Réponses aux reviews anonymes :

Mani300 : Aucune trace de NaruSasu t'abuuuuses Mdrrr Ca se dessine PETIT A PETIT, pas après pas, pierre après pierre ! … Bon ok j'avoue que c'est d'une lenteur incroyable xD Maiiiiis il y a pleins de petits détails sur leur affection mutuelle ahah Bon du coup j'espère que cette suite sera à la hauteur de tes attentes ! Merci pour ta review !

Cosmo : AAAAh cool, du coup tu m'autorises à tuer qui je veux tant qu'il y a un peu d'humour ? Mdr Tu me le diras pas deux fois xD Bon je ne peux pas te dire pour le trou dans la trésorerie de Naruto mais effectivement, on n'en parle pas pour rien ! Et ne t'inquiètes pas pour Sasuke, je ne le ferais pas finir dans un océan de chaos (au sens propre comme au figuré lol) Merciii pour ta review ! J'espère que la suite te plaira !

Ekateri : Woow 18 chapitres en quelques heures ? T'es motivée lol Je suis heureuse que cette histoire te plaise austant alors:) Merci pour ta review et j'espère que la suite te plaira tout autant !

Guest : Merci à toi pour ta review ! :)

Saiko : Merci pour ta review ! Je suis ravie que ça te plaise et que chaque chapitre te fasse passer un bon moment :)


Musique : A moment in a million years – Scorpions


California dream

Chapitre 19

- Explique-moi.

Itachi leva le regard vers lui alors que Sasuke pouvait sentir son propre cœur pulser jusque dans ses oreilles. C'était insupportable, cet état de tension. Il faisait à l'instant si chaud qu'ils auraient pu en avoir des sueurs froides. Toute cette histoire semblait complètement improbable.

Son aîné passa péniblement une main dans sa longue chevelure. A la lueur de la flamme qui brûlait dans le bidon, le peau de son visage semblait moite de transpiration. Itachi n'avait peut-être jamais été aussi sérieux mais Sasuke ne baissa pas les yeux, déterminé à connaître le fin mot de cette histoire invraisemblable. Un souffle court lui échappa. Alors il rangea un instant colère et rancœur au plus profond de son être.

- Explique-moi Itachi, et cette fois-ci, n'omets aucun détail.

Son frère eut un sourire triste. Il avait l'air coupable de lui avoir cacher cette facette de l'histoire. De leur histoire. Sasuke pouvait lire dans son regard à quel point il ne se sentait pas fier d'avoir menti durant ces derniers mois mais à l'heure actuelle, il semblait difficile de pouvoir lui pardonner.

Itachi avait foutu leur vie en l'air.

Sasuke sentait sa poitrine trembler à chaque inspiration. Cette fois-ci, il ne semblait plus y avoir aucun retour en arrière possible. La mort avait un goût de définitif et Itachi les avait plongé dans le chaos d'une vie pleine de tourments.

Le silence était pesant mais nécessaire.

- Ok, abdiqua finalement Itachi. Mais n'oublie pas que si je ne t'en ai pas parlé jusque là, c'était pour te tenir en dehors de tout ça.

Sasuke ne se démonta pas, les sourcils froncés.

- Parle.

Itachi allait ouvrir la bouche lorsqu'ils entendirent la porte d'entrée de la maison claquer et il ne fallut pas longtemps pour apercevoir la tignasse blonde de Naruto apparaître dans la cour. Le blond eut un regard interrogateur envers Sasuke alors qu'il sentait probablement la tension étouffante qui régnait au-dessus de leur tête.

Il y eut un instant de gêne alors que Naruto saisissait le dossier de l'une des chaises.

- Asseyez-vous, mon frère allait justement nous raconter comment il a tué la fille de notre oncle.

- Sasuke !

L'orage grondait dans les yeux d'Itachi mais Sasuke détourna le regard et l'onyx rencontra l'azur. Naruto lui répondit d'un demi rictus mais la confiance qui naquit dans ses orbes pâles le rassurèrent un instant.

Il était revenu. Naruto avait tenu sa promesse.

- Je suis tout ouïe.

Le blond fit racler la chaise contre les dalles pour s'asseoir et Itachi soupira.

- Au point où on en est...

Alors Itachi prit une tremblante inspiration, prêt à raconter ce fameux jour où tout avait basculé.


Né génie, Itachi Uchiwa n'avait jamais eu de difficulté à comprendre les choses. S'il possédait des facultés intellectuelles supérieures à la moyenne – n'en témoigne sa scolarité exemplaire dans toutes les matières (sauf l'anglais...) ; Itachi possédait également un sens de l'empathie sur-développé. Hypersensible, il avait depuis son plus jeune âge eu la capacité de comprendre les émotions des autres et la rare faculté de savoir se mettre à leur place. Et même si par ennui, Itachi s'était souvent laissé aller sur le chemin de la petite délinquance, il cultiva ce don hors du commun comme un sixième sens.

C'était indéniablement une qualité mais Itachi ressentait parfois cette empathie comme une malédiction. Heureux sont les ignorants, disait-on et Itachi en avait toujours été pleinement conscient. Notamment ce jour-là. Celui de l'accident de leurs parents. Il avait été capable de faire les liens. Ceux qui manquaient aux forces de l'ordre pour rétablir la vérité. Et parfois, il lui arrivait encore de regretter son ignorance.

