Et si, Chapitre 14 : Souvenirs…

Elle en avait marre. Elle en avait par-dessus la tête des crises des petits jeunes.

Surtout du putain de petit jeune faussement calme qu'elle avait recueilli quand il était venu pratiquement rampant devant chez elle, dont elle s'était occupée alors qu'il avait tenté de lui dérober ses précieuses plantes et qui était sensé reprendre son flambeau après sa mort… et qui avait fuit.

Elle détestait les gamins. Elle les haïssait. Elle haïssait les vieux couillons aussi qui passaient leur temps à essayer de lui dérober ses secrets… Ces prétendus « bons voisins » qui mériteraient qu'elle leur verse un peu de belladone dans le thé… ou bien juste au moins une plante qui donne la chiasse.

Ah… ah non. Ça elle l'avait déjà fait il y a quelques années. Ça aurait été se répéter… ce serait trop simple…

Elle avait plus d'imagination que cela quand même…

Il fallait qu'elle trouve un autre moyen ce soir de se venger de ces humains. Mais d'abord… elle devait s'occuper de ses trésors. L'arrosage dans la serre n'allait pas se faire tout seul après tout. Et elle ne faisait aucunement confiance à l'arroseur automatique pour s'occuper de ses plus fragiles plants. Surtout qu'elle n'était pas exactement sûr de comment réagirait certaines plantes à la technologie… et elle ne voulait pas les contrarier ou les mettre en colère.

La seule personne qu'elle laissait approcher de sa serre… s'était envolé un beau matin en lui laissant un petit mot sur la table :

« Je vais dans les îles, j'ai été convoqué par nos amis à fourrure, je reviendrais dans une semaine je pense.

Bisou vieille mégère. »

Espèce de petit insolent.

Plus elle y pensait plus ça la mettait en rogne.

« Les enfants n'ont plus aucune éducation de nos jours, plus aucune tenue ! Ils devraient être tous envoyé en pension pour apprendre la vie et ne pas revenir avant d'avoir apprit le respect des aînés… AAAAAAARG ! »

Et voilà qu'elle recommençait à parler toute seule…

Sa petite Levy lui manquait…

C'était une bonne gamine elle ! Douce et gentille ! Bien trop douce et gentille d'ailleurs…

Polyussica ne comptait plus les fois où elle l'avait entendu pleurer toute seule dans sa chambre car les garçons l'avaient embêté dans la cour de l'école primaire… puis elle ne comptait plus les fois où elle avait secrètement empoisonné les gâteaux de toutes les kermesses de l'école pour se venger de ces garnements…

Il y avait la fois aussi où, un garçon avait été particulièrement méchant avec sa petite Levy, et s'était moqué d'elle car ses parents étaient morts -LES GAMINS ETAIENT DES ETRES STUPIDES QU'IL FAUDRAIT TOUS EXTERMINER-… et où la tante Poly avait trouvé l'adresse de ce gamin… et après avoir enterré un petit quelque chose sous la fenêtre du gamin… celui-ci avait tellement été hanté par des cauchemars pendant un mois, qu'il n'avait plus eut le temps ni l'énergie d'être méchant avec la gamine.

D'ailleurs ça aurait put continuer encore longtemps, jusqu'à ce que le gamin devienne fou ou que la vieille sorcière qu'elle était s'en serait lassé, mais au bout d'un mois la petite Levy était allé parlé au garçon et… et le soir même elle l'avait prise en pitié, demandant à sa grand-tante si elle connaissait un breuvage qui pourrait l'aider à dormir.

« Tu voudrais que ce garçon qui ne t'a fait que des misères depuis tout le temps que tu le connais, tu voudrais que ce garçon là aille bien et dorme mieux ?

-Oui, bien sûr ! Tout le monde voudrait ça ! »

L'innocence… la bonté… le cœur pur de Levy l'avait toujours touché… Elle, qui ne supportait pas les humains, les trouvant trop idiot ou trop égoïste… la vie, l'univers, Dieu ou la putain de bonne aventure lui avait envoyé l'être humain qui contredisait tout ce qu'elle avait toujours pensé des hommes.

Alors au fil des années elle s'était adoucie à son contact… et elle avait vu tout le merveilleux dont sa petite nièce avait été capable.

