/ … Chapitre trente-sept … /

"Red Sun" - Big Wild


Il faut serrer…

J'ai grincé des dents en serrant l'une des trois brides de la ceinture. Elle était là pour soutenir mon dos, englober le haut de ma taille et une partie de ma poitrine, épousant les formes de ma poitrine dans une armature solide, parce que si je devais courir, autant soulager mes muscles. Fixer le lourd fourreau de Laureline dans mes reins et soupirer une fois la tâche terminée. J'ai replacé le kimono qui tombait à mi cuisse, le passant correctement sous Laureline. J'étais bien, confortable dans le pull blanc tout doux sur ma peau et protégé par le kimono épais doublé d'une fine fourure à l'intérieur. Il montait sous mes oreilles, protégeant mon cou du froid.

Il faisait encore nuit… L'hiver est bien en place et seul les Valars savent à quel point je n'aime pas le froid. Mais nous allions descendre le long des montagnes et même si cela serait une épreuve pour moi, je ne pouvais que sourire en pensant que j'allais pouvoir poser mes yeux sur la neige sans limite. C'était tellement beau et imaginaire pour moi la neige. J'ai laissé la cape dans mon sac en regardant le ciel depuis le balcon. Pas un seul nuage dans le ciel, la journée allait être agréable…

J'ai fermé la porte sans me retourner… Pourquoi devrais-je… Mon retour sera probablement un nouveau départ, un départ pour une nouvelle vie ailleurs… Si je revenais bien entendu. J'ai parcouru les rues silencieuses, les elfes allaient dans la même direction que moi, mais leurs pas étaient inaudibles comme d'habitude. L'air froid s'est engouffré dans mes cheveux en arrivant devant les escaliers de la terrasse. Ils étaient déjà presque tous là, j'ai croisé les yeux de l'elfes qui me dévisageait en descendant les marches. Lui fait un signe de tête respectueux, qu'il ne me rend pas…

J'ai salué Boromir qui me rend un sourire. Gandalf qui soupire, les hobbits qui perdaient leur yeux sur la lame dans mes reins, Gimli qui peste déjà contre Legolas et ne me voit même pas…

- Maliha, ton sac. Me demande Aragorn, tenant le poney par la bride.

- Bonjour Estel. Dis-je en lui tendant.

- Bonjour, comment était ta nuit?

- Agitée…

- Tout comme la mienne…

J'ai vu ses yeux tristes et son teint pâle.

- Estel, tout va bien?

- Non… Mais je ne veux pas en parler.

J'ai froncé les sourcils, prête à engager le conflit, mais Elrond est arrivé à cet instant. J'ai croisé les yeux d'Arwen à côté de lui, elle aussi avait un visage triste au-delà des mots. J'ai tourné mon visage pour dévisager Aragorn d'un regard dur. Il baisse les yeux automatiquement. Il crachera le morceau tôt ou tard…

Glorfindel est venue à côté de moi et me prend dans ses bras… Surprenant…

- Fait attention Maliha, prends le temps de méditer, ne la laisse pas te prendre et reviens moi…

Il avait déballé ses paroles en quelques secondes, comme on déroulait une check list… J'ai serré mes bras autour de lui, remplit mes narines de son odeur en fermant les yeux.

- Attend moi Glorfindel, si je reviens c'est que tu auras eu raison de me faire confiance… Si je ne reviens pas c'est, soyons honnête, c'est que je serais morte dignement. Je ne reproduirai pas ce qu'ils ont fait, tu as ma parole…

Il quitte mes bras et caresse ma joue.

- Quel que soit le futur, tu es mon premier ami sur cette terre Glorfindel et ça je ne l'oublierai jamais.

- Je ne t'oublierai jamais non plus Maliha, mais je suis certain de te revoir.

- Alors nous verrons… Inchallah comme on dit chez moi.

- Quoi?

- Si Dieu le veut Glorfindel, si Dieu le veut…Dis-je en m'éloignant de lui pour aller vers Arwen.

Elrond me salue, que je lui rend en s'avançant vers Arwen.

- Tes yeux sont bien tristes Arwen.

- Ce n'est rien, la tristesse de vous voir partir…

- Nous nous reverrons je l'espère.

- Je l'espère aussi, sois prudente Maliha.

- Je le serai.

- Prends soin de toi Arwen et ne perds jamais espoir. Dis-je en la quittant. "Arwen, je prendrais soin de lui, tu as ma parole".

Aragorn me lance un sourire quand je reviens à ses côtés.

