Un an plus tard, maison d'Epine
- Non pas comme ça Python. Concentre-toi bien. On ne doit pas voir tes aigrettes.
- Je sais mère. Mais c'est difficile de les garder camoufler sans y penser, se plaint son jeune fils.
- Je comprends, mais c'est pour ton bien.
Adénia regarde son fils se concentrer. Il essaie et parvient à les cacher. Mais elles réapparurent dès qu'il fit quelques pas. Il pesta et recommence. Elle s'en amuse un peu de le voir aussi déterminé.
- Vous allez bien ? demande Fennec.
Adénia détourne le regard pour voir Fennec rentrer dans la chambre. Les deux se font une brève embrassade. Il observe son fils s'entrainait.
- Je vois que c'est plus difficile que prévu, demande Fennec.
- Oui. Mais heureusement pour notre fils, il a gardé mes capacités d'aile de pluie. Malgré qu'il soit un hybride. Je pensais que les hybrides ne pouvaient garder les capacités d'un des parents.
- L'hybridité est très complexe en réalité, lui confirme Fennec. J'avais quand même peur que l'attaque d'Araignée lui causerait des séquelles. Heureusement, il n'a rien.
- Oui. Et il ne court aucun danger par rapport à Vautour.
- On a véhiculé que notre enfant était mort-né et qu'il était un orphelin. L'idée d'Epine fut brillante.
- Oui. Elle a un esprit très efficace. Heureusement qu'elle m'a moi pour la soigner.
Fennec la dévisage devant sa remarque.
- Adia, dis plutôt que tu t'es imposée.
- C'est du pareil au même pour moi. Epine a un caractère bien distinct. Je ne doute pas des capacités d'Ivoire. Néanmoins, il faut avoir un fort caractère pour en mater un autre.
- C'est vrai. D'ailleurs, j'ai appris une nouvelle qui devrait te ravir. Vautour semble avoir exécuté Serpent juste après notre départ.
- Oh. Pareille nouvelle ne peut que me réjouir Fennec. J'aurais aimé que cela soit lui qui reçoit mon venin. Je le déteste, non, je le hais copieusement.
- Je sais. Comment vas-tu à ce propos ?
- Je fais encore des cauchemars concernant la mort d'Araignée. Je pense ne jamais pouvoir me retirer les regrets de l'avoir tuer.
Il acquiesce. Ils entendent alors une exclamation de leur fils. Ce dernier est multicolore, tels un arc-en-ciel sur patte.
- Pourquoi je suis comme ça ? s'étonne-t-il. Je voulais juste cacher mes aigrettes.
- Tu es encore jeune Python. Ce n'est rien. Une fois que tu auras repris tes couleurs d'ailes de sables, on va s'entrainer à cracher le venin.
- Est-ce vraiment utile, Adia ?
- Oui, Fennec. Comparé à vous, il a bel et bien l'organe pour utiliser votre souffle, mais il semble ne pas pouvoir l'utiliser. Son venin et son aiguillon seront ces seules défenses.
- Et ma capacité à me cacher, souligne le jeune dragonnet.
- C'est vrai, répond avec joie sa mère tout en lui caressant la tête.
Il se met à ronronner de plaisir. Cela ajoute encore plus de joie pour cette dernière.
Année 5004
Adénia est prise dans son travail. Elle fait le compte des herbes et les notes sur un parchemin. En plein dans son travail, quelqu'un vient la voir. Elle lève la tête et semble bien étonné de voir ledit dragon.
- Epine qui vient me voir, annonce-t-elle. Je dois dire que c'est une première. Je ne rêve pas. D'habitude je suis obligé de te tirer par le dard pour que tu viennes me voir. Que veux-tu ?
Son amie regarde s'il n'y a personne d'autre qu'eux. Adénia est troublée par un tel comportement.
- Quelque chose ne va pas, Epine ? s'inquiète Adia.
- Non…Enfin si…En fait je ne sais pas.
- Calme-toi. Respire un grand coup. Seulement ensuite tu m'explique ton problème.
Epine le fait et s'exprime.
- Je ne sais quoi te dire, Adia. Je ne sais vraiment pas si ce que je ressens est vraiment un mal ou pas.
- Dis-moi les symptômes.
- J'ai des accélération du pouls. Je sens des rougeurs, des angoisses, de l'excitation. Je sens même un bonheur intense voir même un apaisement complet. J'ai parfois aussi de drôle de sensations au niveau du ventre.
Alors qu'Epine lui énonce tous les symptômes, Adia est d'abord surprise, puis elle sourit. Une fois qu'Epine a terminée, elle lui répond.
- Oui, je crois savoir de quoi tu souffres, ma pauvre Epine, dit-elle avec dramaturgie.
- C'est grave à ce point ? s'inquiète Epine, ne remarquant pas le jeu de son amie.
- Oh Epine, c'est l'une des maladies les plus graves qu'il soit. Je la connais très bien.
Elle se tait pour voir le visage de son ami se remplir de peur et d'effroi. Elle la laisse encore mariner un moment avant de l'annoncer.
- Je l'ai déjà subi. Il s'agit de l'amour.
Elle lui donne une petite pichenette sur le museau. Epine est figée de l'annonce d'Adia.
- Je suis donc amoureuse, c'est ça ?
- Oui, je te le confirme. Qui est l'heureux élu ? demande-t-elle en s'approchant d'Epine.
- Euh, et bien…
- Allons Epine, tu sais que tu peux me faire confiance. Je garderais le secret le temps qu'il faut.
