Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la roulette du 26 avril, écrire une scène entre Matthew et Carson en 1000 mots max.


Matthew se rendait dans les cuisines d'un pas guilleret.

Non pas que l'idée d'aller en bas l'enchante particulièrement, ceci dit. Simplement, depuis ses fiançailles officielles avec Mary, il se sentait si heureux que chacun de ses déplacements se faisaient dans la joie. Ainsi, ce fut d'un bon pas qu'il arriva dans l'office. Son enthousiasme se tari toutefois un peu lorsqu'il se rendit compte que madame Patmore, à qui il devait porter un message, n'était pas là. Peut-être était-elle allée faire des courses au village avec Daisy, l'assistante étant aussi absente. À vrai dire, la cuisine était vide de tous les domestiques, à l'exception de Carson qui l'avait accueillit en se levant. Le majordome l'avait laissé regarder la pièce et, voyant la déception dans ses yeux, s'était raclé la gorge pour attirer son attention.

- Je cherche Madame Patmore, expliqua donc Matthew.

- Elle est en ville, répondit Carson en confirmant son intuition. Puis-je lui transmettre un message ?

- Oui, bien sûr, merci à vous. Monsieur Crowley voulait simplement lui dire que l'un de ses amis viendrait demain soir pour dîner.

- Des demandes particulières ?

- Aucune. Monsieur Crowley ne veut pas que madame Patmore s'embête à faire un menu spécial. Simplement de prévoir une portion de plus à ce qu'elle avait prévu.

Le majordome hocha la tête, signe qu'il avait bien noté l'information. Matthew resta quelques secondes immobiles, avant de se reprendre.

- Bien. Merci à vous. Je vais vous laisser.

Il fit ensuite demi-tour, prêt à quitter la grande cuisine. Néanmoins, il n'avait pas franchit la porte qu'il entendit son nom. Il se tourna donc vers Carson, levant les sourcils afin de lui montrer qu'il l'avait bien entendu et était disposé à l'entendre. Le domestique ne parlait toutefois pas. Matthew put voir qu'il était manifestement en plein dilemme, hésitant à dire ce qu'il souhaitait dire. Finalement, il ouvrit la bouche.

- Ne faites pas de mal à lady Mary.

Matthew fut à deux doigts de lui demander d'où cette phrase sortait. Puis, il comprit que Carson faisait référence à leurs fiançailles récentes. Il en eut confirmation lorsque le majordome continua sur sa lancée.

- Ne lui brisez pas le cœur une nouvelle fois.

Carson n'avait pas haussé la voix, n'avait proféré aucune menace, rajouté aucun « sinon », pourtant, son ton était si définitif que Matthew ne put que se sentir en danger. Il aurait pu – dû – faire remonter ce comportement si peu professionnel, pourtant le blond ne dit rien. Au contraire, il fit un léger sourire.

Il avait toujours su que Carson avait veillé sur Mary comme un père, tout comme il savait que celle-ci trouvait toujours réconfort et protection chez le domestique. Si il y avait bien quelqu'un que le majordome voulait protéger, c'était Mary. Alors son avertissement à peine voilé était à attendre.

Et surtout, selon Matthew, il n'était pas à condamner.

Il était heureux de voir que quelqu'un se souciait suffisamment de sa fiancée pour prendre le risque de se voir donner un blâme. Il était heureux de voir que quelqu'un d'autre savait reconnaître toute la préciosité de Mary. Il était heureux, et rassuré, de voir que si un jour il venait à disparaître, quelqu'un d'autre saurait se battre pour la rendre heureuse.

Alors Matthew ne reprocha rien à Carson.

À la place, il se contenta d'hocher la tête gravement.