Le garçon qui s'était moqué d'elle, elle lui avait offert du thé -et après que Polyussica ait enlevé le mauvais sort sous sa fenêtre- il avait put redormir paisiblement à nouveau. Après, ils étaient devenus amis avant de se perdre de vue. Et plus elle grandissait, plus toutes les personnes qui s'étaient moqués d'elle avaient commencé à comprendre qui elle était… Et ça insupportaient certaines d'entre elles. Et ces personnes s'étaient acharnés comme pas possible sur la petite fille… mais cette dernière n'avait jamais fuit, n'avait jamais abandonné sa personnalité ni sa bonne humeur. Elle était restée un rayon de soleil réchauffant doucement le cœur des gens qui la laissaient faire…

Tout le monde finissait par adorer la beauté de sa personnalité. Par la simplicité de son sourire… par le calme et la joie qu'elle transmettait par sa simple… présence…

Mais elle ne s'en rendait pas compte. Elle n'était même pas au courant de son puissant pouvoir. Elle ne se rendait pas compte de sa capacité si naturelle à attirer les gens à elle, à pousser à ses gens à voir et connaître d'autres gens… elle était une tisseuse de rencontre, d'amitié… Elle créait des sourires sur les visages les plus malheureux. Elle n'en tirait aucune gloire, aucun honneur… Elle le faisait parce que c'était tout simplement elle. Levy. Elle était comme ça.

Elle répandait le bonheur tout autour d'elle…

Alors lorsque Polyussica avait apprit qu'elle avait été capturé, torturé et transformé en louve, alors que MAKAROFF LUI AVAIT PROMI QU'IL LA PROTEGERAIT… elle était devenue folle.

Sitôt que le vieux connard l'avait appelé pour la prévenir que Levy était transformée, elle était sortit en courant de chez elle. Elle s'était précipitée dans sa serre avec son sac de premier soin, et elle avait soulevé le couvercle qui fermait le petit puit. Puis elle avait approché son visage de l'eau, et avait murmuré avec ses lèvres, sans que son souffle ne déforme l'eau :

« Eau, petite eau, ma petite-nièce est mal en point, permet moi de la rejoindre au plus vite, avant le petit matin. »

La surface lisse était restée muette pendant quelques secondes puis une petite lumière brillante était apparue à la surface.

« Polyussica, grande sorcière, mes sœurs et moi te le permettront, à une seule condition.

-Laquelle.

-Que tu nous honores de ton sang chaque matin pendant un an.

-J'accepte. »

Le sang était du pouvoir. Le marché n'était pas équitable… Mais elle n'en avait que faire. Elle était vieille, elle avait vécu son temps depuis longtemps. Et Levy était au loin, inatteignable par ses propres moyens et elle était blessée. Elle aurait été prête à donner sa propre vie pour qu'elle aille mieux, alors son pouvoir ! Elle n'en avait que faire.

Elle avait accepté sans hésitation.

Les faes des petites eaux, l'avaient transporté jusqu'au ruisseau de la forêt, à quelques minutes de marche seulement de la maison de Makaroff.

Elle avait marché dans le froid de l'hiver et de la nuit, dégoulinante d'eau, sans trembler, sans ciller. Une seule chose lui importait.

Le loup de garde qui avait tenté de lui barrer le chemin, elle l'avait envoyé valser d'une pichenette de pouvoir, sans s'arrêter. Elle avait ouvert la porte violement, brisant la poignée. Une odeur de sang avait agrippé ses narines… des personnes blessées se trouvaient partout dans la maison. Certaines avaient d'ailleurs commençaient à s'inquiéter en la voyant rentrer si facilement ici. Il y avait eut des cris, des bruits de pas, des corps qui tombent… Elle les avait tous envoyer valser avant d'hurler une fois, une seule.

« VIEIL ABRUTI ! »

Makaroff était apparu de l'étage, le visage grave, claudicant de sa jambe à cause de la fatigue. Ses yeux étaient épuisés, crevés, morts. Il ressemblait à un cadavre ambulant, une antiquité qui n'aurait jamais dut sortir de son musé. Et pourtant, l'espace d'un instant, Polyussica superposa l'image de ce vieillard fatigué à un beau et fringuant jeune homme, qui avait passé tant de temps à la taquiner à ce bal lointain, lorsqu'ils étaient tous deux beaux et jeunes… Son cœur s'était serré, d'amour, de douleur, de nostalgie…

Puis elle s'était rappelée ce qu'elle faisait ici.