- Adénia, tu ne sais pas garder un secret.
- Tu me blesses, Epine, s'indigne son amie. Quand il s'agit d'un secret aussi important, ma bouche sera aussi silencieuse que le désert. Tu peux me faire confiance Epine.
Après une brève réflexion, Epine se décide à lui avouer.
- Si ce que tu dis est vrai, alors mon amoureux…se trouve être un aile de nuit. Il se prénomme Rocheux.
Epine regarde avec une certaine appréhension son amie. Elle se demande si elle a bien fait de lui confier ce secret.
- Voilà qui est des plus surprenant, admet Adia. Cependant Epine, je ne te jugerais pas. Il n'y a rien d'écrit qu'un dragon doit obligatoirement tomber amoureux d'un dragon de son clan. Tu connais aussi mon secret et que donc, je ne peux que t'accorder mon soutien. Fonce Epine.
- Merci Adénia. Tu es vraiment une amie de confiance…et une bonne mère.
- Ah, la, la. Epine, tu sais que tu me donnes du travail supplémentaire en tenant de telles paroles.
- Je sais, je sais. Mais Fennec et toi êtes les plus âges du groupe et vu qu'il m'a pris sous son aile…
- Tu me mets avec. Je n'en prends pas ombre. D'ailleurs, cela me fait toujours rire quand Python t'appelle tante. Tu es toute gênée. Comme tu es là en ce moment-même.
Epine a les joues qui rougissent devant les remarques d'Adénia.
Quelque jours plus tard
Epine, accompagné d'Adénia survolent le désert. Adénia semble supporter de son mieux la chaleur lourde du soleil.
- Adénia, tu veux faire une pause ? Une oasis n'est pas loin.
- Non, ça ira Epine. Ne perdons pas de temps. Il vaudrait mieux éviter de tomber sur une patrouille de Fournaise.
Sur ces dernières paroles, elles se hâtent. Elles arrivent au niveau du tunnel. Adénia observe au loin le bastion. Elle y sent malgré la distance, l'odeur de putréfaction et de décompositions des têtes suspendues et accrochées du bastion.
- Quelle horreur. Comment peut-on être aussi cruel ?
- Fournaise intimide par la peur et la force. Viens Adénia.
Elles s'engouffrent dans le tunnel. Elles avancent grâce au souffle d'Epine.
- Pourquoi as-tu voulu me suivre Adia ?
- Parce que je voulais m'assurais que tu ne fasses pas de bêtises, Epine. Fennec et moi avons encore en tête ton chagrin d'amour d'il y a quelques jours. Heureusement que j'ai été assez diplomate.
- Diplomate ?! s'exclame Epine. Dis plutôt que tu t'es imposé et que tu as menacés les autres de ne pas nous suivre.
- Epine…Nous sommes toutes les deux des dragonnes. Je comprends mieux que quiconque ce que tu traverses.
- Kindle est dans le même cas, tu sais. Six-griffes et elle se sont rapprochés.
- Je parle que l'on se connait depuis un moment. Et surtout, on n'a aucunement l'envie de voir notre cheffe et meneuse disparaitre.
Epine abdique, sachant que tous s'inquiètent pour elle.
- Sinon, comment fais-tu pour supporter la chaleur du soleil ? Tu as pourtant les écailles sensibles.
- Je sais. C'est un problème que j'ai essayé de résoudre depuis que j'étais esclave. Grâce au repaire et aux différents produits, j'ai pu créer une sorte de lotion. Je l'étale sur le corps et ainsi je peux rester plus longtemps au soleil. Après, j'ai eu de nombreux échecs avant de réussir. Crois-moi, ça n'a pas été une sinécure de la faire. J'en ai grandement bien bavé.
Elles continuent d'avancer jusqu'à voir une lumière au loin. Elles accélèrent le pas et sortent du tunnel. A leur sortie, elles sont bombardées de couleurs chatoyantes et de nombreux bruits. L'air y est plus humide, d'énormes arbres poussent, de même qu'une verdure chatoyante.
- Ou sommes-nous ? demande Epine.
- Nous sommes chez moi…Nous sommes au royaume de pluie…
Epine remarque son amie, totalement surprise de se retrouver chez elle.
- J'avais presque oublié à quoi ressembler mon royaume.
- Adia…Puisque tu es dans ton royaume, est-ce que je peux te voir sous tes traits d'aile de pluie ? J'ai toujours aimé savoir les couleurs que tu utilisais.
- Je vais étanche ta curiosité, petite mal élevée de fille, prononce-t-elle avec amusement.
Adia reprend ses couleurs. Une fois fait, Epine semble conquise par son paterne de couleur.
- Tu es vraiment superbe. Guère étonnant que tu as été capturé.
- Et que Fennec soit tombé amoureux de moi, renchérit-elle. C'est le plus important.
- Oui, je sais. Tu penses que je pourrais trouver Rocheux ici ?
- Non, Epine. Je n'ai jamais vu d'autres ailes de nuit que lui.
- Tu en avais déjà vu un ? s'étonne Epine.
- Oui. Il était jeune, quoiqu'un peu plus âgé que moi. Il observait avec grand intérêt la forêt.
- Tu sais comment il s'appelait ?
- Il m'avait dit…attend un peu que je fouille ma mémoire…Batamut…Non...Hamabut…Non plus…Ah ! Bahamut ! Voilà, il s'appelait Bahamut.
- Tu n'as pas appris les pourquoi qu'il faisait ici ?