- Vous voici donc tous les dix sur le grand départ de notre destiné à tous. Rien ne vous tient enraciné à cette mission. Vous êtes libres de vous arrêter où vous le souhaitez et aucune rigueur ne vous en sera tenue.

J'ai vu Glorfindel se tenant fièrement à côté de lui, il me fait un signe de tête.

- Maliha, fille d'Illuvine, puisse vos forces protéger cette compagnie. Mais tout comme eux, rien ne vous oblige à aller au-delà de ce que vous souhaitez.

- Oui mon seigneur, je ferai de mon mieux. Dis-je en faisant un signe de main.

- Que la grâce des Valars vous accompagne tous et vous ouvre les chemins de la lumière.

Il y eut un faible silence.

- La communauté attend le porteur de l'anneau. Lance Gandalf en choquant son bâton sur le sol.

Frodon a marché doucement vers lui et la communauté a suivi. Un dernier regard à Glorfindel qui me fait le signe d'adieu que je lui rend. Le même à Arwen et à Elrond avant que je ne suive Estel et le poney à l'arrière du groupe.


Nous avons pris la même route que pour aller en Lorien. J'ai admiré les montagnes et leurs manteaux blanc. C'était tellement beau et imaginaire… Tout le monde était silencieux, même les hobbits, Frodon marchait avec Gandalf, Boromir derrière eux, Gimli, Legolas et enfin Estel et moi qui fermons la marche.

- Vas-tu me parler? Je demande à l'homme.

- Pas encore Maliha… Laisse moi un peu de répis…

- Très bien, tu sais que tu peux toujours compter sur moi Aragorn.

- Je sais Maliha… Dit-il en baissant la tête.

Je l'ai abandonné pour remonter vers l'avant en trottant. J'ai passé Legolas et le nain.

- Déjà si pressée madame? Lance Gimli.

- Maliha Gimli, Maliha! Dis-je en ne ralentissant pas.

J'ai rejoint Gandalf et Frodon.

- Oh, Maliha?

- Je voulais passer un peu de temps avec vous. Dis-je souriant.

- Vous paressez enjoué dame Maliha. Lance Frodon avec un sourire.

- Oui, j'aime voir les montagnes, elles me rendent toujours heureuse.

- Et pourquoi donc? Demande le hobbit.

- Chez-moi la neige n'existe plus… Alors c'est toujours un agréable moment quand je peux contempler les monts enneigés.

J'ai encore parlé longtemps avec Frodon, principalement de mon monde. Il était très curieux, alors je lui décrit les grands déserts brûlants, les grandes pleine, les plus hautes montagnes, et ce qu'étaient autrefois l'Arctique et l'Antarctique… Essayant de décrire les images que j'avais vu dans les magazines et les livres d'histoire…

- Vous parlez comme si ce temps était passé depuis longtemps? Dit-il.

Je me suis tut… Laissant mes yeux se poser sur le sol enherbé. Je ne voulais pas encore raconter ça… Je voulais seulement décrire mon monde comme il devrait être… Alors j'ai changé de sujet, et commencé à parler des coutumes bizarres des hobbits… Bien entendu je les connaissais déjà depuis longtemps, ayant passé beaucoup de temps avec Bilbon. Mais Frodon avait une manière différente de raconter, quelque chose de beaucoup plus "moderne".

La première journée est passée vite, nous nous étions arrêtés pour manger et repartir jusqu'au couché du soleil. Les hobbits étaient épuisés. Aragorn et Legolas ont pris la première nuit de garde. J'ai eu beaucoup de mal à m'endormir avec les ronflements perpétuels du nain, mais la nuit dernière avait été courte…


Le lendemain et les jours suivants ont été maussades, il pleuvait et le vent était glacial. Je serrais la cape autour de moi, même si mes vêtements étaient chauds, le vent s'engouffrait dans mon cou et la capuche de fourrure dégoulinante de pluie n'arrangeait pas les choses. La marche était compliquée et éprouvante pour les hobbits, je les voyais peiner et trébucher souvent sur la pierre mouillée.

Heureusement, en longeant les montagnes, nous passions par deux rivières, l'eau était glaciale, mais j'ai pu au moins en profiter pour me laver et prendre soin de moi. Je sais pertinemment que les voyages sont durs et je béni les rivières…

Ce soir-là, après une semaine de marche, je suis rentrée au camp les cheveux lavés et propres, mais complètement gelée… Heureusement le feu était là, ça n'a pas empêché Estel de se moquer avec un rire délicat.

