Et si, Chapitre 8 : Un évènement en entraîne un autre…

Samedi matin

Levy était dans son lit et elle souriait. C'était la première fois depuis une éternité où elle se réveillait avec un grand sourire aux lèvres alors que le soleil venait à peine de se lever quelques minutes plus tôt. Il était 7h et on était samedi ! Elle ne comprenait même pas pourquoi elle souriait…

'Ou alors… tu te voiles la face.' Enfin, ça c'était le sentiment de la louve. Et…

Et Levy était d'accord avec elle finalement. Elle se voilait clairement la face.

Gajeel lui plaisait.

Ou en tout cas le Gajeel d'hier soir… Le Gajeel qui avait débarqué en trombe dans sa chambre le visage recouvert de leur dîner, celui qui n'avait pas prit ombrage de son fou rire et celui qui avait gentiment ronchonné en nettoyant maladroitement les dégâts culinaires qu'il avait causé.

Ils avaient passés une bonne soirée. Ils n'avaient rien fait de particulier… Ils s'étaient même couchés tôt, vers minuit. Ils n'avaient fait que parler de la nourriture, du beau temps, des cours à la fac de Levy, de sa passion à lui pour la musique -il jouait de la guitare ! Levy avait du mal à y croire !-, des chanteurs nuls de nos jours et des films du moment qui avaient l'air bien… Ils avaient parlé comme des humains normaux. Comme deux amis qui s'étaient retrouvés un vendredi soir après les cours pour partager un plat de pâtes et regarder un bon film. Comme… comme s'ils ne faisaient pas parti d'un monde surnaturel et effrayant.

Et la jeune fille ne s'en rendait compte que maintenant, à quel point la normalité de sa vie lui avait manqué.

Certes elle n'avait jamais eu beaucoup d'amis, et toutes ses amis d'enfance étaient partis à l'autre bout du pays… mais elle ne s'était rendu compte que maintenant à quel point sa vie d'humaine lui manquait. A quel point la solitude lui pesait. Elle aurait tellement voulu pouvoir râler parce que les partiels étaient difficiles… que la cantine servait des choses infects… que c'était ultra compliqué de gérer sa vie professionnelle, étudiante et personnelle… Sincèrement elle aurait vraiment voulu avoir ce droit de râler.

Mais elle ne pouvait pas vraiment. Qu'est-ce qu'est la difficulté entre un exam d'une heure et 3 heures de souffrance trois fois par mois pour se transformer en loup ou en humain ? Qu'est-ce le dégoût entre des frites molles et se voir saliver à chaque odeur sanguine ? Qu'est-ce qui est le plus compliqué à gérer entre une vie étudiante banale et tout un univers surnaturel clandestin ?

C'était compliqué. Sa vie était compliquée. Mais au moins elle en avait une.

Elle n'était pas du genre à se plaindre normalement… alors elle refusait tout nette de continuer à le faire ! Elle secoua vigoureusement sa tête, comme si ce geste chasserait toutes ses mauvaises pensées.

Levy accrocha son sourire de manière plus confiante sur son visage et commença à s'étirer dans son lit comme un chat. C'était agréable de se sentir aussi bien. Aussi détendue. Aussi… aussi en sécurité.

Et elle avait parfaitement conscience que c'était grâce à l'homme allongé sur le canapé de son salon… Si ça continuait sur ce rythme-là, elle allait vraiment s'attacher à lui…

'T'y ai déjà attaché' ricana sa compagne-louve.

Pfff. Elle décida d'ignorer les pensées étranges de sa partie animale et sortit du lit.

Mh. Un des avantages d'être loup… était qu'on n'avait que rarement froid. Alors sortir du lit lui posait beaucoup moins de problème qu'avant. Elle avait d'ailleurs fait des économies sur le chauffage l'hiver dernier !

Et un autre avantage d'être loup était son excellente vision nocturne qui lui permettait de transpercer les ténèbres de sa chambre sans s'aveugler en allumant la lumière. Là aussi elle avait fait quelques économies.

M'enfin au final, toutes les économies qu'elle avait fait n'en était pas vraiment… puisqu'elle mangeait maintenant pour deux personnes à cause… de son état de demi-louve qui lui réclamait beaucoup plus de calories qu'une simple humaine.

Enfin bon.

Elle tira un peu sur son haut de pyjama gris et ouvrit doucement la porte avec un sourire… puis se figea.

Un homme se tenait de dos dans son salon. Grand, imposant… Et à moitié nue. Une simple serviette orange lui entourait la taille, cachant les parties obscènes à son regard mais… lui permettant d'avoir accès à tout le reste.

Son dos, ses bras, ses épaules, sa nuque, ses mains, ses cuisses, ses mollets… tout se dévoilait à son regard et tout… la captivait. Elle savait qu'il était musclé, déjà rien que parce qu'il était un loup… mais là… là elle ne pouvait détacher son regard de ces jeux de muscles qui se tendaient et se contracter pendant qu'il était là, sous ses yeux, à dénouer son corps devant elle… Peut-être faisait-il du sport… Peut-être qu'il était simplement en train de s'étirer, banalement mais… mais son corps, son corps était un chef d'œuvre. De l'art brut et sauvage. Il lui donnait l'impression d'être taillé dans le métal. Il avait l'air… si fort, si… si solide et si incroyablement attirant…

Ses cheveux mouillés tombaient sensuellement le long de sa colonne vertébrale, les gouttes coulaient lentement dans les sillons creusés par les muscles… s'échappant ainsi vers la naissance de ses fesses…

'Si seulement cette serviette tombait…'

Levy sursauta. Ça, ce n'était pas une pensée de sa louve. C'était sa pensée à elle.

Elle couina tout doucement, de manière imperceptible, mais cela fut suffisant pour les oreilles aiguisées du loup.

Il fit volte-face, dévoilant son profil avec son torse viril, ses abdominaux en béton, son corps absolument parfait, et Levy eut tout juste le temps de claquer la porte et de retourner se cacher sous ses couvertures.

Diable. Ce Gajeel là lui plaisait aussi.

Elle aurait presque voulu mourir de honte sous sa couverture préférée -encore empreinte de son odeur à lui…-.

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Samedi, peu avant midi

Juvia aimait le soleil. Mais elle ne le voyait… pour ainsi dire jamais.

Sauf quand elle avait le courage d'ouvrir un livre d'illustration. Mais là encore, ces photos n'étaient aucunement réalistes. Ce n'était que du papier plastifié… ça ne reflétait pas la majestuosité de l'astre. Ça ne montrait qu'un rond froid et moche.

