CHAPITRE 25 : SAINT-MANGOUSTE


Dimanche 8 janvier 1978

Les maraudeurs se retrouvèrent comme à chaque rentrée sur le quai de la voie 9 3/4. Cependant, contrairement aux autres années, l'ambiance était réellement pesante. Des aurors gardaient les accès de la gare et vérifiaient l'identité de chaque personne entrant sur le quai. Il avait été expliqué aux élèves qu'ils trouveraient également trois aurors par wagon lors du voyage. On ressentait que l'étau était en train de se resserrer et que les mangemorts gagnaient chaque jour du terrain. Il ne s'agissait plus d'attaques isolées, mais bien d'une véritable guerre. Ouverte.

James, encadré de son père et de sa mère, observait la foule à l'aide de Sirius pour essayer de repérer Sofia. Elle avait promit de venir leur dire au revoir, pourtant le train était sur le point de partir et elle n'était toujours pas là. Monsieur Potter, des rides d'inquiétude sur le front, suggéra :

Peut-être a-t-elle été retenue par ses obligations personnelles ?

Sirius savait qu'une de ces "obligations personnelles" allait conduire Sofia très prochainement dans une mission dangereuse. Toutefois, elle lui avait promis d'être présente aujourd'hui et cela ne lui ressemblait pas de lancer des promesses non tenues. James se disait exactement la même chose. Peter était déjà monté dans le train pour leur trouver un compartiment et Remus était en train de s'approcher d'eux après avoir dit au revoir à ses parents. Arrivé à leur hauteur, il demanda :

Elle n'est toujours pas là ?

Non, marmonna Sirius.

Il détestait le fait de ne pas la revoir au moins une fois avant qu'elle ne parte il ne savait où risquer sa vie. Dépité, il salua Monsieur et Madame Potter, puis suivi James et Remus pour rejoindre Peter dans le compartiment qu'il leur avait réservé. Alors que James et Remus s'enfonçaient déjà dans le couloir du Poudlard Express, il entendit une voix à l'accent russe crier son prénom.

Aussi vite que possible, il descendit du train et courut en direction de Sofia. Elle portait des vêtements qu'ils ne lui avaient jamais vus, semblant fait pour la marche en montagne. Elle lui sauta au cou et l'embrassa à pleine bouche. Le train émis un sifflement annonçant son départ imminent et Sirius entendit les contrôleurs annoncer la fermeture des portes.

Sofia le poussa en direction du train et lui chuchota :

Je t'aime Black, on se revoit vite.

Fais attention à toi, Sofia.

Il était assez rare qu'il l'appelle par son prénom lors de ces échanges, mais il ne voulait pas que ce qui était peut-être leur dernier échange se termine par son nom de famille. Il monta rapidement dans le train et les portes se fermèrent dans son dos. Aussitôt, il se mit à la fenêtre puis lui fit au léger au revoir de la main. Elle lui offrit ce sourire, celui dont il était profondément amoureux, celui où elle lui criait je t'aime par les yeux.

Elle fut rejointe par Madame et Monsieur Potter, alors que le train avançait doucement en direction de Poudlard. Rapidement, elle disparut de sa vue. Une aurore qui se trouvait dans le compartiment lui jeta un regard gentil et lui dit :

Ne t'en fais pas, tu la reverras vite ta copine.

Oui, certainement, répondit-il par automatisme.

Et puis, un beau garçon comme toi cela ne doit pas avoir de mal à en trouver d'autres.

Sirius fronça les sourcils sous le sous-entendu et prit la direction de ses amis sans même répondre. Comment pourrait-il même penser à trouver une autre fille après ce qu'il était en train de vivre avec Sofia ? Il ne pourrait plus jamais avoir personne. Cette certitude était ancrée au fond de lui de manière indélébile.

Lundi 9 janvier 1978

Depuis qu'elle avait dit au revoir à Sirius, Sofia était concentrée sur son nouvel objectif : tenter de déterminer si les géants avaient rejoint les rangs des mangemorts. Elle était dans le bureau de Dumbledore, cruellement consciente que Sirius devait prendre son petit-déjeuner non loin d'elle sans rien savoir de sa présence. Le départ était fixé dans dix minutes, par Portoloin, et Dumbledore leur donnait ses dernières recommandations.

Son pantalon de randonnée lui paressait drôlement léger sur les hanches par rapport à ses jeans habituels. Au contraire, l'énorme veste chaude qu'elle devait porter lui semblait bien moins pratique que ses pulls en laine large et confortables. Mais Dumbledore avait insisté pour qu'ils réduisent au maximum l'utilisation de la magie car les géants n'en était pas friand ; "et nous ne voulons pas nous les mettre à dos, n'est-ce-pas ?" avait-il ajouté. Ainsi, les sortilèges chauffants et autres étrangeté n'étaient pas admises.

Les jumeaux Prewett, à côté d'elle, portaient chacun une tenue similaire. Hagrid, à sa gauche, portait ses habits habituels, même si le tout était rehaussé d'un manteau fourrure plus épais que celui que Sofia le voyait porter habituellement. Au pied d'Hagrid, un énorme sac qui devait faire le poids de Sofia contenait de quoi camper sommairement pour quatre personnes. Ils devraient ensuite trouver de quoi se chauffer, se laver et manger pour quatre personnes une fois sur place.

