CHAPITRE 27 : IL FAUT FÊTER CA !


Dimanche 12 février 1978

Le portoloin de Sofia atterrit au Ministère de la Magie ce dimanche 12 février, très tôt dans la matinée. Retrouver le sol anglais lui fit l'étrange impression de rentrer à la maison, comme si elle était partie depuis des mois et non pas seulement quelques semaines. Quitter son pays natal pour son pays d'adoption coulait de source. Elle n'était vraiment plus certaine de pouvoir un jour habiter en Russie à long terme. La neige lui manquerait toujours, mais sa maison était en Angleterre maintenant. Sa famille s'y trouvait.

À cette heure matinale, le Ministère était plutôt calme. Quelques sorciers se pressaient vers les ascenseurs, certainement pour rejoindre leurs bureaux, mais le plus gros des employés n'étaient pas encore arrivés. Leurs pas résonnaient sur le sol de marbre dans une étrange mélodie que la jeune femme trouva apaisante. L'air sentait l'humidité, le thé et le jus de citrouille. L'odeur typique de Poudlard le matin. Ou du manoir Potter. Un étrange parfum qu'elle était presque certaine de retrouver si elle approchait son nez d'une fiole d'Amortentia tant elle l'adorait.

Sofia jeta un coup d'œil rapide aux panneaux fléchés présent dans le terminal des Portoloins et prit la direction de la sortie d'un pas assuré. Il avait été convenu qu'elle rentre en Angleterre par la voie officielle, pour ne pas éveiller les soupçons de ses nouveaux contacts russes. Contacts qu'elle allait devoir surveiller avec la plus grande attention pour contrer leurs plans contre Vous-Savez-Qui. Tout comme ils allaient certainement eux-mêmes la surveiller afin de s'assurer de sa bonne foi.

Sortir du Ministère comme une petite aristocrate russe imbue d'elle-même était donc le b-a-ba du comportement qu'elle devait dorénavant afficher en public. Ces dernières semaines, elle avait regretté de nombreuses fois ses coups d'éclats à Poudlard. Elle était certes heureuse d'avoir défendu ses pensées et ses idéaux, mais jouer le jeu de l'ennemi dès le début aurait permis d'avoir un agent infiltré à l'Ordre et elle aurait été heureuse de tenir ce rôle. Elle devait maintenant se contenter de ce rôle d'agent infiltré dans l'aristocratie russe plutôt que dans les rangs des Mangemorts, où sa réputation la précédait un peu trop.

Elle parvint enfin à sortir du Ministère et se retrouva en plein cœur de Londres. La ville était remplie de monde en ce dimanche ensoleillé, malgré l'heure matinale. Les londoniens étaient nombreux à vouloir profiter des quelques rayons de soleil qui annonçait un léger redoux avant de se rendre à leur journée de travail. Sofia marchait d'un pas confiant dans la foule, ignorant le regard surpris de deux vieilles femmes sur sa tenue très distinguée, à la mode russe. Elle se dirigea vers une ruelle isolée et transplana jusqu'à chez elle après avoir vérifié que la voie était libre.

L'appartement sentait quelque peu le renfermé après plusieurs semaines sans aération. Une fine couche de poussière couvrait également les meubles. La seule plante qu'elle possédait avait une triste mine. Rien qu'un peu d'aération et que quelques sortilèges ne pourraient pas régler.

En se dirigeant vers sa cuisine pour se servir un verre d'eau, elle avisa l'heure. Dumbledore ne la rejoindrait pas avant un bon moment. Sofia quitta donc sa très chic tenue de voyage pour un jogging et un gros pull avant de se lancer dans un petit ménage. Elle commença par ouvrir les grandes fenêtres donnant sur le minuscule balcon longiligne puis se mit au travail. Elle récura l'appartement, arrosa la plante, fit disparaître les poussières des meubles et lava son linge d'un coup de baguette. Le tout ne lui prit pas plus d'une demi-heure.