Elle, elle rêvait de sentir les rayons de soleil lui caressaient la peau… la réchauffant elle… ses bras longs et fins, son corps maigre et froid, son visage livide, ses yeux… glaciales… Elle avait d'ailleurs une sensation de froid qui la suivait tout le temps. Ce froid qui ne l'avait jamais quitté depuis sa naissance…

C'est pour cela qu'elle s'habillait comme si l'hiver était là alors qu'on n'était qu'en automne. Elle, la pluie l'accompagnait partout, ne lui laissant aucune chance de se réchauffer. Elle, elle était obligée de se couvrir si elle ne voulait pas attraper froid… Ou tout simplement se laisser aller et se transformer en flaque…

Juvia aurait voulu être humaine. Normale. Mais son père… Son père était un fae d'eau de mer et sa mère une Naïade, fae d'eau douce. Alors… Elle avait hérité d'un grand pouvoir et une grande affinité avec l'eau… la condamnant à ne connaître qu'elle. L'eau. La pluie. Les larmes incessantes du ciel qui la privaient de toute chaleur.

Peut-être est-ce à cause de la pluie que son père a abandonné sa mère, et que sa mère l'a longtemps détesté ou malaimé… Mais ce n'était pas sa faute. Ce n'était pas la faute à Juvia. Elle n'avait jamais demandé à naître. Elle n'avait jamais voulu causer de peine par sa seule existence…

Elle s'était longtemps terrée en Angleterre. Puis en Irlande. Là où il ne sera pas suspect qu'il pleuve chaque jour si longtemps. Puis…

Puis elle avait rencontré Gajeel. Gajeel qui s'en foutait du temps qu'il faisait. Gajeel qui l'avait traité comme si elle était normale.

Pourtant à cette époque il était déjà un loup. Et les loups n'aimaient pas trop les créatures magiques, les faes particulièrement… Les loups étaient méfiants. Et Gajeel le loup l'était encore davantage.

Il avait intégré une nouvelle meute depuis peu en ce temps-là, une nouvelle meute sordide, mais une meute qui l'acceptait quand même. Il n'avait pas eu besoin de son amitié ou de sa protection. Il l'avait jaugé du regard puis lui avait demandé pourquoi elle tirait une tronche pareille. Elle avait répondu que c'était à cause de la pluie et il lui avait rétorqué qu'elle était stupide de s'inquiéter de la pluie, elle s'arrêterait forcément un jour et dans le cas contraire… y avait pas de quoi déprimer.

La pluie ça pouvait être sympas, qu'il lui avait dit.

Alors ça avait calmé son cœur. Ça lui avait fait plaisir. Elle s'était trouvé un ami. Un premier ami qu'elle n'oubliera jamais et envers qui elle sera éternellement redevable… et cela même si c'était lui qui l'avait introduit à José, faisant d'elle un agent de l'ombre travaillant pour les loups. Travaillant pour un fou.

Elle haïssait José. Il avait fait tant de mal. Et elle se haïssait pour avoir réagi si tard. Elle aurait dut voir le conseil des Loups plus tôt, bien plus tôt… Si elle l'avait fait, peut-être qu'il n'y aurait pas eu tant de morts… Peut-être que son seul ami ne se sentirait pas si mal.

Elle aurait dut le savoir, elle, que quelque chose n'allait pas dans la meute. Que l'Alpha était malade et fou. Elle aurait dut… Elle aurait dut agir plus vite, plus tôt. Mais lorsqu'on était une fae et qu'on travaillait pour l'ennemi… il était difficile d'être crédible face aux autres loups.

Enfin… Juvia n'y pouvait rien maintenant. Elle avait fait de son mieux. Et elle faisait toujours de son mieux. Elle aidait son meilleur ami à sillonner le continent et les caches de José… même si elle n'avait rien trouvé de réellement important, elle avait agi. Alors peut-être qu'on lui pardonnera. Un jour.

Mais depuis quelques jours, Gajeel était revenu au QG de sa nouvelle meute, une meute bien plus joyeuse et plus saine. Elle était contente pour lui. Même s'il l'appelait peu… Mais là, il venait de l'appeler ! Ça avait fait plaisir à Juvia, au début. Puis il lui avait parlé de choses qui au final… l'ont fâché.

Apparemment Gajeel avait un nouveau rôle. Un rôle différent maintenant. Pour un certain temps encore. Il est un garde du corps. Ça avait convenu à Juvia, surtout car ça obligeait ce grand timide à côtoyer une autre personne qu'elle. S'il réussissait à devenir ami avec la jeune fille, peut-être qu'elle aussi le pourrait ?

Si lui, l'homme maladroit dans ses relations, se créait d'autres amitiés, elle aussi elle le pourrait peut-être un jour ?

Puis il avait continué de parler. Il lui avait raconté les événements des derniers jours… et… et au début Juvia n'avait pas compris de qui il parlait. Elle ne l'avait pas compris et elle n'avait donc pas eu le temps de s'énerver au téléphone. Gajeel lui avait parlait d'un loup, d'un de leurs hommes qui avait été agressé…

Un homme brun, de taille moyenne, aux yeux blancs glacés… ? Ça ne lui avait rien dit au début.

Puis elle s'en était souvenue.

Cet homme… Cet homme qu'elle avait vus dans un salon de thé, qui lui avait offert une petite pâtisserie, en râlant que la pluie ait saccagé son bar habituel et qu'il avait été obligé de venir s'abriter dans ce salon de thé. Il avait été si poli avec elle, si gentil, faisant quelques blagues sur l'averse qui ne cessait de couler… Et son sourire… son sourire avait été si magnifique…

Son sourire avait touché son cœur.

Et par miracle la pluie s'était arrêté.

Cette scène s'était passée il y a plusieurs mois de cela mais elle restait gravée dans sa mémoire.

L'homme s'était levé. Lui avait sourit une dernière fois. L'avait appelé 'jolie demoiselle'… puis il s'en était allé en lui demandant de continuer à sourire encore un peu, pour que la pluie s'arrête de tomber le temps qu'il arrive chez lui. Elle avait hoché la tête, muette devant le spectacle qui s'offrait à elle.

A travers la vitre transparente elle avait vu le soleil. Le soleil qui transperçait les nuages et qui auréolait de gloire cet homme si exceptionnel… Cet homme qui n'en était pas vraiment un, Juvia n'apprenant qu'après qu'il était loup.

Loup qui avait tout de suite deviné sa nature de fae et qui avait réussi à lui remonter le moral pour qu'il s'arrête de pleuvoir. Un homme qui l'avait reconnu comme quelqu'un de bien, un homme qui l'avait implicitement remercié pour le rôle qu'elle avait joué lors de la bataille des meutes de Magnolia.

