/ … Chapitre trente-six … /
"Batismo" - Populous
Alors comme ça j'allais passé un un temps indéfinissable à ses côtés… Non je n'avais pas accepté de protéger le porteur de l'anneau pour rester avec elle. Je l'avais fait par devoir, cette cause est juste et comme l'avait dit le seigneur Elrond, elle nous concerne tous. Les elfes quittent les rivages de la terre du milieu, mais pour l'instant mon heure n'était pas venue et je faisais partie de ce monde. Je ne sais pas au final si je suis heureux ou non de l'avoir à mes côtés pour cette épreuve, car celle-ci sera une des plus dure de notre histoire. Je risquais de la voir sombrer, je le sais. Quelle influence l'anneau aura-t-il sur elle? Devrons-nous finalement la tuer?
Cette pensée me fit tressaillir d'effroi. Comme si je réalisais finalement que tout ce que j'avais pu lui dire, et me dire, jusqu'à présent, n'avait été que mensonge. Mais maintenant j'étais glacé par la possibilité que cela devienne la réalité.
Les événements avaient pris une tournure à laquelle je ne m'attendais pas. Autant cette après-midi, qu'à cet instant précis. Ses lèvres rouges, ce port de tête digne d'une reine, la courbure de son corps si clairement identifiable dans le tissu luisant obscure. Il y avait quelque chose, autre chose, une chose que je n'ai jamais vus chez une femme jusqu'a ce soir. L'instant précis où elle a traversé la salle pour rejoindre l'étoile du soir. Sa démarche, une démarche féline, souple et galbée. J'ai laissé mes yeux descendre le long de ce corps, de sa peau matte qui paraissait si sucrée, sans pouvoir me contrôler. Ses pas si particuliers révélaient ses hanches et son corps à la perfection. Pour la première fois de ma vie, j'étais happé, perdu et complétement soumis au pouvoir d'une femme. A cet instant j'ai compris que j'avais seulement entraperçu son charisme et sa grandeur. Qu'importe les marques blanches et déformées sur sa peau, cela ne la rendait pas moins belle.
Estel m'avait longuement parlé qu'elle était différente de la gente féminine. Qu'elle avait quelque chose qu'aucune femme ne possedait. Il n'avait pas su réellement me dire, juste que sa culture était bien différente de la nôtre, plus souple, libre. Maintenant je comprenais, elle dégageait une aura féminine complètement assumée, maîtrisée, presque sauvage. Une attraction irrémédiable et écrasante. Qui n'aurait pas envie de la contempler, de la toucher, de se laisser soumettre, s'abandonner totalement à son emprise. J'ai plissé les yeux à l'idée et mon ventre se tord.
Son sourire était merveilleux, ses yeux pétillaient et les heures sombres s'étaient envolées de mon esprit. Elle avait ce pouvoir sur moi, de me faire tout oublier.
La soirée battait son plein et je n'ai eu aucune occasion de lui parler, peut-être était-ce une bonne chose. Pourrais-je seulement lui parler sans la dévorer, sans montrer une faiblesse, alors que le masque continuait de s'effriter. Glorfindel l'a invité à danser alors que je me retirais de ma propre danse, abandonnant ma cavalière d'un instant pour les regarder.
- La soirée est-elle à votre goût mon ami?
Je me suis retourné pour voir Aragorn à côté de moi. Arwen était à son bras, toujours resplendissante de beauté. Elle était ce qu'il y a de plus beau dans la beauté des elfes. De grands yeux bleus, une chevelure brune tombant en cascade dans son dos et lumière éblouissante de son âme reflétant le nom qu'elle portait.
- Cela fait longtemps que je n'étais pas venue à Rivendell, j'avais oublié à quel point cette cité était apaisante. L'air y est doux et frais comme toujours, bien loin de celle lourde de ma propre maison.
- Vous avez apporté avec vous une bien triste nouvelle Legolas.
- Oui en effet, nous avons été impuissant. C'était ma propre erreur, je me devais de l'annoncer moi-même.
- Et vous avez fait le choix de vous joindre à nous dans cette ultime quête. Je ne sais pas si votre père approuverait cela.
- Depuis longtemps mon père ne décide plus de mon destin Aragorn. Avant, son influence était forte sur moi, mais plus aujourd'hui. Beaucoup de ses décisions sont en contradiction avec mes aspirations pour l'avenir de notre peuple. Laisser les autres mener notre destin en ne faisant rien en est une.
- Et je comprends votre choix mon ami.
La musique était douce et lente et j'échappais souvent des yeux de mon ami pour la regarder danser. Elle souriait à Glorfindel d'une manière exquise, mais je voyais bien qu'il y avait juste une sincère amitié maintenant. Ils riaient ensemble comme j'aurais pu le faire avec Aragorn. La musique à changé et un son inconnu s'est diffusé dans la salle.
- Oh. Lance Arwen. "ça va devenir intéressant".
La harpe a lancé quelques notes, puis la flûte, dans une mélodie bien loin de ce qui était convenable d'entendre. Pour combler ma surprise, un léger tambour lent et un martelage de bois discret créa une atmosphère sauvage et gracieuse dans la salle. J'ai vu les danseurs se regarder avec curiosité, mais pas eux. Glorfindel a chuchoté à son oreille et elle lui a donné un regard gêné.
- Maliha et Glorfindel vont enfin danser une danse de son monde. Murmure Arwen.
- Une danse de son monde? Je demande perdu.
- Maliha a toujours dit qu'elle apprendrait les danses de son monde à Glorfindel, en contrepartie de l'apprentissage des nôtres. C'est la première fois qu'ils nous montrent un tel spectacle. Arwen pourquoi? Demande l'homme.
- Glorfindel voulait lui faire ce plaisir une fois. Dit-elle en souriant. "Cette soirée est la dernière avant votre grand départ et peut-être même une des dernières qui sera donnée à Imladris, alors il voulait lui faire cet honneur." Dit-elle en souriant.
Le tempo était lent, mais il remplissait la salle d'une tension unique, une atmosphère lourde. Cette ambiance reflétait parfaitement l'image qu'elle dégageait, suave, sauvage et sensuelle. Glorfindel s'est rapproché d'elle, posant une main dans son dos nu. J'ai avalé ma salive quand elle se colle presque à lui, passant son bras autour de son cou. Il frôle son bras libre, fait glisser ses doigts pour finalement emprisonner sa main. Leur joues étaient collées, la proximité de leurs visages presque insolente.