Cet aspect du voyage n'était pas forcément rassurant mais Sofia savait qu'elle pouvait compter sur Hagrid. L'aspect qui l'inquiétait un peu plus était que la pleine lune avait lieu dans 4 jours et qu'elle n'était pas sûre d'être rentrée à temps pour la passer avec ses amis. Dumbledore conclue son petit discours et elle se concentra pour écouter la fin de son briefing.

Grace à eux, nous avons pu localiser précisément un clan de géant. Vous atterrirez à une journée de marche au sud de ce camp. L'une des géante est enceinte et devrait bientôt accoucher, ainsi le camp ne devrait pas bouger pendant une petite semaine, ce qui vous laisse le temps de le localiser. N'entre pas en contact avec eux, je le répète. Il s'agit d'une mission d'observation. Si vous détectez des activités suspecte, un groupe prendra le relais après vous. C'est bien compris ? Fabien, Gidéon ?

Tout est bon pour nous, Albus, répondit le premier.

Hagrid ? demanda le directeur.

Tout est clair, Monsieur.

Très bien, Sofia ?

Elle leva son pouce avec un sourire confiant, faisant rire les jumeaux à ses côtés et sourire le directeur. Dumbledore leur désigna alors une vieille louche rouillée et ils s'en approchèrent tous pour la toucher d'un doigt. Il était l'heure du départ.

Au moment où Sofia sentit un crochet la tirer par le nombril, elle ferma les yeux en tenter de refréner la nausée qui la saisissait. Enfin, elle adressa une pensée silencieuse à Sirius, bien au chaud et à l'abris dans le château, avec James, Remus et Peter. Au moins, eux étaient à l'abris pour quelques mois encore.

OoOoO

Cela faisait plus de quatre heures que Sofia, Hagrid, Fabien et Gidéon marchaient à bon rythme en direction du nord. Le dénivelé des montagnes galloises mettaient les nerfs de Sofia à rude épreuve mais elle n'osait pas se plaindre quand elle voyait que Hagrid portait seul toutes leurs affaires.

Le garde-chasse ouvrait la marche, avançant à pas de géant -sans mauvais jeu de mots- en direction du nord. Il semblait se fier au soleil et à d'autres indices naturel que Sofia était bien incapable de déchiffrer. Elle venait ensuite, tentant de suivre le rythme de Hagrid, faisant trois pas lorsqu'il n'en faisait qu'un. Fabien et Gidéon fermaient la marche, ils semblaient se chuchoter des blagues à voix basse et Sofia les entendaient pouffer régulièrement.

Au bout de cinq heures, ils firent une pause pour manger trois lapins que Hagrid avait débusqué pour eux. Ce fut également lui qui alluma le feu pour les faire cuire. Sofia prit soin d'observer sa manière de faire car elle se sentait assez mal à l'aise de le voir faire tout le travail. Il la rassura aussitôt de sa voix bourru en lui assurant que c'était en grande partie pour jouer ce rôle qu'il faisait partie du voyage. Gidéon réagit aussitôt à cette remarque :

Albus sait que tu as beaucoup plus de valeur qu'un simple aide de camp Hagrid, ne soit pas ridicule.

Le colosse rougit sous sa barbe et Sofia se promit alors du lui porter plus de considération.

Ils discutèrent calmement pendant le repas, profitant de ce petit temps de repos pour se raconter les dernières nouvelles. Hagrid prit le temps de demander aux jumeaux comment aller leur jeune sœur, Molly.

Elle est aussi ronde qu'un souffle. Et le terme des jumeaux n'est que pour mi-avril, rit doucement Fabien.

Les trois premiers lui donnent du fil à retordre. Surtout Charlie. Il a décidé d'adopter toutes les bestioles du coin, renchérit Gidéon.

Combien a-t-elle d'enfants ? demanda innocemment Sofia.

Trois garçons Bill, Charlie et Percy. Et deux autres en route, dont nous ne connaissons toujours pas les prénoms. Mais je crois qu'elle prévoit déjà une sixième grossesse pour avoir une petite fille.

Oh par Merlin quelle horreur, ne put s'empêcher de s'horrifier Sofia, provoquant l'hilarité des jumeaux. Et son mari ne se plaint pas ?

Je pense que si cela ne tenait qu'à Arthur, ils repeupleraient la Grande-Bretagne à eux deux.

Sofia écarquilla les yeux, tentant de saisir ce besoin d'avoir une descendance qui lui était pour l'instant totalement étranger. Surtout en des temps aussi compliqué. D'un certain côté, elle trouvait cela beau de voir que certaines personnes forgeaient malgré tout leur vie et leur avenir. Si on se plaçait du côté du verre à moitié, la guerre ne durerait pas indéfiniment, et il faudrait alors penser à l'avenir.

Lorsqu'ils reprirent leur route vers le nord, Sofia se posa une centaine de question sur son propre avenir, se demandant à quoi il ressemblerait. Après la guerre, s'il y avait un "après la guerre", que ferait-elle ? Aurait-elle des enfants ? Avec Sirius ? L'idée lui sembla saugrenue. Après tout, Sirius était encore un grand enfant lui-même, alors l'idée de le voir en père de famille lui sembla tout simplement ridicule. Elle sourit mélancoliquement et se dit qu'elle verrait simplement ce qu'elle ferait de sa vie au moment venue. Mieux valait ne rien prévoir, surtout quand on est pas sûre et certaine de vivre aussi longtemps.