Un homme dont son cœur s'était épris. Un homme pareil à nul autre.

Un homme qu'elle aimait follement… et qui avait été agressé.

Un éclair frappa la terre, à quelques mètres d'elle et les gens sur le parking tout autour d'elle se mirent à crier tout en courant s'abriter. Elle se trouvait pour l'instant sur un parking de supermarché, physiquement à un endroit inatteignable de Magnolia… mais sa fureur projetait son esprit sur l'inconscient qui avait osé blessé l'Homme. Son Homme. L'Homme qu'elle avait choisi d'aimer et de vénérer.

Sa colère déclencha d'autres éclairs et un grondement effrayant sortit des cieux.

Elle les noierait, elle noierait quiconque ait osé toucher à un seul de ses cheveux, elle noierait quiconque ait osé faire le moindre mal à l'Homme qu'elle aimait.

Et sous les trombes d'eau qui tombaient du ciel, elle se promit d'arrêter de repousser leur prochaine rencontre, car la vie était courte et… elle ne survivrait pas s'il mourait.

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Samedi midi

Gajeel eut un rictus.

Elle était ridicule. Elle s'était cachée toute la matinée dans sa chambre et ne lui avait pas adressé la parole.

Pourquoi ?

Parce qu'elle avait honte de l'avoir surpris en serviette de bain. En serviette ! Ce n'était rien ! Il était beaucoup plus dénudé à la piscine ! Et toutes ces pubs qui passaient sur la télévision les abreuvaient jusqu'à plus soif de la nudité ! En plus elle vivait dans une MEUTE, qui formait un ensemble de personne qui avait une perception de la nudité totalement différente des humains !

Et puis sérieux, quelle importance ? Il en avait vu bien plus sur elle et il en avait pas chier un sablier, non ?

Alors pourquoi est ce qu'elle faisait une crise comme ça ? Le loup trouvait même dommage que l'étrange lien qui s'était développé ne lui en apprenne pas plus. Il ne pouvait que sentir les sentiments de surface -sentiments qu'il aurait deviné comme un grand en lisant sur son visage, cette meuf était vraiment un livre ouvert !-. Raah. C'était frustrant.

Bref.

Ce qui l'embêtait le plus était qu'elle l'évite.

Parce que…

Parce que c'était chiant voilà.

Hier ils avaient passés une bonne soirée à manger, à parler, à regarder un film et à ricaner devant chaque vanne niaise… bon d'accord, lui il commentait les vannes, et elle, elle riait devant les bêtises qu'il débitait. Mais n'empêche ils avaient passés une bonne soirée. Enfin, lui oui à coup sûr… mais elle ?

Elle avait bien passé une bonne soirée avec lui n'est-ce pas ?

Oui. Oui sûrement.

Il n'allait pas laisser une crevette le faire se remettre en question quand même ! Pas par une gamine comme elle !

Gajeel inspira profondément et rentra dans la chambre, sans toquer, et analysa le désordre ambiant. Elle était allongée sur le ventre au milieu de son lit, encore habillé de son pyjama gris de licorne ridicule, les cheveux totalement décoiffés et quelques miettes de gâteau traînant sur un des coins de ses lèvres… Et tout autour d'elle, une avalanche de vêtement et de peluche qui débordait du lit et envahissait le sol. La jeune fille semblait plus blasée par le désordre que réellement inquiété : elle était en train de lire un livre lorsqu'il ouvrit la porte.

Par contre, lorsqu'elle le vit, sa réaction blasée s'envola par la fenêtre -ouverte- et elle commença à rougir -décidemment c'était une habitude chez elle !-. Elle se remit dans une position assise et rectifia la position de son t-shirt en le tirant vers le bas -augmentant sans s'en rendre compte le petit décolleté…-.

« Tu… Tu as besoin de quelque chose ? »

Elle était ridicule. Et atrocement mignonne. Toute petite et toute mignonne. Comme… comme une crevette.

Pourquoi était-il entré dans sa chambre déjà ? Ah oui. Le déjeuner.

« J'ai faim. Alors ramène toi. J'ai réchauffé les restes d'hier et fais des… des trucs avec tes légumes verts.

-Des trucs ? Quels trucs ? »

Une lueur d'intérêt venait de s'allumer dans son regard. La curiosité. Si il devait cité un défaut chez cette gamine, la curiosité serait le premier.

A moins que ce ne soit pas un défaut mais un moyen pour la manipuler.

Gajeel lui fit un clin d'œil et força sa bouche à prendre une moue mystérieuse. Il n'était pas sur de son effet mais la gamine ne sembla pas vouloir s'enfuir, alors il en conclut que ça devait peut-être marcher. Puis de sa voix la plus envoûtante il dit :

« Recette secret transmise de père en fils. »

Il n'ajouta pas que, lorsque son père lui a transmise la recette, il ne savait pas cuisiner et que la seule chose qu'il était sûr de réussir à peu près tout en fournissant des légumes mangeables à son fils, était des concombres coupés en rondelle… Salés, poivrés et huilés cependant. Un luxe incroyable.

Et puis le but, était juste qu'elle se lève du lit parce que… il avait une idée qui trottait dans sa tête et qu'un ventre plein aurait plus de chance d'accepter cette idée qu'un ventre affamé.

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Samedi après-midi

Main tendue. Pirouette. Tête relevée.

Et hop.

Un ptit saut.

La légèreté incarnée…

… et Luxus n'avait aucune idée de ce qu'il foutait ici. Plus il y pensait, plus il se sentait con d'être venu.

Mais ce saut… cette grâce…

Cette femme était aussi angélique qu'elle était diabolique.

Il se rappelait encore son piège machiavélique…

« Dis Luxus, tu pourrais me conduire à l'autre bout de la ville ? J'ai un rendez-vous urgent et ma voiture est tombé en panne… et Elfman n'est pas disponible… » Bien sûr, comme un imbécile il lui avait grommeler une réponse affirmative et… et s'était retrouvé à attendre dans l'immense salle de danse aux miroirs traîtres qui ne cessaient de renvoyer son immense silhouette boudeuse et… la grâce de Mira.

Mira… Mirajane.

Elle était magnifique. Elle le savait. Et se plaisait à parader devant lui, attisant son désir, le troublant au plus profond de lui… Faisant germer quelque chose au fond de lui…

Mais elle n'était pas une femelle pour lui. Trop belle. Trop intelligente. Trop douce. Trop loyale. Trop aimante.

Et il ne voulait pas s'embarrasser de ça lui. Il ne voulait pas s'emmêler dans tous ces… ces sentiments. Son loup le déchiquetait bien trop pour qu'il s'embarrasse d'une histoire d'amour maintenant. Son loup hurlait tellement au fond de lui… que même la perspective d'avoir Mirajane ne lui suffisait pas… Il voulait être le chef. Être l'Alpha.

