Fiou. Au moment où j'écris ces lignes chez moi il est plus cinq heures du matin, j'ai tout fait pour finir ce chapitre aujourd'hui -autant vous dire que demain matin, enfin, dans quelques heures, mes profs ne me verront pas ahah-. Mais il est là ! J'ai vraiment pris plaisir à l'écrire car il introduit pas mal de choses sur le caractère des personnages, la façon dont je les imagine avoir évolué en cinq ans. Comme dit avant le chapitre précédent, je ne cherche pas à faire de fiction profonde, simplement une fiction qui fasse chaud au cœur, aussi, je tenais à avoir des personnages intéressants mais agréables... à comprendre par là : pas de personnage détestable à souhait, mais au contraire, en profiter pour creuser le thème de la rédemption. La haine et tout le reste, ce sera pour mes autres fictions ! Bref, en tout cas, j'espère y être parvenu ahah !
Merci à tous ceux qui ont commencés à suivre la fic et ceux ayant pris le temps de commenter, voir les gens venir peu à peu dessus a rempli ma journée de joie !
Sur ce, on se retrouve au prochain chapitre, et d'ici-là, bonne lecture ! :3
Chapitre 2 : L'esprit de Noël
Jeudi 18 décembre
Hermione s'étira longuement dans son lit, appréciant la chaleur des épais draps dans lesquels elle venait de passer sa première nuit de vacances. Les muscles encore endoloris à force d'avoir été ces derniers jours trop longtemps penchée sur un bureau noyé sous les dossiers, elle se leva. Si la température restait convenable, elle avait chuté durant la nuit et la sorcière se glissa avec plaisir dans un long gilet molletonné. D'un pas léger, elle sortit de sa chambre.
Le retour à la réalité fut rude.
Alors qu'elle voulut en saisir la poignée, la porte de la salle de bain s'ouvrit devant elle. Drago se figea en se retrouvant face à Hermione. Les cheveux encore humide, il portait un pantalon aussi sombre que son pull, qui contrastait avec la pâleur de sa peau. L'espace d'un instant, les deux anciens élèves de Poudlard se fixèrent, puis elle le laissa passer et il se dirigea vers la cuisine. Pour l'un comme pour l'autre, il était trop tôt pour assumer leur présence respective sous le même toit.
Tout en faisant sa toilette du matin, Hermione songea à la veille. Après l'arrivée mouvementée des anciens Serpentard, elle avait dîné avec Harry et Ginny tandis que Drago et Pansy préparaient à manger de leur côté, Blaise les observant plus qu'il ne les aidait. L'ambiance était devenue étrange, inconfortable, et n'avait rien de la joie dont elle aurait dû être imprégnée. C'est presque en silence qu'ils avaient fini leur assiette. La vaisselle n'avait été faite qu'une fois l'autre trio à table à son tour, la cuisine ainsi laissée libre.
Hermione poussa un soupir. Ils ne pouvaient pas faire cela chaque jour jusqu'à janvier, ces vacances n'auraient plus aucun sens. Cette tension l'avait presque plus fatiguée qu'une journée au ministère ne l'aurait fait. Pendant qu'elle se séchait le visage, sa décision fut prise ; il fallait faire un pas diplomatique pour espérer trouver un équilibre un tant soit peu agréable.
Toujours emmitouflée dans son gilet, la sorcière se dirigea vers la cuisine. Seul Drago s'y trouvait, ses yeux parcourant un journal français où un groupe de skieurs agitaient les bras sur la photo qui faisait la une.
« Tu sais lire le français ? »
Drago releva les yeux vers Hermione. Elle sortit une casserole d'une des étagères et y versa du lait qu'elle mit à chauffer.
« Non, mais ce n'est pas comme s'il y avait grand-chose d'autre à faire. L'accueil n'ouvre que dans une demi-heure. »
Pensive, la sorcière hocha la tête. Il n'était pas le seul à avoir vérifié l'horaire d'ouverture dès son réveil.
« Tu te lèves toujours aussi tôt ?