Il lui restait deux longues heures à attendre et elle commença à tourner en rond. Après ses dernières semaines très chargées, elle n'avait pus l'habitude de rester sans rien faire aussi longtemps.

Après avoir fait trois fois le tour de son appartement, elle aperçut, aimanté sur son frigo, le cadeau que James lui avait offert à Noël. Un bon cadeau pour le perceur du coin de la rue. Sofia hésita un instant, le temps de se demander si cela ne mettrait pas en péril sa couverture d'héritière irréprochable et traditionaliste. Tous ses comportements devaient maintenant tenir compte de son nouveau statut en Russie.

Elle se teint donc les cheveux d'un coup de baguette et les raccourcit d'une bonne cinquantaine de centimètres. Elle avait toujours été plutôt douée en métamorphose, même sur la métamorphose humaine auto-appliquée, alors son sortilège devrait tenir au moins deux bonnes heures. Pour plus de sécurité, elle posa une casquette sur sa tête. Personne n'était censé connaître l'emplacement de son appartement, mais, en tant de guerre, on n'était jamais assez prudent.

Quelques jours plus tôt, elle avait fait l'acquisition d'un petit Manoir en Écosse qui était, aux yeux de ses amis russes, sa demeure officielle. Elle pourrait de ce fait y recevoir son courrier et, le cas échant, des visiteurs.

Sofia prit la direction du salon de piercing en savourant le fait de retrouver son quartier. Elle croisa quelques nouvelles têtes et quelques anciennes, mais ne salua personne, souhaitant se fondre dans le paysage au maximum.

Finalement, Sofia arriva devant la boutique et poussa la porte.

OoOoO

Sofia posa une tasse de thé fumante devant son ancien directeur qui la remercia. Elle s'assit sur la chaise en face de lui et attendit qu'il termine d'y ajouter du sucre. Beaucoup de sucre.

Dumbledore reposa finalement sa cuillère et sourit à nouveau à Sofia en lui demandant :

Tu as fait bon voyage ?

Je ne suis pas une grande fan des Portoloins, répondit-elle en haussant les épaules.

Personne ne l'est, je le crains.

Ils commencèrent à parler de la deuxième partie de la mission de Sofia. Elle lui raconta alors comment sa belle-mère, qu'elle avait toujours considérée comme une femme idiote et parvenue, l'avait impressionnée par son intelligence. Elle l'aidait désormais à se constituer un réseau de traditionalistes russes et réunissait elle-même des informations pour le compte de l'Ordre. Dumbledore avait d'ailleurs commençait à entretenir une correspondance codée avec elle, passant par plusieurs intermédiaires de confiances pour sécuriser la couverture de Sofia et de sa belle-mère.

Le réseau qu'elle avait essayé de former durant le mois de janvier et le début du mois de février commençait à vraiment porter ses fruits. Sofia était à présent en mesure de donner le nom de trois familles russes qui semblait aider Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom à financer et mener sa guerre.

Elle parla également à Dumbledore de son Manoir en Écosse, insistant sur le fait qu'il servirait à sa couverture et ne devait en aucun cas être fréquenté par des gens de l'Ordre. Le Directeur la félicita pour cette initiative qui renforcerait à coup sûr la confiance des Russes.

La ruse est une des qualités première de ta maison. Tu es bonne à cela.

Sofia rougit sous le compliment et s'empressa de raconter la suite de sa mission pour dissiper sa gêne.

Tandis qu'elle racontait les évènements des dernières semaines, Sofia fournissait au fur et à mesure à Dumbledore plusieurs documents incriminants. Ils étaient écrits en russe, mais elle avait pris le temps de les traduire et de les annoter afin d'en faciliter la lecture. Elle avait aussi pris sur elle de dessiner un organigramme simplifié des plus grandes familles russes afin que le directeur puisse comprendre les tenants et les aboutissants des alliances qui s'y liées.

Lorsque le flot d'informations qui sortaient de sa bouche se tarit, Dumbledore semblait impressionné, ce qui la conduisit à bredouiller en rougissant :

Voilà à peu près tout ce que je peux vous apprendre pour l'instant.