Il voulait le pouvoir. L'amour ne lui suffirait pas, il le savait bien…

Chaque lune qui passait, chaque journée qui venait et chaque seconde qu'il vivait… son loup le déchirait de l'intérieur. Il voulait écraser. Mordre. Tuer… Il avait de plus en plus de colère en lui, de colère qu'il dirigeait sur son grand-père qui avait réunis cette belle et jolie famille qu'il allait briser. Colère contre Gildarts, cet Alpha incapable et lunatique qui semblait de moins en moins prendre au sérieux sa responsabilité depuis plusieurs mois… Colère contre lui de ne pouvoir s'empêcher de songer si facilement à tuer tous ceux qui se mettraient sur son chemin…

Et Mira se mettrait sur son chemin. Elle était loyale à Gildarts. Elle aimait tellement sa meute, tous ses membres et la paix qu'ils vivaient, la paix incongrue dont ils profitaient tous depuis une dizaine d'année… Alors s'il essayait de renverser le système en place, il lui briserait le cœur et devrait surement lui briser le corps aussi. Il ne la tuerait pas, non. Mais il devrait se comporter comme le loup dominant qu'il était.

Il devra écraser quiconque se mettrait devant son chemin. Même elle.

Il lui jeta un dernier regard et sortit silencieusement de la salle. Il avait des coups de fil à passer et la vue de son corps sensuel… lui donnait de mauvaises idées.

Il sortit dehors et vissa son casque sur ses oreilles. Il n'aimait pas les bruits des gens qui marchaient dans la rue. Toutes ces discussions futiles et envahissantes. Tous ces bruits agaçants d'enfant. Il n'aimait pas les humains.

Luxus n'aimait pas grand-chose à vrai dire. Sauf peut-être la musique.

Il composa rapidement le numéro de Fried qui décrocha dès la première tonalité.

« Luxus ?

-Vous êtes tous prêt ?

-L'unité Rajiin est prête, Monsieur. »

Le ton était tellement solennel. S'il avait été d'humeur le 1er lieutenant de la meute de Magnolia en aurait rit et l'aurait taquiné à ce sujet. Mais pas maintenant.

Maintenant il devait se concentrer sur les missions en cours.

Retrouver José.

Ce que le sale cabot, que Makaroff avait ramassé, était incapable de faire. Et eux, Luxus et son unité, réussiraient. Ils réussiraient rien que pour le plaisir de pouvoir tuer José et jeter dehors Gajeel.

« Très bien. Dis à Bixrow de se poster à l'arrière du pub et à Ever de rester à l'entrée dans l'ombre pour l'instant. Fais-la rentrer maintenant. Puis attend que toutes les cibles soient regroupées autour de leur table habituelle.

-Oui, d'accord. »

Le grand blond entendit en arrière-plan ses instructions répétées au restant du groupe. Ils étaient rapides, précis, compétents. Même Ever alors qu'elle n'était pas un loup mais une demi-fae. Au début ça l'avait perturbé… Mais maintenant, ça faisait longtemps qu'il les connaissait. Il leur aurait confié sa vie. Il l'avait même déjà fait à plusieurs reprises.

Il leur faisait bien plus confiance qu'à sa véritable famille.

Fried avait été le premier. Il y a plus de 30 ans, lorsqu'ils se sont rencontrés ils n'étaient encore qu'humain tous les deux. Le jeune homme aux cheveux verts était loin d'être celui qu'il était aujourd'hui, un homme plein de confiance, de droiture, bien vêtue et dont la passion pour les langues anciennes lui avait conférés plusieurs doctorats. Non, à ses débuts Fried n'était qu'un misérable adolescent sale, bien trop maigre et chassé par ses propres parents le reniant à cause de son inclinaison diabolique pour les hommes. Vive le 20ème siècle.

Puis Luxus avait rencontré Bixrow. Un roublard et une petite ordure qui était obligé de subsister du mieux qu'il pouvait pour nourrir ses cinq frères et sœurs. Frères et sœurs désormais morts grâce aux superbes traitements d'une foule de vampire avide d'orgie et de bains de sang. Bixrow, encore humain à l'époque, avait voulus se venger… mais il n'avait pas pu. Alors Luxus avait fait de lui un loup et l'avait aidé à accomplir sa vengeance. Saint-Thomas comptait désormais une ruche de vampire en moins depuis une bonne dizaine d'année.

Enfin, ils avaient trouvé Ever. De son petit nom de scène Evergreen. Danseuse talentueuse, chanteuse à la voix douce et aux yeux envoûtants… Trop envoûtants. Les Seigneurs Faes lui avaient interdit de pratiquer devant la scène humaine sa grand passion du chant et de la danse, la réduisant à une vulgaire voix dans un cabaret minable. Elle vivait entre deux mondes, sans possibilité d'accomplir ses rêves, étant rejeté du côté humain et fae. Luxus lui avait fourni une protection et une possibilité d'accomplir ses prestations dans des shows privés dans le monde surnaturel, lui redonnant goût à la vie.

Puis elle s'était attachée à lui, tout comme Bixrow, tout comme Fried. Et ils avaient finis par être une équipe à part entière, une famille soudée. Une meute dans la meute.

Mais ça, Luxus ne l'avouerait jamais.

Il demanda à Fried de le rappeler dans quelques minutes et vissa son casque sur ses oreilles et alluma sa musique. Il en avait besoin. Le stress commençait doucement à le ronger.

José et sa mafia mi-louve mi-humaine, avait provoqué des dégâts considérables le novembre de l'année dernière. 113 humains avaient péri dans les tentatives de transformation en loup, et seulement une poignée de personnes avait réussi à passer la transformation. Parmi eux, une jeune fille du nom de Levy, petite-nièce d'un amour de jeunesse de son grand-père. Les survivants avaient été éparpillés dans les meutes du pays selon leur lieu d'habitation et la meute de Magnolia avait hérité de Levy.

Pauvre gamine. Lorsque le vieux l'avait appelé et lui avait demandé de venir tout de suite dans son vieil appart, Luxus avait failli lui raccrocher au nez. Mais la voix de son grand-père avait tremblé. Jamais sa voix ne tremblait. Même pour un humain il était de ceux qui ne se laissait jamais réellement impressionner, et jamais rien ne l'atteignait. Ou en tout cas c'était ce que pensait le Luxus adolescent qui haïssait son papi intransigeant. Là il avait entendu une véritable détresse. Il avait tout de suite accouru, et ce même si toute sa meute se battait en ce même moment.