- Non, cela ne m'intéressait pas. Il n'est d'ailleurs pas resté longtemps. Désolé de réduire tes espoirs, Epine.
Epine baisse la tête, sachant qu'elle n'a pas trouvé d'indice au sujet de la disparition de Rocheux. Malgré la tristesse qui l'empoigne, elle est refoulée avec la présence d'Adénia qui enserre son amie pour la réconforter.
- Merci Adia. Bon, puisque je ne vais pas le trouver ici, je vais te laisser. Je pense que tu as du monde à revoir.
- Certains oui. D'autres, j'aimerais bien qu'ils aient pris racine, dit-elle avec acidité.
Epine ne répond pas et part. Adénia observe mine de rien cet étrange tunnel passant par un rochet.
- Curieux. Il se prénomme Rocheux et ce tunnel passe par un rocher. Pourquoi un tel tunnel relie le royaume du sable au mien ? Et puis, il dégage vraiment de mauvaises ondes. Ne restons pas là plus longtemps.
Elle déploie ses ailes et se dirige illico au village de pluie.
''Ne t'attends pas à une foule acclamant ton retour. Je doute qu'ils aient bougé d'une serre depuis ma disparition.''
Ara arrive au village. Elle constate que rien n'a vraiment changé ici. Les dragons dorment au soleil ou dans un hamac. D'autres encore cherchent des fruits tout en en mangeant certains sur le trajet. Soudain, deux dragons la remarquent.
- Princesse Ararauna, vous êtes de retour ?
- Oui, c'est moi. J'aimerais savoir qui est la reine du moment ?
Elle voit les deux dragons se demander qui était la reine. Elle fait un facepalm devant ce spectacle insupportable. Agacée, elle les coupe.
- C'est bon. Je vais aller la voir moi-même. Je gagnerais du temps.
Elle part furibonde. ''Je suis à peine arrivé que je regrette déjà d'être revenue.''
Ara arrive devant la maison royal. Par chance il y a aucun dragon présent pour venir se plaindre. Elle pénètre la maison pour que son visage se durcit. La reine du moi est Magnifique.
''De toutes les reines volontaires, il fallait que cela soit elle. J'ai vraiment une malchance chronique.''
- Salutation, reine Magnifique, s'exprime Ararauna, essayant de rester polie du mieux qu'elle peut.
La dragonne remarque enfin sa présence. Tout comme Ara, elle semble irritée de la voir.
- Tient donc, souligne Magnifique. Nous avons une revenante. La princesse Ararauna a fini par retrouver le chemin du royaume.
- Oh, Magnifique, tu te souviens de moi ? Moi qui pensais qu'il n'y avait que des courants d'airs dans ton crâne, lâche Ara en cachant aucunement son mépris pour elle.
- Hmpf ! lâche Magnifique. Ma mémoire peut être défaillante par moment, mais je peux faire des efforts pour les dragons que je n'apprécie pas.
- Ne t'inquiète pas, c'est réciproque. Ma mère, la reine Grandeur est-elle encore en vie ?
- Oui. Mais hélas, elle commence à se faire vieille. Nous réfléchissons à réduire son temps pour lui permettre de souffler. Il faut admettre que perdre un enfant n'est pas bon pour le moral.
- Je n'ai pas besoin de voir de la pitié venant de toi, vomit Ara. Je te laisse. Si je reste plus longtemps, je vais faire un meurtre.
Elle part sans prononcer d'autres mots. Magnifique se penche vers Charmant.
- Qu'est-ce donc qu'un meurtre ? demande-t-elle innocemment.
- Je l'ignore, majesté. Cependant, le retour de la princesse Ararauna remontera le moral de Grandeur.
Magnifique ne semble pas partager le même sentiments. Ara survole le village et se pose à côté de la hutte de sa mère. Elle a l'impression qu'elle ne l'a pas vu depuis une éternité. ''Le résultat de mon esclavage sans doute.''
Elle s'enfonce dans la hutte. Elle voit sa mère dormir paisiblement. Elle voit qu'elle a pris quelques rides, mais cela n'étonne pas Ara. Sa mère était déjà bien âgée quand elle a pondu son œuf.
- Maman, prononce-t-elle avec douceur.
L'aile de pluie âgée frémit et se réveil. Elle se lève pour observer l'origine de la voix. Elle semble rester sans voix.
- Ara…C'est bien toi ? demande la reine Grandeur.
- Oui mère. C'est bien moi.
Du rose, du jaune et du doré apparaissent sur ses écailles. Elle enserre sa fille chaleureusement. Elle se met même à pleurer de joie.
- Tu es en vie ! Tu es en vie ! C'est magnifique…
Ara laisse sa mère se remettre avant de lui expliquer tous les événements.
- Eh bien, Ara, je dois admettre que j'étais bien loin de me douter de la souffrance que tu as eue.
- Cela m'a renforcé. Je constate d'ailleurs que ma disparition n'a pas tant fait changer le clan.
- Hélas non. Néanmoins, me voilà maintenant grand-mère, rigole-t-elle tendrement. Tu devras me montrer ton compagnon aile de sable et ton fils. Pas tout de suite je pense. Mais je peux te dire avec fierté que tu sembles avoir grandi.
- Merci mère. Vos louanges me font plaisirs.
- Tu es revenue pour rester ou juste pour me dire que tu es en vie ?
- Je ne fais que passer, mère. Cependant, j'y ai longuement réfléchit et je veux donner naissance à un descendant pour aider notre clan.
Grandeur semble intrigué par les paroles de sa fille. Elle l'écoute avec attention.