L'idée m'a quitté aux premiers de leur pas. Il l'entraîne dans une danse inconnue. Ils semblaient se trouver et à la fois s'éviter, collant leur joue l'un à l'autre pour se retrouver. Elle passait une jambe autour de la sienne, dévoilant d'une fente de sa robe la peau de sa cuisse. Il la presse contre lui, bloque ses pas, laisse glisser sa main sur son côté, pose son front contre le sien.
- Maliha me disait que les danses de son monde montraient beaucoup plus les sentiments que les nôtres… C'est en effet beaucoup plus intense. Murmure Arwen.
- C'est presque indécent vous voulez dire….
- Cela n'en reste pas agréable à regarder. Regarder leurs pas, c'est si expressif, on dirait qu'ils souhaitent être l'un avec l'autre sans pouvoir le faire…" Ajoute l'étoile du soir.
Il bloque une de ses jambes entre les siennes alors qu'elle lui tourne presque le dos et récupère l'autre d'une main forte. La tenant fermement son dos contre lui dans un porté élégant et gracieux. J'arrivais à peine à suivre leurs pieds, tout était parfaitement maîtrisé et je sentais encore cette complicité exaspérante. Elle passe au-dessus de sa jambe d'un pas élégant s'échappant de son emprise. Elle le regarde d'une manière si subjective, si suave en laissant passer une main sur sa joue. Et le manège continue sous le rythme lent des petites barres de bois qui s'entrechoquent et cette flûte qui les accompagne doucement. Tout ne semblait être qu'un jeu, un enchaînement compliqué de pas qui les rapprochait et la fois les éloignait. Ils revenaient dans les bras l'un de l'autre, entremêlant encore leur jambes dans les pas large. Elle fait une fente large vers l'arrière, dévoilant plus encore sa jambe nue dans un cercle envoûtant.
Oui j'ai maudit cet elfe ; plus il la touchait, plus je le voyais poser ses mains sur sa peau et plus j'avais envie de le tuer. J'ai serré mes poing à m'en faire mal, mon corps et mon âme étaient tendus. Je ne pouvais pas les lâcher des yeux un seul instant en me nourrissant de sa façon de danser avec lui.
La musique a cessé, ils se sont regardé longuement et elle rit en s'écartant de ses bras.
- Vous voilà dans une bien étrange posture, prince de Mirkwood". Murmure l'étoile du soir à mon oreille discrètement.
J'ai tourné un visage horrifié vers elle. Elle n'était pas forcément fière de ce qu'elle avait vu, je dirais juste pensive et inquiète. J'ai senti sa main sur mon bras alors qu'elle tournait les yeux vers les danseurs qui quittent maintenant la piste pour boire un verre de vin.
- Et je vous conjure de ne rien en dire madame.
- Des années que je vois votre regard Legolas et que je n'en dit aucun mot. Mais, vous devez savoir que Maliha est une de mes plus grandes amies et que je n'accepterai pas que vous lui fassiez du mal, d'une quelconque façon.
- Je ne peux vous le garantir Arwen, vous connaissez ma position et notre passé.
- Mais je peux lire votre âme.
- Sauf votre respect, mon âme ne vous concerne pas.
- Vous ne savez rien de la sienne et pourtant vous la juger.
Je me suis perdu dans les yeux bleus en face de moi. Elle n'était pas en colère, je savais qu'elle protégeait simplement son amie.
- Legolas Thranduilion, je peux lire l'amour dans vos yeux à chaque instant ou ils se posent sur elle. Je vous ai vu vous engouffrer dans ses quartiers de Lorien pour l'apaiser du poison qui la rongeait, je vous ai vu ouvrir votre âme lors de votre danse même si cela n'a été vu par personne d'autre, j'ai vu vos yeux rempli de tristesse lors de votre séparation et maintenant je vous vois la contempler comme si elle était le plus beau bijou de cette terre. Vous pouvez essayer de résister à ces sentiments, soit, faites le, mais je vous demande une seule faveur.
- Quelle est-elle madame?
- Maliha est forte en tout point, sauf en une seule chose, ses sentiments. Elle a reçu la grâce des Valars comme vous le savez. Les sentiments sont grands en elle et la transpercent, la perte, la peur, la tristesse, la colère l'entraineront dans les ténèbres si elle les croisent durant cette quête. Je souhaite seulement qu'avant de vouloir la tuer à la moindre faiblesse, et je sais que vous en serez capable n'en doutez pas, mais s'il vous plaît, avant ça protéger là.
J'ai regardé l'elfe qui implorait mon regard. Je m'étais juré de la haïr toute l'éternité, que mes sentiments ne devaient pas interférer à la tristesse de mon père. Qu'en aucun cas elle n'aura droit à mon affection, car j'ai fait le choix de les enterrer. En étais-je juste capable? Arwen avait raison, mes yeux et mon âme empestaient de ce sentiment… Aurais-je seulement le courage de la tuer? Vraiment? Sans essayer de la sauver?
- Je ne peux garantir cela madame. Cela fait bien longtemps que j'ai appris à vivre avec ces sentiments et en aucun cas ils n'interfereront envers la dignité de mon peuple.
- Dans ce cas, que les Valars vous pardonnent de refuser un tel cadeau.
Elle s'est retournée sans rien ajouter.
Non, je ne ferais rien de tel.
Comment dire, j'avais chaud. Je n'avais pas dansé comme ça avec Glorfindel depuis bien longtemps, mais nous n'avions rien perdu. J'étais dubitative, surprise même, en entendant les premières notes, mais je dois dire que oui, je me suis amusée. Oubliant tout autour de moi pour ce petit moment de complicité avec mon ami de toujours.
L'elfe m'a tendu la cape avant que je ne la passe autour de moi pour sortir prendre l'air frais de la nuit. J'ai marché le long du grand balcon, posant mes yeux sur la cascade au loin. Ce paysage était tellement beau…
- Dame Maliha?
Je me suis retournée pour voir Frodon.
- Frodon, que faites-vous ici au lieu de profiter de cette magnifique soirée avec vos amis?
- La même chose que vous je suppose, je prends l'air". Dit-il en souriant.
- Et vous avez raison. Je vous ai déjà demandé de m'appeler simplement Maliha, je ne suis pas une dame.
- Bien… Bien.
Je me suis approchée de lui en m'appuyant sur le muret.
- Vous êtes stressé n'est-ce pas? Je demande.