Lorsqu'il était arrivé dans l'appartement, une fillette se tordait de douleur sur le tapis tandis qu'une effroyable musique, fait de guitare grinçante, tentait de couvrir ses bruits. Elle était totalement nue et certains de ses os étaient bien trop grand pour une silhouette humaine. Elle puait la détresse, la peur, le stress et le sang à des kilomètres à la ronde. Elle sentait également la forêt et la faiblesse physique. Le premier instinct de son loup a été de la calmer et de la rassurer. Guerre ou pas, louve inconnue ou pas, un être plus faible que lui le suppliait de l'aider et il ne pouvait faire autre chose qu'accéder au mieux à sa requête. Car c'était ce que n'importe quel loup dominant ferait.

Puis après quelques minutes où Luxus lui avait caressé les cheveux et lui avait murmuré des mots apaisants, la gamine lui avait soufflé quelque chose. Il ne l'avait pas compris du premier coup alors il lui avait demandé de répéter.

Levy avait pris quelques secondes pour arrêter de trembler et avait planté ses yeux dans les siens. Sans frémir, sans trembler. Puis elle lui avait annoncé d'une traite : « Il y en a d'autres… D'autres qui sont prisonniers, dans la forêt, dans un bunker. Il faut les aider ! ». Il l'avait prise pour une folle, son loup s'était même écrié d'indignation devant la force de son regard… Jamais une telle femme, jamais un loup aussi peu puissant et soumis ne l'avait regardé droit dans les yeux comme ça, avec autant de fureur et de détermination ! Mais elle n'avait pas cillé, rien remarqué… et son air perdue et effrayée l'ont sauvé en quelques sortes.

Luxus avait mis son audace sur le compte de l'adrénaline, sur le coup. Mais plus il y réfléchissait… Plus il devenait évident que Levy n'était pas soumise. Ni folle. Ni dominante. Elle était… Elle était quelque chose qu'il ignorait.

Grâce à son indication, il avait pu partir et orienter une partie des siens vers la forêt pour trouver le bunker en question, en remontant la piste olfactive de la jeune fille qui était aussi facile à suivre que si on leur avait dessiné un plan. Ils avaient pu ainsi secourir les innocents et tuer les fuyards sans passer plusieurs jours à chercher la cache.

Par la suite, il n'avait cessé d'observer la jeune fille.

Il avait chargé Grey, Elfman, Jett et Droy de la suivre tour à tour pour s'assurer de sa sécurité durant les premiers mois, même lorsqu'elle était partie pendant les vacances d'hiver dans une petite ville plus au sud de Magnolia. Il avait orienté Gildarts sur Léo lorsqu'il avait été question de lui trouver un mentor vers janvier/février pour qu'elle fasse de meilleurs progrès dans le contrôle de sa louve. Il l'avait aidé à s'affirmer à la fin de son second semestre en mai dernier pour qu'elle assiste à ses examens et qu'elle arrête d'éviter la faculté. Il avait suivi ses progrès de très près… tout en étant très loin.

Ça avait payé. Lorsqu'elle était revenue en septembre pour continuer sa deuxième année de fac -Langues anciennes ou un truc du genre, c'était Fried qui l'avait informé- elle avait semblé en bien meilleure forme et bien plus déterminé. En un mois elle avait beaucoup progressé et ses transformations, quoiqu'un peu longue, était beaucoup moins douloureuse qu'avant. Et surtout elle avait enfin complétement accepté sa partie louve.

Et maintenant, en cette fin d'octobre… Gildarts l'avait confié à ce moins que rien de Gajeel.

Luxus serra le poing et grinça des dents. Lorsqu'il serait Alpha il jetterait ce misérable hors de sa meute. Mieux, il le broierait entre ses mâchoires.

La sonnerie retentit soudainement, le ramenant vers la réalité. Il décrocha.

« Ever vient de m'envoyer un message comme quoi tous les humains sont partis et qu'il ne reste que les gens directement liés à la meute.

-Toutes les cibles sont là ?

-Oui, ils sont regroupés sur leur table habituelle. »

Bien. Les six derniers loups fuyards, anciens membres de Phantom Lords, étaient enfin retrouvés. Et tous réunis au même endroit. La chance leur souriait enfin, après tout ce temps ! Avec un peu de chance l'un d'eux savaient où se terrait José…

« Très bien, vous pouvez y-

-LUXUS ! »

Une voix féminine paniquée retentit dans le bâtiment qui était dans son dos et dans le même moment un fil gris et déformé de la conscience collective de la meute, commença à se tordre dans tous les sens. La douleur l'atteignit rapidement également et lui indiqua la détresse d'un des siens, quelque part à plusieurs kilomètres de là. Il mit quelques secondes à comprendre de qui il s'agissait, la distance physique atténuant grandement les liaisons psychiques des membres de meute entre eux.

Puis la connexion douloureuse cessa brusquement. Il paniqua deux secondes mais se rappela soudain que le lien n'avait pas disparut, la connexion s'était juste tut. Cela voulait dire qu'un des leur avait été attaqué et qu'il venait de tomber dans les pommes. C'était mieux que la mort mais c'était effrayant quand même.

Il sentait parfaitement Fried et Bixrow, alors ça ne pouvait pas être eux. Qui alors… ?

Le géant blond se tourna vers la voix et vit une Mirajane paniquée débarquer en courant vers lui. Ses yeux étaient empreints d'une peur qui lui donné instantanément la réponse. C'était son frère, c'était Elfman qui venait d'être attaqué !

Et ce dernier se trouvait… Près de l'ancien bunker de José normalement, c'était là où Luxus l'avait envoyé chercher et renifler aujourd'hui. Seul.

Un sentiment de culpabilité commença à monter dans sa poitrine mais il le balaya. Il n'avait pas le temps de se lamenter sur ses conneries. Un des siens était en danger.

Et Gildarts qui est absent encore une fois !

Luxus décrocha son téléphone et balaya rapidement sa liste de contact. Il envoya quelques rapides sms d'instruction puis composa un numéro.

Mirajane, la belle Mirajane… elle lui tournait autour, s'arrêtait, repartait en se tirant les cheveux, se tordant les mains… La panique défigurait son magnifique visage et il ne put en ressentir que de la peine. Encore une fois il avait été incapable de bien prévoir la situation. Encore une fois il avait échoué dans son rôle de second. Il devait faire mieux, bien mieux, ne serait-ce que pour elle ! Pour ne plus jamais revoir cette peine et cette détresse sur son joli visage…

Il appela Erza mais ce fut Léo qui lui répondit, d'une voix hachée par l'effort.

« Ouais ? Luxus ?

