Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour un atelier drabble de chez Nanthana : sept minutes et un mots, ici Barboter.

Saison 4


Toute la famille Crowley s'est réunie pour la traditionnelle virée à la mer.

Mary avait un instant songé à se désister. Même si Matthew était mort depuis dix long mois désormais, sortir du domaine lui demandait une force qu'elle n'avait plus depuis bien longtemps. Aller à la plage lui paraissait en plus bien dérisoire : comment pouvait-elle aller prendre le soleil alors que Matthew n'était plus là pour profiter de la douce chaleur qu'il aimait tant ? Elle s'apprêtait donc à décliner officiellement la sortie lorsque monsieur Carson vint la trouver.

- Ma Lady... Je suis désolé si j'outrepasse mes fonctions. Mais... je serai vraiment ravi de vous voir venir à la plage.

- Je n'ai jamais dit que je ne viendrais pas, s'étonna Mary.

Le majordome lui lança alors un regard profond, celui qui lui rappelait que personne n'avait jamais réussi à mieux lire en elle que lui.

- Je ne me sens pas la force, admit Mary.

- Monsieur Matthew, paix à son âme, ne voudrait pas vous voir ainsi, dit gentiment Carson. Il aimait tant la mer... ne voulez-vous pas faire connaître sa passion à Lord Georges ?

La question bouleversa Mary. Tout ce temps, elle n'avait fait que penser à sa peine immense, tachant au jour le jour de mieux la supporter. Mais son fils dans tout cela... il n'aurait jamais eu l'occasion de connaître son père. Dans de telles circonstances elle n'avait pas le droit d'être égoïste et de priver Georges des liens tenus qui pouvaient l'unir à son père. Elle marqua alors son accord, entraînant un grand sourire chez le vieux majordome.

Quelques jours plus tard, alors qu'elle observer le bébé barboter joyeusement dans l'eau, Mary se rapprocha de Carson.

- Merci, murmura-t-elle.

- De rien, ma Lady. Je suis heureux de vous voir profiter de cette journée.

Mais ses remerciements allaient bien plus loin que ce simple jour. Elle était surtout reconnaissante de l'avoir forcé à se rendre compte que le bonheur était encore possible, quand bien même celui-ci serait toujours teinté de nostalgie.