La vérité l'avait frappé comme un éclair lorsque la police avait appelé chez eux. A l'époque, Sasuke n'était encore qu'un jeune garçon mais du haut de ses 22 ans, Itachi avait compris. Il se souvenait parfaitement de la voix désolée de l'agent à l'autre bout du fil. Itachi se rappelait encore du feu qui crépitait dans la cheminée, du temps pluvieux de l'autre côté de la baie vitrée et même de l'émission qui passait en bruit de fond sur la télévision familiale.

C'était un froid jour de Juin. Le premier du mois. L'un de ces jours si frais qu'il en faisait oublier la saison estivale. Ce matin-là, il y avait eu un départ de feu dans l'entrepôt principal d'Uchiwa Corp. Mikoto et Fugaku Uchiwa n'avaient guère eu d'autres choix que de braver la tempête pour se rendre sur les lieux et constater les dégâts.

Itachi avait attendu... mais jamais ils ne revinrent.

Quelques jours avant cet accident, Itachi avait assisté à une réunion du comité de direction où de houleux désaccords avaient soulevé l'assise. Sa fraîche nomination au poste de directeur financier avait eu le don de faire grincer les dents de leur oncle Madara qui convoitait ce poste depuis des années. Mais Fugaku ne s'était pas démonté parce qu'il croyait fermement aux capacités de son fils, génie à ses heures, doublement diplômé de la meilleure école du pays. Itachi n'avait pas volé son poste et Fugaku s'en était assuré.

Ce jour là, Itachi avait vu les yeux de son oncle s'assombrir.

Madara avait toujours été un homme jaloux. Itachi s'en était rendu compte au fil des années. Son oncle était l'enfant du milieu ; né entre Fugaku l'aîné et Obito le cadet. Il n'était ni le premier ni le dernier. Il ne l'avait jamais été tout au long de sa vie. Quoi qu'il ait pu tenter sur le long chemin qu'était sa vie, quelle que soit la voie qu'il ait décidé de suivre : Madara ne sortit jamais des rangs. Il ne brilla jamais plus que les autres ni n'attira tous les regards sur lui.

Sa vie entière n'avait été qu'une courbe linéaire, contrairement à Fugaku le génie et Obito l'enfant chéri. Alors depuis l'enfance, Madara avait voué une haine sans pareille à ses deux frères. Une jalousie maladive qui avait fini par le consumer.

Lorsque Fugaku monta son entreprise cependant, cela ne l'empêcha pas de céder une infime part à chacun de ses frères pour leur assurer une rente à perpétuité. Même à Madara avec qui les relations avaient toujours été conflictuelles. Ç'avait été son rôle d'aîné de la fratrie, après tout et il leur offrit même un poste à chacun. Un job de manutentionnaire et Fugaku leur avait promis une évolution constante à la hauteur de leurs efforts.

Voilà ce qui provoqua certainement la colère sans retour de Madara. Parce que juste diplômé, Itachi obtint le poste de directeur financier quand lui n'avait pu qu'évoluer au poste de chef d'équipe, à peine deux grades plus haut que le poste auquel il avait commencé presque vingt-ans auparavant. Vingt ans de dur labeur, vingt ans à se casser le dos à ramasser des palettes et préparer des commandes.

Si Fugaku ne comprit pas la fureur de son frère, ce fut en revanche une évidence pour Itachi. Lui qui avait toujours eu ce sixième sens ; cette facilité à se mettre dans la peau des autres.

Ce jour-là en réunion, il remarqua probablement le moment exact où il ne brûla plus que de la haine dans ses yeux noirs. La vie avait disparu. La joie, aussi. Madara devint plus qu'un amas de colère et de ressentiments.

Alors en décrochant ce maudit téléphone le premier Juin, Itachi sut. Ses parents n'avaient pas fait une simple sortie de route comme le pensait la police et l'incendie de l'entrepôt principal ne s'était pas déclenché par accident. C'était Madara. Madara et sa jalousie meurtrière. Madara, ce frère entièrement consumé par la haine.

Il était simplement passé à l'acte.

Si Itachi comprit cette évidence en moins d'une fraction de seconde, il lui fallut cependant bien plus de temps pour en parler à quelqu'un. A l'époque, Sasuke était trop jeune alors il ne lui resta que son oncle Obito, de dix ans à peine son aîné. Itachi trouva en lui bien plus qu'un ami et un confident : il trouva un allié dans ce qu'il décida être le combat de sa vie.

Alors durant des années, ils élaborèrent un plan. Pendant presque dix ans, Obito et lui conspirèrent pour éliminer de la course le meurtrier de ses parents. Tout s'accéléra enfin, quelques mois avant leur départ en Californie lorsqu'ils se rendirent compte des agissements de Madara et la partie d'échecs commença enfin.

Madara avait commencé à racheter les parts des autres membres du comité de direction. Il s'engraissait de parts pour prendre le pouvoir de l'entreprise. Si Obito la menait comme président directeur général depuis la mort de Fugaku, il n'en restait pas moins qu'un remplaçant par intérim jusqu'au jour où Itachi serait apte à reprendre les rennes. Mais si Madara devenait actionnaire majoritaire : les choses changeraient définitivement. Il serait en mesure de faire ce qu'il voulait de la société de son défunt frère.

De son vivant, Fugaku avait été l'actionnaire majoritaire. Il avait détenu la majorité des parts de l'entreprise et avait donc légalement régné en maître sur son entreprise. A sa mort cependant, sa part fut divisée entre ses deux fils et tout devint plus compliqué. Parce que le jour où Sasuke fêta sa majorité, Madara n'était pas bien loin. Et même s'il ne réussit pas une seule fois à convaincre l'un de ses neveux de céder ses parts, il provoqua leur rébellion.