- Comme on peut l'être avant de partir vers la mort je suppose.
- Ne soyez pas si défaitiste, les meilleurs sont à vos côtés vous savez! Aragorn est digne d'une confiance absolue et valeureux guerrier, Gimli est le fils de Gloin que je connais pour sa ténacité. Bon je ne connais pas du tout le seigneur Boromir, mais il me semble être un grand capitaine… Inutile de vous présenter Gandalf.
- Vous connaissez l'elfe qui nous accompagne?
- Oh Legolas, oui… Fils du roi Thranduil, c'est un des meilleurs archer elfe que je connaisse, lui aussi est digne de confiance. Vous êtes plus que bien entouré Frodon, chacun d'entre nous vous protégera jusqu'à la mort.
- Je ne sais pas si cela me rassure.
- Ce qui compte c'est que nous arrivions à notre but, qu'importe les pertes, la liberté de tous les peuples est en jeu.
- Si vous êtes vraiment le titan des histoires de mon oncle Bilbon alors je sais que votre courage et votre force n'est plus à démontrer.
- Je vous protégerai comme je protégerai aussi les autres membres de cette communauté Frodon. Je suis là pour ça.
- Cela doit être dur pour vous de porter un fardeau aussi lourd?
- Pas autant que le votre je le crains.
- J'ai plein de questions à vous poser vous savez…
- J'ai tout le temps d'y répondre Frodon. Dis-je en souriant.
- Vous êtes la seule représentante de votre race car vous avez été appelé par les Valars eux-même, est-ce vrai?
- Oui ça l'ai. Ce sont les deux mages bleus qui m'ont amenée ici sous leurs directions.
On a continué longtemps à discuter et je voyais qu'il m'acceptait petit à petit. Je pouvais voir la même volonté que Bilbon, moi qui le pensais timide. En réalité, il était sûr de lui à travers ses mots. Je distinguais une force de caractère bien trempée; bien cachée derrière cette méfiance permanente. Il ne connaissait rien de moi et encore moins les erreurs de ma race… Je suis certaine que pendant notre voyage, le moment viendra ou Legolas lancera une pique cinglante et à ce moment là, je serais obligée de raconter notre histoire… Mais pas ce soir.
Il décrivit la conté, les grands champs cultivables et les maisons sous terre. Cela était particulièrement intéressant et je lui ai promis de la visiter une fois notre quête finie. Il vivait seul depuis la mort de ses parents et vivait avec Bilbon depuis. Sam était son jardinier, mais aussi son plus grand ami. Merry et Pippin ses cousins éloignés, mais j'ai perdu le fil à la description de l'arbre généalogique de la famille. Sam était visiblement timide et calme avec un caractère facile selon lui, Merry beaucoup plus rude et courageux que lui et Pippin était un zouave invétéré, un gros buveur de bière et fumeur par-dessus le marché.
J'ai à peine remarqué que la salle se vidait derrière nous et c'est Glorfindel qui m'indiqua que la fête était terminée. Ce fut une des meilleures soirées de ma vie ici et c'est le cœur beaucoup plus léger que je me suis couchée. Une nuit sans cauchemars pour une fois, calme et apaisée.
Je me suis levée tôt le matin pour aller courir le long de la cascade et admirer le lever du soleil une fois au sommet. L'air était bon et rien ne pouvait faire changer ma bonne humeur.
J'ai médité dans l'arène, savourant le vent qui passait contre mes oreilles et le son des feuilles mortes qui tombaient sur le sol. Entraîné au bâton comme Haldir me l'avait appris, sous les yeux concentrés d'Aragorn qui fumait doucement en regardant mes pas.
Il a fini par se lever, prendre un bâton et suivre les pas de la série avec moi. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas entraînée avec Estel, des années même depuis la Lorien. Nous n'avons rien dit pendant une heure ou deux, enchaînant simplement les passes fluides des elfes.
- Tu as vraiment l'endurance des elfes Maliha et je me demande si tu n'es pas supérieur à eux d'ailleurs. Dit-il essoufflé.
- Mon devoir est de ne pas lâcher Estel et pour ça je dois avoir une forme olympique.
- Une forme quoi? Dit-il en posant ses mains sur ses genoux.
- Laisse tomber…
- Non explique moi. S'il te plaît, pour une fois, explique moi.
- Une forme Olympique. Dans mon monde, il y a une grande compétition tous les quatres ans. Une compétition sportive ou tous les pays du monde se rencontrent et s'affrontent dans plusieurs disciplines. La natation, la course, la gymnastique, l'équitation, le tir à l'arc, l'escrime, et j'en passe, il y en a plus de huit-cent je crois… Alors on dit "avoir une forme olympique" en référence à ça, ça veut dire qu'il faut être prêt.
- Cette compétition doit être impressionnante.
- Elle l'est, c'est un événement mondiale!
- Ton monde à l'air si impressionnant Maliha.
- Sur certains points il l'est oui, mais pas sur d'autres.
La journée à passé lentement et les autres avec. Je passais principalement mon temps à m'entraîner ou à répertorier les affaires que j'allais prendre. Une semaine s'est écoulée avant qu'Elrond nous convoque pour déterminer le tracé de notre future route. J'ai sorti les cookies du grand four de la cuisine pour les mettre dans deux saladiers, passé le PC sous mon bras et entrepris de me diriger à la bibliothèque un biscuit à la bouche.
- Oh, donnez moi ça ma chère! Lance Gimli en courant vers moi.
- UrggMf…
- Passer moi donc un saladier au lieu de pester.
Il prit un saladier et j'ai pu manger mon cookie avec le sourire.
- Pourquoi avoir fait des gâteaux, ce n'est pas forcément l'endroit pour ça!
- Il n'y a pas d'endroit pour manger des cookies Gimli. J'espérais détendre un peu l'atmosphère lugubre que nous réservera le seigneur Elrond avec ses grandes phrases.
J'ai épousseté mon pantalon large et ma chemise en rigolant.
- Je vois très bien ce que vous voulez dire. Finalement ce n'est pas une si mauvaise idée!
Nous sommes rentrés dans la bibliothèque, j'ai salué Boromir d'une révérence discrète, ainsi que Gandalf qui dépliait des cartes sur la grande table.
- Nous n'aurons pas besoin de ça. Dis-je en posant le saladier de cookies.
- Très bien, très bien. Répond Gandalf en prenant les cartes avec ses bras.