— C'est un interrogatoire sur mes capacités et mes habitudes de vie ? répliqua-t-il en haussant les sourcils. »
Hermione ouvrit la bouche pour répliquer que non, avant de réaliser qu'il n'avait pas tort. Ils avaient beau se connaître depuis plus de dix ans, ils ne connaissaient rien l'un de l'autre. Du moins, rien de toutes ces petites choses du quotidien, rien qu'il est naturel de découvrir en côtoyant quelqu'un. En réalité, ce qu'ils connaissaient d'eux, c'était leurs défauts et leur carapace respective. Les apparences avaient toujours été le socle dans leur relation. Une relation tendue, basée autrefois sur la haine, maintenant sur une simple tolérance.
« Je me posais juste la question, finit-elle par annoncer d'un haussement d'épaules. »
Le silence retomba sur la pièce. Une fois son lait chaud, Hermione y versa du cacao avant de s'asseoir à table, laissant une certaine distance entre eux. Elle retint un soupir de justesse. Ce n'était pas ainsi qu'ils allaient réussir à trouver un terrain d'entente pour passer tous un bon réveillon.
« Weasley n'est pas avec toi ? »
Surprise, elle releva la tête vers Drago.
« Elle dort encore, dans la chambre avec Ha…
— Pas la fille Weasley, votre roi Weasley. »
Ah. La référence à cette partie de leur passé liée au Quidditch de leurs jeunes années tira un sourire à Hermione, bien qu'il restât rapide. Elle souligna qu'il avait sûrement fait l'effort de ne pas utiliser de mot insultant devant elle, ce qu'elle ne pouvait qu'apprécier. La diplomatie entre Harry, Ron et Drago avait toujours été compliquée, mais depuis que Poudlard était derrière eux, la maturité et les épreuves par lesquelles ils étaient passés avaient visiblement eut un certain effet.
« Non, il passe Noël avec la famille de sa fiancée. »
La stupéfaction de Drago fut impossible à manquer. Il la fixa plusieurs longues secondes sans un mot, les sourcils haussés. Hermione Granger et Ron Weasley, séparés. Alors ça, pour une surprise. Il n'aurait sans doute pas cru à la nouvelle si ce n'était pas l'intéressée elle-même qui lui avait dit. Bien sûr, il avait bien remarqué qu'ils ne les voyaient plus beaucoup ensemble depuis plusieurs mois au ministère, mais il les pensait simplement occupés, ou imaginait n'importe quoi d'autre qu'une rupture.
Mal à l'aise face au regard insistant de Drago, Hermione finit par l'affronter franchement.
« J'ai une tâche sur le visage ?
— Pas exactement, mais si tu veux le savoir, tu as du chocolat sous le nez, ricana-t-il. »
Le feu de la gêne lui monta immédiatement aux joues, et elle se précipita sur un mouchoir pour essuyer ses lèvres. Ce dernier resta immaculé, témoin de la mauvaise blague de Drago. Elle se disait bien qu'elle l'aurait remarqué si elle n'avait pas su boire correctement.
« Très drôle, maugréa-t-elle.
— Je pensais que Weasley et toi c'était à la vie à la mort. »
Le retour soudain sur le véritable sujet de la conversation pris Hermione de court. Elle haussa les épaules, un air distant se peignant sur son visage.
« On le pensait aussi, mais on a fini par réaliser que ce n'était le cas qu'en tant qu'amis, qu'on était mieux ainsi.
— Mmmh. »
La situation était grotesque. Venait-elle sérieusement de parler à Drago Malefoy de la fin de son histoire avec Ron ? Ce n'était pas un secret, loin de là, mais la veille encore elle n'aurait jamais cru qu'une telle chose se produirait.
Elle se tourna vers le buffet.
« Accio notes. »
La pile de papier déposée sur le coin du meuble s'envola jusqu'à Hermione, qui attira ensuite une plume et un encrier pour rédiger une lettre à l'adresse de l'accueil. Drago la regarda faire sans un mot.