C'est incroyable Sofia, merci beaucoup. Ces informations étaient inespérées pour notre cause, et je suis ravie de te compter dans nos rangs. Un esprit logique comme le tient est toujours un atout de taille. Cette mission a été couronnée d'un grand succès, j'ai hâte d'en parler au prochain conseil de l'Ordre.

La jeune fille rougit de nouveau sous les compliments. Malheureusement, elle avait également conscience que le temps jouait contre eux et que chaque jour rapprochait un peu plus Voldemort de la victoire :

Je ne suis malheureusement pas certaine que cela nous suffise à gagner la guerre.

Chacune de nos petites victoires est un pas vers la défaite finale de notre ennemi.

Le vieil homme avait l'air confiant. Sofia aurait aimé avoir autant de confiance que lui... Mais plus les jours passaient, plus elle craignait qu'elle et ses amis ne s'en sortent pas tous indemnes. Elle n'était pas certaine que leurs "petites victoires" étaient suffisamment nombreuses pour compenser les défaites.

Elle prend malgré tout congé de son ancien directeur avec le sourire. Elle sait qu'elle a pas mal de travail qui l'attend notamment s'occuper de donner l'illusion de son installation en Écosse. Elle pense à engager une petite dizaine d'Elfes pour s'occuper du Manoir, et y passer quelques jours par semaine. Pour cela, elle doit le meubler à la mode russe et s'occuper d'un tas de formalités administratives, comme le raccorder au Réseau de Cheminée par exemple. En résumé, elle a du pain sur la planche pour les prochains jours.

Mardi 14 février 1978

Après trente-six heures bien remplie à mettre en place sa couverture en Écosse, Sofia était fin prête à annoncer son retour aux Maraudeurs... Et tout particulièrement à Sirius. Surtout en ce quatorze février.

Elle avait absolument tout prévu pour que cette Saint-Valentin soit exceptionnelle. Il s'agissait de sa première fête des amoureux depuis qu'elle était officiellement avec Sirius et elle voulait marquer le coup, tout en essayant de se faire pardonner pour sa longue absence. Elle avait tout de même loupé son anniversaire et avait disparu un bon mois. Tout ça pour jouer la célibataire traditionaliste et bonne à marier dans son pays natal.

Bref, elle avait pas mal de chose à lui faire oublier et à se faire pardonner. Tout en maintenant au maximum sa nouvelle couverture. Il fallait donc qu'elle soit efficace, innovante et discrète. Rien d'insurmontable.

Elle anticipa cette surprise en envoyant un mot codé à Sirius avant son départ en Écosse le jour de son arrivée en Angleterre, soit deux jours avant la Saint-Valentin. C'était une simple lettres sans signature, avec seulement deux phrases :

De retour de la neige, j'espère me réchauffer dans tes bras.

Mardi, couché du soleil, dans la maison de nos nuits de folie.

Elle ne doutait pas que Sirius comprendrait qu'elle parlait de la Cabane Hurlante et que le mot venait d'elle. Elle ne doutait pas non plus du fait qu'il arriverait à s'y rendre en toute discrétion sous le nez du corps professoral. Tant que les élèves restaient dans l'enceinte du château et de Pré-au-Lard et donc sous la protection de ses sortilèges, Dumbledore n'avait pas trop l'air de se soucier de savoir s'ils passaient la nuit dans leur lit. De plus, Sirius n'en était pas à son coup d'essai.

Elle prépara de ce fait minutieusement cette soirée romantique, vraiment minutieusement. De sorte qu'elle soit mémorable. Ce qu'elle ne savait pas, c'était qu'à quelques centaines de kilomètres de Londres, James Potter vivait également une journée mémorable.

OoOoO

James Potter ouvrit les yeux en ce matin de Saint-valentin avec une certaine excitation. Le soir même avait lieu le bal de la Saint-Valentin et Lily Evans avait accepté de l'y accompagner avec un grand sourire. Il sortit du lit avec énergie et commença à réveiller ses amis sans se soucier de l'heure matinale.