- ça c'est une bonne idée. Lance Estel en prenant un gâteau.
- Estel je viens de poser ce foutu saladier.
- Faut dire qu'ils sont bons. Rétorque Gimli.
J'ai regardé le nain qui mangeait à son tour, Estel me lance un regard faisant un signe de tête approchant vers le nain.
- C'est vrai. Murmure Gandalf. "Une petite douceur bienvenue".
Legolas est rentré à ce moment-là avec Glorfindel qui prend à son tour un gâteau posant sa main sur mon épaule.
- Ma parole… Je murmure.
- Bien, bien! Parle Elrond en rentrant avec Frodon.
Ce n'était plus une réunion, mais un goûté à présent, j'entendais la mastication croustillante de chacun dans la bibliothèque. Mais cela me rendait heureuse…
- Maliha, la carte s'il vous plaît. Demande Elrond.
Gandalf lève un sourcil en croisant les bras. Je me suis avancé en posant la tablette transparente au centre de la table.
- Elle n'est pas complète, je n'ai pas exploré toute la terre du milieu, donc une partie est retranscrite avec les cartes que j'ai trouvées ici. Mais l'échelle et les d'altitude sont justes. "Compagnon carte s'il te plaît".
J'ai pris un cookie en voyant la tablette fondre en plusieurs morceaux qui viennent à chaque coin de la table, s'illuminent et projettent une lumière vive et colorée au centre de la table. Bientôt, l'image virtuelle de la terre du milieu était devant nous en trois dimensions. Boromir s'est collé contre le mur avec Frodon contre lui.
- Pas de danger Boromir, la culture de Maliha utilise ce genre d'objet, c'est inoffensif.
- Tout de même!
- Boromir ce n'est qu'une image, ce n'est pas réel. Dis-je en passant la main dans l'hologramme.
Le Gondorien s'est finalement approché pour passer une main à l'intérieur. Il la regardait comme absorbé.
- C'est de la magie.
- Ne comparez pas la magie avec les choses virtuelles Boromir.
- Il a raison, non ce n'est pas de la magie, juste la "technologie". Dit Gandalf en levant son doigt.
- Passons au vif du sujet. Lance Elrond. "Maliha où sommes-nous"
J'ai joint mes mains et le compagnon à fondu pour épouser le bout de mes doigts. Une fois fait, je me suis approchée pour pouvoir toucher et manipuler la carte jusqu'à zoomer sur Fondcombe.
- Ici. Dis-je en créant un pointeur rouge clignotant sur la cité.
S'en suis de lourde discussion… Parfois j'échangeais des regards avec Frodon quand Gandalf et Elrond se taquinaient gentiment.
- La trouée du Rohan serait certainement le chemin le plus facile. Murmure Gandalf.
- Surement surveillé par Saroumane. Dit Aragorn.
- Nous pourrions passer par le Haut col comme nous l'avions fait pour aller à Erebor Gandalf? Je demande en montrant le passage sur la carte.
Il trifouille sa barbe.
- Non, il doit être surveillé par les gobelins… Je pencherai plutôt pour le Nanduhirion si le passage vers le Rohan est impraticable. Maliha montrez moi le passage.
J'ai tourné mes doigts pour zoomer sur la zone. Le pique était haut, je ne connais pas ce passage.
- Les escaliers sont difficiles à atteindre, mais c'est possible.
- Nous devons favoriser la trouée du Rohan. Dit Boromir. Les hobbit ne pourront pas supporter un passage par les montagnes.
- Je suis d'accord avec le seigneur Boromir. Lance Glorfindel.
- Et pourquoi ne pas passer par la Grande Moria dans ce cas? Lance Gimli.
Ce fut le silence complet alors que je positionnais mes doigts à l'endroit indiqué par le nain. C'était en effet un passage sûr et le climat y était favorable.
- Je veux éviter la Moria aussi longtemps que possible très cher nain.
- Gandalf pourquoi donc? Je demande.
- Vous souvenez-vous de notre dernière visite des entrailles de la montagne Maliha?
- Mais il me semble que la Moria est un royaume nain…
- Vous avez entendu Gloin autant que moi… Plus aucune nouvelle n'a été donnée depuis maintenant des années et je crains que le pire soit arrivé… Je préfère ne pas prendre le risque..
Gimli à fait une mou en prenant un cookies pour se consoler en râlant dans sa barbe. Legolas s'avança pour désigner la forêt de Lorien.
- En passant par Nanduhirion nous pourrions faire une halte en Lorien pour nous reposer. Dit-il.
- Pensez-vous réellement que les portes de Caras Galadhon nous seront ouvertes avec cet anneau? Rétorque Gandalf.
- Encore une cité elfe… Peste le nain.
- Saroumane ne sait rien de cette communauté, nous devons prendre le risque de passer par le Rohan. Insiste Boromir.
- Nous serons capable de passer par les montagnes si le passage par le sud est surveillé. Lance Frodon timidement. "Les hobbits peuvent passer partout…"
- Cela est bien vrai… Murmure Gandalf en souriant.
Pour moi le passage importait peu, mais il est vrai que les hobbits auront du mal dans les montagnes surtout à cette époque de l'année….
- Maliha pouvez-vous estimer le temps que cela nous prendrait de passer par les montagnes? Demande Gandalf.
J'ai posé mes doigts sur la porte noire, le tracé passait automatiquement par le sud, mais je l'ai dévié par le chemin indiqué et la Lorien.
- Sans pause quarante-deux jours pour rejoindre la porte noire. Dis-je en montrant le tracé rouge.
- Vous pouvez rajouter dix jours dans le cas où nous ferions escale soit au Rohan soit en Lorien. Dit Elrond.
- Et cette chose ne prend pas en compte le passage difficile des montagnes. Lance Boromir en croisant les bras.
Après un ultime débat, la conclusion à été de passer par la trouée du Rohan, le chemin serait plus long, mais la route meilleures pour les hobbits. En cas d'urgence, le Nanduhirion sera l'autre passage. J'ai enregistré les itinéraires dans le compagnon et réorganiser la tablette à son simple effet.
- Il est vrai que cette carte est bien pratique, la prenez-vous avec vous Maliha? Demande Gandalf.
- Non, je ne compte pas prendre l'ordinateur, mon compagnon nous fournira une carte plus petite, mais Gandalf vous êtes une carte à vous seul." Je sourie.
- Oui, oui c'est bien vrai. Rit-il en posant une main sur mon épaule.