OoOoO

Après une journée entière de marche, et alors que Sofia pensait que ses jambes ne pouvaient pas être plus lourde, Hagrid stoppa leur procession. Au loin, à environ deux kilomètres, on apercevait d'énormes feu qui s'élevaient vers le ciel. Le campement des géants. Ils étaient trop loin pour entendre quoi que ce soit, mais les feux se détachaient nettement dans la nuit noire des montagnes.

Nous camperons ici ce soir, déclara leur guide. Pas de feu pour nous, il ne faut pas qu'ils détectent notre position. Dressons le camp et nous nous approcherons d'eux demain pour les surveiller.

Il semblait assez mal à l'aise dans le rôle de celui qui dirige, pourtant il s'y prenait très bien de l'avis de Sofia. Ils dressèrent le camp à l'aide la lumière de la lune uniquement. Il était composée d'une tente unique, peu large, qui leur permettait de dormir tous les quatre ensemble pour conserver leur chaleur. Après un rapide passage dans les buissons pour se soulager et une toilette rapide (et glacée) dans un ruisseau qui passait à proximité, ils se couchèrent tous les quatre, prêt à poursuivre leur mission dès leur réveil.

Sofia, entre les deux jumeaux, sentit son cœur se serrer lorsqu'elle pensa qu'elle avait dormi d'une manière similaire entre ses amis à nouvel an. Elle se réconforta rapidement en se souvenant qu'ils étaient en sécurité et qu'elle faisait ça pour eux.

Elle sut qu'elle n'était pas la seule à penser à ce genre de choses quand, dans la nuit, Gidéon murmura le nom de sa sœur dans un cauchemar et que Fabien lui prit la main , par dessus le corps de Sofia, en lui murmurant :

On la protégera Gid, on les protégera tous. Dors maintenant.

Mardi 10 janvier 1978

La première journée d'observation fut morne et ennuyeuse. Les géants ne semblaient avoir aucun lien avec des sorciers, qu'ils soient mangemorts, membres de l'Ordre, ou même simple randonneurs. Ils vivaient entre eux, parlaient par grognements et passaient leur temps à chasser, manger et se battre entre eux.

Sofia était chargé de la surveillance avec Hagrid pour la première moitié de journée avant que les jumeaux ne prennent le relais, et elle assista à pas moins de six bagarres. L'une des six bagarres incluait même la géante enceinte qui semblait vouloir une plus grande caverne pour accueillir son bébé. Malheureusement, elle perdit sa bagarre et se retrouva avec des hématomes sur tout le corps. Hagrid lui murmura que les géante n'avaient de toutes manières pas la fibre maternelle et qu'elle ne devait penser qu'à son propre confort à elle en déclenchant la bagarre.

La journée fut longue et ne leur apprit que peu de choses. Il était prévu qu'ils restent sur place aussi longtemps que nécessaire et Sofia commençait à penser qu'elle ne serait même pas de retour avant la Saint-Valentin à ce rythme là. Si elle avait su...

Mercredi 11 janvier 1978

Les choses avaient dégénéré assez rapidement. Dans la nuit de mardi à mercredi, un groupe de géant s'était fait exclure du clan suite à une véritable vendetta. Les bruits des combats avaient retenti jusqu'à leur petit campement et Sofia avait été soulagé de ne pas être seule. Les bruits l'avaient littéralement terrifiée. Elle s'était soudain rappelée qu'elle n'était qu'une gamine de dix-neuf ans qui participait à une guerre horrible, face à des créatures qui pouvaient l'écraser comme une fourmi. Cette remise en perspective lui avait fait l'effet du douche froide.

Les quelques géants qui avaient perdu l'affrontement -ceux qui avaient survécus du moins- firent route vers le sud. Sans qu'aucun d'eux ne les entendît ou ne les vit arriver, ils fondirent sur leur camp comme une nuée de corbeaux affamé sur un cadavre. Ce fut la panique.

Il était six. Quatre géants et deux géantes. Tous couvert de blessure, de sang séchés et d'hématomes. Apparemment décidé à se venger de leur défaite sur tout ce qui croisait leur chemin, y compris quatre petits sorciers.

Dumbledore avait établi un protocole d'urgence pour cette situation. Ils avaient un portoloin de secours, activable grâce à un sortilège que les jumeaux maîtrisaient à la perfection. Au moindre souci, ils devaient l'activer et prendre la poudre d'escampette en direction de Poudlard. Cela aurait pu fonctionner si le premier géant à envahir le camp n'avait pas arraché leur tente de ses piquets pour l'envoyer quelques centaines de mètres plus loin avec tout leur paquetage. Paquetage comprenant le fameux portoloin.

Ils étaient trop éloignés de Pré-au-Lard pour y transplaner. De plus, Hagrid ne savait pas transplaner et le prendre en transplanage d'escorte risquait d'être compliqué du fait de sa taille. Ce fut donc rapidement la panique.