- Que veux-tu dire ?
- J'aimerais, si j'arrive à avoir un dragonnet, de surcroit une fille, la former auprès de ma nouvelle famille, au repaire. Elle sera éloignée de l'environnement bien trop clément et inconscient qui règne dans notre royaume.
- Je vois où tu veux en venir. Tu veux offrir au clan une chance de changer.
- C'est exact mère.
- Pourtant, il y a un moyen bien plus rapide pour y parvenir. Je pense que tu y as pensée.
- Oui et je refuse toujours de devenir reine, mère.
- Au moins, j'aurais essayé, soupire sa mère. Sinon, au vu de tes paroles, tu dois être en chaleur ou alors en début.
- Vous êtes toujours aussi perspicace, mère.
- Dans ce cas, je pense qu'un dragon en particulier fera parfaitement l'affaire, Papaye.
- Papaye ?! s'indigne Ara. Mais il n'est qu'un maladroit, se déboitant les serres pour un rien.
- Sache ma fille, qu'il est celui qui a passé le plus de temps à te rechercher. Je crois même qu'il est sorti du royaume, malgré le danger inhérent qui s'écoule en dehors.
- Mais pourquoi donc faire tout cela ? Il avait peur de moi !
- En es-tu si sur ?
Elle se repasse ses rares échanges avec lui. Quand soudain la révélation la frappe en pleine tête. Elle fait un facepalm en comprenant la vérité, tant cela la sidère.
- Il était amoureux de moi ! Mais comment ai-je pu être aussi idiote pour ne pas avoir remarquer quelque chose d'aussi peu subtile ?
- Tu étais trop butée, ma fille. Va à sa rencontre. Je pense qu'il appréciera de te revoir. Il n'a pas vraiment le moral depuis ta disparition.
- J'y vais de ce pas.
Elle salut sa mère et s'envole. Elle se remémore où Papaye pourrait être. Elle le cherche dans les lieux les plus logiques, mais rien. C'est alors, qu'elle entend de drôle de bruit en dehors du village. Elle trouve cela étrange, mais reste sur ses gardes. Elle se camoufle, prête à se défendre. Elle n'a pas oublié comment Serpent a réussi à la capturer.
Elle s'enfonce dans la forêt et fini par arriver dans ce qui ressemble à un camp d'entrainement. Tout y est très rudimentaire, voir maladroit, mais cela y ressemble énormément. Un dragon s'entraine au combat. Il utilise ses serres, sa queue, son venin, et plus surprenant, une lance. Ara est même épatée qu'il la manie avec assez de grâce, en tout cas pour ce qu'elle en sait.
Après une série de mouvement épuisant et éreintant, le dragon s'arrête. Il se repose. Ignorant qu'il est observé, il se met à parler.
- Ce n'est pas assez. Les dragons des autres clans sont encore plus efficaces que ça ! Je n'en mènerais pas large. Je dois continuer. Si les autres pensent qu'elle est morte, moi je sais qu'elle est vivante. Je ne vais pas abandonner maintenant.
Ara en reste sans voix. Elle remarque les nombreuses traces de blessures qu'il a ou encore de sang. ''Il fait tout ça pour moi ?''
Elle est soudain envahie de culpabilité et de honte pour n'avoir pas remarqué ça plutôt. Pourtant, cela n'aurait rien changé à sa vie. Elle annule son camouflage et se montre.
- Papaye, s'exprime Ara.
Le dragon devient livide en la voyant. Il a l'impression de rêver. Jamais la princesse reviendrait ainsi, comme une fleur après avoir disparu depuis longtemps.
- Je suis bien réelle, Papaye. Touche-moi.
Le dragon hésite et le fait. Il en est sidéré.
- Vous êtes de retour, princesse ? C'est un miracle…dit-il en pleurant.
- Calme-toi, Papaye.
Elle remarque qu'il s'est créé sa propre hutte à côté de son terrain. Les deux y vont et le dragon se calme.
- Que vous aie-t-il arrivé ? J'ai fouillé les royaumes de sables, de boue, de mer et même de ciel.
- Pourquoi n'as-tu pas fait celui de glace ?
- Aucun Aile de pluie n'aurait pu supporter les températures froides. Je sais, j'ai essayé de m'en rapprocher quand j'ai compris que je faisais fausse route. Mais vous êtes là. Je n'en reviens pas.
Ara vit dans son regard l'amour qu'il éprouve envers elle. Elle n'ait pas vraiment joyeuse de devoir lui briser ses attentes après tout ce temps, mais ne rien dire, voir même mentir serait encore pire.
- Papaye, j'ai compris que tu étais amoureux de moi. Cependant, dit-elle en levant une patte pour la laisser continuer, je n'ai pas autant d'attirance à ton égard. Sache également que j'ai déjà mon compagnon.
Si Ara s'était attendu à voir le dragon s'effondrer, cela lui fit encore plus mal qu'elle ne le pensait.
- Je…Je pense que j'étais un gros idiot, dit-il. Je savais qu'un dragon maladroit comme moi ne pourrais pas vous séduire.
- Ne te méprend pas sur toi, lui rétorque Ara. Il est vrai que je t'ai toujours considéré comme un maladroit. Mais voir ce que tu as construits et les efforts que tu as mis pour me secourir sont plus qu'admirable.
- Je…Merci pour vos louanges princesse. Que vous aie-t-il arrivé ?
Tout comme sa mère, et sachant qu'elle peut lui faire une totale confiance, elle lui dit tout. Quand elle a fini, il est choqué par ce qu'il a appris.