J'ai passé le PC sous mon bras, pris le premier saladier vide et fût coupée dans mon élan pour prendre le dernier gâteau dans le deuxième. J'ai vu passer la main claire de Legolas devant mes yeux pour récupérer le biscuit.
- Prenez-le si vous le souhaitez. Dit-il en s'arrêtant.
J'ai levé les yeux sur lui en souriant gêné.
- Non, non, allez-y seigneur Legolas, c'est mon cinquième, vous n'en avez pas eu il me semble.
Je lui ai tendu le saladier, il récupère le gâteau, me remercie de la tête avant de le porter à sa bouche et de partir simplement. J'ai récupéré le saladier avant de sortir à mon tour pour aller dans la cuisine.
- Merci.
Je me suis retournée pour croiser ses yeux bleus. Il partit sans rien ajouter d'autre et je suis restée comme une conne quelques secondes dans la rue déserte tenant le PC sous mon bras et les saladiers comme s'ils m'étaient indispensable pour vivre.
Je suis rentrée dans les cuisines, pose les saladiers et soupire en m'asseyant sur une chaise.
- ça c'est bien passé non?
J'ai vu Aragorn rentrer.
- Ma foi oui… Que fais-tu là?
- Je souhaitais te parler.
- Me parler?
Les seules fois où Estel souhaitait me parler en privée étaient pour m'annoncer de mauvaises nouvelles.
- Allons marcher un peu.
Je l'ai suivi dans les rues et nous avons rejoint les jardins sans rien dire que des banalités. Il semblait heureux et non alarmé à cet instant. Peut-être une bonne nouvelle?
- J'ai discuté avec Arwen avant hier.
- Oh…
- Elle m'a offert ceci. Dit-il en me montrant le bijou au creux de sa main.
- Estel c'est…
- Oui ça l'ai… Maliha, je ne sais pas si c'est une bonne chose.
- Elle vient de t'offrir sa vie et tu ne sais pas si c'est une bonne chose? Je rêve…
- Que va-t-elle devenir si je ne reviens pas Maliha? Elle va peut-être attendre un mort et son peuple prendre le dernier bateau sans elle.
- Ce choix lui appartient Aragorn.
- Mais peut-être est-ce le mauvais.
J'ai soupiré en le regardant. Il était piégé entre la tristesse et le bonheur, je le voyais bien. Je me suis approchée de lui pour le prendre dans mes bras. Il répond à mon étreinte doucement.
- Estel ne te refuse pas ça non plus… Tu mérites le bonheur et elle aussi. Ne l'attendrais-tu pas?
- Si je l'attendrai.
- Alors tu as ta réponse.
- Ce n'est pas si simple…
- Si nous réussissons, que tu es couronné roi ne voudrais-tu pas l'avoir comme reine? Si nous échouons, qu'importe où elle ira, le mal rongera tout sur son passage.
Il se détache de moi dans un sourire résigné.
- Tu as raison.
- Ne perd pas espoir d'accord?
- J'essaierais.
J'étais heureuse pour eux, plus que quiconque. Même si au fond de moi je savais que je n'aurai jamais le droit à un tel bonheur, le voir chez les personnes qui me sont le plus cher me remplit de joie.
- Aragorn, j'aurai moi aussi à te parler.
- Tu peux tout me dire.
- Il me faut savoir quelque chose avant de partir. C'est important et je veux que tu me répondes franchement.
- Très bien.
- Aragorn si je venais à sombrer, voir même essayer de prendre l'anneau. Que ferais tu?
Il me regarde désabusé, mais inquiet.
- Si la vraie question est: pourrais-je te tuer? Non Maliha, je ne le pourrais pas… Je ne suis pas Glorfindel, je ne pourrais jamais faire ça… Peut-être que face à l'épreuve, face au problème et aux faits accomplis… Je ne sais pas répondre Maliha… Et puis qui en aurait la force? Si ça se trouve la question n'a pas lieu d'être.
- Je vois…
- Maliha… Te crois-tu capable de faire une telle chose? Vraiment?
- Je ne sais pas, je préfère imaginer tous les scénarios possibles.
- Je ne serais pas celui qui te coupera la tête. Je ne peux pas.
Il est parti comme pour éviter le conflit… D'un côté j'étais rassurée, mais de l'autre, je voyais très bien comment la situation finirait.
J'ai regardé par le balcon, le vent était frais et caressait doucement mes bras sur la soie de mon kimono. Je regardais les elfes marcher doucement dans la lumière bleue des rues d'Imladris. Tout était calme avant cette tempête qui nous guettait.
Il devait être minuit passé et pourtant je ne trouvais pas le sommeil. J'ai serré le lien du pantalon fluide et mis des ballerines. Je me suis laissée transporter dans les rues et j'ai décidé d'aller voir le lac sous la lune pleine. Je n'ai croisé personne et c'était une bonne chose… Demain j'irai voir Arwen pour lui parler de tout ça, si elle veut bien se dévoiler à moi. J'ai atteint le lac et suis restée bouche bée devant le spectacle. La lune scintillait dans l'eau noire révélant une perspective inconnue, c'était magnifique.
Une douleur me passe dans le cœur. Peut-être que je ne profiterai plus de cette vue dans quelques mois… Fondcombe ne sera peut-être plus ma maison… Une larme à dévalé sur ma joue. J'ai passé tellement de bons moments ici, tout à une fin, je le sais, mais je ne voulais pas que ça s'arrête… C'était ma maison, ma seule maison… Depuis l'instant où Arwen m'avait montré cette chambre, c'était chez moi.
Si jamais nous devions échouer, l'anneau de retour au doigt de son maître, je me jure de combattre jusqu'à mon dernier souffle. Au moins j'aurai une raison de vivre… Je me suis fait violence à cette pensée. Je sais qu'Aragorn acceptera que je reste à ses côtés, ou même les nains… Mais je n'aurai plus ma place aux côtés des elfes. J'ai fait le choix de rester ici et non d'aller sur les terres immortelles. J'assumerai ce choix…
Si je venais à sombrer… C'était la dernière éventualité… Non, je ne veux pas me battre aux côtés du mal. J'ai vu passer devant mes yeux les images que m'avait montré le miroir et j'ai eu un frisson de terreur. Je voyais encore clairement les yeux d'Estel, ceux de Gimli, parce que c'était bien lui finalement, et ceux de Legolas… Non, je ne finirais pas comme ça, plutôt mourir.