Bonjour,
Après discussion avec nos colocataires, nous voulions savoir s'il était possible de les déménager dans un autre chalet ? Nous sommes prêts à payer la différence qu'entraînerait un tel changement.
Bonne journée,
Hermione Granger
Chalet 7
Après un regard vers l'horloge suspendue au-dessus de la cheminée, elle décida que l'envoyer dix minutes en avance n'avait rien de mal. D'un coup de baguette, elle ouvrit la fenêtre puis elle fit partir la note qui s'envola en battant avec peine deux de ses coins. Dès qu'elle fut loin, Hermione se dépêcha de refermer.
« Tu sais que le prix risque d'être exorbitant ? demanda finalement Drago, perplexe.
— Cela ne devrait pas te poser problème non ? »
Une lumière s'alluma soudain dans son esprit, si brusquement qu'elle ne lui laissa pas le temps de réagir.
« Mais d'ailleurs, pourquoi avoir pris une formule de collocation ? »
Il lâcha un léger rire.
« Pansy s'est décidée trop tard, il n'y avait plus d'autre choix quand on a fait la réservation. »
A l'évocation de ce nom, Hermione se tendit imperceptiblement. Comme soudainement ramenée sur Terre, elle porta à nouveau sa tasse à ses lèvres pour se donner contenance tandis que pensées et souvenirs s'entrechoquaient dans sa tête. Elle avait appris à reconsidérer Drago, elle n'avait jamais eu de réel avis sur Blaise, mais Pansy… La concernant, la rancœur était toujours là. C'était la première fois qu'elle la revoyait depuis tout ce temps, depuis cette autre époque. La veille, elle avait eu l'impression de revenir des années en arrière à chaque fois qu'elle croisait son regard. Pansy avait fait tant de mal à l'adolescente qu'elle avait été, et aux adolescents qu'avaient été ses amis. Elle était même celle qui avait tenté de vendre Harry au Seigneur des Ténèbres. C'était d'ailleurs le dernier jour où l'ancienne Gryffondor l'avait vue.
Les lèvres serrées, Hermione déglutit. Il fallait que l'accueil lui réponde, vite, et de manière positive.
« Granger ? »
Des bruits de pas qui retentirent au même moment dans le couloir l'empêchèrent de répondre, la sauvant. Harry émergea dans la cuisine, vêtu d'un pantalon de pyjama gris et d'un t-shirt bleu délavé.
« Bonjour. »
Drago et Hermione répondirent en cœur, bien que la voix de l'ancien Serpentard ressemblât plus à un grommellement qu'à une véritable salutation. Harry commença à préparer son petit déjeuner sans en prendre ombrage. Le seul fait qu'ils puissent se trouver tous les trois dans la même pièce était déjà beaucoup, il n'en demandait pas plus. Il y a cinq ans encore, ils étaient face à face dans des camps différents. Le Survivant savait que cette guerre avait changé Drago. Ce changement était sa rédemption.
Ginny ne tarda pas à apparaître à son tour, elle aussi en pyjama. Elle n'adressa qu'un hochement de tête poli à Drago, avant de serrer Hermione dans ses bras.
« On devrait faire les courses ce matin, lança la rouquine, avant de mourir de faim.
— J'aimerais y aller, mais… »
Elle regarda une seconde vers la fenêtre où elle avait lâché la note ensorcelée, puis vers Drago.
« Il faut d'abord que l'on soit sûr du nombre que l'on sera.
— On se débrouillera très bien tous seuls Granger.
— Là n'est pas le problème, souffla-t-elle en levant les yeux au ciel. On ne va pas passer notre temps à s'éviter dans les pièces communes. »
Drago fronça les sourcils. Il ne voyait visiblement pas où était le problème. Hermione sentit l'exaspération éprouver sa patience.
« On comptait faire nos affaires de notre côté ou passer du temps avec nos futurs colocataires selon le genre de personnes qu'ils seraient.
— Eh bien parfait, faisons chacun nos affaires de notre côté !