Leurs sortilèges ricochaient sur la peau des géants, ne les affectant que très peu. Le stupéfix que lança Sofia à l'une des géantes ne sembla pas plus la déranger qu'une piqûre de moustique. Gidéon leur hurla alors la seule solution pour qu'il s'en sorte, alors que les géants ravageaient le camp et risquaient à tout instant de blesser l'un deux : retrouver le portoloin.

Ils étaient pour l'instant abrités sommairement derrière une énorme pierre mais, leur abri de fortune ne ferait pas long feu si les six géants décidaient de s'en prendre simultanément à eux. La fuite était leur seule chance de survie.

Ils s'élancèrent tous les quatre en direction de l'endroit où avaient été éjecté leurs affaires. Seul deux des géants sur les six se lancèrent à leur poursuite, les autres préférant piller le camp à la recherche de nourriture ou de trésor.

Les deux géants qui s'élancèrent à leur poursuite étaient des mâles. Ils portait des crânes d'animaux en guises de bijoux et à leur pagne pendaient des armes en tout genre fabriquer à partir de pierre ou de bois. Pour Sofia, on aurait dit des javelots géants, mais à leur échelle, il devait s'agit de simple couteaux ou piques dont ils se servaient comme outils au quotidien.

Les quatre membres de l'Ordre courraient comme si leur vie en dépendant -en fait c'était le cas- en direction de la tente et de leurs paquetage. Gidéon, qui ouvrait la marche, était talonné par Hagrid. Sofia suivait comme elle pouvait en ignorant les douleurs des courbatures qu'elle traînait depuis leur longue marche de lundi.

L'un des géants, moins amoché que l'autre, gagnait rapidement du terrain sur eux et Fabien, qui fermait la marche, hurla :

ILS NOUS RATTRAPENT ! PLUS VITE !

Sofia redoubla d'ardeur. La tente ne devait plus être si loin. Elle entendit Gidéon hurler un "accio portoloin" pour leur éviter un temps de recherche trop long. Il suffisait à la jeune femme de courir les quelques mètres qui la séparaient de son ami pour qu'il puisse activer le portoloin et les tirer de ce mauvais pas. Juste quelques tous petits mètres...

Soudain elle sentit une douleur vive à la cuisse droite puis sa jambe se déroba sous elle. Elle tomba au sol dans un cri sourd et dans une explosion de douleur, sentant son visage s'écraser contre la pierre de la montagne. La douleur étant lancinante, telle qu'elle n'en avait jamais connu. Elle irradiait de sa cuisse droite dans tout son corps par vague.

Comme si elle était détaché de son propre corps, elle entendit Fabien hurler son nom. Le son était lointain, comme étouffé par des murs de coton. Elle sentit des bras la soulevait et la malmener alors que son porteur se remettait à courir. Elle entendait quelqu'un hurler à pleins poumons et elle se rendit compte que c'était elle. Cela lui permit de reprendre pied avec la réalité.

Elle était dans les bras de Fabien, qui courait pour rejoindre Hagrid et son frère qui tenait le portoloin prêt à être activé. Sofia se rendit compte qu'elle pleurait à gros sanglots et que Fabien, blanc comme un linge, lui répétait que tout allait bien se passer.

C'est alors qu'elle la vit. La branche d'arbre taillée en pointe qui dépassait de sa cuisse droite. Elle devait mesurer un peu plus d'un mètre cinquante de long, et elle dépassait de sa cuisse de cinquante bon centimètre. La pointe de la branche, aussi fine qu'une aiguille était luisante de sang. La partie toujours dans la cuisse de Sofia devait mesurer une bonne vingtaine de centimètres de diamètre.

Le géant avait lancé un de ses javelots dans sa cuisse droite.

Sofia se mit à pleurer de plus belle lorsqu'elle réalisa qu'elle ne sentait plus sa jambe et que son la plaie était tellement béante qu'elle pouvait voir son os et ses muscles. La quantité de sang qui en jaillissait était assez impressionnante, alors que le javelot était toujours à l'intérieur. Un reste des corps de médecine qu'elle avait pris par elle-même depuis qu'elle était dans l'Ordre lui rappela qu'une fois qu'il serait retiré, cela serait pire.

Fabien arriva enfin à porter de main du portoloin et posa la main de Sofia jointe à la sienne dessus. Sofia remarqua qu'il pleurait aussi en lui murmurant que cela allait bien se passer. Le crochet attrapa son nombril et se fut le trou noir.

OoOoO

Dumbledore était assis à son bureau, occupé à préparer deux missions pour l'Ordre lorsque Fabien, Gidéon Hagrid et Sofia firent irruption dans son bureau. La première chose qu'il remarqua, fut l'air paniqué des deux jumeaux et de Hagrid, puis ce fut la quantité de sang qui entourait son ancienne élève.

Avec une souplesse étonnante pour quelqu'un de son âge, il se mit sur ses pieds et se précipita sur eux tout en donnant ses directives.

Hagrid, allez chercher Madame Pomfresh. Faites au plus vite. Une fois que vous l'aurez envoyée ici, allez en salle de Métamorphose et faites venir Monsieur Black.

Tout de suite, Monsieur.