-Où êtes-vous ?

-On est en chemin vers le bunker. Erza s'est déjà transformé et elle court à quatre pattes là ! J'allais d'ailleurs la rejoindre mais je pensais d'abord qu'il fallait attendre ton appel…

-Oui. Allez-y, vous êtes les plus près. J'enverrais Arzack, Macao et Wakaba vous rejoindre au plus vite. Faites attention à vous.

-Oui chef ! »

Il raccrocha.

Pourquoi fallait-il que ça arrive maintenant ?

Il envoya rapidement un texto à Fried et à Bixrow. Ils ne pouvaient pas abandonner la mission maintenant. Tout devait continuer à se dérouler selon le plan. Ils étaient si près du but…

« Luxus. »

Il releva les yeux de son téléphone et se perdit dans le bleu de ces yeux…

Elle était si belle… et loin d'enlever de sa beauté, sa profonde détresse ne faisait que renforcer son charme angélique… elle ressemblait à une martyre bénie de Dieu dessinée par des grands peintres… Il inspira pendant un instant son parfum envoûtant et faillit oublier l'espace d'un instant toutes ses inquiétudes… Il était là, avec elle à quelques centimètres de lui, ses mains chaudes sur les siennes… Il fut enveloppé par sa douceur, son contact si léger…

Mais lorsqu'elle prononça à nouveau son prénom, avec une pointe de panique et de colère dans la voix, il vit la deuxième partie d'elle. Sa louve aux yeux noirs… La fureur, la colère, la haine… Tous ces sentiments si éloignés de l'humaine Mirajane mais qui la complétait parfaitement bien. Sa possessivité, son aura de puissance et son incroyable aura de dominance… Elle était une Mère-louve et une Sœur-louve, dès que l'un des leurs se retrouvaient en danger -et encore plus si c'était son unique petit-frère- la douce et calme Mirajane se métamorphosait en fille du diable.

Elle devenait redoutable. Peut-être était-ce ça qui l'avait attiré. Cette dualité psychotique et anormale de son esprit. L'ange et le diablotin… Un cocktail si particulier que même sa partie loup faillit envoyer valser ses résolutions de se retenir, et il faillit planter ses lèvres sur les siennes.

Faillit.

« Je te passe les clés de ma voiture pour que t'y aille… mais ne te fais pas prendre par la police.

-Ca ne risque pas. »

Un rictus mauvais commença à déformer ses lèvres sensuelles. Ses yeux s'étaient légèrement voilés… Luxus voyait presque la violence des images qui s'étendait derrière ses prunelles…

Alors qu'elle s'éloignait à vive allure vers sa voiture, il cria une dernière chose, et ne reçu pour réponse qu'un murmure chargé de menace…

« Essaye de ne pas les tuer tout de suite !

-Je ne promets rien. »

.

.

.

Samedi fin d'après-midi

Levy se mordillait les lèvres. Elfman venait de se faire agresser quelques heures plus tôt et… et il voulait faire quoi !?

« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.

-Et pourquoi pas ? »

Pourquoi pas ? Pourquoi pas ?

Et bien tout simplement parce que… c'était une mauvaise idée. Personne ne savait quand et où les agresseurs frapperaient à nouveau. Luxus venait même d'ordonner à tout le monde d'être au moins deux le plus souvent possible, sauf si on se trouve dans un lieu public. Personne ne devait se balader seul.

D'ailleurs…

« C'est toi mon 'garde du corps', alors pourquoi tu me proposes une sortie en extérieur qui pourrait potentiellement être dangereuse ? »

Pour seul réponse Levy ne reçut qu'un haussement de sourcil. Hier soir ils avaient parlé du pourquoi et du comment elle avait 'besoin' d'être protéger. Gajeel avait avancé l'argument qu'elle était une cible de choix car jeune louve inexpérimentée, au bas de la hiérarchie, moins dangereuse que les autres, habitant dans un quartier assez insalubre et venant de la génération de loup de José. Certes, Levy n'avait pas trouvé le raisonnement totalement stupide mais… Pourquoi elle plutôt qu'une autre ? Et là le géant irritant avait haussé les épaules en lui disant que tout était sous contrôle.

'Tout était sous contrôle ?' c'était ce qu'elle lui avait demandé d'une voix menaçante… Jusqu'à ce qu'il se mette en tête de la chatouiller. Comme ça. Sans raison apparente…

Hey !

Si ! Il l'avait chatouillé pour qu'elle oublie le sujet ! Et ça avait totalement fonctionné d'ailleurs ! Arg, il était redoutable…

Bref. Il n'empêche que ce n'était pas raisonnable. Et puis…

« Félicité me déteste tu es au courant ?

-Ah ?

-Et elle t'a invité sans savoir que t'étais avec moi. Si elle te voit avec moi, c'est mort pour ton plan !

-Quel plan ? »

Son ton était innocent mais dans son sourire brillait un amusement à peine contenu. Il aimait beaucoup la charriait, surtout depuis qu'hier, il avait appris qu'elle était vierge et timide envers… toutes ces choses-là. La jeune fille regrettait presque de le lui avoir dit.

Presque car elle aimait bien le fait qu'il prête assez attention à elle pour l'embêter. Elle aimait bien le fait qu'il lui prête de l'attention, à elle. Alors qu'il n'en était pas obligé et qu'il aurait très bien put faire son rôle de garde du corps silencieux et impersonnel. Mais il ne le faisait pas !

Ce qui signifiait qu'il l'aimait bien. Et elle aimait beaucoup cette idée…

La jeune fille-louve fit semblant de tousser dans son poing puis reprit comme si de rien n'était là où elle s'était arrêtée dans son argumentation.

« Félicité ne m'aime pas. Ou alors elle me déteste, ça dépend des pincettes qu'on utilise.

-Des pincettes ?

-C'est une expression.

-Mh.

-Bref, dans tous les cas si tu débarques avec moi à côté, elle refusera tout nette que tu rentres. Elle ne sait pas qu'on est… amis. »

Ils pouvaient se considérer comme amis n'est-ce pas ? Après tout, même s'ils n'avaient pas exactement vécu toutes les mêmes étapes d'amitié dans l'ordre, mais ils avaient passés des moments forts ensemble ! Il lui avait crié dessus, elle aussi, il l'avait vu nue en train de se tordre de douleur, elle l'avait aperçue avec seulement une serviette autour des hanches, il avait cuisiné des pâtes pour elle, elle le laissait dormir sur son canapé… ça faisait vachement d'encoche pour le questionnaire 'Est-ce un ami ou pas ?' !