— Sauf que vu les circonstances, faire ainsi ne fait que renforcer le malaise, et seul un aveugle le raterait ! »
L'électricité qui commençait à s'élever entre l'ancienne Gryffondor et l'ancien Serpentard poussa Harry et Ginny à échanger un regard. Cependant, ils n'intervinrent pas pour ne pas risquer d'envenimer les choses.
La raison de l'agacement d'Hermione échappait visiblement à Drago, et elle fut obligée de formuler ses pensées à voix haute :
« Noël ne peut pas se passer dans un tel malaise ! Je veux un vrai réveillon, je ne veux pas que vous le gâchiez, et je ne veux pas qu'on gâche le vôtre. »
Sur ces mots, l'expression irritée de Drago s'effaça pour un sourire en coin irrépressible. Evidemment, cela ne manqua pas d'exaspérer un peu plus la sorcière. Il dû se mordre l'intérieur des joues pour ne pas éclater de rire avant d'avoir pris la peine de répondre.
« Granger, tu…
— Malefoy, intervint Harry, si tu tiens à la vie, je te déconseille de finir cette phrase. »
L'intéressé sembla peser le pour et le contre, avant de finalement écouter ce conseil indéniablement avisé. La fin du petit déjeuner se déroula dans le calme, mais l'expression narquoise de Drago resta plantée sur son visage.
~oOoOoOo~
Alors que la vaisselle se faisait toute seule dans l'évier, une note arriva dans la cuisine où étaient toujours assis les sorciers.
Chère Mme Granger,
Nous sommes au regret de vous annoncer que nous n'avons aucune solution à vous proposer. Toutes les locations de notre domaine sont prises ou réservées durant au moins une partie de la période où vos colocataires seront ici.
Si vous avez le moindre souci, n'hésitez pas à nous contacter.
En vous souhaitant une très belle journée,
Freya Martin
Tous soupirèrent à la lecture de cette note. Malgré tout, un sourire étira par la suite les lèvres de Drago, si léger qu'il en était presque imperceptible, invisible aux yeux du trio près de lui. Curieusement, il trouvait que les choses allaient se montrer peut-être plus palpitantes ainsi.
Ou peut-être que cela allait être un vrai cauchemar, mais dans le pire des cas, ce ne serait qu'une poignée de jours à supporter.
~oOoOoOo~
Dire que les courses furent compliquées relève d'un bel euphémisme.
Une fois Pansy et Blaise réveillés et mis au courant de la situation, les six jeunes adultes décidèrent de faire ensemble les achats au marché se trouvant dans le village non loin. Ils se répartirent différentes tâches et catégories de choses à acheter pour être efficaces.
Bien évidemment, cette coordination imaginée par Hermione ne fonctionna pas.
Très vite, tous se retrouvèrent à faire des achats divers et variés, sans lien entre eux, ou à acheter en double ce que venaient d'acheter les autres au stand opposé. Il y eut des éclats de voix, des grommellements, des maudits Gryffondor et des fichus Serpentard et ce ne fut qu'une fois l'après-midi bien entamée qu'ils rentrèrent enfin avec leurs provisions. Le problème fut que tous étaient affamés, et faire à manger prendrait encore du temps. Alors, pour la première fois, ils parvinrent à décider quelque chose d'un commun d'accord sans que personne ne tente de s'y opposer : retourner au marché et profiter de sa partie dédiée à Noël, excellente idée pour manger quelque chose de bon rapidement.
Ils se séparèrent bien vite en deux trios, partant d'un côté et de l'autre des avenus. Ginny poussa un soupir.
« Je n'arrive pas à croire qu'un tel hasard ait pu arriver. Parmi toutes les personnes qui auraient pu venir dans notre chalet…
— A qui le dis-tu… soupira Harry à son tour. »
Hermione resta silencieuse. Elle se sentait sincèrement malheureuse à l'idée de voir son Noël gâché par la mésentente qui régnait entre les deux trios. Si Blaise semblait parfaitement à l'aise dans cette situation, il était bien le seul. Drago se montrait particulièrement exaspérant, et Pansy ne cessait de contrarier tout le monde. Hermione ne lui avait d'ailleurs adressé aucune parole directe, elle en avait été incapable. Le ressentiment qui était restée en elle semblait refuser de partir, et cela était loin d'arranger la situation.