Hagrid disparut à toute vitesse. Fabien, qui portait toujours Sofia, n'osait pas la poser au sol de peur de bouger le javelot et de la blesser un peu plus. Il était blanc comme un linge et son frère n'était pas mieux.

Posez-la sur le bureau, tout en maintenant sa jambe blessée. Je ne veux pas toucher à cette branche tant que Poppy ne l'a pas examinée.

Elle va s'en sortir, n'est-ce pas Albus ?

Le directeur ne répondit pas. Sofia était blanche comme la mort et semblait avoir perdue une assez grosse quantité de sang. Et il ne souhaitait pas s'avancer sur l'utilité qu'elle pourrait avoir de sa jambe avec que Poppy Pomfresh n'ait vérifié ce qui avait été endommagé. Il demanda plutôt :

Que s'est-il passé ? Racontez-moi tout en détail.

Et les jumeaux s'exécutèrent pendant les longues secondes qui mit l'infirmière à les rejoindre.

OoOoO

Sirius s'appliquait à transformer le chien face à lui en repose-pied lorsque des coups forts furent frappés à la porte de la salle. MacGonagall s'éloigna de l'élève qu'elle était en train d'aider pour demander à la personne d'entrer et Hagrid fit irruption dans la pièce. Bien que le garde-chasse ne soit jamais impeccable, il avait l'air encore plus débraillé que d'habitude. Quelques tâches sombres semblaient même tâché son énorme manteau de fourrure et Sirius se demanda un instant s'il s'agissait de sang.

Hagrid ? Que se passe-t-il ?

Sirius jeta un coup d'oeil surpris à ses trois amis lorsqu'il vit l'air inquiet de leur professeur de métamorphoses. Elle n'avait jamais l'air inquiète. Jamais. Alors son ton angoissé leur mit immédiatement la puce à l'oreille. Les quatre maraudeurs attendirent la réponse du garde-chasse qui ne tarda pas.

Le professeur Dumbledore voudrait voir Monsieur Black dans son bureau au plus vite.

MacGonagall pâlit quelques peu et jeta un regard interrogateur à Hagrid qui sembla répondre à l'affirmative à sa question muette. Sirius, soudain très inquiet, se leva dès que sa professeur le lui demanda et se dirigea vers Hagrid. Le garde-chasse se mit immédiatement en route, forçant le jeune élève à presque courir pour suivre son rythme.

Que se passe-t-il Hagrid ?

C'est Sofia.

Sirius sentit une pierre tomber au fond de son estomac. Sofia. Sofia avait eu un problème. Il demanda aussitôt d'une voix blanche :

Est-ce qu'elle est...

Je ne sais pas. Dépêchons-nous.

La pierre dans son estomac devint du plomb. Sofia. Son prénom résonnait en boucle dans son esprit. Sa gorge était serrée au point qu'il ne puisse plus prononcé un mot et sa vision était flou. Il se rendit rapidement compte que c'est parce que ses yeux étaient remplis de larmes.

Hagrid le conduisit jusqu'à la statue menant au bureau du directeur. Il prononça un mot de passe stupide que Sirius ne prit même pas la peine de retenir et il avança, suivi du jeune homme. Sirius sentait ses mains trembler fortement et il les serra l'une contre l'autre.

La porte du bureau fut bientôt en vue et avant même de la franchir, Hagrid se tourna vers lui, les yeux humides, et lui dit :

Ce que tu vas voir la dedans, gamin, c'est assez moche. Prépare toi y. Elle a besoin de toi, tu dois être fort.

Il hocha doucement la tête, tentant de prendre une grande inspiration pour se préparer. Hagrid frappa deux coups à la porte et entra. Sirius le suivit et sentit son cœur s'arrêter.

Il y avait du sang partout.

Deux rouquins à l'air hagard observé Madame Pomfresh et Dumbledore qui s'agitaient autour de Sofia.

Sofia.

Elle avait la peau encore plus pâle que d'habitude. Elle était couverte de sang. Et une branche aussi grosse qu'un putain d'arbre dépassait de sa cuisse droite. Pomfresh était en train de dresser une liste des nerfs, des muscles et des tissus touchés d'un ton professionnel.

Sirius ne sentit pas ses jambes avancer mais il était soudain proche de la tête de Sofia, en train de lui caresser les cheveux et de lui murmurer que tout allait bien se passer. Elle ne semblait pas l'entendre, mais il s'en fichait. Il ne cessait de répéter les mêmes mots :

Je suis là Sofia, ça va aller, tu vas voir, ça va aller...

Dumbledore lui jeta à peine un regard, concentré sur le bilan que Pomfresh était en train de dresser. Finalement, l'infirmière se redressa et annonça.

Elle vivra. Et si elle est prise en charge dans moins d'une heure à Saint-Mangouste, elle récupérera entièrement l'usage de sa jambe.

Un soupire de soulagement collectif fusa dans la pièce. Dumbledore s'occupa alors de tout avec un pragmatisme assez impressionnant. Il envoya son Phoenix prévenir l'hôpital de l'arrivée en urgence de la jeune femme, demanda à Gidéon et Fabien d'accompagner Sirius à Saint-Mangouste pour qu'il puisse attendre à leurs côtés puis envoya Hagrid prévenir "les autres" de la situation.