Peter grogna quand James le secoua, mais ne bougea pas. Remus gémit de désespoir et lui demanda d'aller "voir là-bas s'il y était" en se cachant sous ses couvertures. Frank sauta sur ses pieds pour aller chercher un petit-déjeuner en cuisine à Alice, glissant un remerciement à James alors qu'il quittait le dortoir. Sirius toujours endormi, un léger sourire aux lèvres, tenait dans sa main le mot qu'il avait reçu de Sofia deux jours plus tôt ; James décida de le laisser tranquille.

James se prépara rapidement pour pouvoir rejoindre Lily à la table des Gryffondors et lui offrir ses cadeaux de Saint-Valentin. Pour une fois, il avait vu les choses à taille humaine. Pas de camion de fleurs ou de colliers sertis de rubis. Il avait prévu un bouquet de ses fleurs favorites - qu'ils connaissaient grâce à Remus - ainsi qu'un livre dont elle lui avait parlé un mois plus tôt et qu'elle n'arrivait pas à se procurer, car il était en rupture de stock depuis noël. De simples cadeaux personnalisés. Des cadeaux qui montraient qu'il s'intéressait vraiment à elle et qu'il l'écoutait.

Il enfila son uniforme en vitesse, prenant soin de décoiffer ses cheveux et nouant sa cravate de manière volontairement débraillée. Le style avant tout. Il repassa par le dortoir pour annoncer à la cantonade qu'il allait "déjeuner avec la femme de sa vie pendant que ses fainéants de meilleurs amis allaient louper le petit-déjeuner". En réponse, il se reçut un oreiller en pleine tête de Remus et de Peter.

Ignorant ces imbéciles qui ne connaissaient décidément pas les belles choses de la vie, il descendit les escaliers en vitesse et s'approcha de la table des Gryffondors avec un air joyeux. Il se dirigea vers Lily, qui déjeunait en compagnie de deux de ses amies. Elles parlaient avec enthousiasme de la belle attention de Frank d'offrir un petit-déjeuner romantique à Alice. Quand Lily remarqua finalement James, elle se leva et s'approcha de lui tout en lui offrant le sourire doux qui était sa marque de fabrique. Elle le lui adressait de plus en plus ces temps-ci et James sentait son cœur fondre à chaque fois qu'elle le faisait.

Salut James, où sont tes trois inséparables ?

En train de ronfler, je pense.

Lily rit doucement et James sentit son cœur fondre un peu plus. La jeune fille prit alors la direction de la sortie en lui attrapant le bras et il ne fut plus capable de réfléchir à partir de ce moment-là. Lily l'entraîna dans les couloirs, semblant se déplacer au hasard. Elle marchait silencieusement et heureusement, car James aurait été incapable de répéter ce qu'elle avait dit. Toutes les voies de sa tête étaient en train de hurler "ELLE NOUS TIENT LE BRAS, CECI N'EST PAS UN EXERCICE, ALERTE ROUSSE, ELLE NOUS TIENT LE BRAS".

Elle lâcha finalement son bras pour attraper sa main et entremêler ses doigts au sien. Les voix dans sa tête se mirent à hurler sans qu'il soit possible de distinguer quoi que ce soit. James était au bord du malaise.

Il finit par retrouver suffisamment de lucidité pour lui dire d'une voix tremblotante, tout en lui tendant ses cadeaux qu'il tenait de son autre main depuis la Grande Salle :

Joyeuse Saint-Valentin, Lily.

Le bouquet, magiquement emballé, dévoila sa superbe une fois ouvert, diffusant son parfum aux alentours. Lily sembla ravie, mais pas autant que quand elle ouvrit le livre. Elle lui sauta au cou et l'embrassa à pleine bouche en le remerciant.