Alors qu'elle attendait sa crêpe à un stand, juste derrière Harry et Ginny qui prenaient les leurs, une voix dans son dos fit sursauter Hermione.
« Granger. »
Elle se retourna brutalement pour faire face à Drago.
« Quoi ?
— Tu peux me suivre ? »
Cette fois prise au dépourvu, car il formulait bien plus souvent des ordres que des demandes, elle jeta un coup d'œil dans son dos.
« Oui, si tu me laisses le temps de récupérer ce qui va me servir de repas de substitution à cause de votre coopération difficile de ce matin. »
Il leva les yeux au ciel tandis qu'elle se détournait pour saisir la fameuse crêpe. Une fois son précieux en main, elle fit un signe à ses amis avant d'emboîter le pas à Drago. Il resta silencieux un moment, si longtemps qu'elle pensa qu'il souhaitait l'amener quelque part. C'est pourtant bien au milieu du marché et tout en l'arpentant qu'il prit finalement la parole.
« Toi qui vantes tant la noblesse de l'esprit de Noël, tu ne fais pas beaucoup d'effort. »
Outrée, Hermione s'arrêta net.
« Pardon ?
— Pas la peine de monter sur tes grands hippogriffes -j'ai horreur de ces bêtes en plus-. Tu disais ne pas vouloir gâcher ton Noël, mais le nôtre non plus, non ?
— Bien sûr oui. Je sais penser aux autres, moi.
— Eh bien tu pourrais peut-être un peu plus penser à Pansy alors. »
La sorcière se mordit la lèvre. Elle ne pouvait pas le contredire cette fois. Comment les rôles avaient pu s'inverser aussi facilement ? Se pouvait-il que…
« Parkinson et toi ? »
Il la regarda sans comprendre.
« Quoi ?
— C'est pour ça que tu la protèges ? Après tout, il y a toujours eu quelque chose entre vous deux.
— De quoi tu parles ? »
Soudain, il comprit. Un rire moqueur lui échappa aussitôt.
« Attends, tu crois que Pansy et moi on est ensemble ? Plutôt me faire pétrifier par un basilic.
— Tu ne dirais pas ça si tu savais ce que ça faisait, rétorqua-t-elle en croisant les bras.
— Peut-être bien. En tout cas, non, il n'y a rien entre elle et moi. Elle est… comme une sœur, tout simplement.
— Depuis quand tu te soucies ainsi des autres ? »
La question lui avait échappé avant qu'elle ne pèse ses mots et l'air dubitatif dubitatif sur lequel elle les prononça. Soudain, l'ombre de l'ancien Drago passa sur les traits de celui de vingt-trois ans. Un éclat de mépris, un ton glacial.
« Depuis que j'ai vu ces autres frôler la mort en me suivant. »
Sans attendre de réaction, il tourna les talons et s'éloigna d'un bon pas. La culpabilité serra le ventre d'Hermione, qui voulut le rattraper.
« Laisse-le ruminer. Il ne te laissera pas t'excuser de toute façon. »
De l'espace entre deux chalets sorti Blaise, un éternel air condescendant peint sur ses traits.
« Il a grandi Granger. On l'a tous fait. Mais ce n'est qu'en leur laissant une deuxième chance que tu donneras aux gens l'occasion de te le prouver. »
Alors qu'il commençait à s'éloigner, il jeta une dernière phrase par-dessus son épaule :
« La meilleure façon d'aider quelqu'un à devenir meilleur est de croire en sa capacité à l'être. »
Le sourire aux lèvres, il disparut de son champ de vision.
~oOoOoOo~
De retour au chalet, Hermione était bien décidée à se reprendre en main. C'était Noël, elle ne pouvait pas se permettre de passer son temps à se méfier des autres et à ruminer d'anciennes querelles. C'est bien elle qui a parlé de cohabitation paisible. Il était temps qu'elle applique ses propres paroles.
