Chapitre 14
Mista n'en pouvait plus. Ils étaient quatre dans la maison depuis le retour de Bucciarati. Il se sentait mal et attendait avec impatience le retour de ceux en mission. Il n'arrêtait pas de faire les cent pas dans l'entrée, alors que Narancia avait profité de l'absence de sa nounou pour s'amuser un peu et apprécier de ne rien faire. Bucciarati guettait leur retour par la fenêtre de la cuisine, un peu inquiet malgré toute la confiance qu'il a pour ses partenaires. Il avait reçu un message de Risotto qui lui avait raconté ce qu'il s'était passé. Il était soulagé car, malgré la bourde du membre de la Squadra, Giorno avait réussi à les sortir de cette situation. Mais il était inquiet de voir s'ils étaient blessés ou non. Quelques minutes plus tard, la voiture des garçons remontent le chemin de terre menant à la propriété. Mista se rue dehors pour les accueillir, alors que Bruno le suit, ayant de paraître calme.
Giorno sort le premier et Mista lui saute au cou, les larmes aux yeux, heureux de le revoir et qu'ils ne soient plus au nombre de quatre dans la maison. Fugo sort ensuite, aidant Abbacchio à sortir, le pauvre se tenant le poignet, ensanglanté. Cette vue inquiète rapidement Bucciarati, qui se dépêche de les rejoindre.
"- Viens Leone, commença Bucciarati. On va aller dans la chambre pour que je puisse soigner ça.
- Hmm… Je te suis… On revient, Fugo. annonce Leone à Fugo avant de suivre Bruno à l'intérieur."
Bruno monte rapidement à l'étage, très inquiet de la blessure de Abbacchio. Ils entrent dans leur chambre, Leone était bien plus calme que Bruno malgré la douleur. Bucciarati le fait asseoir sur le lit, il s'approche pour observer le poignet de Leone, ce dernier lui donne sa main découpée qu'il tenait dans sa main valide.
"- Tu penses pouvoir recoller ça ? Giorno n'est pas doué pour ça de ce qu'il a dit mais j'avais pensé que ton pouvoir pourrait m'aider…
- Tu as bien fait ! Je vais la rattacher… Ca serait douloureux mais normalement ta main pourrait récupérer toute sa motricité d'ici demain… Enfin normalement... Giorno pourra te faire les soins qu'il te faudra grâce à son stand si besoin.
- J'espère que je pourrai m'en passer… Tout ce qu'il touche finit par lui appartenir… grogne-t-il, ce qui fait rire Bruno.
- Mais non ! Tu es à moi, tu ne lui appartiendras pas, voyons ! dit-il simplement, faisant rougir Leone. De toute façon, il a Mista maintenant."
Bruno sourit à Abbacchio pour le rassurer, alors qu'il récupère la main de Leone pour la rattacher avec l'une de ses tirettes. Abbacchio se mordit la lèvre pour éviter de crier à cause de la douleur, mais une larme solitaire s'échappa des yeux d'Abbacchio, ce que vit Bucciarati. Il ne put s'empêcher de recueillir cette larme avec son doigt avant de lui sourire tendrement.
"- Voilà, c'est fini ! ajoute doucement Bruno avant de serrer légèrement la main de Leone, la levant pour y déposer un baiser sur le dos de celle-ci. Je te conseille un peu de repos, tu en as bien besoin.
- Oui… Je vais me reposer un peu, ça a été ici durant notre absence ?
- Oui, bien mieux que de votre côté apparemment… On a juste eu Mista qui nous a fait une petite syncope parce qu'on était quatre, mais rien de bien méchant. Et j'ai eu un message du chef de la Squadra qui m'a fait un rapport. Vous avez bien géré la situation. Bon boulot !
- Merci… C'était pas simple, Giorno et moi, on a bien stressé en voyant que l'ennemi avait pris Fugo pour Giorno… J'espère que c'est le seul débile de leur équipe...
- Je ne pense pas que ça recommencera, déclara Bucciarati. Il avait l'air assez énervé contre lui, donc les autres ont dû comprendre qu'ils devaient faire attention.
- Je l'espère, je n'ai pas envie de me couper une main à chaque fois ! Ca fait un mal de chien, mine de rien !
- Tu m'étonnes… Pourquoi tu t'es retrouvé avec une main en moins Leone ?