C'était un simple baiser, bouche contre bouche. James sentit un feu d'artifice exploser dans son ventre, son cœur battait la chamade. Il sentait ses lèvres picoter comme s'il avait mangé le piment le plus fort du mort.

Lily s'était déjà reculée d'un petit pas, ne paraissant pas se rendre compte de ce qu'elle venait de faire. Elle balayait les pages du roman d'un air enthousiaste en babillant à propos de l'auteur ; mais James avait les oreilles qui bourdonnaient et n'en entendait pas un mot.

Finalement, Lily se rendit compte de l'air tétanisé du jeune homme et se rappela son baiser. Elle lui offrit à nouveau ce sourire doux qui n'appartenait qu'à elle et qu'elle ne réserverait désormais que pour lui. Levant sa main libre, elle lui caressa tendrement la joue :

Joyeuse Saint-Valentin, James.

James niera jusqu'à sa mort avoir pleuré silencieusement de bonheur tout en serrant Lily contre lui, alors que tout son être explosé de joie. Mais Lily sera toujours là pour le raconter avec un sourire moqueur et des yeux amoureux.

OoOoO

Sofia débarqua à Pré-au-Lard un peu avant quinze heures afin d'organiser au mieux sa surprise. Elle savait qu'elle devait se presser puisque son sortilège de métamorphose ne la protègerait pas longtemps.

Elle se rendit donc immédiatement à la Cabane Hurlante dans le but d'y jeter tous les sorts de protection et de nettoyage qu'elle connaissait. Elle était à peu près certaine que la réputation de la Cabane suffirait à repousser les curieux, mais elle préférait s'assurer qu'ils ne risquaient pas d'être dérangés dans la soirée.

La pièce qu'elle avait choisie, qui devait être l'ancien salon, était désormais plutôt propre. Elle étala alors de nombreuses couvertures au sol et y déposa un nombre indécent de coussins afin de rendre l'endroit confortable. Le tout lui avait déjà pris plus d'une heure, ce qui lui laissait peu de temps pour la deuxième partie du plan.

Elle relança à nouveau le sortilège qui modifiait l'apparence de ses cheveux et de ses yeux et enfila à la va-vite une casquette d'une équipe de Quidditch irlandaise sur sa tête. Une fois certaine de son déguisement de fortune, elle quitta la Cabane pour aller chez Honneyduck afin d'acheter un régiment de friandises. Elle demanda également au vendeur deux barbe-à-papa à la noix-de-coco qu'il enchanta afin de les conserver jusqu'au soir. Cela lui coûta une petite fortune, mais le jeu en valait la chandelle.

Une fois ses achats terminés, elle alla tout déposer dans la pièce nettoyée avant de retourner à nouveau au village pour faire le plein de boissons. Rosmerta fut ravie de lui vendre deux packs de bierraubeurre ainsi qu'un repas spécial Saint-Valentin à emporter. Elle alla à nouveau déposer le tout et y lança des sortilèges de conservation basiques. Cela devrait suffire. ;

Finalement, à dix-sept heures, tout était presque prêt. Elle attrapa le sac où elle avait rangé des bougies par dizaine, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, qu'elle avait acheté dans un magasin d'ésotérisme moldu de son quartier. Elle les disposa dans le salon et leur jeta un sort de lévitation similaire à celui qu'il y avait dans la Grande Salle de Poudlard.

Alors que le soleil s'apprêtait à laisser sa place à la lune, elle admira le travail qu'elle avait fourni. La pièce était méconnaissable de propreté. Plus un seul grain de poussière ne couvrait les meubles. Le sol était jonché de couvertures et de coussins confortables et de toutes les couleurs. La nourriture et les boissons, maintenus magiquement à bonne température, garnissait la table de la pièce comme un buffet gargantuesque. Enfin, les bougies donnaient à l'ensemble un air féérique et chaleureux.