« Levy ?

-En haut. Elle a l'air d'aller bien… mais elle a de vilaines plaies sur ses bras qui guérissent mal… »

La vieille femme ne chercha pas à en entendre plus. Elle bouscula sans ménagement tout le monde et grimpa quatre par quatre les marches, forçant son corps à un effort inhabituel. Lorsqu'elle arriva à la chambre elle était essoufflée mais ça en valait la peine. Car sa petite nièce était là, devant ses yeux et elle allait bien. Elle était en vie. Elle respirait.

Sans perdre plus de temps, Polyussica s'était installée à son chevet et avait commencé à prendre ses constantes. Et effectivement elle n'avait rien. A part les très moches blessures dont ses bras étaient truffés, comme s'ils avaient été lacérés par des menottes à pic, elle était en bonne santé et dormait juste profondément… S'il n'y avait pas juste une chose qui avait totalement changé en elle.

« Makaroff ? »

Le vieil homme avait congédié tout le monde et avait refermé la porte derrière eux pendant qu'elle était occupé à soigner. Maintenant qu'elle avait finit d'enduire les blessures d'onguent et de mettre des bandages… La vieille femme se sentit infiniment fatiguée. Comme si tout l'énergie qu'elle avait empruntée pour courir jusqu'ici et pour insuffler de la magie dans ses soins, était soudainement en rupture de stock et qu'elle devait payer ses dettes…

Sa Levy était…

« Elle a été mordu n'est-ce pas ?

-Oui. Elle a débarqué en panique et en pleurant chez moi juste avant que les premiers blessés aient commencés à se regrouper. Elle nous a dit où se trouver le bâtiment qui les détenait captif, son odeur nous a permit de remonter la piste… la grande majorité des loups néo-transformés sont en vie, même si mal en point. Notre meute va bien. Beaucoup d'humain sont morts en vain par contre…

-ça ne n'importe pas. Je m'en fou de toi, des humains et de ta meute. »

Et elle le pensait vraiment sur le coup. Elle s'en foutait profondément. Tout ce qui l'importait…

« Levy. Tu as laissé Levy se faire mordre.

-Je-

-Lorsque je t'ai appelé il y a plusieurs mois, te suppliant de prendre soin et de veiller sur le seul être qui vaille la peine d'être vivant, lorsque je t'ai menacé des pires horreurs s'il lui arrivait la moindre petite blessure…

-Je m'en souviens.

-Et tu te souviens lorsque tu m'as promis qu'il ne lui arriverait rien, que tu serais là pour la protéger, que la meute serait là s'il y avait le moindre souci ?

-Oui.

-Alors comment tu m'expliques ça ? Qu'elle ait été capturé ? Torturé ? Mordu par des abominations poilues ?

-Je-

-Tes loups sont des monstres ! Mais même eux n'attaqueraient JAMAIS quelqu'un d'aussi doux et calme que Levy ! Si quelqu'un a PUT mordre… a put… la mordre… elle… c'est que c'était un véritable monstre, une abomination, un être absolument ignoble qui a mit la main sur MA LEVY ? »

Elle s'était relevée d'un coup, dominant de sa grande et fine taille l'homme devant elle. Elle était la fureur incarnée. Et l'homme en face d'elle n'était plus que l'ombre de l'homme fier et courageux qu'il était auparavant…

« On la protégera. Je veillerais personnellement sur elle. Des loups la surveilleront. Elle intégrera la meute.

-Parce que tu penses que je vais la laisser avec vous alors que vous aviez été incapable de la protéger ?

-Tu n'auras pas vraiment le choix. Et je t'assure que la meute de Magnolia est la meilleure option pour Levy. Tu le sais aussi bien que moi. »

Elle l'avait giflé. Par colère. Parce qu'il avait raison, et que quelque part elle le savait. Parce que quelque part, il avait brisé quelque chose chez elle qui ne se réparerait pas, parce qu'il l'avait déçu une nouvelle fois, parce que même si elle le haïssait pour ses échecs et pour toutes les promesses qu'il n'avait pas tenu… elle l'aimait quand même un peu, au fond d'elle, quelque part…

Et c'était insupportable.