- Au lieu de rire, pourrais-tu faire mes tresses? Dis-je en lui tendant le peigne.

- Je ne suis pas la meilleure personne pour ça tu sais Maliha.

Je l'ai regardé, passant encore la petite serviette dans mes cheveux.

- Je peux le faire si vous le souhaitez? Dit Sam timidement.

Je l'ai regardé incrédule.

- J'ai… J'ai de nombreuses cousines et… Je sais faire les tresses que vous aviez madame.

- Et bien Sam, me voilà bien étonné! Lance Merry.

- Je souhaite juste me rendre utile!

- ça va, ça va personne ne dit que tu souhaites faire la cour à dame Maliha. Rétorque Pippin en riant.

- Pardon?!

- Volontier Sam. Dis-je pour couper court.

Il envoi un regard noir à l'autre hobbit en se levant pour passer derrière moi.

- Votre peigne madame?

- Pas de "madame" avec moi Sam. Dis-je en lui tendant.

Je le sens passer le peigne délicatement dans mes cheveux courts. Il était très prudent, ce qui était agréable. La soirée était tranquille, j'entendais la pluie derrière nous et le vent s'engouffrer dans les rochers, mais le feu réchauffait mon cœur. Estel fumait tranquillement, de même que Gimli, Pippin et Gandalf. Legolas regardait dehors comme à son habitude, Boromir affutait son épée en chantonnant.

- Bilbon nous a dit que vous aviez été appelé par les Valars et que vous viviez dans un monde bien différent du nôtre… Commence Pippin d'un coup.

- Je crois que beaucoup de personnes lui ont déjà posé des questions Pippin… Rétorque Frodon.

- Oui, mais je n'étais pas là pour entendre sa réponse!

J'ai rit doucement.

- C'est bon Frodon, cela ne me gêne pas vraiment.

- Ah, tu vois!

Il soupira de résignation.

- Posez votre question Pippin. Dis-je.

- Est-il différent d'ici?

- A une époque c'était pas bien différent non, mais c'était il y a bien longtemps. Mon monde a progressé très vite.

- Progresser?

- Notre technologie est très supérieure à la vôtre.

- Et je suppose que vous voulez parler de la chose à votre poignet? Lance le nain en lâchant une bouché de fumée dans l'air.

- En effet.

- Y a-t-il certaines choses qui vous manquent? Demande Merry.

J'ai levé les yeux, cherchant dans mon esprit la réponse en affichant un fin sourire aux souvenirs qui m'envahissaient. Boromir c'était stoppé et Legolas est venue s'asseoir à côté de lui… J'ai bien compris que beaucoup se posait des questions sur mon cas…

- Ma famille, mes amis aussi bien entendu, mon travail parfois, mon appartement, mon chat…

- Que faisiez-vous? Demande Pippin d'un coup très excité.

- J'étais ingénieur mécanique d'armement, je concevais des armes en gros.

- Vous fabriquez des armes? Lance Boromir.

- Non, je les créais. Enfin je veux dire, je devais inventer, dessiner si vous voulez et m'assurer que cela marcherait une fois fabriqué.

Ils étaient tous silencieux.

- Maliha dessine sur une grande plaque de verre. C'est elle qui a dessiné la lame qu'elle porte. Cette plaque de verre donne presque vie à l'objet, elle montre sa création aux forgeront eux disent s'ils peuvent le faire ou non.

- Oh je vois, alors vous dessiner des épées! S'exclame Pippin.

- Ici oui… Chez moi, pas vraiment, c'était des armes plus sophistiquées.

- Maliha ne peut pas trop parler de ces choses là Mr Touque, l'écart entre nos deux monde est trop grand. Lance le magicien.

- Oh… Lance le hobbit déçu.

- Si votre façon de vivre est si différente, il y a beaucoup d'autres choses qui doivent vous manquer hormis votre famille et vos amis, non? Demande Boromir.

- Ah ça! Je vous le fais pas dire!

Sam a terminé mes tresses et s'assoie à côté de moi après que je l'ai remercié.

- Raconter nous. Dit-il.

- La nourriture par exemple, la nourriture ça doit être une des choses qui me manque le plus. Le café, mon dieu le café…

- Café? Demande Frodon.