Sirius ne se questionna même pas et suivit le mouvement. Tant qu'il pouvait être auprès d'elle, rien d'autre n'avait d'importance.

OoOoO

Il patienta des heures dans un couloir de l'hôpital. Les jumeaux roux qui l'avaient accompagnés lui tinrent compagnie en silence. Ils avaient prévenus Sirius dès le début : ils ne pouvaient littéralement rien lui dire des circonstances dans lesquelles Sofia avaient été blessée. Alors, Sirius avait retenu ses questions et avait angoissé jusqu'à l'apparition du Médicomage.

Cela pris en tout six heures avant que l'homme n'apparaisse au bout du couloir avec un air fatigué. Il s'approcha d'eux trois et demanda d'une voix épuisé :

M. Black ?

C'est moi, dit-il en se levant immédiatement.

Le Médicomage lui adressa un signe de tête poli et déclara :

Nous avons entièrement reconstruit les os, les muscles et les nerfs de sa cuisse. Elle retrouvera une mobilité complète d'ici quelques jours, le temps que l'inflamation dûe au sortilèges se résorbe. Concernant la perte de sang, son système semble avoir pris le relai et nous ne lui avons donné que deux potions de régénérations sanguines. C'est très encourageant.

Sirius laissa échapper un soupir soulagé qui fit écho à celui des jumeaux Prewett. Il demanda immédiatement s'il pouvait aller la voir. Le Médicomage eut l'air embêté :

Elle se repose pour l'instant... Mais je suppose que vous devez retourner à Poudlard rapidement ?

Avant cette nuit je pense, répondit le jeune homme.

Bien, céda le Médicomage, allez-y. Mais ménagez-la.

Merci Monsieur !

Sirius s'élança en direction de la chambre de Sofia, les jumeaux continuant de discuter avec le médicomage. Ils semblaient lui demander quels sortilèges il aurait été utile de pratiquer immédiatement "pour une prochaine fois". Cela glaça le sang de Sirius. Il était hors de question qu'il y ait une prochaine fois.

Il entra doucement dans la pièce, mais la jeune femme n'était pas endormie : ses deux yeux bleus se posèrent immédiatement sur lui. Elle était toujours très pâle, mais elle afficha son fameux sourire et Sirius sentit les larmes lui monter aux yeux.

J'ai cru que tu étais morte, murmura-t-il d'une voix tremblante.

Sofia sembla aussitôt profondément désolée et il se hâta d'aller vers elle pour la prendre dans les bras. Ils se serrèrent dans une étreinte maladroite à cause de sa jambe bandée et immobilisée. Ils restèrent ainsi de longues minutes, Sirius caressant les cheveux emmêlés de la jeune femme et savourant la sensation de chaleur qu'elle lui apportait.

Finalement, Sofia se recula et lui sourit avec une douceur insoupçonnée chez elle :

Je vais bien tu sais, laisse-moi une semaine et je te prends dans un match de batteur sans soucis.

Il est hors de question que tu t'approches d'un cognard avant plusieurs semaines.

Sofia éclata de rire avant de reprendre un air sérieux :

Je suis heureuse qu'ils t'aient fait venir. Je n'étais pas sûre que Dumbledore y penserait.

Sirius réalisa alors l'incongruité de la situation. Que faisait-il ici ?

Je ne m'étais pas vraiment posé la question mais... Comment cela se fait-il qu'il l'ait fait ?

Tu es ma personne d'urgence, répondit-elle simplement.

Il haussa un sourcil interrogateur et, de son côté, elle haussa les épaules en répondant :

S'il devait m'arriver quelque chose, tu devais être le premier au courant. Tu es également le décisionnaire en cas de décisions médicales me concernant.

Sirius sentit un étrange mélange d'appréhension et de fierté le prendre au ventre. Il était étonnement touchée, mais pas vraiment surpris, qu'elle lui témoigne autant de confiance. Cependant, le poids de cette responsabilité lui ajoutait un poids encore inconnu sur les épaules.

Tu ne me l'avais jamais dit.

Ah bon ? J'ai du oublier, rétorqua tranquillement Sofia en lissant ses draps mais la rougeur sur ses joues trahissait son mensonge.

Il ne releva pas et s'installa à côté d'elle sur le lit pour la serrer contre son torse.

Voyons voir combien de temps Dumbledore met à venir me récupérer.

Très bonne intiative, Black.

Tu sais que tu peux compter sur moi pour les bonnes initiatives.

Dans mon souvenirs, tu n'en as pas pris beaucoup des initiatives, le taquina-t-elle.

Qui t'a invité à Pré-au-Lard rappelle-moi ?

Et qui t'a embrassé ?

C'est une compétition ?

Cela en est toujours une.

Entre qui de nous est le plus amoureux ? Je gagne Petrov. Clairement.

Nous verrons ça.

Vendredi 13 janvier 1978

Sofia transplana en bordure de Pré-au-Lard, aussi protégé que le château depuis l'attaque. Dumbledore était là, et elle lui adressa un sourire joyeux alors qu'elle était debout sur ses deux jambes et avec un air satisfait. Le directeur lui sourit malicieusement et lui demanda :

Comment te sens-tu ?

En pleine forme. Deux jours allongés dans un lit c'est beaucoup trop long pour moi.

