Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour un atelier Kinai sur le thème "A prend soin de B, malade"

Dédicace à Marina parce que ya un chien.


Depuis quelques jours, Robert ne se sentait pas bien.

Le docteur avait pourtant été d'une assurance rassurante, le lord n'avait rien à craindre. Sa vie n'était pas en danger, ses vertiges n'étaient d'une qu'à une méchante fièvre qui ne devrait pas durer très longtemps. La seule chose qui pouvait le guérir, excepté les cataplasmes de Madame Patmore, c'était du repos.

Robert c'était donc appliqué à suivre les conseils du médecin – en grande partie parce que ses trois filles avaient pour une fois décidé de se mettre d'accord sur quelque chose et qu'il avait fallu que cela tombe sur le fait qu'il devait rester au calme. Mais quoi qu'il en soit, il s'ennuyait beaucoup. Et surtout, il s'inquiètait un peu.

Il savait bien que le docteur était confiant quant à sa rémission, mais il ne pouvait pas ne pas remarquer le soucis dans les yeux de ses proches. D'un côté, leur sollicitude lui faisait chaud au cœur ; si Cora, Mary, Edith et Sybil s'inquiètaient tant pour lui, c'est parce qu'elles l'aimaient profondément. Mais cette ambiance lourde le pesait et le questionnait : et si elles savaient quelque chose que lui ignorait ? Si le médecin leur avait annoncé que sa dernière heure était venue mais lui avait tut pour ne pas qu'il quitte cette terre plein de peur ? À ces interrogations, Cora lui répondait qu'il n'était qu'un idiot qui dramatisait beaucoup trop, et il ne pouvait pas entièrement lui donner tord, mais tout de même. L'on était jamais vraiment sûr de rien.

Les jours passaient ainsi, entre montée de fièvre, digressions inquiète et yeux levés au ciel par les filles Crowley, jusqu'à ce que Mary déclare qu'il en était trop. Elle quitta alors la pièce, revenant quelques minutes après avec Isis. Elle décréta que puisqu'il prenait ses infirmières pour des menteuses qui le regardait mourir sans rien lui dire, il n'avait qu'à se trouver une autre garde malade. Là dessus, elle lâcha le chien dans son lit, quittant la chambre définitivement.

Suite à ce départ précipité, Robert resta quelque peu surpris. Il ne fut tiré de sa rêverie que lorsqu'il sentit un museau humide se poser sur sa joue. Il se recentra alors sur sa chienne, qui le regardait avec deux grands yeux ouverts.

- Tu ne vas pas m'abandonner, n'est-ce pas ?

Bien évidement, l'animal ne répondit rien. Mais Isis n'en avait pas vraiment besoin ; Robert la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle veillerait sur lui sans jamais perdre patience.

Quelques heures plus tard, quand Cora monta le repas pour son époux, elle le trouva endormit, la tête d'Isis posée sur le torse. La chienne grogna en voyant un intrus pénétrer dans la chambre de son maître, mais redevint douce en reconnaissant la lady. Cette dernière se contenta donc de poser le plateau repas, avant de s'éclipser. Ce soir, elle dormirait ailleurs.

De ce qu'elle pouvait en voir, son mari était déjà très bien entouré.