Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit en l'honneur de l'anniversaire de Joanne Froggatt.

Warning : mention de viol (canon)


Cela fait deux heures maintenant que Bates et elle se sont couchés.

Pourtant, Anna ne dort toujours pas. La faute en est à ces terribles souvenirs, aux mains de ce monstre de Green sur son corps, à son souffle ivre... Malgré tous ces efforts, elle ne parvient à chasser les souvenirs, tout comme elle a échoué à repousser cet homme... Elle sait qu'elle ne devrait penser ainsi, qu'elle est la victime dans cette horreur et que le seul coupable est le domestique. Mais elle ne peut s'empêcher de se sentir coupable ; si seulement elle avait été plus forte !

La culpabilité se mêle alors rapidement à la violence des souvenirs et elle se met rapidement à pleurer. Désespérée, elle tâche de chasser les larmes indésirables, mais échoue. Elle se résigne alors à tourner son visage vers son oreiller, espérant que les plumes étouffent le bruit. Il ne manquerait plus qu'elle réveille son époux... Elle sait qu'il a terriblement souffert de son agression. Bates a toujours été une douce âme, alors découvrir qu'un monstre avait osé perpétuer un tel crime sur sa propre épouse... Depuis qu'il a apprit l'incident, il ne cesse de s'inquiéter pour elle. Il est hors de question de lui causer d'avantage de soucis en lui montrant que cinq mois après, elle en pleure encore.

Pourtant, malgré tous ses efforts, Bates finit par se réveiller.

- Anna ? S'inquiète-t-il.

La blonde essaie de le rassurer, de dissimuler ses larmes dans l'oreiller. Malheureusement, voir l'air hagard de son mari a l'effet inverse : toutes les digues cèdent et les pleurs traîtres s'intensifient.

Bates ne lui pose pas de question sur l'origine de ses larmes, ce dont elle lui est reconnaissance. En revanche, il lui demande une chose, peut-être la chose la plus importante.

- J'ai l'impression que tu as besoin de réconfort... Je peux te prendre dans mes bras ?

Avec cette simple phrase, la peur s'amenuise un peu. Bates n'est pas monsieur Green. Il n'est pas la plupart de ces maris qui considèrent le corps de leur femme comme un droit. Lui, il attend d'avoir son consentement, alors même qu'il ne souhaite que la rassurer.

Alors Anna hoche la tête pour lui signifier qu'elle est d'accord. Dès que les deux bras s'ouvrent, elle s'engouffre dedans, profitant de la douce chaleur de son époux. Là, elle écoute son cœur qui semble lui promette à chaque battement que tout finira par s'arranger.

Et quand elle s'endort enfin, elle a presque envie de croire que c'est le cas.