Je suis rentrée déterminée, défiant la lune des yeux, je savais ce que j'avais à faire.
Une semaine plus tard, j'ai préparé mon sac. Demandé à Lindir de me faire des balles et à Arwen, de me couper les cheveux.. Ce qui ne s'est absolument pas vu être une chose simple…
- Non Maliha je ne ferai pas ça! Tu veux ressembler à un homme.
- Si ce n'est pas toi qui le fait, je le ferai moi-même. Ou pire, je demanderai à Gimli de le faire sur le chemin…
Elle pousse un soupir, résignée.
- Laisse-les au moins arriver en dessous de ton épaule.
- A ras alors…
- Maliha.
- Tu as déjà gagné cinq centimètres, tu devrais être heureuse…
- D'accord très bien…
Elle a pris les ciseaux et a coupé juste au niveau de ma clavicule. J'allais enfin pouvoir respirer… Oui ils étaient beaux, arrivant au milieu de mon dos, permettant de faire de jolies tresses et de jolis chignons haut comme je les aime. Mais le temps était à la guerre et les tresses à la guerre, j'ai donné… Je voyais bien dans le miroir qu'elle était triste à chaque coup de ciseaux…
- Arwen, les cheveux ça repousse…
- Je sais…
- Ou… il y a quelque chose que tu ne me dis pas mon amie?
Elle soupire, passant le peigne pour égaliser la coupe.
- Mon père n'approuve pas ma décision…
- C'était à prévoir.
- Je le ferai même s'il n'approuve pas Maliha.
- Je sais et pour moi tu as raison.
- Enfin quelqu'un de mon côté…
- Je serai toujours de ton côté.
Elle me sourit.
- Mes frères resteront eux aussi jusqu'à ce que ce soit terminé, ils tiennent à venir en aide comme ils peuvent.
- Elladan et Elrohir ont toujours beaucoup donné de leur personne, ça ne m'étonne pas non plus.
- Promets moi que tu feras attention Maliha.
- Je te le promets.
J'ai hésité et puis finalement après une semaine je me suis lancée.
- Estel m'a dit que tu lui avait offert ton bijou, enfin je veux dire ta vie…
Elle reste sans voix et rougissante.
- Oui…
- Alors dis moi, aurais-tu finalement offert officiellement ton coeur?
- Oui je l'ai fait…
Un long silence.
- Et?
- Et quoi?
- Et bien quoi c'est tout? Tu lui as juste offert ce bijou et c'est tout?
Elle détourne les yeux alors que je lève la tête.
- Ne bouge pas. Me dit-elle.
- Arwen ne fait pas l'enfant, nous allons rester loin l'une de l'autre pendant peut-être plusieurs mois, sans rien pouvoir nous dire et tu ne veux même pas m'avouer que vous vous êtes embrassés malgré ça?
Elle s'est arrêtée.
- Il te l'a dit.?
- Non personne ne m'a rien dit… Je suis loin d'être bête et loin d'être prude.
- Oui Maliha nous l'avons fait.
- Alors? C'était comment? As-tu aimé?
- Pourquoi faut-il toujours que tu rentres dans le détail…
- Parce que c'est le plus intéressant! Dis-je tout sourire. Alors raconte! Je veux tout savoir!
Elle a finalement craqué et m'a raconté son premier baiser avec élégance. C'était comme dans un compte de fée. J'étais tellement heureuse pour elle et ils le méritaient tellement. Ensemble on pouvait voir l'amour dans leurs yeux et c'était grisant. Elle avait donné son immortalité pour vivre et mourir à ses côtés. Nos positions étaient les exactes opposées, mais j'en avais que faire, elle était heureuse… Ma meilleure amie était heureuse et c'est tout ce qui compte à mes yeux pour l'instant.
- Je vais demander à Legolas de me tuer si je perds le contrôle Arwen.
Je n'ai plus entendu les ciseaux et je n'osais pas lever les yeux sur le miroir. Elle avait donné sa vie à l'amour et j'avais décidé que le mien retirerai ma vie.
- C'est la seule personne qui le fera.
- Estel…
- Ne fera rien… Dis-je dure. Il m'a dit qu'il en serait incapable, alors autant choisir la personne qui le souhaite depuis toujours et qui saura s'en charger avec plaisir.
- Crois-tu vraiment que tu perdras face à lui?
- Arwen je vais passer deux mois à côté de l'objet le plus maléfique de ce monde, je ne peux pas croire que cette éventualité puisse être impossible.
J'ai finalement levé les yeux. Elle avait un visage fermé et triste, mais je lisais qu'elle comprenait ma réflexion.
- Je crois que tu as fait le bon choix dans ce cas.
- Je le crois aussi. Pour une fois nous sommes d'accord le concernant…
Elle sourit.
Comment dire, Glorfindel m'a regardé de travers avec cette coupe… Non, je n'ai pas vu un visage d'horreur, mais… Il a cligné des yeux, longtemps... Estel eu la même réaction… A croire que les cheveux cours pour une femme était un blasphème… J'étais plutôt contente, avec une raie sur le côté, ils partaient dans de larges boucles, encadrant mon visage d'une manière aérée. Que demander de plus, facile à attacher, facile à coiffer, terminé les longues tresses qui tappe le dos et danse devant vos yeux dans les pirouettes. Non, j'étais très satisfaite du résultat… Et c'était pas si court que ça…
C'est la tête et l'esprit léger que je suis sortie de mes appartement ce jour là. Flânant dans les rues en chantant pour rejoindre Lindir aux forges. Il m'avait préparé un petit stock de balles toutes neuves et impeccables, affûté Laureline dans les règles de l'art et réparé le cuir des fourreaux.
Je suis allée tirer quelques balles sur le terrain d'entraînement, histoire de me remettre à la page, mais j'étais quand même beaucoup plus efficace avec une lame… Mais Lindir voulait vérifier que tout allait bien et en effet, tout allait bien. Après tant d'années, jamais elles ne m'avaient fait faux bon, légères et précises, c'étaient des armes d'exceptions. J'ai souri en regardant le bois finement gravé sur les crosses, me rappelant mes premiers jours ici à Fondcombe.
Tout me rendait nostalgique… La première fois que je suis partie, en compagnie des nains, je n'avais pas cette impression. Cette impression que tout aura changé à mon retour… La notion même de retour me semblait lointaine, nos chances de réussite étaient si infimes… Plus les jours défilaient et plus cela me semblait impossible, mon coeur plus vite à chaque soleil qui se levait. Quand j'ai essayé ma tenue de voyage chez les couturières, l'adrénaline coulait déjà dans mes veines.