Comme touche finale, elle se changea rapidement. Elle quitta ses sous-vêtements habituels en coton pour un ensemble en dentelle sombre, mais simple. Sofia se tortilla sous la désagréable sensation de la dentelle sur sa peau, mais se rassura en se disant qu'elle ne le porterait pas longtemps. Par-dessus le déshabillé, elle passa la robe noire en satin qu'elle avait porté au bal de Noël lors de sa septième année. Pour finir, elle laissa ses cheveux lâchés et garda son visage vide de maquillage.

Il ne lui restait plus qu'à attendre Sirius.

OoOoO

Lorsque Sirius émergea du passage secret, il aperçut la lueur des bougies qui se dégageait de la porte du vieux salon. Confiant, il prit la direction de la pièce et en poussa la porte. Sofia se tenait devant lui, un petit sourire aux lèvres, vêtu d'une robe noire simple et élégante. Il ne prit même pas le temps de détailler le décor de rêve qu'elle leur avait constitué avant de se jeter sur elle pour la serrer dans ses bras.

Leurs bouches se scellèrent immédiatement. Sirius sentit la boule d'angoisse qui lui nouait le ventre depuis son départ se déliter. Elle lui avait tellement manqué qu'il avait l'étrange impression de sortir la tête de l'eau après une séance d'apné. Comme s'il retrouvait sa respiration après avoir dû la retenir trop longtemps. Il murmura donc contre ses lèvres, tout en la tenant serrée contre lui :

— Tu m'as tellement manqué que cela devrait être illégal.

Sofia lui offrit un sourire resplendissant et se nicha dans son cou où elle prit une grande inspiration avant de lâcher un soupir heureux :

— Toi aussi, tu m'as manqué, Black.

Sirius s'éloigna quelque peu d'elle pour prendre le temps d'observer la scène autour de lui. C'était digne des meilleurs livres à l'eau de rose. Sublime et féérique. Démesurément romantique. Il se pencha vers Sofia pour l'embrasser une nouvelle fois et dit :

— Tu cherches à me séduire avec tous ces efforts ?

Elle haussa un sourcil d'un air moqueur et afficha un rictus digne de son ancienne maison avant de répondre :

— Je t'ai séduit depuis bien longtemps.

Sirius éclata de ce rire qui ressemblait à un aboiement avant de reconnaître qu'elle avait raison. Il laissa une nouvelle fois ses yeux dériver dans la pièce et lui dit :

— je t'ai déjà dit que tu étais trop bien pour moi ?

— Il me semble bien que oui.

Elle lui sourit amoureusement, de cet air niais qu'elle n'osait presque jamais prendre même quand ils étaient seuls tous les deux. Elle posa sa main sur sa joue et se dressa sur la pointe de ses pieds nus pour embrasser son front :

— Même si je suis trop bien pour toi, c'est de toi que je suis tombée amoureuse. Joyeuse Saint-Valentin, Black.

Le cœur de Sirius fit cette drôle de chose, dans sa poitrine. Comme s'il prenait l'avion et faisait plusieurs loopings sans son consentement. Pour se redonner une contenance, il posa délicatement ses lèvres sur le sommet de la tête de Sofia et murmura :

Joyeuse Saint-Valentin, Sofia.

Après ces retrouvailles riches en émotion, ils se mirent à l'aise sur les couvertures au sol. Le feu magique que Sofia avait allumé dans la cheminée les réchauffait sans émettre la moindre fumée, la moindre odeur ou le moindre son. La pièce était calme et silencieuse, seulement traversée par les bruits qu'ils faisaient en mangeant leur repas et en bavardant doucement.

Sirius raconta à Sofia comment James était venu les réveiller ce matin après que Lily l'ait embrassé. Sofia rassura Sirius sur sa santé physique et mentale après sa dernière mission. Il lui raconta comment il avait fêté son anniversaire en son absence et elle s'excusa d'avoir loupé ça. Il la fit taire d'un baiser. Il lui apprit que la pression des ASPIC se faisait de plus en plus sentir et qu'il passait plus de temps le nez dans ses manuels que les fesses sur un balai. Cela conduisit à une conversation passionnée sur l'un des derniers matchs de Quidditch disputé par l'une de leur équipe favorite à tous les deux.