C'était ainsi qu'avec l'aide d'Obito, Itachi détourna une partie de la trésorerie de l'entreprise. Directeur financier, ce fut pour lui d'une simplicité enfantine de disperser le fric sur plusieurs comptes privés souscrits à travers le monde entier. S'il avait été souvent impulsif dans sa vie, il n'en demeurait pas un véritable génie. Les gestions financières n'avaient aucun secret pour lui et lucide, Itachi ne divulgua jamais aucune information sur les endroits où dormaient les fonds. Pas même à Obito en qui il avait entièrement confiance.

S'il devait mourir demain, il serait à jamais enterré avec son secret. Alors ce fric devint son assurance vie parce que Madara ne l'éliminerait jamais sans avoir mis la main dessus. C'était une somme conséquente et qui se comptait en millions de Yens. De quoi garantir sa survie et celle de son petit-frère, parce qu'Itachi n'aurait jamais laissé quoique ce soit lui arriver.

Cependant, les événements s'étaient une nouvelle fois précipités. Madara avait commencé à bouger ses meilleurs pions. Ce fut Obito qui le prévint. C'était fin Avril, quelques semaines seulement avant leur départ en Californie. Madara avait commencé à faire suivre Sasuke. Partout où il allait, de sa remise de diplôme à ses futiles sorties avec son ami Hinata ; des hommes de main de leur oncle n'étaient jamais très loin.

Itachi vécut cette information comme une arme de dissuasion. Madara voulait lui faire peur. C'était comme posséder la bombe nucléaire pour un pays. C'était une assurance. Mais parce qu'il s'agissait de son cher petit-frère, de ce gosse qu'il avait élevé lui-même depuis la mort de leurs parents, Itachi se laissa gagner par la peur. C'était peut-être l'un des sentiments les plus forts qu'il ait pu ressentir ; au-delà de la souffrance où de l'amour qu'il portait à sa famille.

La peur de perdre Sasuke le prit aux tripes jusqu'à le paralyser totalement. Il passa plusieurs jours à aller travailler, le ventre noué et la gorge sèche. Madara voulait les parts de Sasuke parce que sa simple contribution lui permettrait de passer actionnaire majoritaire et d'atteindre son but. Et en menaçant Sasuke ainsi, Madara instaurait un climat de pression psychologique sur Itachi pour qu'il rendre le fric détourné et lui cède ses parts.

Dans tous les cas, Itachi se retrouvait en position d'échec et mat. Madara avait gagné.

Jusqu'au jour où Obito lui apporta l'ultime solution. La seule capable de le sortir de cet engrenage. La seule capable de sauver à la fois Sasuke et son héritage. Il fallait que Madara disparaisse. Définitivement. C'était lui ou eux. C'était une question de vie ou de mort.

Alors ils passèrent à l'acte la première semaine de Mai, sous une douce nuit de printemps. Celle où son fichier au poste de police passerait probablement de petit délinquant à celui de criminel. Itachi n'avait pas réellement eu le temps de s'en soucier. Il fallait frapper avant que Madara ne s'en prenne à Sasuke. Alors Obito était venu le chercher et ils avaient signé ensemble le premier jour du reste de leur vie.

Et ils en étaient là désormais, prostrés dans le cabriolet d'Obito, les yeux rivés sur la maison de Madara. La voiture était garée un peu plus loin dans la rue, à l'abri des lueurs des lampadaires et Itachi se souvenait parfaitement de son cœur qui battait la chamade dans sa poitrine. Il s'apprêtait à commettre un acte irréfléchi, mais nécessaire. Madara ne lui laissait plus d'autres choix.

- On peut toujours faire demi-tour, si tu préfères.

Itachi quitta des yeux la maison pour les reporter sur son oncle et il puisa dans sa force pour faire cesser l'angoisse qui lui rongeait l'estomac. Obito avait toujours été un homme calme et serein. Il était aujourd'hui un quarantenaire charismatique au visage séducteur. C'était un Uchiwa, à ne pas en douter, avec ses cheveux noirs et ses yeux plus sombres encore que les abysses. Il avait hérité des mêmes attributs physiques que tous les hommes de la famille avec son corps svelte et sa peau opaline. Obito avait cependant quelque-chose en plus, quelque-chose qui résidait entre la gentillesse de ses yeux en amende et son sourire serein.

- Il faut le faire.

Obito était peut-être son oncle mais il était également devenu son meilleur ami. Ils étaient à jamais liés par l'histoire de leur famille, par ce secret qui les unissaist depuis des années et qui prendrait cette nuit une toute autre tournure.

Alors il lui sourit tristement à travers la pénombre.

- Tu es certain ?

Itachi hocha lentement la tête alors qu'il tournait de nouveau son regard vers la maison de Madara. C'était une demeure modeste, entourée d'une simple clôture et Itachi en conclut qu'il serait facile de s'y introduire.

- Certain mais Obito...

- Hm ?

Leurs yeux se croisèrent à nouveau.

- Tu es sûr que Madara est seul cette nuit ?

Obito hocha la tête et son calme légendaire rassura Itachi pour un instant. Alors Itachi passa une main dans sa chevelure attachée en chignon pour l'occasion. Il sentait son dos devenir moite à mesure que l'heure approchait. Il n'avait jamais rien fait d'aussi dingue de toute sa vie...

- Kaguya ne devrait pas tarder à aller chercher Hanna à son cours de piano, comme tous les mardi.

Ils n'eurent en effet pas longtemps à attendre pour voir la chevelure décolorée de la femme de Madaaa à travers la vitre de la berline qui quitta l'allée de la maison. Obito lui fit un signe de tête.