Elles avaient réalisé principalement des pulls, col roulés, chaud, près du corps, léger, mais résistant. D'après Arwen il m'en faudra trois, un pour les voyages, confortable et léger, un pour la montage, chaud et doux, et un pour la guerre, manche courte et robuste. J'avais un kimono épais sans manches, fermé par une large ceinture de cuir. Un bustier pour la guerre, protéger ma poitrine et mon cou, fait de cuir et d'acier finement gravé, et des cache épaules dans le même genre. Trois leggings et une paire de bottes toute neuve, montant jusqu'au genoux, chaude avec un léger talon.
Je n'avais pas vraiment beaucoup de choses à mettre dans mon sac, le poney qui accompagnait à l'origine Estel et les hobbit en venant ici, nous suivrait et beaucoup lui était déjà confié. La nourriture et le couchage seraient la priorité. Un sac pour moi donc… De la lingerie de rechange, mes pulls, mes leggins, un savon, ma brosse à dent (et la poudre qui va avec), brosse à cheveux, cape, bustier, épaulettes d'acier… Franchement, combien de valises aurais-je pris pour un tel voyage il y a quatre-vingt-cinq ans? J'ai souris à cette pensée en prenant une chemise blanche (inutile), la roule et la met dans le sac avant de le fermer.
Le temps filait à toute allure, Bilbon était tendu, ainsi que Gloin, car ils allaient voir partir ceux qui leur étaient chers, leur famille… Les repas étaient de plus en plus calme et tendu, Frodon ne parlait que rarement en dehors de son cercle. Aragorn filait un mauvais coton en fumant, regardant le poney d'un air inquiet, Boromir lustrait son épée en faisant semblant, Gandalf regardait encore et encore les cartes dans tous les sens, parcourant en long et en large la terrasse avec Elrond… Bref, tendu… Et moi, et moi, ben j'attendais patiemment que l'heure vienne…
Et le dernier jour est arrivé…
J'ai rejoint Estel pour préparer les sacs, faire l'inventaire avec les elfes de la nourriture… La journée a été bien remplie et mes dernières heures à Fondcombe ne m'ont parue assez longues. Vers la fin de l'après-midi, quand j'ai sortie mes vêtements de voyage, caressé le pull vert foncé fin, passe mes doigts sur le kimono plus foncé et plus lourd, brodé sur les bordures, senti l'odeur du cuir de la large ceinture, je me suis dit que, voilà c'était le début… Le début de ma véritable mission.
Arwen m'a tressé les cheveux, juste deux larges tresses qui couraient de chaque côté de mon crâne se rejoignant dans un chignon solide au niveau de ma nuque.
- Ton visage sera dégagé comme ça, je peux te garantir que cela tiendra le temps qu'il faut…
- Du moins jusqu'à ce que je les lave…
- Il faudra que tu demande à un elfe de te les tresser de cette façon si tu veux qu'ils tiennent de nouveau.
J'ai fait une grimace.
- Tu les as voulu courts!
- Je sais faire ce genre de tresse. Bon je n'ai pas la magie des elfes. De toute façon, ils sont cours, même si ça ne tient pas, ils ne me gêneront pas comme avant et le brossage sera infiniment plus simple, Valars quel plaisir…
- Oui oui, nous verrons…
- On ne dit plus rien, je le vois regarder mon sac avec tristesse.
- As-tu parlé à Estel?
- Non pas encore.
- Prenez le temps.
- C'est ce que je souhaiterai aussi. As-tu vu Glorfindel?
- Non, je comptais le voir ce soir, après le repas.
- Je vois, il était tendu aujourd'hui.
- Oui j'ai remarqué. Il ne m'a presque pas décroché un mot ce matin. Je soupire. "Il ne devrait pas être si inquiet".
- Nous sommes tous inquiets.
- Je sais, mais tout ira bien, je veux y croire.
Elle a souri en regardant Laureline qui brillait contre la chaise.
- Tu as raison, et le grand savoir faire des elfes t'accompagne avec espoir.
- Oui… Dis-je dans un sourire.
Le dernier repas était plutôt joyeux. Merry et Pippin chantèrent, ramenant le sourire à Frodon. Bilbon s'est même prêté à nous conter des histoires dans la salle du feu et pour la première fois de ma vie j'ai entendu la voix claire de Glorfindel. J'étais contre lui, sentant vibrer sa poitrine dans la chanson si douce, il parlait des temps anciens, où les elfes avaient donné vie aux arbres, où la lumière était née et les premier né découvrait la terre.
A l'heure du coucher, je suis restée quelques instants avec Glorfindel au coin du feu. On regardait tous deux les flammes sans rien pouvoir dire. Ma gorge était tordue et sèche.
- Tu devrais aller te coucher Maliha. Dit-il finalement.
Je n'ai rien dit, je n'avais pas envi de répondre, seulement que le temps s'arrête. Ne pas penser à demain et aux jours qui suivent.
- Maliha?
- Hummf
Aller. Dit-il encore en me poussant légèrement.
- M'attendras-tu?
Il soupire.
- Cette question est idiote. Bien sûr que je t'attendrais.
- Merci…
- Merci à toi Maliha.
Je lève des yeux curieux sur lui.
- D'avoir accepté ce contrat.
- Ouai, encore heureux. Dis-je en rigolant. Non, tu n'as pas à me remercier, je fais ce qui est juste.
- Aller, au lit!
Je me suis levée et l'ai suivi dans les rues de Rivendell. J'ai examiné chaque pierre comme si c'était la première fois. Me nourrissant des détails de chacune, pour finalement arriver devant ma porte.
- Que ta nuit sa douce Maliha.
- A toi aussi mon ami.
Il me montra sa main et j'en fait de même en le quittant. Ferme la porte derrière moi et contemple le silence avant la tempête…
Impossible de m'endormir, je suis restée longtemps encore à regarder par le balcon, serrant la cape autour de moi. Soupirer, réfléchir, soupirer, constater, supposer, soupirer, m'énerver… J'ai mis mes ballerines… J'avais une seule perceptive en tête, le trouver. Il y avait certaines choses que je devais savoir, que je devais lui dire avant qu'il ne se retrouve à mes côtés pour deux mois. Alors avec un peu d'espoir, je me suis engouffrée dans les rues.