Elle se rassit calmement. Le silence s'installa pendant quelques minutes. Ils n'avaient plus vraiment conscience des bruits qui s'échappaient à l'extérieur de la chambre. Il n'y avait plus que trois respirations qui comptaient. Et surtout celle de la silhouette allongée, dont l'avenir était devenu incertain…

« Les autres meutes ne sont pas si avancés que la nôtre concernant le rang des femelles sans partenaire.

-Je sais.

-Gildarts est un Alpha très conciliant. Très doux par rapport à d'autres. Et il y aura beaucoup de membres desquels la petite se sentira proche et avec qui elle pourra se lier d'amitié…

-Tu parles de tes orphelins ?

-En partie. Mais pas que. Toute la meute l'accueillera bien. »

Il avait raison. Bien sûr qu'il avait raison.

Il était inconcevable de laisser un louveteau seul dans la nature sans meute pour l'instruire ou l'encadrer. Il était inconcevable de laisser Levy sans protection face à l'impitoyable univers surnaturel. Et… il était inconcevable pour Polyussica de laisser sa nièce à des loups qu'elle ne connaissait pas.

Elle connaissait Gildarts depuis longtemps. C'était un homme lunatique pour un Alpha… mais il était très puissant et très protecteur. Elle avait rencontré Luxus et avait tout de suite senti un grand potentiel chez lui… c'était un homme très froid mais très puissant. Il ferait tout pour les siens. Et puis elle avait rencontré les protégés de Makaroff, ces enfants abandonnés qui avaient grandit et qui étaient devenus loups finalement à leur tour, agrandissant la meute tout naturellement. C'était une bonne meute. Saine, et équilibrée, enfin autant que c'était possible chez les loups…

« Et elle pourra rester à Magnolia pour ses études. Ce n'est pas si loin que ça de chez toi. Tout continuera presque normalement… cette fois là elle sera réellement surprotégée. »

La vieille femme avait soupiré. De fatigue, de lassitude… elle avait fait son temps, son époque… Elle ne voulait pas survivre après sa nièce… et ça avait failli arriver…

Une main réconfortante se posa sur son épaule et elle ne la repoussa pas. Pour une fois elle en avait besoin.

« D'accord… d'accord. Je vous la confis. Je vous la confis une nouvelle fois… Mais Makaroff…

-Je te pro-

-Ne me fais plus de promesses. Je n'en peux plus. Et tu les brises toutes. »

La sorcière planta son regard tranchant dans celui de l'homme en face d'elle qui ne frémit pas.

« La prochaine fois je ne pardonnerais personne, vous devrez me tuer avant que je ne vous détruise. »

.

.

.

« Levy ?

-Oui ? »

La jeune fille s'arrêta et jeta un coup d'œil vers la personne qui l'avait interpellé. La voix était féminine et provenait d'une belle femme à la peau caramel… Biska. Une des seules humaines présentes.

Peut-être une des seules humaines présentes mais qui avait vite compris que les loups avaient une tendance naturelle à laisser traîner leurs oreilles un peu partout… Elle lui fit un petit signe discret en posant son doigt sur les lèvres en lui indiquant l'étage supérieur. Levy hocha la tête pour lui dire qu'elle avait comprit et se dépêcha de déposer les assiettes sales qu'elle avait dans les mains.

Elle monta doucement les marches et inspira profondément.

Biska n'était pas montée seule, elle sentait le parfum d'Arzack dans l'air qui était passé il n'y a pas longtemps. Elle vit d'ailleurs qu'elle avait raison en rentrant dans la salle de bain à la suite de la jeune femme aux longs cheveux.

Arzack n'était pas un membre de la meute qu'elle connaissait très bien. Mais il avait l'avantage d'être un des loups dominants les plus calmes, donc elle n'avait jamais eu de problème à communiquer avec lui-même s'il était de nature timide. Biska en revanche, n'était qu'une humaine, et Levy n'avait jamais eu de blocage pour lui parler.

Elle ne connaissait pas grand-chose à leurs histoires communes. Elle savait juste que le loup avait plusieurs siècles et qu'il avait vu sa tribu indienne déchirée par les guerres et anéantis par les nouveaux colons au fur et à mesure de la conquête de l'Amérique du Nord… Quant à Biska, en témoignage à sa peau caramel et à ses traits, elle devait elle aussi descendre d'une tribu indienne. Peut-être que leurs origines communes les avaient rapproché…

« Bon je vous laisse papoter tous les deux. »

La voix était toute douce. La jeune femme indienne fit un petit coucou de la main à sa moitié qui lui rendit avec un sourire, puis referma doucement la porte.