- C'est maintenant, Itachi. Elle sera de retour dans moins d'une heure.

Itachi attrapa la poignée de la portière, le cœur battant à tout rompre.

- Je sais.

Le bourdonnement dans ses oreilles s'amplifia davantage à chacun de ses pas. Itachi avait enfilé la capuche de son sweat noir pour ne pas être reconnu lorsqu'il enjamba la clôture autour de la maison et il s'infiltra silencieusement par la baie vitrée pour rejoindre le séjour.

La maison semblait déserte et Itachi dut se forcer à continuer. Ses jambes tremblaient. Heureusement, il faisait partie de ceux capables de se faire violence dans les situations les plus dangereuses, même celles qui feraient de lui un criminel. Pour toujours et de manière irréversible.

Alors il avança à pas feutrés, seulement éclairé par la lumière de sa fine lampe torche. Il y avait de la lumière qui filtrait depuis les escaliers et Itachi les contourna en se disant que son oncle devait être dans son bureau à l'étage. Alors il regagna la cuisine et s'approcha de la gazinière où il alluma le gaz, rongé par la culpabilité.

Puis il revint au séjour, le cœur affolé et s'approcha du séjour où il chercha frénétiquement l'arme du crime des yeux. Il la trouva rapidement et d'une main tremblante, alluma la bougie qui mettrait fin à cette folie.

Itachi resta là une seconde, à observer la flamme consumer tranquillement la mèche. C'était joli, au milieu de l'entière pénombre. C'était si beau que ses jambes manquèrent de flancher alors que ses yeux se remplissaient de larmes. Il allait commettre l'irréparable. Cette fois-ci, les choses seraient irréversibles.

Itachi n'oublia jamais la flamme de cette bougie qui dansait dans l'obscurité.

Il quitta la demeure sans un bruit, laissant dans ce futur brasier une partie de son humanité.

Lorsqu'il regagna le cabriolet d'Obito, Itachi manqua de suffoquer, rongé par la culpabilité. Les larmes coulèrent malgré lui alors qu'il savait qu'il ne pourrait plus jamais revenir en arrière.

D'ici quelques minutes, la maison partirait en lambeaux et Madara laisserait derrière lui une épouse et une fille dont la seule erreur aurait été de partager la vie de celui qui avait tué ses parents. Alors il étouffa ses sanglots de toutes ses forces, la mâchoire serrée.

- Tu as fait ce qu'il fallait.

La voix d'Obito était calme et la main qu'il posa sur son épaule était apaisante. Puis son oncle démarra la voiture et ils la garèrent un peu plus bas dans la rue, tous feux éteints, attendant simplement le dernier souffle de Madara.

Itachi eut le temps de se dire mille fois qu'il pouvait courir de nouveau jusque la maison pour éteindre le gaz et souffler sur la bougie. Pour changer le cours des choses. Mais il ne le fit pas et ce qui devait arriver, arriva.

La déflagration fut si forte qu'ils l'entendirent depuis le bas de la rue et le temps d'un instant, le ciel nocturne fut entièrement léché par un mur de flamme. Itachi manqua de mourir de peur alors qu'Obito avait fermé douloureusement les yeux. L'onde de choc fut si puissante qu'elle déclencha même l'alarme des voitures alentours.

Le silence fut religieux dans la voiture et on n'entendit bientôt plus que le crépitement des flammes qui embrasaient la maison.

Alors Obito démarra, les feux continuellement éteints et quitta les lieux du crime lorsqu'il fut certain que Madara n'était plus rien d'autre qu'un tas de cendres.

Ils ne s'arrêtèrent que lorsqu'ils atteignirent le bar où ils allaient régulièrement. C'était un endroit un peu miteux, aux tables boisées ornées de fausses dorures et aux fauteuils rouges. Ici, les autres habitués, un peu trop soûls pour se situer dans l'espace temps, leur fourniraient probablement un alibi si l'incendie n'était pas classé en accident.

Alors Itachi but pour noyer sa culpabilité.

En revenant des toilettes cependant, Itachi fut pris d'un moment de doute. Quelque-chose d'inhabituel s'était placardé sur le visage d'Obito. Sa mine s'était assombrie et son calme habituel laissait filtrer quelques réflexes nerveux d'anxiété. Itachi fronça les sourcils, même s'il avait du mal à fixer son regard étourdi sur lui.

- Qu'est-ce qui se passe ?

Accoudé au bar, Obito passa une main tremblante sur son visage. C'était définitivement inhabituel.

- Je viens... Je viens...

Itachi secoua la tête d'un geste lent, la bouche entre-ouverte. Il se concentra un instant sur le barman qui leur jetait un regard curieux et revint sur Obito dont la peau déjà cadavérique avait encore blêmi.

- Tu viens... quoi ?

Il vit Obito déglutir puis souffler alors que le barman lui proposait un verre d'eau. Son oncle refusa d'un signe de main et attendit que l'intrus ne s'éloigne pour continuer :

– Je viens d'avoir...

Itachi plissa les yeux pour essayer de distinguer plus clairement Obito, au travers des spots lumineux et des litres d'alcool qui entravaient sa vue.

- Quoi, Obito !?

Itachi paniquait. Obito ressemblait à quelqu'un qui venait de voir... un fantôme...

- Madara. Madara vient de m'appeler.

Ce nom lui glaça le sang. Itachi eut l'impression de prendre une douche froide. Ou une claque. Ou peut-être même les deux...

- ... Quoi ?

