?
Les couloirs étaient longs et austères, bien qu'il y ait quelques tapisseries accrochés aux murs de pierre. Les fenêtres étaient toutes ornées de rideaux lourds, sans doute pour protéger le froid.
Enfin, ils s'arrêtèrent devant une gigantesque porte en bois de cinq mètres, probablement en chêne et finement ouvragée. Un seul coup fût porté, et immédiatement la porte s'ouvrit.

La pièce était grande, avec des fourrures posées sur le sol, les fenêtres hautes et étroites étaient grandes. Au fond se trouvaient des grandes cheminées, où crépitaient des feux.
Il y avait quelques tapisseries, des longues tables avaient été dressées.
Autour d'Hilda, se tenaient les protecteurs du royaume, ainsi que Freya sa jeune sœur.
La souveraine s'avança vers eux et indiqua des sièges d'un signe de tête.
- Chevaliers d'Athéna, en tant que souveraine du royaume d'Asgard, je vous souhaite la bienvenue. C'est la première fois que nous recevons des chevaliers de votre ordre, et j'espère sincèrement que ce sera le début d'un futur rapprochement entre nos deux pays. Considérez vous ici comme chez vous, que ce séjour vous soit agréable et confortable.
Elle reprit de la même voix douce et ferme :
Cependant, je ne doute pas que vous devez tous être éreintés par le voyage, c'est pourquoi, des chambres ont été préparées. Le souper sera servi dans deux heures, afin que vous puissiez tous vous reposer un peu.
Mû releva la tête, choisissant soigneusement ses mots. Inutile de commettre dès le début un impair. A fortiori avec les regards froids posés sur eux, même les chiens grognaient.
- Ma Dame. Nous vous remercions tous, de ces mots de bienvenue. Nous sommes tout autant que vous, honorés de vous rencontrer et d'être invités dans ce royaume.

Il sera peut être possible le temps de ce séjour de parvenir à un éventuel rapprochement. Sans doute souhaité par beaucoup d'entre nous.
Les yeux rivés sur le sol, Milo et Kanon observèrent brièvement les godwarriors l'ambiance était on ne peut plus glaciale, pas de faux semblants. La méfiance était réciproque pour les uns comme pour les autres.
Kanon vit deux personnes qui se ressemblaient trop pour ne pas être probablement jumeaux se tenir à bonne distance l'un de l'autre. Une jeune fille aux cheveux courts et aux yeux bleus qui adressa à ce prétentieux de Mime un sourire discret.
Un homme à côté d'Hilda qui paraissait être le chef des protecteurs d'Asgard. Et un autre, aux cheveux rouge noués en queue de cheval, aux yeux verts sombres qui avait l'air mal à l'aise. Une femme qui devait avoir la vingtaine aux cheveux ailes de corbeau, et aux yeux d'un même vert regardait la salle avec attention.
Enfin, près de la cheminée, deux personnes se tenaient à l'écart, et l'un d'eux était aussi grand qu'Aldébaran.
Dire qu'ils s'attendaient à une discussion privée. Mais après tout, qui ne dit pas qu'ils auraient fait de même face à des invités au Sanctuaire ?


Kanon était encore surpris de la chambre qu'on lui avait attribuée : au troisième étage du château, elle était spacieuse, un large lit avec quelques coussins.
Le bureau et l'armoire étaient taillées dans un bois clair, du bouleau, probablement. Il s'agissait de toute évidence d'un mobilier ouvragé, réalisé de main de maître. Au sol, de nombreuses peaux de rennes avaient été posées, enfin près du bureau se dressait une cheminée, où restaient encore quelques flammes.
Quant à la fenêtre, elle était protégée du froid par d'épais rideaux. Dehors, la neige tombait en abondance, le vent soufflait sans discontinuer. Kanon eût un soupir agacé : mais qu'était il donc venu foutre ici ? En attendant, c'était démoralisant comme endroit, même pas un rayon de soleil ou la possibilité de nager dans les lacs !
Même si ça le tuait de l'admettre, le Sanctuaire commençait déjà à lui manquer, par sa chaleur sèche, la mer à coté… Sans parler du fait d'être une fois de plus séparés, Saga et lui même si cette fois, c'était volontaire. Même leurs tensions, leurs disputes, la froideur entre eux leur paraissait comme une planche à laquelle dégripperait un naufragé. Un reste de leur relation fraternelle bien mise à mal depuis treize ans. Où rien ne s'était arrangé, tout était tombé, l'un comme l'autre avaient à redire sur leurs choix.
Avec un soupir, Kanon jeta son pull d'un geste sec sur le lit. Naïade leva la tête en jappant doucement, comme si elle devinait que quelque chose n'allait pas.
Il jeta un coup d'œil à sa montre, il leur restait une heure et demie. Autant aller demander un bain chaud aux domestiques, histoire de se détendre un peu.