Le repas passa lentement. Ils se dévoraient des yeux autant qu'ils savouraient les plats cuisinés par Rosmerta. Une fois l'heure du dessert arrivait, Sofia se redressa pour aller chercher les deux barbe-à-papa qu'elle avait acheté plus tôt.

Sirius laissa échapper un petit rire en reconnaissant la sucrerie qui avait conduit à leur premier baiser. Sofia lui tira la langue, pas gênée par sa mièvrerie en ce jour spéciale. Elle tendit l'une des barbes-à-papa à Sirius et commença à manger la sienne, savourant la sensation du sucre fondant dans sa bouche.

Sirius attaque également sa friandise avant de plonger la main dans sa poche pour en ressortir un paquet-cadeau rectangulaire qu'il tendit à Sofia. Un nœud de bolducs doré brillé dessus.

Qu'est-ce que c'est ?

Ton cadeau de Saint-Valentin, répondit-il tandis qu'elle commençait à déchirer le papier.

Il s'agissait d'un recueil de poésie a l'air usé. Comme ces livres qu'on a lus et relus et dont les pages finissent par tomber toutes seules. Intriguée, Sofia en lut le titre et se rendit compte qu'il s'agissait du recueil préféré de Sirius. Il lui en avait déjà parlé de nombreuses fois et elle l'avait souvent vu le lire et le relire. Il n'allait nulle part sans, le traînant toujours dans ses valises.

Surprise qu'il lui offre et s'en sépare, elle l'ouvrit pour parcourir les pages. Celles-ci étaient noircies de l'encre de l'auteur, entourée de l'écriture soigneuse de Sirius. Il avait pris soin d'annoter chacun des poèmes du recueil, d'y glisser des références à leur histoire ou à son enfance. D'expliquer pourquoi il aimait chacun de ses poèmes, pourquoi il pensait que Sofia les aimerait et pourquoi il l'aimait elle.

Touchée de cette attention, Sofia parcourut rapidement les pages jusqu'à la toute dernière page. Il s'agissait d'une page à l'origine blanche que Sirius avait noircie de quelques mots :

Parce que mon plus beau poème, c'est nous.

Toi et moi contre le reste du Monde.

Aujourd'hui et à jamais.

Sofia releva des yeux émus vers Sirius et lui sourit simplement. Ils n'avaient pas besoin de plus pour se comprendre. Désignant la pièce du regard, il dit d'un ton joueur :

Heureusement que j'ai fait fort vu le cadeau que tu m'avais reservé.

Sofia afficha un sourire mutin et attrapa le nœud de bolducs doré qui était tombé au sol lors du déballage de son cadeau. Elle se mit à le triturer entre ses doigts avant de dire d'une voix innocente tout en désignant du menton la pièce autour d'eux :

Ce que tu vois n'est qu'une partie du cadeau.

Comprenant le cheminent que la soirée était en train de prendre, Sirius haussa un sourcil intéressé et demanda d'une voix joueuse :

Où est l'autre partie ?

Elle colla innocemment le nœud sur son sein droit et lui jeta un regard :

Juste ici. Tu veux le déballer ?

Sirius ne se le fit pas dire deux fois et s'approcha d'elle pour faire lentement glisser les bretelles de sa robe le long de son corps. Il dévoila ainsi l'ensemble de lingerie noir qu'elle avait pris le temps d'enfiler pour lui. Son regard accrocha immédiatement la dentelle et sa gorge s'assécha soudainement. Mais alors qu'il allait s'approcher du haut de l'ensemble pour savourer dignement son cadeau de Saint-Valentin, la robe se Sofia glissa un peu plus et dévoila son nombril.

Un bijou à l'aspect fin et élégant y reposait.

Sofia lui jeta un regard fier et lui dit :

J'ai décidé d'utiliser le cadeau de noël de James.

Sirius, qui ne s'était jamais senti aussi à l'étroit dans son pantalon, avala sa salive et lui dit :

Je peux voir ça.