Les yeux paniqués d'Obito le firent désaoulé immédiatement. Itachi manqua de laisser ses jambes céder sous son poids et il dut s'accrocher sur le comptoir du bar pour ne pas sombrer.

- Il est... Il est pas mort putain, Itachi ! hurla Obito en prenant sa tête entre ses mains. C'était...

- Tais-toi ! le réprimanda Itachi d'un ton plus bas alors que des regards curieux s'étaient retournés vers eux. Qu'est-ce que tu racontes ?

Les phalanges d'Obito avait blanchi alors qu'il semblait sur le point de s'arracher les cheveux.

- C'était pas Madara dans la maison...

Itachi manqua de souffle.

- C'était Hanna... C'était sa fille putain...


Le silence fut long et dérangeant. Presque religieux. La flamme était presque morte dans le bidon en ferraille qui illuminait la cour. Itachi avait le regard bas et le visage empli de regrets.

- Et la suite tu la connais, souffla Itachi. Je t'ai réveillé en pleine nuit pour que tu prépares tes affaires et on a pris le premier vol pour fuir la capitale jusqu'à recevoir nos faux passeports. Et nous voilà ici.

Sasuke secoua lentement la tête de droite à gauche, abasourdi.

- Je...

Mais Sasuke n'avait pas les mots. L'histoire de son frère lui avait ôté l'envie de passer sa colère sur lui. A vrai dire, il ne savait plus quoi penser. Tout ça le dépassait complètement. Toute cette haine finalement, datait de l'époque de ses parents. Toute cette merde dans laquelle ils étaient plongées, n'était rien d'autre que le fruit de la folie de leur oncle.

Sasuke baissa la tête. Cette histoire était à la fois triste et immorale.

- Je sais pas quoi te dire...

Itachi avait les yeux brillants. C'était peut-être la seule fois de sa vie où Sasuke vit des larmes luire dans ses orbes noires. Si son frère avait été un homme impulsif et irréfléchi durant une longue partie de sa vie, il reconnaissait là ce visage protecteur sous lequel il avait grandi. C'était probablement le trait dominant du caractère d'Itachi. Celui qui effaçait tous les autres, même les pires.

- Je ne savais pas que tu avais fait tout ça...

Pour moi, voulut-il ajouter, mais les mots ne sortirent pas. Sasuke avait mal parce qu'Itachi avait tué une gamine, peu importe les raisons. Accident ou pas, c'était une innocente qui avait finalement fait les frais de la haine des Uchiwa.

Ils échangèrent un regard durant lequel Sasuke retrouva son grand frère. Le héro de son enfance. Celui qui sans cape ni masque avait toujours tout fait pour qu'il ne manque jamais de rien. Celui-même qui avait fait de lui l'homme qu'il était devenu aujourd'hui.

La boule de colère qui lui comprimait la gorge s'était transformée en amas d'émotions que Sasuke peinait à contrôler. Itachi avait été prêt à tout, même à commettre le pire par amour pour lui.

Un raclement de gorge le sortit de cet échange silencieux et Sasuke tourna la tête vers Naruto.

- C'était pas un accident, intervint finalement le blond. Sa fille est certes morte par erreur mais l'incendie était prémédité.

Les yeux de Naruto restèrent fermement ancrés dans ceux d'Itachi.

- Aux yeux de la loi, c'est un meurtre Itachi. Si Madara ne te retrouve pas, c'est les flics qui le feront.

Il y eut un moment de silence pendant lequel Itachi arbora un triste sourire.

- Je sais, oui.

Naruto le jaugea un instant, puis il hocha la tête. Sasuke l'observa un instant. Son visage n'avait pas changé d'expression, même en connaissant le passé de son frère. Il ne s'était pas enfui, parce qu'il était un homme aux épaules solides et à la parole unique.

- C'est pour ça qu'il nous faut des faux passeports, Naruto. Tu peux nous en obtenir ?

La voix d'Itachi le fit quitter à regret l'azur rassurant des yeux du blond. Il baissa un instant le regard pour le reporter dans celui de son frère. C'était douloureux mais Sasuke savait qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de fuir une nouvelle fois. Après les révélations de son aîné, il semblait évident que les possibilités étaient restreintes et celle de se séparer de lui était exclue.

C'était douloureux et immoral mais Sasuke ne ferait pas le choix de voir son frère derrière les barreaux. Itachi avait été prêt à tous les sacrifices et en comparaison, une vie de cavale ne semblait être qu'un moindre mal.

- Nos passeports actuels ne seront pas suffisants ?

Itachi fit non de la tête.

- Ils sont au nom de Hyûga. C'est trop dangereux, maintenant qu'Hinata est venue jusqu'ici : Madara nous mettra la main dessus où qu'on aille.

Naruto intervint :

- Attends un peu... Il doit bien y avoir une autre solution, non ?

- Il y en a bien une, oui... souffla Itachi.

Sasuke retrouva le regard de Naruto où brûlait une lueur qu'il ne connaissait pas.

- Tu n'iras pas en prison, Itachi.

Leurs yeux se quittèrent alors que Naruto continuait, les sourcils froncés de détermination.

- Laisse-moi une nuit de réflexion, ok ? Juste une nuit pour trouver une autre solution.

Une nouvelle fois, les yeux azurs regagnèrent les siens et Sasuke resta figé par toutes les émotions conflictuelles qu'il vit dedans.

- Juste une nuit.

Sasuke eut la sensation de mourir d'un océan de tristesse et il détourna le regard encore une fois.