- Comment peut-on traiter ainsi un dragon ? s'indigne Papaye.
- J'ai beaucoup payer cette réputation. Mais, la vraie blessure, est qu'elle est bien réelle.
- Dire que je n'ai même pas trouvé ce repaire.
- Cela n'aurait rien changer Papaye. Je te remercie d'avoir tant cru en moi. D'ailleurs, j'aimerais te faire une proposition.
- Je vous écoute.
Elle se penche à son oreille et murmure. Ce dernier rougit et devient rose pâle.
- Vous n'êtes pas sérieuse princesse ? Vous donneriez raison à cette aile de sable.
- Je sais et cela me fait mal de l'admettre. Mais de tous les ailes de pluies que je connaisse, tu es le seul en qui je peux avoir confiance. De plus, ta hutte est suffisamment spacieuse pour deux dragons.
Papaye semble malgré tout toujours autant dérangé.
- Je comprends que vous vouliez aider le clan. Mais ne trahissez-vous pas la confiance de votre compagnon par cet acte ?
- Je lui ferais comprendre. Je suis celle qui a le dernier mot entre nous.
- Je…Très bien. Je vais ranger ma hutte et faire un rapide brin de toilette.
Ara rigole tendrement. Alors que Papaye s'affaire, Ara est pensive. Les parole d'Araignée lui reviennent en mémoire. ''Je ne suis pas une trainée. Je le fais pour donner une chance à mon clan. Si je ne le fais pas, qui le fera ? Qu'importe ce que penseront les autres.''
Le bruit des gouttelette d'eaux de la rosées tombant des feuilles réveille une dragonne semblant encore fort bien épuisée. Elle cligne plusieurs fois des yeux avant d'être pleinement consciente.
''Pfiou. Cela a été encore plus épuisant que je ne le pensais. Il faut dire que je ne l'ai fait qu'une seule fois avec Fennec.''
Elle tourne la tête pour voir Papaye dormir paisiblement. Elle sourit, se rappelant de sa nervosité avant que tout se déroule normalement. Elle touche instinctivement le ventre.
''J'espère que comme avec Fennec, j'aurais mon œuf.''
Papaye fini par se réveiller. Il semble encore plus épuisé qu'Ara.
- Je me suis entrainé, mais j'admets ne jamais être autant épuisé princesse. Je ne vous ai pas fait mal ?
- Non, ne t'inquiète pas. Il faudra juste attendre.
- Tant mieux.
Un grognement résonne du ventre de la princesse. Elle devient rose pâle devant la gêne.
- Il semble que je sois affamée.
- Je vais vous chercher de quoi manger. Vous n'avez pas mangé depuis combien de temps pour qu'il fasse un tel bruit ?
- Oh…Disons quelques jours.
- Autant ? s'étonne Papaye.
- Oui. Je me contente surtout de l'énergie du soleil. Il est bien plus puissant au royaume de sable.
- Princesse, loin de là l'idée de vous réprimander. Faite attention. Il est vrai que l'on peut se priver de nourriture pendant un moment, mais ce n'est pas raisonnable.
- Voilà que tu me dictes ma façon de faire, prononce Ara avec autorité.
- Pardonnez-moi mon insolence.
- Je plaisante, je plaisante.
Sur cette dernière plaisanterie, Papaye parti avant de revenir avec un panier remplit de fruit. Ara avait littéralement de la bave qui dégouline de sa gueule. Elle n'a pas mangé de fruit de la forêt depuis trop longtemps. Une fois repue, elle s'adresse à Papaye.
- Peux-tu me dire où se trouve Chaméléon pour que je puisse savoir s'il se porte bien ?
Papaye semble surpris par la demande d'Ara.
- Personne ne vous l'a dit ?
- Dit de quoi ? s'étonne Ara.
- Chaméléon a été banni du royaume.
Un silence tombe, déplaisant. Les écailles d'Ara devinrent rouges avant qu'elle éclate de colère.
- Comment ? hurle-t-elle. Est-ce une plaisanterie ?
- Ce n'en est pas une, princesse. Il a pris part au recherche et fut comme moi, déterminé à vous retrouver. Mais il n'était qu'un dragonnet. J'ignore ce qui s'est passé, car j'étais en vadrouille pour vous trouver. Quand je suis rentré pour m'entrainer, beaucoup de dragons se plaignaient de lui. Finalement, il fut convoqué et devant tout le clan, il fut admis qu'il ne pouvait rester. Les six reines ont donné leur accord de le bannir.
- Ma mère a osé laisser faire pareille chose ? s'indigne Ara. Bannir un des nôtres juste parce qu'il a une malformation du museau. Elle est belle notre entente.
- Votre mère n'a pas eu le choix. Tout le monde ou presque était d'accord.
- Quels étaient ceux l'ayant défendu ?
- Son meilleur ami, Acacia et moi. J'étais outré car vous étiez la seule à prendre soin de lui. Malgré mes paroles, cela ne changea rien.
- Le pauvre. Il a dû être extrêmement déçu.
- Vous êtes bien loin du compte, princesse. C'est moi qui l'aie accompagné jusqu'à l'orée du royaume. J'ai vu à son regard qu'il nous haïssait. Nous tous, y compris Acacia et moi qui l'avons défendu.
- Il attendait de l'aide et en retour, il a juste reçu du mépris. Par la forêt, j'espère qu'il ne fera rien qui pourrait lui prévaloir. J'aurais dû être là pour lui. Je pense qu'il doit autant me maudire que les autres. Je n'étais pas là pour le réconforter.