Il releva les yeux du bijou pour les poser sur la poitrine de Sofia, couverte de dentelle noire et délicate.

Oh par Merlin, je n'ai jamais eu autant envie de ne pas te déshabiller. Sauf que si je continue à te regarder comme ça je vais finir dans mon pantalon.

Sofia éclata de rire à cette remarque et se tortilla quelques instants pour se débarrasser du reste de sa robe, dévoilant le bas de l'ensemble de lingerie.

Sirius y accrocha son regard, se mordit la lèvre puis ferma les yeux en jurant :

Putain de merde. Je sais que tu penses que c'est de la torture de porter ce genre d'ensemble, mais je vais t'en acheter une bonne centaine. Voir plus.

Sofia s'approcha de lui et les installa tous les deux confortablement dans les coussins qui jonchaient le sol. Sirius se retrouva allongé sur le dos, toujours totalement habillé, alors qu'elle le chevauchait en petite tenue.

Il n'arriva pas à la quitter des yeux et laissa ses mains parcourir ce corps qui lui avait tant manqué. Sofia quant à elle s'attaqua à la chemise de Sirius, déboutonnant lentement les boutons de celle-ci tout en disant :

Il est possible que j'ai acheté quelques autres ensemble en même temps que celui-ci. Je me suis dit que cela pourrait être intéressant de tester leur effet sur toi.

Sirius observa les doigts de Sofia qui caressent son torse autant qu'ils le déshabillaient :

J'ai hâte d'être à la prochaine fois.

Sofia sourit à nouveau de manière mutine et dit innocemment :

Je me suis surement mal exprimée. J'ai encore parfois du mal avec la langue anglaise...

Elle écarta les pans de chemise du corps de Sirius et il releva légèrement son dos afin de pouvoir s'en débarasser complètement. Une fois qu'il fut torse-nu, Sofia laissa glisser son index le long de son abdomen pour atteindre la limite de son pantalon. Elle fixa alors ses yeux dans ceux de Sirius et lui dit :

J'ai acheté quelques autres ensembles que j'ai emmenés avec moi ce soir afin de tester leur effet sur toi durant toute la nuit. Encore et encore.

Sirius ferma les yeux et jura à nouveau sous la vague d'excitation qui le submergea :

Putain de merde...

Sofia déboutonna finalement son pantalon et posa la main sur le boxer qui couvrait son sexe déjà érigé. Elle pouvait déjà sentir une humidité s'étaler sur le tissu.

... Si tu penses que tu peux tenir le coup, bien sûr, le taquina-t-elle.

Sirius releva un regard fiévreux vers elle et se jeta sur ses lèvres en posant ses deux mains sur ses fesses, les englobant complètement.

Je suis un putain de mec de dix-huit ans, ma période réfractaire est négative. Je vais te faire l'amour dans chacun de ces ensembles. Plusieurs fois.

Sofia gémit lorsque qu'il glissa sa tête dans son cou pour mordiller un de ses tendons. Sirius renversa leur position afin qu'elle soit allongée contre le coussin et qu'il soit au-dessus d'elle. Il inclina la tête vers sa poitrine et commença à suçoter l'un de ses seins à travers le tissu. La dentelle était tellement fine qu'elle renforçait les sensations au lieu de les atténuer.

Se rendant compte de cela, il laissa une traînée de baisers sur son ventre en descendant vers son sexe. Les mains de Sofia se glissèrent dans ses cheveux d'anticipation. Arrivée face à son pubis, il passa sa langue sur toute la longueur de son sexe, lui arrachant un gémissement bruyant, avant de murmurer à même sa peau de son bas ventre :

Putain ce que tu m'as manqué...

Sofia redressa légèrement la tête et observa Sirius, entre ses cuisses. Leurs yeux se rencontrèrent et elle lui jeta un regard de défi :

Prouve-le.

C'est ce qu'il fit. Toute la nuit durant. Encore et encore.