Pourquoi la perspective de quitter cet homme lui paraissait-elle tout à coup si insupportable ?

Itachi soupira et leurs yeux se séparèrent à nouveau.

- Ok... Juste une une nuit, alors.


Itachi avait insisté pour que Sasuke ne dorme pas à la maison. Il avait donc naturellement atterri chez Naruto et n'avait pas eu la force de protester, le cœur en miettes. Toute cette histoire l'avait remué. De la venue d'Hinata quelques heures plus tôt aux révélations de son frère, il ne savait plus vraiment ce qu'il devait penser. Tout semblait si irréel qu'il se sentait vivre comme dans un rêve. Un rêve si intense que seule la douleur qu'il ressentait dans sa poitrine le raccrochait encore à la réalité.

Le silence était plombant depuis qu'ils étaient arrivés chez Naruto. Le blond semblait réfléchir, assis sur la méridienne du canapé, un verre de whisky à la main. Il avait l'air soucieux, ainsi muré au fond de ses pensées. Sasuke s'humecta les lèvres. Il n'avait même plus la force de se sentir mal-à-l'aise. Tout était devenu si étrange, ces dernières heures, comme si plus rien d'autre ne pouvait avoir d'importance.

- Vous avez une idée ?

Naruto tourna la tête vers lui alors qu'il était assis de l'autre côté du canapé en cuir blanc. Ses yeux étaient ombrageux, d'un bleu si tourmenté qu'ils ne firent que le bouleverser un peu plus. Cette tension était devenue insupportable.

- Pas encore, soupira le blond. Mais j'y travaille.

Sasuke regarda un instant dans le vide.

- Je n'ai plus envie de fuir...

Il se leva sans trop savoir pourquoi , la tête pleine de pensées contradictoires. Même le viol de Sasori ne lui donnait plus envie de fuir. Sasuke avait décidé d'affronter la vie, aussi pénible soit-elle. Il ne voulait plus être une victime. Ni celle de son ex, ni celle de Madara.

Il arriva à pas feutrés vers la cuisine ouverte où il se servit un verre d'eau et sursauta lorsqu'il sentit la présence de Naruto dans son dos. L'appartement était presque exclusivement plongé dans le noir et seule la lumière de la télévision qui tournait dans le vide permettait encore d'éclairer la pièce. Sasuke se retourna lentement, le dos coincé contre le plan de travail alors que le blond lui faisait face. Il releva lentement le menton vers lui pour tomber dans ses orbes céruléennes. Elles lui étaient exclusivement réservées, comme deux pierres précieuses qui luisaient dans la noirceur de la nuit.

Naruto fronça imperceptiblement les sourcils.

- Je trouverais une solution, Sasuke.

Le brun eut un sourire triste. Naruto était proche et il pouvait sentir la chaleur que dégageait son corps. Ses paroles le touchaient et il leva une main pour la poser sur le torse de son patron mais s'abstint finalement. C'était déplacé. Alors elle retomba mollement contre son corps.

- J'apprécie mais... souffla-t-il, parce que ce moment lui parut intime. Vous ne devriez peut-être pas vous mêler de cette histoire.

Naruto resta silencieux.

- Je veux dire... Madara. Il est dangereux et je ne voudrais pas...

Sasuke suivit la pomme d'Adam qui roula lentement dans la gorge de Naruto.

- Il ne m'arrivera rien.

Il passa de l'une à l'autre de ses pupilles dans un regard rassurant.

- Et il ne t'arrivera rien non plus. Ni à toi, ni à ton frère.

Sasuke avait le coeur lourd et les yeux emplis d'émotions. Il voulait le croire. Il voulait le croire si fort que c'en était douloureux parce qu'il ne voyait aucune sorte de solution à leur problème.

Naruto leva lentement sa main et Sasuke apprécia avec quelle douceur elle se posa à l'arrière de sa nuque. L'azur de ses yeux n'avait toujours pas quitter les siens. Ils étaient confiants et rassurants.

- Fais-moi confiance.

Sasuke sentait son cœur battre à toute vitesse dans sa poitrine. Les mots de Naruto avaient un impact si intense sur lui qu'il se sentait comme en train de chavirer. Alors il leva finalement sa main peu confiante et agrippa le t-shirt de son boss.

- Pourquoi vous faites tout ça ?

Naruto baissa les yeux un instant sur la main de Sasuke puis remonta doucement dans les siens.

- Parce que j'adore ton frère...

Il y eut un moment de latence où Sasuke bloqua. Puis contre toute attente, toute la pression des dernières heures sembla tout à coup le quitter et sa poitrine fut secouée d'un petit rire incontrôlable. Naruto étira ses lèvres à son tour.

- Quoi ? Te moque pas !

Sasuke se sentit charmé par son sourire taquin. Naruto était magnifique et incroyablement rassurant. Loin de cet enfoiré qu'il pouvait être parfois. Loin de cet homme qui lui avait parfois mené la vie dure.

- Je suis toujours convaincu que vous avez quelques penchants bipolaires !

Naruto haussa un simple sourcil sans se dépêtrer de son sourire.

- Ah vraiment ?

Sa main chaude n'avait toujours pas quitté sa nuque et celle de Sasuke agrippait toujours le t-shirt noir de Naruto. Comme s'ils étaient dans une bulle, à l'abri du reste du monde. C'était agréable et la douceur qui entourait son cœur au milieu de la panique lui faisait un bien fou.

- Vraiment, ouais.

Naruto était salvateur au milieu de toute cette pagaille et pour la première fois depuis longtemps, Sasuke ne se sentit pas seul.