Papaye lui pause une patte compatissante.
- Princesse, vous ne pouviez savoir. Et à ce moment précis, vous étiez encore esclave.
Même si elle comprend, elle est choquée de ce comportement insultant de son clan. Elle retouche son ventre, encore plus décidée à changer son clan.
Un mois plus tard.
Ara, accompagnée de Papaye arrive dans une des nurseries de la forêt. Elle tient dans ses pattes son œuf. La ponte fut à nouveau douloureuse pour elle. Mais voir son œuf suffit à la ravir.
- Penses-tu pouvoir reconnaitre mon œuf parmi tous ceux-là ?
- Oui, princesse. Vous pouvez compter sur moi. Je surveillerais jour et nuit. Il ne lui arrivera rien.
- Ne te surmène pas, Papaye.
- C'est ma décision, Pri…Ararauna, finit-il par annoncer.
Voyant qu'elle ne le fera pas changer d'avis, elle abdique.
- Je reviendrais pour m'assurer qu'il est bien éclos.
- Partez sans crainte, Ararauna.
- Je te remercie Papaye. Comme prévu, tu m'accompagneras au repaire. Là-bas, tu pourras être bien mieux entrainé à te battre qu'ici.
Il acquiesce silencieusement. Elle dépose son œuf, lance un dernier regard à Papaye et quitte le village. Elle passe par le tunnel. Elle se cogne à plusieurs reprises à cause de l'obscurité. Elle finit par ressortir en dégageant la sortie.
La nuit commence à venir quand elle arrive chez Epine. A son arrivée, Fennec et Python se jettent sur elle, heureux de la revoir après un long mois sans nouvelle.
- Maman ! se réjouit son fils en la voyant.
- Nom d'une queue de dragon ! s'exclame Fennec. Mais ou étais donc tu passer, Adia ?
Elle ne donne de réponse sur le champ.
- Python, peux-tu nous laisser seul, ton père et moi ?
- Bien sûr maman.
Une fois seuls, elle lui explique tout. Elle s'attendait à sa réaction. Elle était loin du compte.
- Ara ! lui crie Fennec. Tu te rends compte de ce que tu as fait ? s'indigne Fennec. Tu donnes raison à Araignée, ta tortionnaire ! Je vais de ce pas, régler le compte à celui qui t'a touché.
- Non, je te l'interdits, Fennec, s'impose Adia. Oui, je sais que ce que j'ai faits n'est pas respectable. J'en ai pleinement conscience, s'exprime-t-elle en s'approchant de lui. Sache toutefois, qu'un seul et unique dragon fera battre mon cœur. C'est toi que j'aime Fennec et personne d'autres, dit-elle avec franchise en frottant sa tête contre la sienne.
Sa colère se dissipe, mais il n'est toujours pas calmé pour autant.
- Je n'aurais jamais su que tu puisses être jaloux, Fennec.
- Ce n'est pas de la…
- Tss, tss, lui coupe sa femme. Se mentir à soi-même n'est pas envisageable, Fennec.
Il finit par se calmer.
- Désolé de m'être emporté ainsi, Adia. Je craignais qu'il te soit arriver quelque chose.
- Je comprends.
- Donc, si j'ai bien compris, tu veux ramener ton enfant ici, pour qu'il puisse grandir éloigner de ton clan.
- C'est tout à fait ça. J'ai d'ailleurs promis à Papaye qu'il nous rejoigne.
- Je ne pense pas qu'Epine va apprécier avoir un aile de pluie dans le groupe.
- Oh, mais il est le seul à faire de sérieux efforts. Je dirais qu'il est le seul à pouvoir être nommé soldat.
- Hm. Dans ce cas, avec l'aide des autres, il pourra encore mieux s'améliorer. Tu m'as dit qu'il a tout créer de lui-même ? Cela ne doit pas être très pertinent.
- Je me demande même comment cela se tient debout.
- On en parlera quand Epine sera plus calme.
- Plus calme ? Elle est en colère ?
Fennec lui fend un sourire et elle comprend.
- Elle a eu un œuf avec son petit ami d'aile de nuit ?
- Ça m'en a tout l'air. Mais très peu sont au courant.
- Je vais devoir la félicité. Elle doit être plus qu'heureuse. Ou se trouve son œuf ?
- Elle l'a mis à l'écart, cacher à la vue de tous.
- Pourquoi une telle précaution ?
- Elle a peur que les ailes de nuit le lui reprennent.
- C'est vrai, mais rien ne peut certifier qu'ils sont aux courants. Ils ont beau avoir des pouvoirs, ils ne font rien pour arrêter cette guerre meurtrière.
- Je me demande même s'ils en ont, admet Fennec.
Adia semble étonné de sa phrase.
- Je le dis, car cet aile de nuit, Loracle, n'a pas remarqué la présence de Python. Ils sont pourtant capables de lire les pensées des dragons. Son attaque la complétement pris au dépourvue. Cependant, ce n'est qu'une hypothèse, qui ne pourra être accepter ou réfuter quand la présence de nos amis d'écailles noires.
Elle acquiesce avant de faire venir Python. Son enfant lui saute dessus, avec toute sa gaieté de cœur et de joie. Fennec laisse son fils et sa femme pour qu'ils aient également leur moment d'intimité.
Année 5005, juste après la nuit plus claire, royaume de pluie.