Mais il laissa passer le mot sans s'en étonner et continua la discussion l'air de rien, alors qu'elle s'était sentie à cran pendant quelques millièmes de seconde !

« C'est faux. Elle sait qu'on est amis, je lui ai dis quand elle m'a demandé qui j'attendais. Ensuite elle m'a demandé ce que je faisais samedi soir en m'offrant une jooolie vue sur son décolleté et ensuite… elle m'a invité.

-Ah.

-Et je l'ai prévenu que je viendrais peut-être accompagner… et elle m'a dit que ça ne posait aucun problème. Temps que la personne était 'réglo'.

-Ah. »

Cette fois c'était la jeune fille aux cheveux châtains qui était en réponse monosyllabique.

« Et au pire on se barrera quand ça deviendra trop chiant ou si t'es vraiment trop fatigué. C'est pas comme si on n'avait jamais fait de soirée étudiante non plus…

-Oui oui…

-Rassure moi, t'as déjà fais des soirées étudiantes ? »

Non. Jamais. Elle n'en avait pas eu le temps, à part un petit cocktail organisé au début de l'année par l'association étudiante de la fac… Au début de l'année dernière elle pensait encore qu'elle irait quand elle se ferait des amis… puis ensuite elle s'était retrouvée à gérer un cas de force majeur se nommant 'Je suis transformée en louve et ma vie est nulle' et n'avait pas eu le temps ni la tête à… s'intéresser aux fêtes estudiantines. Donc…

« Non, je n'ai jamais eu le temps de participer à des soirées étudiantes. »

Sa voix était légèrement boudeuse et un tantinet énervé. Elle s'en voulu un peu d'avoir un ton énervé mais… Il n'était pas obligé de lui rappeler sans cesse qu'elle était une anomalie dans le monde humain ET loup ! Elle savait bien qu'elle était une erreur de parcours dans les prévisions divines…

Pourtant à la place de s'énerver, le sourire du brun grandit et il se pencha lentement vers elle. Dans ses yeux brulaient une flamme d'intérêt… Une flamme qui l'hypnotisa.

« Alors raison de plus pour qu'on y aille… Et puis je serais là, je te protégerai et te surveillerai. Tu pourras enfin t'amuser comme une personne normale sans crainte. »

Et elle le crut. Elle en avait tellement envie et tellement besoin.

Elle avait besoin qu'il croie en elle.

Alors elle accepta.

.

.

.

Samedi soir

Les pions étaient avancés depuis longtemps. La partie avait commencé de façon si calme, que la soudaine violence des derniers jours avait mis du temps à arriver jusqu'à son cerveau.

Grey avait été agressé. En pleine surveillance de l'appartement de Levy. Grey qui était sensé passé toute la nuit à la surveiller et qui… qui a été agressé. Grey qui n'est pas intervenu auprès de Levy lorsque cette dernière s'était retrouvée dans l'ancien QG des Phantom Lords et qu'elle avait commencé une transformation réflexe. Grey qui s'était retrouvé avec un couteau de sorcier dans le ventre. Grey qui a été si ralenti…

Et maintenant Elfman. Un homme baraqué et effrayant qui atteignait les 2 mètres de hauteur. Une véritable armoire à glace, qui s'était retrouvé poignardé près du cœur et qui avait faillit perdre tout son sang en plein milieu de la forêt. Qui avait failli mourir sur son propre territoire.

C'est comme si tout cela… n'était que des expérimentations.

Comme si quelqu'un s'amusait à savoir en combien de temps ils interviendraient.

Pour Grey, l'agresseur avait été surprit, il n'avait eu le temps que de se volatiliser à la va-vite sans prendre le temps de récupérer son couteau. Gajeel et Levy étaient arrivés sur les lieux en seulement quelques dizaines de seconde. Pour Elfman, l'agresseur s'était assuré que celui-ci s'éloigne assez loin dans la forêt, en lui donnant un coup vicieux qui le mettrait de façon très proche de la mort mais sans qu'il l'atteigne tout à fait… ou du moins pas sans que les siens n'interviennent avant.

Mais pourquoi avoir laisser le premier couteau ? Une maladresse ? Un avertissement ?

Et pourquoi Grey et Elfman ? Deux anciens gardes du corps qu'avait assigné Luxus à la surveillance de Levy au début de sa période louve… Coïncidence ? Si non, cela voulait peut-être dire que Jett et Droy seraient les prochains…

Mais si c'était une coïncidence, alors pourquoi eux deux particulièrement ? Et pourquoi avoir laisser Elfman en vie ?

Il commençait à se perdre dans ses propres raisonnements… C'est vrai qu'il commençait aussi à se faire vieux…

Reprenons.

Levy se fait enlever par Gajeel sous les ordres de José en pleine nuit en novembre dernier. 11 mois plus tard Gajeel n'arrivant pas à trouver José, se retrouve à devoir protéger Levy.

Pendant toute la soirée Grey se fait oublier et reste à l'extérieur de l'appartement de Levy alors que Gajeel l'avait assigné quelques semaines plus tôt à la surveillance dans les environs. Grey un des loups les plus dominants et des plus redoutables de la meute.

Levy, Kanna et Biska. 3 femmes à être protéger soudainement par la meute, des mois après la fuite de José, sous les ordres de Gajeel. Levy car elle est une louve de la génération de la folie de José. Kanna car elle représente une cible de choix, même si son statut de louve interdit qu'on la considère sans défense. Et Biska qui en temps qu'humaine compagne d'un loup… se trouve forcément exposée au premier plan. Les deux autres femmes de la meute, Erza et Mirajane, se trouvant très haut dans la hiérarchie… n'avaient eu besoin d'aucune protection.

Reprenons encore.

Pendant des mois ils n'avaient pas entendu parler de José ni de ses sbires. Puis Gajeel s'est vus confié une mission. Après avoir retourner toutes les pistes dans tous les sens, après avoir taper dans toutes les fourmilières possibles pour voir ce qui allaient en sortir et après avoir parcourus la moitié du pays… il était revenus sans aucun élément tangible. Mais il ne fallait pas oublier qu'il avait quand même accomplis un travail remarquable en trouvant les derniers membres du gang/mafia/meute de José.

Dans le même temps.

Luxus avait mené ses recherches à côté, en filant en solitaire des sbires rescapés de José. Il avait ensuite mis l'unité Rajiin sur le coup, sans en informer Gajeel.

Ensuite.

Elfman se fait agresser, en pleine forêt alors que Luxus lui avait demandé plus tôt dans la matinée d'aller fouiner dans le bunker.

Il ne voyait aucune logique dedans. Pourtant il devait bien en avoir une… Il y avait forcément un sens à tous ces événements !