- Le café a les mêmes effets qu'un thé. Mais je trouve le café beaucoup plus efficace qu'un thé tout de même. On le fabrique avec les graines d'une plante qui vient d'un pays lointain ou il fait très chaud. On brûle légèrement les graines avant de les moudres finement. On fait infuser ça dans de l'eau très chaude, ça donne un liquide marron très foncé. Ça a un goût très fort, corsé et puissant qui me manque beaucoup. ça et aussi la nourriture des autres pays. Chez moi il est très facile de se déplacer, nous avons des moyens très rapide pour parcourir des milliers de kilomètres en quelques heures. Mon monde est très riche culturellement, il y a plus de sept milles langue vous savez, des centaines de croyances et de divinités différentes ce qui donne des millions de chose à découvrir. Et chaque culture à une façon bien à elle de cuisiner, ça me manque beaucoup… Les sushi, les ramens, un bon tajine, les galettes, les épices, certains légumes, la pâtisserie,… Non, en vérité il y a beaucoup trop de choses qui me manquent… Je voyageais beaucoup à travers le monde chez moi, j'adorais me perdre dans des jungles, découvrir des temples, des châteaux antiques, les pyramides, passer des heures dans les musées à comprendre les civilisations éteintes… Mais aussi des choses simples comme aller au cinéma, au théâtre, aller aux courses automobiles, la plongée, aller voir un concert, écouter des vinyles chez moi avec un bon verre de vin, les festivals, conduire, sauter en parachute…

Je me suis perdu dans mes souvenirs, laissant défiler les images dans ma tête et les convertir en mots… En regardant le feu, j'ai laissé ma voix s'éteindre doucement, remplit soudainement par un sentiment de nostalgie. J'ai dû détourner les yeux quelques instants, sentant les larmes monter dans ma gorge. Je n'étais pas tombée dans mes souvenirs depuis longtemps…

- Pardonnez-nous Maliha… Nous n'avions pas l'intention de vous attrister. Murmure Pippin.

- Non, non, c'est juste que je n'avais pas pensé à ça depuis longtemps. Dis-je en souriant. "Je suis heureuse de garder ces souvenirs et peut-être qu'un jour je vivrais la même chose ici… Je suis immortelle après tout…"

- Etiez-vous mariée?

- Pippin! Lance Estel.

J'ai senti mon ventre faire un tour à la question, avant de reprendre mon sang froid.

- ça va Estel, ça va, je suis assez à l'aise avec le sujet. Non Pippin, je ne suis pas mariée.

- Avez-vous trouvé l'amour ici? J'ai remarqué que vous êtes assez proche de cet elfe… Heu…

- Glorfindel. Dis-je. "Non le seigneur Glorfindel est simplement un ami cher, c'est le premier elfe que j'ai rencontré ici lors de mon arrivée, il m'a été d'une aide et d'une écoute inestimable.

- Avez-vous trouvé l'amour alors? Demande document Sam le sourire aux lèvres.

J'étais à mon aise avec la question de Pippin, mais celle-ci… J'ai senti la partie de mon cœur silencieuse battre au fond de moi. Pourquoi devrais-je nier, ou même la cacher. Signifier que l'on aimait ne voulait pas dire qui?

- Non Sam, du moins je ne sais pas, peut-être… Et vous?

Il rougit d'un coup en ne disant rien.

- Allez Sam, tout le monde sait que tu en pince pour Rosie! Lance Merry.

- Quoi c'est pas vrai?! Rétorque Pippin.

J'entends Frodon rire avec Gandalf.

- Rosie. Dis-je, "voyez-vous ça".

- Rose Chaumine, on l'appelle Rosie, c'est une hobbit très prisée". Ajoute Merry.

- Et comment est cette Rosie? Je demande en prenant ma pipe à mon tour.

- Vous verrez ça, de belles boucles blondes, un sourire magnifique, elle fait des tartes à tomber et quand elle danse… Murmure Sam.

- Sam ne l'a jamais invitée à danser. Dit Frodon

- Beaucoup trop timide. Ajoute Merry avec un signe de tête.

J'ai rit en les voyant tous se chamailler. La soirée s'est finie ainsi, dans la bonne humeur. Mon "peut-être" était passé inaperçu et cela me comblait…


Je suis restée de veille avec Estel. J'entendais déjà les ronflements bruyants de Gimli. Legolas s'était isolé pour méditer, faisant sa nuit à sa façon. Le son des gouttes était fort et le vent s'était encore intensifié.

- La marche sera dure demain… Dit Estel.

- Oui… J'espère que cela ne va pas trop épuiser les hobbits…

- Tu m'en a parlé une fois… Un amour à sens unique, n'est-ce pas?