Une fois l'humaine sortit de la pièce, l'humeur d'Arzack sembla retomber. Il tenta néanmoins de dessiner un pâle sourire sur ses lèvres pour ne pas inquiéter Levy. Peine perdue, la jeune fille sentit tout de suite que quelque chose n'allait pas et s'approcha de lui en posant doucement sa main sur son épaule.

« Quelque chose ne va pas ?

-Non, tout va bien ne t'en fais pas. »

Ses yeux regardaient le vide, ne voyant pas la personne devant lui, mais de sombres images qui semblaient traverser sa mémoire… il secoua sa tête et se racla la gorge.

« Léo m'avait dit que tu avais des questions à me poser. Pour ton enquête avec… Gajeel. Sur la magie il me semble.

-C'est exact.

-Et bien, je suis tout ouïe. Je ne sais pas si je pourrais beaucoup t'aider mais… je peux toujours te raconter ce que je sais et ce que j'ai vécu. Mais… Tu es sûr de vouloir te lancer là-dedans ? De t'impliquer ? Il y a encore un mois tu étais à peine capable de tenir une soirée entière en compagnie d'un quart de la meute… si tu trouves que ça va trop vite, parles en à Luxus et je suis sûr qu'il trouvera quelqu'un d'autre pour mener la traque avec…

-Non. Je pense que ça me fait du bien d'enfin me réveiller et de faire quelque chose… quelque chose d'utile pour la meute. »

Oui. Elle était prête. Elle en avait marre d'être le boulet que tout le monde se trimballait… Elle en avait marre d'être la gamine qui n'était pas capable d'être toute seule et de contrôler son loup. Elle en avait marre d'avoir peur de ce monde surnaturelle qu'elle ne connaissait que très peu et duquel elle faisait maintenant partie.

Elle voulait être une louve. Une louve digne de sa meute et des gens qui l'avaient accompagné durant toute cette année en la soutenant dans ses moments les plus difficiles, chacun à leur façon… Elle voulait vivre pleinement, se trouver une place quelque part et peut-être… arrêter de se détester et de s'en vouloir pour quelque chose qu'elle ne contrôlait plus, quelque chose pour laquelle elle ne pouvait plus rien faire car c'était trop tard.

Elle voulait être enfin elle-même.

Levy eut un petit sourire pour elle-même. Elle ne savait pas si elle était réellement prête à se lancer dans cette grande aventure, mais elle y avait pourtant déjà mis les deux pieds en plein dedans. Alors pas question de reculer.

Le regard qu'Arzack vit, la lueur de détermination qui brillait dans ses yeux, lui suffit à comprendre.

« Alors écoute moi bien… il y a bien longtemps… »

.

.

.

D'abord Léo. Ensuite Arzack. Aucune chance d'avoir un moment à voler à Levy. Enfin… De toute manière ils seraient tous les deux seuls chez elle ce soir… n'est-ce pas ?

Il avait tenté une approche vers la table commune un peu plus tôt au début du repas… mais il avait immédiatement senti les regards noirs de quelques-uns des loups, dont les poils de la nuque s'étaient hérissés. Soit. Il n'était pas le bienvenu. Il avait approché l'air de rien, s'était servis une assiette avec ce qu'il avait trouvé de plus près sur la table puis avait déguerpis le plus vite possible de l'autre côté du jardin et des arbres, et s'était assis sur le banc derrière le cabanon du fond.

Il ne serait jamais le bienvenu parmi eux. Et quelque part au fond de lui, un petit garçon aux cheveux noirs ébouriffés, criait sa terreur à l'idée de finir sa vie seul… Quelque part en lui, il y avait ce gamin malheureux qu'il avait été, que ses proches avaient abandonné, soit volontairement soit par la mort.

La nourriture était délicieuse. Mais il n'avait put s'empêcher de la trouver amer… Un des coins de ses lèvres tressauta.

Pourquoi était-il encore atteint par la solitude ? Il avait été seul toute sa vie. Depuis le temps, il aurait dut apprendre à la supporter. Par moment il arrivait même à se la représenter en temps qu'amie, qu'alliée de ses longues nuits… Par moment il était si soulagé de la retrouver, après avoir passé un après-midi en ville parmi le bruit des humains et leur puanteur par exemple.