- Je devais me la couper… Il fallait que Moody Blues puisse s'enfuir avec la clé, et c'est la seule idée qui m'est venu en tête… Désolé si je t'ai inquiété avec ça…"
Bucciarati lui sourit tendrement. Il savait que son amour s'en voulait pour l'avoir inquiété, mais il ne lui en voulait pas du tout. Il savait dans quoi ils mettaient tous les pieds en rejoignant Passione, et les blessures sont leur quotidien en mission.
"- Ne culpabilise pas Leone, tout ce qui compte c'est que tu sois revenu vivant ! Repose-toi maintenant, je vais aller voir Fugo et Giorno pour le rapport, déclara Bucciarati en voyant Abbacchio lutter contre le sommeil.
- Reste…
- Je reviens juste après, je serai là à ton réveil.
- Promis ?
- Promis… Dors bien, Leone."
Le brun l'embrassa sur le front alors qu'Abbacchio venait juste de s'endormir. La mission et la blessure devaient vraiment l'avoir fatigué pour qu'il s'endorme en plein milieu de la journée, fait très rare même quand il revenait habituellement de mission.
Bruno quitte la chambre et rejoint la chambre de Narancia et Fugo, attiré par le chahut qu'ils faisaient. Fugo essayait de trainer Narancia hors de la chambre pour lui donner cours en bas, le plus âgé agissait comme un enfant et se débattait, donnant des coups de poings et coups de pieds à Fugo pour qu'il le lâche.
"- Narancia arrête de faire l'enfant ! Tu es ridicule !
- Nooon ! Fugo ! C'est mon jour de congé ! Tu étais censé rester plus longtemps en mission ! Laisse-moi tranquille !
- Laisse-le Fugo, dit Bucciarati à l'entrée de la chambre. De toute façon je dois te parler de la mission. Et tu ne vas pas donner de cours aujourd'hui, tu as besoin de te reposer. La mission a dû être éprouvante…
- Tu vois, Fugo ! Il faut que tu te reposes ! Me donner cours va t'épuiser et tu ne pourras pas bien te protéger la prochaine fois qu'on fera face à un ennemi !
- Vous vous associez contre moi, c'est nouveau…
- Ce n'est pas contre toi… C'est pour ton bien, Fugo ! Narancia, tu peux nous laisser le temps qu'il fasse son rapport ?
- Hein ? Pourquoi je ne peux pas écouter ?
- Je n'ai rien à cacher à cet idiot, Bucciarati… Il peut rester…
- Non, je veux entendre vos rapports seul à seul pour parler de la suite plus tard. Et de toute façon, il faut quelqu'un pour surveiller Trish.
- Abbacchio ne peut pas le faire ? demanda Fugo.
- Il s'est endormi. Et ne mentionne pas Giorno et Mista, je crois qu'ils ont des choses à se dire. Donc désolé Narancia.
- Pas grave Bucciarati ! De toute façon, je voulais me détendre, donc je vais le faire dans le salon ! A tout à l'heure ! déclara l'adolescent avant de partir en courant.
- Tu es trop gentil avec lui Bucciarati, annonça Fugo en soupirant alors que Bruno fermait la porte. Tu le maternes…
- Je sais. Mais je ne peux pas m'en empêcher ! Bien, et si tu me faisais ce rapport ? Plus vite fait, plus vite tranquille !"
Le blond acquiesça, et il se mit à lui raconter les événements de Pompéi. Bucciarati remarqua qu'il ne lui disait pas tout et il lui demanda ce qui le tracassait. Fugo eut un doute, mais il ne pouvait pas cacher une telle information à son supérieur direct alors il se lança.
"- Le comportement de… Illuso, je crois, était… comment dire… étrange…
- Étrange ? Pourquoi tu dis ça ?
- Et bien… Il avait l'air surpris de me voir, et … il avait l'air de ne pas savoir s'il devait s'attaquer à Giorno ou à moi…
- En effet, ça peut être étrange… Mais il a peut-être eu des ordres de son chef et il n'était pas sûr de sa cible ? Ils ne connaissent peut-être pas l'existence de Giorno. S'il a demandé de s'attaquer au blond de l'équipe, on peut comprendre les doutes de cet homme !
- Son chef est idiot de l'envoyer se battre contre moi… Je pensais que la Squadra était l'équipe la mieux renseignée sur les autres équipes… Ils sont vraiment stupides moi qui pensais que c'était des professionnels… Bande d'amateurs…
- Ce qui compte, c'est que vous soyez revenu sains et saufs… Merci d'avoir veillé sur eux…"
Fugo sourit doucement à Bruno qui lui frotte doucement son bras avant de quitter la pièce pour rejoindre Abbacchio dans leur chambre pour veiller sur le sommeil de son bien aimé.