Alors que Ginny commençait à l'aider pour les préparatifs du repas, Hermione alla toquer à la porte de la chambre que les anciens Serpentard se partageaient à trois. Au plus grand soulagement d'Hermione, ce fut Blaise qui ouvrit, et non pas Drago.
« Est-ce que Pansy est là ? »
Celle-ci ne tarda pas à entrer dans son champ de vision, derrière son ami.
« Oui ?
— Tu veux venir nous aider à préparer le repas ? »
Son étonnement et son hésitation furent évidents, mais Hermione s'y attendait. Elle patienta jusqu'à ce que la réponse tombe enfin.
« Oui, pourquoi pas. »
Et c'est ainsi, sur une invitation insensée d'Hermione qu'elle et Ginny passèrent l'heure qui suivit à discuter avec Pansy. L'entreprise fut compliquée, car l'ancienne Serpentard restait fermée et méfiante, répondant sèchement au moindre faux pas commis par l'une des jeunes femmes. Pourtant, peu à peu, malgré la distance froide qui restait présente, ces dernières purent constater que cette dureté ne provenait pas d'un mauvais fond. Plus maintenant. Le recul et le temps avaient éclairé un nouveau chemin pour la jeune femme. Elle s'était orientée vers une profession d'expert des licornes et, aussi incroyable que cela fût, le contact avec les membres de cette espèce fabuleuse l'avait visiblement aidée à changer.
Hermione constata au moment de passer à table que Drago n'était en fait pas rentré depuis tout ce temps car, alors qu'elle finissait de lancer des sortilèges pour disposer les couverts sur la table, il franchit le seuil qui menait à l'extérieur. Ses joues, ses oreilles et son nez étaient rougis par le froid, tout comme ses doigts.
« Tu devrais vraiment songer à t'acheter des gants et un bonnet digne de ce nom Drago, le réprimanda Pansy. »
Un léger sourire s'afficha sur le visage d'Hermione. En y prêtant attention, le lien entre Drago et Pansy lui rappelait soudainement celui qu'elle avait avec Harry.
« Tu tombes bien, lança-t-elle d'un air aussi détaché qu'elle put, on allait se mettre à table. »
Se frottant les mains, il ne se fit pas prier pour s'installer. Blaise, qui sortit de sa chambre à ce moment, se mit à côté de lui, et Pansy s'assit face à Blaise. Évidemment, quand Harry et Ginny quittèrent le canapé de la partie salon pour s'installer à leur tour, ils se mirent face à face, avec Harry à côté de Drago. Il ne resta plus pour Hermione que la place entre Pansy et Ginny, face à Drago, au milieu de la table. N'osant pas le regarder, elle se chargea de servir tout le monde d'un coup de baguette pour rester occupée, puis demeura concentrée sur son assiette.
Bien entendu, il ne demanda pas qui avait préparé le repas, et il ne sut donc rien du pas qu'avait fait Hermione vers Pansy. Cependant, elle sentait que la tension entre elle et le sorcier était redescendu, ce qui la soulageait au plus haut point.
A la fin du repas, Blaise se leva soudainement pour attirer l'attention de tous. Ce fut réussi.
« Maintenant que tout le monde est d'accord pour profiter de Noël tous ensemble, aussi loufoque que ce soit, j'ai une proposition. »
Tous se regardèrent à la dérobée. Drago et Pansy le savait, quand Blaise avait une idée, c'était rarement quelque chose de reposant. Les autres quant à eux, sans le savoir, s'en doutaient instinctivement.
« Et si on décorait le chalet demain ? »
Hermione poussa un soupir de soulagement. Si ce n'était que cela…
Le regard que Drago lui lança la détrompa bien vite. Elle ne savait pas dans quoi ils s'engageaient, mais comme personne ne dit non après la journée compliquée qu'ils venaient de vivre, ils verraient bien demain. Oh ça oui, ils verraient…
Drago redoutait déjà le lendemain.