Alors pourquoi… pourquoi ne pouvait-il pas s'empêcher d'envier… Juvia, l'étrangère fae. Levy, la louve timide et complexée. Ce fou furieux de Natsu. Ce connard de Luxus. Ce frimeur de Léo… Chacun d'eux avait une place dans la meute, chacun faisait confiance aux autres, ou du moins savait que les batailles perpétuelles qu'ils se livraient ne se finiraient pas en bain de sang, qu'ils gagnent ou qu'ils perdent.

Toutes les meutes qu'il avait vu et connu, ça n'avait été que très rarement le cas. Il avait vu des meutes où être un Alpha blessé était synonyme de mise à mort par les plus ambitieux des siens. Si un Alpha n'était plus capable de se défendre ou de défendre les siens, le seconde de la meute y voyait une opportunité bien souvent… la faiblesse était synonyme de mort parmi les loups.

Il avait le souvenir lointain d'une bagarre à laquelle il avait assisté… Enfin bagarre… mise à mort était plus adaptée.

Un loup énorme et fougueux avait voulu le chasser de son territoire, il y a bien longtemps. Gajeel sous sa forme loup s'est défendu et avait fuis du mieux qu'il pouvait… mais il était tombé dans un cul de sac… Le reste de la meute ennemie était encore loin, avec un peu de chance il s'était dit qu'il pourrait réussir à contourner l'Alpha qui l'avait suivit et s'enfuir par le Nord…

Il s'était alors jeté sur son adversaire avec toute la férocité d'une bête prise au piège. Il n'était qu'un très jeune loup en ces temps là… très peu expérimenté. Mais il était acculé. Et l'autre était assuré de sa puissance, et il avait envie de jouer avec sa proie. Grave erreur.

Gajeel avait réussi à lui briser une patte et lui lacérer la gorge avant qu'il ne puisse le repousser fortement avec violence. Lorsqu'il se releva, un peu sonné, il se rendit compte qu'il avait été projeté à plusieurs mètres, et que l'Alpha ne lui avait pas sauté dessus.

Pourquoi ?

Parce qu'il avait de gros flots de sang qui s'écoulaient de sa gorge en puissantes gerbes. Le sol se colorait de rouge, l'odeur métallique lui enveloppait les narines et lui faisait tourner le cerveau… Il avait failli se jeter de nouveau sur son adversaire, l'ardeur du carnage réveillant la partie monstre en lui. Le loup blessé perdait trop de sang pour pouvoir se soigner correctement assez vite… Son frère loup faillit perdre la tête sous les effluves fiévreux de ce corps chaud qui allait crever et qu'il pouvait mettre un mort…

Un Alpha à mort… il allait tuer un Alpha…

Mais un hurlement de douleur qui retentissait au loin le figea. Le reste de la meute était proche. Il tourna les talons et s'enfuit. Il ne se retourna qu'une fois, après avoir grimpé la colline…

Le corps de l'Alpha était allongé au sol. Sa gorge était ouverte, ses viscères répandus tout autour de lui. Une louve grise, bien plus petite que lui était couverte de sang, blessée et à moitié morte. Elle semblait le protéger, ce corps déjà éteint. Elle grognait de toutes ses dents et de tout ce qui lui restait de courage. Mais il savait, le reste de la meute qui les entourait le savait aussi, et le grand loup noir le savait… L'Alpha était mort, sa compagne n'allait pas tarder à l'accompagner également dans la mort. Et le grand loup noir qui n'était que second pour l'instant… il allait prendre la place de l'Alpha et régner à son tour sur le territoire et sur le reste de la meute.

Tel était la loi chez eux.

Gajeel le savait et s'y était vite faite. La loi du plus fort, c'était la seule qu'il avait connu, et ce avant même d'être devenu loup-garou.

Mais ici, celle loi n'était plus la fondamentale dans la meute.

Ici, si jamais Gildarts venait à tomber au combat, le reste de la meute le protégerait de leur vie. Et même Luxus, qui sentait le loup dominant à plein nez, ne lui usurperait pas la place, ou en tout cas pas de cette manière, pas sans un duel équitable.

Les meutes aussi stables étaient rares. Si rare que c'était la première qu'il voyait de sa vie.