- T'as peut-être raison, finalement...

Son odeur épicée l'enveloppait comme une douce couverture d'hiver.

- Vous avouez enfin ?

Sasuke laissa doucement glisser son regard des yeux azurs à ses lèvres pleines.

- Je n'ai jamais démenti.

Puis il remonta ses yeux dans ceux de Naruto. Naruto qui n'avait certainement pas manqué ce qui venait de se passer.

Sasuke déglutit, le souffle court alors que la main de Naruto glissait lentement de sa nuque jusque sur sa joue. Ses yeux intenses ne le quittaient pas.

Un vieux clip de Scorpions démarra sur la chaîne de nuit et la douce mélodie berça tranquillement la pièce. Le pouce de Naruto caressa doucement le coin de ses lèvres et Sasuke sentit comme un courant électrique lui remonter l'échine.

Il y avait cette connexion entre eux, si bien que lorsque l'autre main de Naruto rejoignit tranquillement sa taille, Sasuke se laissa faire. Et naturellement, ils se laissèrent bercer par la mélodie.

Note après note.

Pas après pas.

C'était un air nostalgique sur lequel leurs pieds bougèrent dans une lenteur millimétrée. Sasuke remonta sa main fébrile sur le torse de Naruto jusqu'à rejoindre sa nuque et l'autre la rejoignit par mimétisme. D'ici, il sentait le tranquille battement du coeur de Naruto dans sa poitrine. C'était apaisant.

Le blond ne rata pas un instant de cet échange comme s'ils se découvraient pour la première fois. C'était intime et chaque toucher ressemblait à une caresse. Les mains de Naruto sur sa taille semblaient lui consumer la peau par-dessus ses vêtements.

Ils dansèrent, tranquillement, lentement même comme s'ils étaient seuls au monde. Comme si rien de tout ça n'était jamais arrivé. Naruto baissa la tête pour rapprocher son visage du sien et ils continuèrent doucement de danser au milieu de la cuisine. Sasuke n'eut jamais l'impression de connaître de sensation plus rassurante que le souffle chaud de Naruto contre sa peau fébrile.

C'était aussi irréaliste qu'un rêve, un doux rêve cette fois-ci que Sasuke ne voulait pas se voir finir. Comme un moment qui n'arrivait qu'une fois tous les un million d'années. Le genre de moment où la réalité ne devenait qu'un doux soupçon de magie.

Les dernières notes moururent dans la pénombre, tristes et lentes... et la séparation fut douloureuse. Elle fut longue et pleine d'émotions alors qu'ils restèrent un moment l'un contre l'autre comme si ainsi, rien ne pourrait arriver. Puis lentement, ils s'éloignèrent et leurs yeux se rejoignirent une énième fois.

Naruto eut un sourire tranquille.

- Allons nous coucher.

Puis le rêve s'effrita pour la triste réalité.


Le lendemain matin annonça l'heure de la réunion de crise. Itachi se déplaça jusque chez Naruto et Hinata fut priée de les y rejoindre. L'employée de maison leur avait servi un copieux petit-déjeuner sur l'immense terrasse en bois, près de la piscine où ils s'étaient attablés.

C'était un salon de jardin en résine noir et aux coussins blancs, sobres et classe comme tout le reste de l'appartement. Chacun dans un fauteuil, ils grignotaient les différents mets posés sur la table basse entre eux. Naruto avait pris sa journée et dispensé Sasuke, évidemment. Le téléphone d'Itachi lui, ne faisait que sonner depuis plusieurs minutes. C'était Sasori qui s'étonnait de son absence au travail.

- Décroche, conseilla Naruto en se servant un verre de jus de fruits frais. Il faut agir normalement.

Itachi se renfrogna. Le soleil était déjà haut dans le ciel à cette heure-ci et la chaleur était encore douce et agréable.

- Si je décroche, je l'insulte cet enfoiré ! grommela-t-il. Il nous a mis dans la merde avec ses conneries ! Sans vouloir t'offenser Hinata...

- Ça va, le rassura-t-elle de sa douce voix. Alors... vous allez encore devoir partir ?

Sasuke eut un sourire triste en croisant le regard nacré de son amie. Ils s'étaient à peine retrouvés.

- Je crois que c'est inévitable, soupira Itachi. Notre oncle a pu surveiller tes déplacements et si c'est le cas, il ne devrait pas tarder à débarquer ici. Il faut qu'on se tire avant que ça n'arrive.

Itachi et Sasuke échangèrent un regard. Ils avaient passé une heure au moins à la briefer sur tous les tenants et aboutissants de cette histoire. Toute idée pour les sortir de là étaient bonnes à prendre et ils ne négligeaient pas l'intelligence de la jeune femme.

- Si on part en revanche, tu ne dois pas essayer de nous retrouver Hinata, ajouta Itachi, sérieux. Si Sasori a pu remonter jusqu'à toi, d'autres pourraient aussi le faire. A l'avenir, tu devras faire comme si nous n'avions jamais existé.

La jeune femme baissa un instant les yeux.

- Je comprends.

- Comment Sasori t'a retrouvée, au fait ? demanda Naruto.

Sasuke lui jeta un regard en biais. Son boss ne dépêtrait pas de sa méfiance depuis son arrivée.

- Par les réseaux sociaux, répondit-elle en soutenant le regard de Naruto. En tapant mon nom dans une barre de recherches, j'imagine.

Naruto hocha distraitement la tête.

- Et toi, comment tu as retrouvé Sasuke déjà ?