Après plusieurs minutes fraîches de recherche, je l'ai trouvé dans les jardins. Il regardait la cascade en bordure de la falaise les bras croisés. Je l'ai vu tourner la tête vers moi alors que je m'avançais.
- Vous devriez dormir.
J'ai fait une grimace dans son dos. ça partait plutôt mal.
- Je n'arrive pas à dormir et j'ai deux mots à vous dire.
- Bonne nuit.
- Très drôle… Dis-je en arrivant à ses côtés.
J'ai respiré l'air frais et humide en croisant les bras à mon tour, contemplant le beau paysage hivernal. Je devais me lancer maintenant, ou je n'en aurai plus le courage.
- Je crois que si nous devons passer deux mois ensemble, il serait bien de nous entendre.
- Je ne pense pas que ce soit très utile.
J'ai observé son profil sous la lune en serrant mes bras autour de moi. Il était beau, ça c'était une certitude. Mais cette voix si glaciale…
- Je crois que ça le serait… Les hobbits sont suffisamment inquiets pour y ajouter nos différents.
- Alors nous ne nous parlerons pas, cela règle le problème.
Il était si sûr de lui…
- Allez-vous vraiment continuer à me traiter comme si je les avais tué de mes propres mains Legolas?
Je le vois froncer les sourcils et serrer sa main sur son bras.
- Vous possédez la même faiblesse, alors oui.
J'ai détourné les yeux pour les perdre encore sur l'eau qui tombait violemment sur les rochers… Mon sang bouillonnait comme cette eau, mais je ne voulais pas me battre avec lui. S'il le disait, alors non il ne m'adressera pas la moindre parole pendant plus d'un mois. Mon cœur tire en sentant son regard contre ma joue. Alors autant lui dire maintenant tout ce que je souhaitais lui dire depuis de longues années, comme ça j'aurai épuisé mon quota de mots…
- Je vais dire une chose que j'ai toujours voulu vous dire Legolas. Dis-je en regardant l'eau. Je suis désolée… Je suis désolée de vous faire subir ma présence. Si j'étais à votre place je ne sais pas comment je réagirais… Lors de notre première rencontre je ne savais rien du passé de mes prédécesseurs, j'ai tenu tête à votre père alors que je ne savais rien, j'en suis désolée.
Il ne répond pas, mais me regarde avec ce regard glacial et empoisonné. Soupire et continue avec mon autre réflexion…
- Deuxième chose, je ferai tout pour ne pas sombrer, je vous l'ai déjà dit, je préfère mourir plutôt que de le laisser me prendre. J'ai soupiré encore, réfléchissant à chacun des mots que j'allais prononcer sous son regard. "Contrairement à Estel, vous ne tremblerez pas, vous ne vous poserez pas de questions, Il n'y aura aucune hésitation, alors je vous donne la permission de me tuer si je sombre Legolas Trandhuillion. Je vous offre le droit de retirer ma vie et sachez que je me laisserai faire si je ne ressens aucun moyen de le repousser. Ce sera ma seule demande envers vous".
Glorfindel ne sera pas là… Estel n'osera jamais le faire, il me l'a dit lui-même… Gandalf essaiera par tous les moyens de me garder dans la lumière. Mais je sais comment c'est, je sais que petit à petit il garde précieusement une partie de mon âme. Un peu plus à chaque fois que je la laisse faire, alors même Gandalf ne pourra rien faire pour me ramener. Il faudra que ma dernière lueur de conscience soit utilisée pour me mettre à genoux face à mon bourreau et que celui-ci n'hésite pas une seconde. Et qui était le meilleur bourreau de cette compagnie? L'être à côté de moi, car seul lui souhaite ma mort, comme on souhaite que le soleil se lève.
Il me regarde encore de haut en bas, sa poitrine se lève doucement alors que son visage s'adoucit alors qu'il se tourne légèrement vers moi.
- Pourquoi me demander ça? Il demande en plissant les yeux.
- Contrairement à ce que vous pensez, je sais ce que je suis et je connais le danger que je représente. Je sais aussi que je devrais l'utiliser et la laisser me prendre.
- Pourquoi? Demande-t-il encore, en colère, dépliant ses bras pour me faire face.
- Pour ne pas avoir peur.
Il soupire en se détournant, reprenant simplement la position du départ. Il semble réfléchir et c'était la dernière chose à laquelle je m'attendais…
Qu'importe les moments que nous avions vécu avant qu'il ne le sache, qu'importe les moments qui c'étaient égarés entre nous seulement quelque instant après. Qu'importe lui avoir sauvé la vie, qu'importe si je l'aimais, je lui demandais la seule chose qu'il puisse m'offrir…
- Vous avez ma parole, fille d'Illuviné. Dit-il sans me regarder.
J'ai souri doucement pour moi et soupire de soulagement… Étais-je simplement soulagé? Ou bien triste… J'ai encore esquissé un sourire sous cette réflexion… Je me suis retournée doucement et posé une main sur son bras. Je n'ai pas regardé son visage, juste ma main une demie seconde avant de la retirer. Sentir le tissu chaud sous mes doigts.
- Merci. Dis-je en le quittant.
Oui, j'allais mourir. Mourir de la main de l'homme que j'aimais et c'est le plus beau cadeau pour un cœur qui, de toute manière, finira brisé.
OOO
Todum: Saison 3 - épisode 36, mazette quel suspense ! (La fille se sens plus)
J'espère que ça vous a plus, j'ai eu du mal à écrire ce chapitre. Les "entre-deux" sont toujours compliqués pour moi… Mais bon, moi je dis, (grosse annonce) l'échiquier est en place, attention à la suite, ça va envoyer!
ça va être long, lent et prenant (j'espère), une dégustation agréable, faire durer le plaisir jusqu'au dernier mot. De l'orcs, de l'action, des pleurs, du sang, de l'amitié, de l'amour, What else…
Oui, oui, je suis de bonne humeur… ^^
caro-hearts : Et tu sais que je suis trop heureuse d'avoir lu ton commentaire. Et que dire du /"je vais te tuer" à "je veux te tuer mais je me contrôle"/, (j'ai ri comme une conne en le lisant, mon chat m'a regardé "louche", comme d'habitude…) ouai il y a du progrès, mais, c'est pas gagné… Héhé on verra ^^.
Merci beaucoup d'avoir écrit en tout cas, et de suivre toujours l'histoire, merci merci! 3
Cordialement.
La bise