Ara est de retour à son village. Elle est stressée. Elle espère malgré tout que Papaye a tenu sa parole. Mais, elle refoule, sachant que Papaye s'est montrée plus que fidèle et capable que la plupart des ailes de pluie.
Elle se dirige vers la nurserie et demande à voir les nouveaux nés d'il y a quelques jours. Elle les observe, mais son instinct de mère lui indique que son enfant n'y est pas. D'ailleurs, elle est étonnée de ne pas voir Papaye. Il devrait être avec leur enfant.
- Dite-moi, vous n'auriez pas vu Papaye ? demande Ararauna.
- Papaye, vous dite princesse Ararauna, réfléchit la gardienne des nouveau-nés. Non. D'ailleurs, il a disparu depuis plusieurs jours. Je crois que c'était durant…Oui c'était durant cette fameuse nuit avec une lune supplémentaire.
Ara ne s'est pas quoi penser. ''Durant la nuit la plus claire…Mais la prophétie ne parle pas d'Aile de pluie…''
Pourtant, un doute et surtout une crainte qu'elle n'arrive pas cerner l'empoigne de plus en plus. Alors qu'elle redoute peut-être que quelque chose soit à arriver à la fois à son œuf et à Papaye, une dragonne arrive.
- Oh…Ne serait-ce pas notre princesse vagabonde ?
- Je n'ai pas de temps à perdre avec toi, Magnifique, répond avec acidité Ara. Je ne suis pas d'humeur.
- Pourquoi donc ? Chercherais-tu ton dragonnet parmi eux ? J'ignorais que la princesse vagabonde ait réussi à charmer un des nôtres. Il devait vraiment être désespéré.
Ara sent la colère l'envahir en voyant Magnifique insulter Papaye.
- Papaye ne l'était pas, crache-t-elle.
- C'était Papaye ? s'étonne Magnifique. Voilà pourquoi il vadrouillé autant sur cette nurserie. Mais…j'ai comme un…trou…
- Je ne vais pas attendre que ta boite crânienne active ta cervelle avec ta mémoire versatile.
Alors qu'Ara s'éloigne, voulant savoir les raisons de la disparition de son œuf et de son protecteur, Magnifique semble avoir trouver.
- Oui…Je m'en souviens…Cela s'est passé durant cette nuit avec quatre lunes, prononce-t-elle.
Ara se fige. Elle dévisage Magnifique, comme si la dragonne attendait pour la poignarder en pleine poitrine. Ou alors c'était juste son imagination qui lui jouer un tour.
- De quoi te souviens-tu ?
- Cela t'intéresse donc ? roucoule Magnifique.
- Je veux savoir, même si j'ai des doutes sur ce que tu vas dire. Parle ! lui ordonne Ara, prenant des couleurs royales.
Cela ne semble plaire à son interlocutrice. Néanmoins, elle lui explique ce qu'elle a vue, durant cette fameuse nuit.
- Je me promenais tranquillement quand soudain, un dragon verts avec d'étranges rayures sur le corps arriva. Il a observé le village. Il a piqué sur cette nurserie, dit Magnifique en désignant de sa serre celle où se trouvait l'œuf d'Ara. Il a pris un œuf et est parti sans demander son reste. Ah ! Je me corrige, en fait quelques instant après avoir pris l'œuf, Papaye est arrivé. Il a observé la nurserie et est devenu rouge avant de se mettre à pourchasser l'étrange dragon. Voilà, c'est toute l'histoire.
Ara sent son sang se glacer. Elle n'arrive pas à y croire. Très vite, la colère la remplit.
- Et tu l'as laissé seul pourchasser cet aile de mers ? s'exclame Ara. Tu es restée là, plantée comme un palmier ?
- Un aile de mer ? se questionne Magnifique. Connait pas.
- Espèce de dragonne sans cervelle ! lui crie Ara. L'œuf qu'il a pris était le mien ! lui crie Ararauna, perdant de plus en plus son calme.
- Ce n'est que ça ? dit Magnifique simplement. Nous avons d'autres dragonnets. Ce n'est pas comme si nous avions un sens familial. Ah tient, cela me rappelle ce hideux dragon, ah oui Chaméléon. Qu'elle horreur. Heureusement que maintenant il ne vit plus parmi nous, dit-elle en se moquant de ce dernier.
Ara émit un grognement sinistre et mauvais envers Magnifique. Elle ne peut plus retenir la colère et la rage qu'elle éprouve envers elle. Elle est entièrement rouge, avec les yeux commençant à devenir noir.
- Wahou, je n'ai jamais vu un aile de pluie aussi rouge, s'exprime Magnifique.
Mais son sourire disparait quand Ara se jette sur elle, toutes griffes et crocs sortit. Elle n'a qu'une seule envie. Lui faire regretter ces paroles et son inaction. Les deux dragonnes se battent comme jamais le clan avait connu. Elles se blessent l'une et l'autre. Les dragonnets sont plus que choqués et se cachent derrière leur surveillante. Cette dernière ne sait d'ailleurs pas quoi faire, si ce n'est appeler à l'aide.
Ara continue de frapper, griffer et même mordre Magnifique. Le sang lui est totalement monté à la tête.
- Je vais te faire regretter tes paroles ! lui hurle Ara.
Elles continuent à se battre et à se recouvrir de blessure. Finalement, Ara parvient à bloquer Magnifique. Elle a toujours cette rage en elle. Elle déploie ses crocs, prête à lui envoyer son venin dans l'unique but de la tuer. Alors qu'elle s'apprête à le faire, une vision du cadavre d'Araignée lui survient. Les remords et les regrets de sa mort l'empoignent, semblant la calmer. ''Qu'allais-je faire ?''