C'était d'ailleurs grâce à cette stabilité dont ils bénéficiaient, que les femelles avaient autant de place que les mâles.

Habituellement, les louves étaient situées au niveau hiérarchique de leur conjoint et bénéficiait de son pouvoir et de son influence à lui. Et les louves célibataires, même si chéries et respectés dans la majorité des groupes car très rares et précieuses, étaient systématiquement relégué au bas de la hiérarchie.

Alors qu'à Magnolia… Certes Gildarts et Luxus étaient les deux premières têtes de la hiérarchie. Mais Erza et Mirajane les suivaient juste après et se montraient encore davantage plus effrayantes qu'eux deux réunis, à leur manière…

Erza l'avait d'ailleurs très clairement menacé dès les premiers jours de son intégration, de lui arracher la tête et les couilles si jamais il trahissait les siens. Et son loup intérieur, même s'il avait été irrité d'avoir été menacé par une « femelle », avait vite compris sa place par rapport à elle, et avait incliné la tête pour lui dévoiler le cou en signe de soumission. Il frissonnait encore en se remémorant son regard.

Ouais… Cette meute était clairement hors norme, hors limite, hors… hors de toute logique. Il avait l'immense honneur d'en faire partie, de faire partie de cette meute qui voulait bien de lui…

Mais qui en même temps le faisait sentir comme un… intrus. C'était le mot.

Il était un intrus pour eux.

« Gajeel ? »

Il se releva rapidement et son corps se tendit. Un rapide coup d'œil sur la droite et une petite analyse de la situation lui permirent de comprendre qu'il n'y avait absolument aucun danger. C'était seulement Mirajane dans son tablier de cuisine, pour ne pas tâcher une de ses magnifiques robes… Elle était toute sourire et semblait accueillante. Elle avait une assiette dans ses mains.

Il se détendit. Elle ne voulait pas sa mort. Et si elle l'avait voulu, il serait déjà mort.

« Ouais ?

-J'ai pensé que tu voulais peut-être une part de gâteau au citron et des cookies. En dessert.

-Ah, c'est… (un temps bien trop long s'écoula… troooop long) … sympas. »

Il se sentit con. Doublé d'un incapable.

Incapable d'avoir assez de présence d'esprit pour rester sur ses gardes, incapable car il s'était laissé surprendre par quelqu'un qui n'essayait même pas d'être discret et incapable parce qu'il avait buté sur un simple échange cordial.

Sympas ? Il avait mis plus de 5 secondes à trouver quoi dire ! et tout ce qui était sorti c'était sympas ?!

Un petit ange passa…

La jeune femme lui remit une assiette en plastique dans les mains avec une cuillère et commença à tourner les talons.

Après qu'elle se soit éloignée de quelques mètres, il eut enfin ce mot qu'il cherchait au bout de sa langue et qu'il n'avait pas prononcé depuis longtemps…

« Mirajane… Merci ! Pour le gâteau. »

Elle lui sourit et hocha la tête.

'Par certains côtés il me rappelle Natsu…' pensa-t-elle…

.

.

.

Notes de fin : Hahaha °rire d'une personne extrêmement mal à l'aise° J'avais dis quoi ? 2 ou 3 semaines max ? Ou 4 ou 5 mois ? °esquive les injures et les légumes périmés qui étaient destinés à son délicat visage° Certes certes !

Mais je suis là maintenant !

Bon plus sérieusement, je suis désolée de poster de façon si irrégulière. Vraiment désolée. Je ne vais pas vous faire de prévision ni de promesse… mais je vais faire de mon mieux. (même si j'entame une année qui promet d'être CHARGEEEEE comme jamais niveau études et tout le tralala !)

Merci, un énorme merci pour tous les lecteurs, et merci particulièrement à Guest (ce serait bien de signer comme ça je sais exactement qui remercier °^° si tu veux hein), Cicidy (héhé, peut-être), FairyFanTail (je sais plu si y a de l'imprégnation dans l'univers de Mercy Thompson (je crois que non) mais ça n'existe pas dans mon histoire °^° elle sent le Gajeel car elle vit avec le Gajeel, et qu'ils ont dormi ensemble juste avant…), Timelina27 (tkt Mira va lui faire regretter !) et strcy (vala la suite !).

Bisou d'excuse, et encore merci.

Je vous souhaite une bonne journée !