Du côté de Giorno et de Mista, ce n'était pas la grande joie. Le blond culpabilisait d'avoir laissé Mista sans lui parler avant le départ et surtout, de l'avoir laissé dans un lieu où ils étaient quatre… Il savait que son amour n'allait pas être bien, et il l'a laissé… Mais en même temps, il ne pouvait pas laisser tomber Fugo et Abbacchio pour cette mission.
"- Mista, je.. je suis désolé…
- Ce n'est pas grave… Ca s'est bien fini, c'est le principal non ? Tu veux encore t'excuser combien de fois pour comprendre que je ne t'en veux pas… Viens là… lui sourit Mista en lui ouvrant ses bras pour que le blondinet vienne s'y lover.
- Tu es vraiment quelqu'un d'incroyable, Mista… Je suis si heureux de t'avoir rencontrer !
- Je le suis aussi, Giorno… Je t'aime…
- Moi aussi je t'aime Guido…"
Le blond embrassa son amour, avant que ce dernier ne l'attire sur le lit. Giorno se réinstalla dans les bras de Mista, allongé contre lui, et il se mit à lui caresser tendrement le visage, sous le sourire attendri du brun qui l'embrassa tendrement.
"- Tu es tellement beau Mista…
- C'est toi le plus beau de nous deux Gio'... Une oeuvre d'art vivante…"
Giovanna se mit à rougir et il tenta de cacher son visage contre le torse de Mista qui riait doucement. Ils ne bougèrent pas, voulant profiter l'un de l'autre. Le brun était actuellement l'homme le plus heureux, et il n'échangerait sa place pour rien au monde ! Ils s'endormirent dans cette position, le sourire aux lèvres.
Bucciarati s'était installé dans le lit, à côté de son amant endormi. Ce dernier s'était, pendant son sommeil, blotti contre le brun avec un soupir de contentement. Cela faisait déjà trois heures qu'Abbacchio était dans cette position, et il n'avait pas bougé. Il était bien, et Bruno n'avait pas envie de le voir s'éloigner. Bruno avait somnolé par moment, il voulait rester éveillé pour profiter du visage angélique de Leone quand il dormait.
Après un long moment à l'observer et retenir le visage de son bien aimé, ce dernier ouvre doucement les yeux, grognant avec sa voix enrouée de son sommeil.
"- Hmm…
- Coucou Leone~ Bien dormi, mon chéri~?
- Oui, merci d'avoir veillé sur moi… Il est quelle heure ?
- Il est presque seize heures… On va prendre le train de dix-huit heures ! Tu as encore le temps !
- Le train ?
- Oui, le Parrain a envoyé la prochaine étape, on doit prendre le train de dix-huit heures pour Firenze… J'ai déjà prévenu la Squadra… Ils doivent préparer leur future attaque, j'attends leur mail.
- Hmm… J'ai pas envie Bruno… Je veux dormir avec toi dans mes bras, et rester comme ça… Laissons tout tomber…
- Tu me tentes bien Leone… On fera ça quand on sera libre de Passione !
- Hmm… Faut faire ça rapidement alors… Je veux profiter de toi Bru'...
- On fera ça aussi vite que l'on peut Leone… Ca risque d'être long si le Boss nous envoie aux quatre coins de l'Italie pour ses énigmes…
- Il ne pouvait pas donner les réponses à la place ? Quelle idée il a eu…
- Que veux-tu… Aller, maintenant tu te lèves ! Je prépare nos affaires le temps que tu te rafraichisses et que tu manges un morceau. Je vais aller prévenir les autres aussi ! Ils doivent se préparer aussi après tout !"
Abbacchio sourit à son aimé, et il le laissa se lever pour sortir rapidement de la chambre. Il se rallongea et soupira : "vivement que cette histoire soit terminée", il en avait marre ! Il voulait kidnapper Bucciarati pour l'emmener loin de l'influence du Boss, là où ils pourront être heureux. Mais il savait qu'il ne serait jamais heureux et qu'il lui en voudrait éternellement d'abandonner les autres. Il soupira une nouvelle fois et il se leva pour se préparer pour le voyage.
Ils furent tous prêts pour 17 heures, heure pour laquelle ils devaient partir pour la gare et attraper le train de Firenze. Le Boss ne tolère aucun retard, et ce n'est pas le moment de se le mettre à dos !
"-Direction Firenze ! déclara Bucciarati après être monté dans la voiture."