Alors qu'elle se calme, elle entend un grognement sinistre et mauvais. Le visage de Magnifique est défiguré par une colère, une rage et une haine qu'aucun Aile de pluie ne peut montrer. Puis, comme si elle avait fait une erreur, ce visage disparait pour reprendre le sien, avec un air apeurée.
D'un mouvement, elle repousse Ara. Avant qu'elle ne puisse se relever, plusieurs ailes de pluie lui sautent dessus pour la neutraliser pour de bon.
Bien plus tard, les deux dragonnes se retrouvent devant la reine du moment, qui se trouve être la reine Grandeur, la mère d'Ara. Elle écoute attentivement les événements. Une fois fait, elle toise les deux dragonnes avant de donner son verdict.
- Je ne blâmerais aucunes de vous deux. Cependant, je me dois de vous prévenir chacune.
- Magnifique, tu aurais dû aider Papaye, lui blâme la reine. Espérons qu'il est encore en vie.
- Princesse Ararauna, il est très regrettable que vous ayez perdu votre calme et ayez fait couler le sang d'une des nôtres. Je vous prie de vous excuser auprès d'elle.
Ara qui est resté silencieuse fini par s'exprimer.
- Je m'excuse de m'être emporter, Magnifique.
- Pff, rien que des paroles en l'air, lui répond Magnifique.
Ce comportement semble agacer Ara qui se met à trembler, à trembler de colère.
- Dégage. Ne me fait pas regretter de ne pas t'avoir craché mon venin, dit-elle d'une voix tremblante de rage.
Magnifique ne dit autre mot et partit, allant voir les guérisseurs pour essayer de soigner ses nombreuses blessures. La reine Grandeur prend sa fille à part. Elle est très désappointée de son comportement.
- Ara, mais pour l'amour du royaume, qu'est ce qui t'a pris ? s'indigne sa mère. Te tends-tu compte que tu as bien failli tuer une des nôtres ?
Ara ne répondit pas. Elle est toujours bouleversée.
- Maman…finit-elle par répondre, la voix remplit de chagrin et des larmes commençant à dégouliner de ses yeux, qu'est-ce qui ne va pas avec notre clan ?
Sa mère n'eut malheureusement pas de réponse à lui donner.
- Une des nôtres laisse un dragon voler un de nos œufs et ne vient même pas l'aider…Un des nôtres est banni parce qu'il a eu le malheur de naitre avec le museau déformé…Ou allons-nous mère ? Ou va donc notre clan ?
Elle se met à pleurer à chaude larme.
- J'ai abandonné cet enfant et celui qui le protéger. Qui sait ce qu'ils vont devenir ? s'apitoie Ara.
Soudain, un violent coup la fait stopper son chagrin. Sa mère l'a giflée. C'est la première fois que sa mère la frappe.
- Ara…Je peux comprendre ce qui te préoccupe, ma fille. Mais, laisser nos émotions les plus mauvaises prendre le dessus n'est pas la meilleure solution. Tu es ma fille. Tu descends de la lignée royale. Tu peux changer notre clan, Ara. Le choix t'appartient.
Sa fille se calme et après une longue réflexion, donne sa réponse mère.
- Je suis navré mère, mais je me dois de décliner de vous remplacer en tant que reine. Je comprends en fait que ma famille est celle de mes amis, au repaire. J'ai mon compagnon, mon fils, ma meilleure amie et bien d'autres. Elle laisse un blanc et reprend. Je sais ce que vous allez dire encore une fille incapable, mais c'est mon choix.
Elle observe le visage sévère et rigide sa mère. Il se décrispe pour révéler un sourire.
- Sache Ara, que j'ai toujours respecté tes choix. Tu n'as peut-être pas envie d'être reine, c'est ton choix. Je ne m'y opposerais pas. Tu t'es créer une autre maison que le clan.
Elle enserre sa fille.
- Je t'aime Ara. Tout ce que tu as fait me rend fière de toi. Continue à rester toi-même.
- Je…Merci mère, répond sa fille, heureuse.
Mère et fille s'enserrent un moment avant de se libérer.
- Que comptes-tu faire maintenant, ma fille ?
- Je vais retourner au repaire. Je suis une guérisseuse. J'ai des dragons qui attendent que je les soigne. Si Papaye est encore en vie, dite-lui de me rejoindre au repaire.
- Je lui en ferais part, Ara.
- Je sais aussi, que je donne l'impression de délaisser cet enfant que j'ai pondu et que j'aurais aimé élever. Mais on me la retiré. Il semblerait que le destin ne le voulait pas. Je ne suis qu'une simple dragonne. Il pourrait se trouver n'importe où sur le continent.
- Cela serait un comble qu'il revienne ici, non ?
- Alors là, je crois que j'en resterais sans voix.
- Viendras-tu me rendre visite ?
- Bien sûr mère ! s'indigne sa fille.
Grandeur enserre sa fille, mais semble refuser de la libérée. Elle y met toute sa joie et tout son amour dedans.
- Mère ? Cela ne va pas ?
- Je ne sais pas. J'ai comme l'impression que c'est la dernière fois que je vais te voir.
- Ne dite pas pareille chose ! Je suis bien trop coriace pour mourir.
- Oui, je le sais, ma fille. Va, ta famille t'attend.
Grandeur observe sa fille s'envoler avant de disparaitre dans la canopée de la forêt.