Le confort de la chambre les changeait tellement, l'un comme l'autre. Eux qui avaient été habitués depuis toujours à la simplicité, la vie de campagne. Ici tout était luxe, beauté, décors et cuisines raffinées.
Entrant dans la pièce, vêtu d'une tunique verte et d'un pantalon noir, de bottes en cuir, Mime se sentit à nouveau lui même. Il était enfin de retour chez lui, près de gens qu'il aimait.

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Mime vit Niorün avancer vers lui d'un pas vif, il en fit de même et s'étreignirent, profitant du plaisir d'être ensemble.
- Même si ce n'était pas long, tu m'as manqué, lui souffla elle avec un sourire.
- Pareil pour moi, mais nous aurons quand même un peu de temps juste pour nous. Et peut être même ce soir après le repas, il évita une petite tape en riant doucement.
- Si tu crois que ça pourrait passer inaperçu ici… Tout se sait, et à la vitesse de l'éclair. Mais peut être une promenade dehors.
Mime soupira, évidemment, on ne pouvait pas toujours prendre le plaisir n'importe où à fortiori dans le palais royal. Un peu de sexe ne passerait pas du tout, sauf si on était marié que diable !
Mais au moins, personne ne pourrait les reprendre sur des baisers, une main sur l'épaule. Ah, les contrecoups du prestige attribué aux protecteurs du royaume.
Tous deux s'allongèrent sur le lit, s'enlaçant et s'embrassant en prenant leur temps. Caresses, étreintes, douceur et réconfort. Plaisir de se retrouver.
Ils se connaissaient depuis plus de six mois et avaient appris à se connaître en vivant l'un à coté de l'autre. A découvrir les sombres secrets de l'un et de l'autre, leurs passés. Mime avait pu profiter dès le commencement de cette présence féminine aussi inattendue que mystérieuse.
De son côté, Niorün avait découvert en Mime quelqu'un de bon intuitif, qui derrière sa gentillesse avait traîné un lourd secret. Mais qui était capable de faire face à ce qu'il avait fait, à se racheter. Et le plus important, de ne pas la rejeter à cause de son statut de bâtarde, ou de son éveil au cosmos. Au contraire, il l'avait aidée, cru en elle, elle était devenu autre chose que ce qu'elle était.
Tous deux fixèrent un bon moment le plafond sans parler, savourant cette promiscuité, jusqu'à ce que la jeune femme se redresse.
- Dire qu'à présent, il est question d'alliance avec des saints qui ne sont pas de notre contrée, qui ne servent pas les mêmes dieux.
- Quelque chose te dérange là dedans ? Mime fronça les sourcils, devenant plus vigilant.
Niorün se perdit un court instant dans la contemplation des flammes basses, des braises incandescentes dans l'âtre avant de lui répondre.

- Un peu, on ne sait rien d'eux. Si ce n'est que c'est à Athéna et à ses saints que la terre n'est pas devenu un enfer de glace sans vie, semblable à Niflheim.
On leur est donc redevables, en un sens, ceci dit nous ne connaissons rien d'eux, ni de leurs ennemis. Qui ne dit pas que par esprit de vengeance, leurs némésis pourraient s'en prendre à nous ?

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Le regard que lui adressa Mime signifiait qu'il approuvait ce point de vue.

La porte voisine de sa chambre s'ouvrit, quand trois coups rapides se firent entendre, révélant une silhouette.
- Qu'est ce que tu viens foutre ici, Milo ?

- Ne me dis pas que le voyage t'a rendu irritable à souhait ? A moins que ce soit la lune qui te fasse ça ?
Allongé sur le lit, Kanon ne daigna même pas répondre. Il avait troqué ses vêtements de voyage contre un pantalon noir, un col roulé vert émeraude et des bottes fourrées étaient posées à coté de lui.
Sur le sol, gisaient des vêtements froissés.

- C'est trop demander que de me foutre la paix ? Demanda il sur la défensive.
- Faut quand même qu'on parle, cette fois le visage de son ami était grave, sérieux.

Maintenant, précisa il pour enfoncer le clou.

- T'as gagné, marmonna l'ex marina. Alooors que comptes tu me dire ?

- De faire un peu plus gaffe. Je ne sais pas si t'as remarqué, mais on est plus au Sanctuaire, mais à Asgard, bordel ! Dans un endroit où on sait rien de leurs puissances, leurs pouvoirs et il suffirait d'un seul mot, un geste mal placé pour qu'on soit comme des indésirables.

- Et bien sûr, ce serait naturellement de MA faute ? Railla Kanon avec un air féroce.

- Y aurait de fortes chances pour, en tout cas, accusa le Scorpion.

Kanon se leva brusquement, serrant un coussin avec hargne, respirant lentement pour retrouver son calme.

- Je suppose que tu vas me dire de me tenir à carreau, de sagement fermer ma gueule ?
- Non, t'es pas con à ce point j'en connais plus stupides que toi. Milo avait ignoré le regard noir et le ton sarcastique qui lui étaient adressés.
- Pourquoi tu me dis ça sur ce ton aussi froid ? Finit par lâcher Kanon piqué au vif qui faisait à présent les cent pas.