Parfait. Ton arrivée sanglante dans mon bureau m'avait laissé plutôt inquiet.

Sirius m'a parlé de ça. Gid et Fab aussi. Je suis désolée pour votre tapis.

Dumbledore gloussa et lui désigna la Cabane Hurlante un peu plus loin avec un geste du bras.

Bonne pleine lune, Monsieur Lupin vous rejoindra d'ici une petite heure.

Merci Monsieur.

Elle prit immédiatement la direction de la Cabane. Marcher ne lui causer absolument aucune douleur, même si elle ressentait une certaine gêne pendant certains mouvements. Le Docteur Sheppard, qui avait reconstitué sa jambe avec pas moins de deux-cent-quarante-sept sortilèges, lui avait assuré que cette gêne disparaîtrait en quelques jours.

Elle poussa la porte de la Cabane qui grinça sur ses gonds et s'avança dans les pièces sales et poussiéreuses. Comme d'habitude, elle prit la direction de l'étage et de la chambre où Remus et elle avaient pris l'habitude de se transformer. Il n'y avait encore personne et elle savoura le silence.

La pleine lune lui apportait toujours une sensation de fébrilité, comme si des milliers de fourmis se promenaient dans ses vaisseaux sanguins. Elle avait envie de courir, de hurler, de se rouler dans la neige. De revoir sa meute.

Un bruit au rez-de-chaussée lui apprit que James, Peter et Sirius venaient de faire leur entrée. Ils venaient toujours en avance pour éviter de croiser les professeurs qui accompagnaient Remus au Saule Cogneur. Sofia ne comprenait toujours pas comment Poudlard pouvait être considéré comme un lieu sûr quand on savait que trois élèves se faufilaient en douce hors du château à chaque pleine lune depuis quatre ans.

James fut le premier à la voir et la serra contre lui. A sa douceur inhabituelle, Sofia devina que Sirius les avait informé de sa petite blessure. Peter la serra aussi dans ses bras, avec plus de retenue que James car il était plus timide -et beaucoup moins exubérant. Sirius apparut enfin et la serra aussi contre lui en l'embrassant doucement. James dit :

Je n'étais pas sûre que tu serai là ce soir, Patmol nous a dit que tu étais à Saint-Mangouste.

Rien de grave, répondit Sofia avec un sourire, je m'étais fait mal à la jambe mais tout est guéri.

Je savais que Pat dramatisait. Tu aurais vu sa tête quand il est revenu mercredi soir dans la Salle Commune, il était blanc comme un linge, se moqua gentiment Peter.

Sofia échangea un regard avec Sirius. Il avait les lèvres pincées et elle savait que ce n'était pas parce qu'il était gêné des propos de Peter mais bien parce qu'elle minimisait sa blessure devant leurs amis. Pourtant il ne dirait rien de plus, elle le savait et elle l'en remercia silencieusement.

Ils s'installèrent comme à leur habitude, sur le sol du couloir, et discutèrent de tout et de rien. James progressait chaque jour dans sa relation avec Lily et ils avaient même prévu d'aller à Pré-au-Lard ensemble début février. Elle avait précisé que c'était une sortie "entre amis" mais Sofia savait depuis nouvel an que ce n'était plus qu'une question de temps pour qu'ils sortent enfin ensemble.

De son côté, Peter parlait avec Sirius d'un devoir de potion qui lui donnait du fil à retordre et que, étonnement, le jeune Black avait déjà fini. Sirius expliquait patiemment à son ami les propriétés des différents ingrédients et lui promit de l'aider durant le week-end à écrire les quelques centimètres de parchemin qui lui manquaient.

Remus apparut finalement quarante-cinq minutes après les trois premiers maraudeurs. Comme ses amis, il salua chaleureusement Sofia et se rendit dans la chambre principale de la Cabane pour se transformer. Sofia le suivit, comme à leur habitude.

Ils se déshabillèrent, dos à dos. Remus était rouge de gêne comme au premier jour alors que Sofia s'en fichait comme de sa première culotte. Une fois nus tous les deux, un nuage passa devant la lune, retardant quelques peu leur transformation. Remus en profita pour prendre de ses nouvelles :

Comment va ta jambe ? Sirius avait l'air assez secoué mercredi à son retour.

Plutôt bien. Ils ont réussi à tout réparer, dit Sofia.

Elle jeta un coup d'œil à la grosse cicatrice boursouflée qui barrait sa cuisse droite. Elle n'était plus douloureuse au toucher mais restait assez vilaine en visuelle. Heureusement, elle aurait dégonflée avant que la saison ne lui permette de porter des short et des robes ; même si Sofia était persuadée qu'elle ne disparaîtrait jamais complètement.

Remus n'eut pas l'occasion de répondre à la jeune fille car la lune se montra finalement et il se plia en deux sous la douleur. Comme toujours, de son côté, Sofia se transforma immédiatement et sans gêne avant de se précipiter au côté de Remus pour le soutenir.

Quand sa lente et douloureuse transformation fut achevée, ils rejoignirent leurs ami eux aussi transformés. Remus, sous sa forme lupine, sautillait de joie autour de Sofia et s'amusait à lui mordillait les oreilles. Peter, monté sur les bois de James, observait la scène en poussant des couinements amusés.