Elle s'était déjà expliquée la veille et Sasuke lança un regard interrogateur à son boss. De bonne foi, Hinata répondit doucement :

- J'ai simplement demandé à ce Sasori où je pouvais trouver Sasuke et j'ai eu ma réponse.

Naruto eut l'air pensif, mais il n'ajouta rien et il resta muet jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de nourriture sur la table.

- T'as terminé, Sasuke ? demanda Itachi en désignant son assiette vide. Allons empaqueter nos affaires.

Sasuke échangea un regard muet avec Naruto.

- Hm.

Ils allaient se lever d'un mouvement commun lorsque Naruto se redressa sur son siège, les sourcils froncés et l'air sérieux.

- Je crois que j'ai une idée.

Le silence s'installa durant lequel on n'entendit que le chant des oiseaux.

- Putain ouais, j'ai une idée !

Sasuke sentit son cœur battre sourdement dans sa poitrine alors qu'Itachi ouvrait les mains d'un geste impatient.

- Bah parle !

Sasuke fut mal-à-l'aise lorsque Naruto se tourna brusquement vers lui.

- Sasuke, quel est le critère principal d'une négociation réussie ?

Il y eut un blanc et Sasuke interrogea son frère du regard, incertain.

- Hum, je ne suis pas sûr de comprendre...

Naruto roula des yeux.

- Question simple, réponse simple. Alors ?

Sasuke se redressa au fond de son fauteuil.

- Les arguments ?

Son boss le fusilla du regard.

- C'est ça que je t'ai appris ?

Sasuke se gratta l'arrière du crâne alors qu'il ne saisissait pas du tout où voulait en venir son patron.

- Hum... la préparation ?

Naruto claqua des doigts.

- La préparation Sasuke ! Exactement ! L'anticipation !

Le moment de flottement demeura parmi les invités et Sasuke s'excusa à demi-mots de la déficience mentale de son patron.

- Vous m'aidez vraiment pas, sérieux, soupira Naruto. On va prendre une longueur d'avance sur votre cher tonton !

Hinata pouffa tandis que les deux Uchiwa levaient un sourcil dans un faciès similaire.

- J'ai du mal à te suivre, Naruto...

- Ce mec est vraiment difficile à suivre, soupira Sasuke. Depuis le temps que je le dis...

Naruto lui jeta un regard qui le fit taire mais qui arracha un sourire à Itachi.

- C'est toujours l'amour vache vous deux, hein ?

Sasuke fusilla son frère du regard alors que ses joues menaçaient de s'empourprer. Heureusement, la nuit avait apaisé les tensions et ce soleil matinal détendait un peu l'atmosphère.

- Oh, vous êtes ensemble !? demanda Hinata, le rose aux joues alors qu'elle mettait ses mains devant sa bouche. Je... Je n'ai fait que parler de Sasori et...

Itachi ricana alors que Naruto et Sasuke échangeaient un nouveau regard. Il ne dura qu'une seconde seulement pendant laquelle Sasuke se remémora leur soirée de la veille. Une seconde durant laquelle il sentit de nouveau sa présence rassurante contre lui.

- Si tu veux mon avis Hinata, ça devrait pas tarder.

Itachi hocha la tête pour appuyer ses dires.

- Personne ne veut de ton avis, le remballa Naruto. Avant de t'exposer mon idée, j'aimerais te demander un service en échange.

Itachi haussa un nouveau sourcil.

- Lequel ?

Naruto se leva en faisant signe qu'il revenait vite et disparut quelques secondes à l'intérieur de la baie vitrée pour revenir avec plusieurs blocs notes et des stylos.

- Tu as été directeur financier dans une autre vie Itachi, c'est bien ça ?

Itachi hocha la tête, incertain alors que Naruto distribuait de quoi prendre des notes à chacun d'entre eux.

- Maintenant que je sais que tu n'as pas détourné les fonds de l'entreprise familiale par gaieté de cœur, j'aimerais beaucoup t'embaucher pour que tu m'aides à retrouver l'enfoiré qui se sert dans les comptes de ma société.

Il y eut un moment de flottement et Sasuke vit une petite lueur briller dans les yeux de son frère.

- Tu m'offres un poste de directeur financier ?

Naruto haussa une épaule.

- Seulement si t'es capable de m'appeler patron toute la journée.

Un sourire amusé tressauta sur les lèvres d'Itachi et Sasuke eut un pincement au cœur.

- Itachi, on n'est même pas sûrs de pouvoir rester ici...

Naruto lui jeta un regard autoritaire.

- Justement, laissez-moi vous expliquer mon idée.

Il marqua un temps d'arrêt et Sasuke leva les yeux au ciel alors qu'il savait exactement ce qui était sur le point de se passer. Naruto avait enfilé son costume de patron maniaque du contrôle.

- Je vous prie de bien vouloir vous saisir de votre bloc pour que je puisse vous exposer mon plan. Prenez des notes et si vous avez des questions, merci d'attendre la fin de ma présentation pour me les poser.

Sasuke vit son frère chercher son regard.

- Euh, il plaisante là ?

Sasuke soupira.

– Pas le moins du monde...


Heeey ! :D

Je vous poste ce chapitre un peu plus tôt que prévu pour me faire pardonner des dernières attentes :) J'espère qu'il vous a plu et surtout ne pas vous avoir toutes perdues avec le sombre passé d'Itachi ! Vous savez enfin tout ce qui se cachait derrière leur fuite ! (Ou presque !)

Alors, des théories sur le plan de Naruto ?

Prenez soin de vous ! Prochain chapitre le Dimanche 18/04 au plus tard.

Bises !

Akane