- Simplement parce qu'il est temps que tu ouvres les yeux sur tes responsabilités et ce que cela implique de porter une armure d'or.
Ne pense pas qu'il suffise d'une puissance et d'une détermination phénoménale pour être un gold saint. Ce qui ne signifie pas que ce que tu as fait compte pour du beurre, précisa il devant la mine furieuse de son ami.

- Et c'est à toi de me faire la morale ?! Tu tiens à ce que je te vire moi même de ma chambre ?

- Fais comme tu le veux, mais tu ne m'empêchera pas de te dire les choses. Nous ne sommes pas qu'amis, mais aussi collègues. Cette mission nous a été confié à nous trois, et nous devrons la gérer en équipe. Même si ça te déplaît, désolé, mais c'est comme ça ! Il haussa le ton sur ces dernières paroles, comme pour s'adresser à un enfant capricieux.
De son côté, Kanon était pantois : comment donc Milo pouvait redevenir si simplement celui qu'il avait rencontré lors de son retour au Sanctuaire ?
Une fois de plus, la vérité si déplaisante soit elle lui revenait en plein visage, comme une réprimande sur sa conduite. Cela finirait il un jour par s'arrêter ? Les remarques lui laissaient comme le sentiment d'être dénigré, de riposter immédiatement mais…
A quoi cela lui servirait il de s'engueuler violemment avec son meilleur ami ? A se mettre tout le monde à dos sur le champ et être exclu ? Qu'y gagnerait il ? Ne valait il mieux pas essayer d'écouter cette foutue voix de la raison qui lui murmurait de garder en tête ces conseils et de reconnaître ses lacunes ?

- Ça va, j'ai compris, marmonna à contrecœur le concerné en s'asseyant lourdement sur le lit, éveillant Naïade au passage.

- T'as quand même eu le temps de te reposer un peu ? Pas moi.

- A peine. J'ai du mal à croire qu'on soit si loin de chez nous…

- Et que tu rencontres à nouveau quelqu'un qui te sorte par les yeux, que tu trouves aussi antipathique que ton frère, pas vrai ?

- Tu tiens vraiment à te prendre un coussin dans la figure, Milo ? S'énerva le Gémeaux devant le sourire moqueur de son ami.

- Tu devrais lui accorder le bénéfice du doute, comme je l'ai fait comme toi. A moins que tu aies peur de choper de l'urticaire et…

Milo ne put achever sa phrase, se prenant le dit coussin dans le visage. Sans hésiter, il en attrapa un et lui rendit la pareille, se contrefoutant d'agir comme un gosse immature.
D'abord contrarié par la énième remarque, Kanon se laissa aller au jeu quelque peu plus détendu, un sourire amusé aux lèvres.
Le jeu se calma immédiatement quand on frappa à la porte, qu'un « entrez » se fit entendre et que le nouvel arrivant se prit un lui aussi un coussin dans la figure.

Les deux golds observèrent le godwarrior qui était venu les chercher : Grand, ses cheveux verts d'eau en bataille étaient attachés en queue de cheval. Ses yeux étaient bruns rose, sa tenue plutôt simple, mais confortable.
A leur grande surprise, il eût un petit rire.

- A ce que je vois, j'arrive au mauvais moment, puisque j'interrompais un bon instant.
Je voulais simplement vous prévenir que le repas allait être servi et vous proposer de vous guider.

- Eh bien… Merci, ne sut que répondre Kanon. Au fait, quel est ton nom ?

- Bud d'Alcor, content de vous rencontrer. Mais nous aurons tout le temps de faire connaissance autour d'un bon repas.
Enfin quelqu'un qui ne les traitait pas de façon hostile ! Milo et Kanon étaient surpris par l'attitude un peu plus ouverte de cette homme.
- Allons chercher votre ami, à présent.
Quelques minutes plus tard, le trio se changea en quatuor, Naïade sur les talons. Enfin leur guide s'arrêta près d'une chambre et frappa deux coups.

- C'est gentil de passer nous chercher, s'amusa Mime, en voyant son ami l'attendre pour aller dîner.
- Ca me permettra ainsi qu'à Niorün de ne pas me perdre dans ce dédale de couloirs et d'escaliers, le taquina Bud.
Cet échange ne passa pas inaperçu aux yeux de Kanon : il lui rappelait un peu ceux avec Milo.
Peut être, juste par simple besoin de se défouler à cause de ce qui n'allait pas avec Saga, ses choix, de la rancœur accumulée, il cherchait un bouc émissaire. A se défouler sur n'importe qui d'un tant soit peu antipathique… Mais songea il, il devait être idiot pour ne chercher que les défauts.
Même si Mime, si horripilant soit il à ses yeux avait quand même l'air d'avoir des qualités.
De son côté, Mu avait échangé quelques mots polis avec la jeune femme brune qu'ils avaient aperçue. Celle ci se montrait froide et polie, mais leur assura qu'elle serait curieuse d'entendre parler de ce lieu appelé « Le Sanctuaire »

A suivre