Il lui manquait une clé, il lui manquait un élément pour comprendre enfin toute cette affaire…

La sonnerie du téléphone le coupa dans sa réflexion.

Il laissa passer quelques tonalités avant de tendre lentement sa main et d'accepter l'appel. Un petit sourire commença à flotter sous ses moustaches. Elle l'avait rappelé !

« Allô oui ? Vous êtes bien chez-

-Ferme-la, vieux débris. »

Il retient un gloussement digne de l'adolescent qui n'était plus depuis longtemps et attendit tranquillement que la femme caractérielle à l'autre bout de la ligne veuille bien de nouveau lui adresser la parole. Elle l'avait rappelé, c'était déjà un immense effort de sa part.

Plusieurs dizaines d'année plus tôt elle l'aurait envoyé se faire paître et ne lui aurait adressé qu'un regard noir courroucé. Regard qu'il aurait mérité assurément, elle n'avait jamais été une femme tendre. Elle avait toujours été… piquante et exigeante.

« … Qu'est-ce que tu veux ? »

Ah… il voulait de nombreuses choses d'elle. Comme par exemple qu'elle lui laisse une nouvelle chance de la séduire…

« Je voulais juste te faire une offre.

-Une offre ?

-Oui. »

Il attendit quelques secondes, le temps d'attiser sa curiosité…

« Quelle offre ? Parle vieux rabougris !

-C'est une offre que Gildarts voudrait te faire. Ainsi que Luxus. La meute ne fait plus confiance aux anciennes sorcières qu'on employait de temps en temps quand il fallait régler quelques rares affaires… mais dernièrement ils se sont dit que toi ils pouvaient te faire confiance. Car maintenant que-

-Maintenant que Levy est louve, c'est bien ça ? Vous vous dites que vous pouvez profiter d'une vieille femme en fin de vie pour masquer votre sale boulot ?

-Oui. »

Il se reprit aussitôt avant que sa fureur ne tombe sur lui :

« Enfin ! Tu n'es pas une vieille femme ! Je te trouve même très jeune ! En tout cas même si tu n'es pas toute jeune tu restes très séduisante et-

-Cesse tes pitreries Makaroff ! Sinon je raccroche tout net.

-Oui Madame.

-Et cesse de te foutre de moi sinon je t'arrache les yeux pour nourrir mes plantes ! »

Sa moustache frémit d'amusement mais il se força à ne pas rire. C'était une femme de caractère qu'il ne fallait pas contrarier. Car elle était femme à tenir ses promesses…

Il la revoyait encore dans sa robe de bal, avec un air strict et princier dans sa posture et sur son visage… sur son jeune visage et magnifique visage de jeune fille de 15 ans. Elle était totalement l'opposée de sa grande sœur Elisabeth avec qui il avait directement sympathisé. Elisa était vive et joyeuse tandis qu'elle, elle était sérieuse et silencieuse… n'ouvrant la bouche que pour réprimander leur petit-frère Henry qui faisait le zouave à une soirée qui pouvait être déterminante pour eux tous.

Elle l'avait captivé malgré leur 3 années de différence… et il s'était mainte fois dit qu'il aurait dut aller la courtiser -car après tout, la soirée avait été organisé pour ça, pour rencontrer les différents partis sorciers du pays- mais… mais elle l'avait repoussé avec tant de vigueur qu'il n'avait pas eut le courage de continuer d'essayer de lui plaire. Mais il aurait dut persévérer. Il aurait dut… Elle-même le lui avait dit un jour, beaucoup d'année plus tard, en parlant de ce bal… il aurait dut continuer car elle aussi avait été attiré par lui, seulement elle avait été timide et avait peu eu confiance en elle.

Quel imbécile il avait été !

« Pourquoi maintenant ? »

La question avait son sens. Pourquoi maintenant, alors que la meute la connaissait depuis tant d'année, lui proposait de travailler pour eux ?

« Parce que… parce que les événements d'il y a un an ont éveillés la méfiance de la meute contre la magie. Et tu es la seule personne en qui ils accepteraient de croire. Ils ont besoin de toi. Surtout avec ce qui se passe dernièrement…

-J'imagine… »

Il se passa un petit instant blanc que Makaroff n'osa interrompre. Elle réfléchissait… ce qui voulait dire qu'elle était en train de considérer leur offre.

« D'accord… j'accepte de venir voir ton Alpha et ton petit-fils pour leur parler de vive voix. J'ai dis à Levy que je venais dans 2 semaines, j'en profiterais pour venir vous voir.

-Est-ce que… elle est au courant ? De qui tu es ?

-Non… j'imagine que j'en profiterais également pour lui dire enfin la vérité. C'était ce que j'avais prévus dans tous les cas. »

Encore un blanc. Ils avaient tant de choses à se dire, tant de choses qui auraient dut être dites des années auparavant… des choses qu'ils n'oseront peut-être jamais se dire… Et ça laissait le cœur du vieil homme lourd de regret. Si seulement il avait eu un peu plus de courage plus jeune… tout se serait passer bien différemment.

« Ah et, j'ai pris un apprenti. Un charmant jeune homme.

-Toi ? Prendre un apprenti !?

-Et oui, les temps changent, les gens aussi, vieux débris.

-Peut-être… en tout cas j'ai hâte de te revoir, Polyussica.

-… Moi aussi j'ai hâte. »

Et elle raccrocha.

Loin de lui en tenir rigueur, le cœur du vieil homme devient un peu plus léger.

Note de fin : Ah ! J'espère que ce n'était pas trop long. Je voulais faire tous ces événements dans un seul chapitre, comme ça vous savez tout ce qui se trame autour ! J'ai inclus des petits résumés dans les points de vue de Luxus et Makaroff… D'ailleurs voici un rapide description du haut de la hiérarchie de la meute de Magnolia :

Alpha-Gildarts

1er lieutenant/2ème dans la hiérarchie de meute-Luxus

2nd lieutenant/3ème dans la hiérarchie de meute-Erza

4ème dans la hiérarchie de meute-Mirajane

5ème dans la hiérarchie de meute-Léo

Et oui ! Deux femmes sont en haut dans la meute, et je place Léo plus haut que certains autres personnages (y compris Grey et Natsu !) car la place de la meute n'est pas seulement qu'une histoire de puissance, mais également une histoire de… domination/volonté ? Enfin bon ! N'oubliez pas que je ne fais qu'une réadaptation à ma sauce du fonctionnement de meute *^* et que dans les livres de Patricia Briggs ça se passe tout autrement !

Je voudrais remercier au passage elfania, Ange et Timelina27 pour leurs commentaires *^* !

Et j'espère que vous avez aimé ce chapitre ^w^… Merci encore !