Ils prirent la direction de la forêt et Sofia savoura son moment préféré du mois au côté de ses amis.

Samedi 14 janvier 1978

Lorsqu'elle fut retransformée, Sofia attendit avec Remus l'arrivée du Professeur Dumbledore et de Madame Pomfresh tandis que les garçons reprenaient le chemin du château. La nuit avait été joyeuse et Sofia, bien que limitée dans certains de ses déplacements, avait savouré ce moment de joie te de complicité.

Remus, l'air fatigué comme toujours, avait cependant l'air en meilleur état qu'il y a encore quelques années. Il était assis sur un tabouret du rez-de-chaussée tandis que Sofia s'appliquait à retirer chaque branche qui s'était coincée dans ses cheveux.

Les professeurs apparurent quelques minutes plus tard, Madame Pomfresh se dirigeant immédiatement vers Remus pour vérifier ses constantes avec un air satisfait face à son allure générale. Dumbledore se dirigea vers Sofia en observant discrètement sa posture. Elle s'appuyait correctement sur ses deux jambes et semblait en pleine forme, d'autant plus pour quelqu'un ayant passé sa nuit à courir dans une forêt.

Suivez-moi Monsieur Lupin, une matinée de repos sera suffisante cette fois-ci, dit l'infirmière avec un ton autoritaire.

Remus adressa un sourire et un signe de main à Sofia avant de suivre son aînée dans le conduit menant au Saule Cogneur. Sofia s'apprêtait à les suivre quand Dumbledore la retint doucement d'une pression sur le bras.

Ils attendirent en silence que Remus et Madame Pomfresh se soient suffisamment éloigné, avant que Dumbledore ne dise :

J'ai reçu un rapport inquiétant hier soir et j'aimerai en parler avec toi.

Oui bien sur, je serai ravie de pouvoir aider, répondit automatiquement Sofia.

Que sais-tu de la famille Karkaroff ?

Ce sont des aristocrates russes, plutôt traditionalistes. Il me semble que le fils aîné de Monsieur Karkaroff est devenu professeur à Dumstrang l'année où je suis partie. Pourquoi ?

J'ai reçu des rapports indiquant que la famille Karkaroff entretiendrait des relations avec Voldemort. Ainsi que quelques autres vieilles familles aristocratique de Russie.

Sofia fronça les sourcils. Si Voldemort arrivait à rallier des alliées dans d'autres pays d'Europe, la guerre s'annonçait plutôt mal. Ils ne pouvaient pas mener la guerre contre un continent complet. Elle fit part de ses peurs à Dumbledore qui approuva gravement.

C'est en effet ce qui m'inquiète. J'aimerai que tu te rendes en Russie. Ta position te garantie un accès aux soirées mondaines qui s'y déroulent. Je veux que tu laisses traîner tes oreilles, que tu essayes de deviner les alliances qui s'y tissent. Fabien viendra avec toi pour jouer le rôle de ton fiancé anglais respectable. Il vient d'une vieille famille anglaise, cela ne posera pas de problème. Gidéon vous accompagnera également, et s'assura de votre protection en cas de problème.

Dumbledore l'observa de ses yeux perçant pour tenter de deviner ce qu'elle pensait. Sofia quant à elle essayait de ne pas se montrer réticente. Elle avait quitté la Russie car plus rien ne l'y rattachait. Elle n'avait pas franchement envie de revoir sa belle-mère ou le manoir familial qui l'avait vu grandir. Pourtant, elle comprenait que sa position faisait d'elle la personne toute désignée pour cette mission.

Je ne vais pas vous cacher que faire mon retour dans l'aristocratie russe ne m'enchante guère mais je ferai mon possible pour découvrir ce qui s'y trame. Quand dois-je partir ?

Demain en fin d'après-midi. Pourras-tu prendre tes dispositions d'ici là ?

La manoir familial m'appartient toujours à moitié. Même si ma belle-mère y vit et que je ne lui ai pas parlé depuis plus d'un an, elle ne s'opposera pas à mon arrivée. Nous avons toujours eu des rapports... cordiaux.

Parfait. Fabien et toi prendrez un portoloin officiel au Ministère. Je veux que votre voyage ait l'air le plus innocent possible. Gidéon vous rejoindra par Cheminée dans la nuit.

Sofia hocha la tête pour signifier qu'elle avait compris. Dumbledore se radoucit aussitôt, quittant cette attitude chef de guerre qu'il prenait lorsqu'il exposait les missions de l'Ordre pour retrouver celle du vieux directeur d'école excentrique.

Je sais que je t'en demande beaucoup Sofia et je veux que tu saches que ton implication à sauver le Monde Sorcier me rend vraiment admiratif.

Elle rougit légèrement sous le compliment et il poursuivit :

Je ne vais pas te retenir plus longtemps. Tes appartements habituels t'attendent. Je suis certain que Monsieur Black t'y attend déjà également.

Cette fois-ci elle rougit violemment et bagaya un semblant de réponse qui fit rire le vieil homme :

Allons Sofia, la fougue de la jeunesse est une autre source d'admiration que je nourris. Monsieur Black et toi êtes l'exemple parfait de ce pour quoi je me bats contre Voldemort.

Il lui sourit malicieusement et s'engouffra dans le tunnel menant au château.