- Estel…

- Tu as joué les entremetteuses avec mon propre amour, ne crois pas que je vais te laisser filer.

J'ai soupiré en prenant une bouffée de fumée.

- Oui Estel, et cet amour est impossible.

- C'est un mortel?

- Non…

- Alors pourquoi celui-ci est impossible Maliha, si c'est un elfe, je ne vois pas pourquoi tu n'aurai pas ta chance.

- Impossible et à sens unique Estel…

- Le sais-tu seulement lui as tu avoué tes sentiments?

- Non, je n'en ai pas besoin…

- Mais comment peux-tu être sûr, c'est pas comme si…

J'ai vu ses yeux s'agrandir.

- Tu as été rapide pour comprendre on dirait…

Il ne dit rien, me regardant juste avec le visage tendu.

- Je suis désolé…

- ça va Estel je ne veux pas de ta pitié, ça fait des années maintenant, je m'y suis faite. C'est la vie…

- Arwen…

- Oui elle le sait et rabâche que je ne devrais pas perdre espoir, mais tu le connais mieux que personne, non? Toi tu le vois comme moi, à quel point sa haine et son dégoût son puissant et éternel.

- Oui.

Il y eut un long silence tendu… On fumait juste tous les deux en regardant la pluie. J'ai senti le poids du secret lâcher un peu plus mes épaules. Aragorn était comme un frère pour moi.

- Es-tu prêt à me le dire Estel?

Il soupire.

- J'ai eu une entrevue avec Elrond avant notre départ… Maliha, Arwen prendra le dernier bateau pour Valinor.

- Quoi?

- Il ne veut pas la laisser ici… Il dit qu'il 'y a plus d'espoir, que la bas son amour restera vivace.

- C'est n'importe quoi.

- Maliha, notre réussite est si mince, si ta fille avait le choix d'en réchapper, ne ferais-tu pas la même chose?

- C'est à Arwen de faire le choix, pas à Elrond, même si c'est son père. Qu'as-tu dit à Arwen.

- Que ce n'était qu'un rêve.

- Tu l'as laissé partir? Tu lui a demandé de partir?

- Je n'avais pas le choix, Maliha, je ne supporterai pas de mourir en sachant qu'elle a tout quitté pour moi.

- Encore une fois ce n'est pas toi d'en décider!

- Elle va naviguer Maliha….

J'ai senti la colère remplir mes veines… Comment peut-on décider d'un destin à la place de quelqu'un d'autre? Cette idée m'était tellement familière…

- Alors tu n'es pas si différent de lui.

Il ne dit rien en soupirant.

- Vous jugez sans savoir ce que l'on a dans le cœur. Décidez des décisions que nous devons prendre à notre place. Quand apprendrez-vous que nous n'avons besoin de vous pour avoir des envies et connaître nos limites?

- Maliha je t'en pris.

- As-tu autant perdu espoir que ça Estel.

- Non Maliha… Je veux juste la voir heureuse et toi aussi.

- Elle ne sera heureuse qu'à tes côtés. Ne le vois-tu pas? L'amour quel à pour toi?

- Si, et le même coule dans mes veines.

- Sache qu'elle ne partira pas Aragorn, jamais elle ne perdra espoir.

Nous n'avons pas échangé unn mot de plus, ou simplement mentionné la route du lendemain. Arwen ne m'avait rien dit, sans doute parce qu'elle ne partira pas de toute façon. Si j'étais à sa place… Non je ne partirai pas, impossible, impensable…


Le soleil s'est levé au petit matin encore sous un ciel gris et pluvieux… J'ai marché en fin de file, Aragorn était venue me tenir compagnie. Je n'étais pas en colère contre lui, il voulait seulement la protéger, et je pouvais lire sa propre douleur. Si les Valars les regardaient, puissent-ils les aider…

La semaine a défilé comme l'autre, sous la pluie et le vent… Je commençais à en avoir marre de cette pluie glaciale, mes vêtements étaient humide et malgré le tissu elfique, c'était inconfortable à force. Les hobbits étaient de plus en plus maussades et silencieux et j'ai remarqué que Frodon avait de plus en plus de mal à dormir. Lors de mes soirées de veille, je le voyais tourné et viré sur sa couverture. Il se réveillait parfois en respirant fort. Gandalf me disait que l'anneau le pesait de plus en plus et que cela n'allait certainement pas s'arranger en s'approchant du Mordor.

Sam ne le lâchait pas d'une semelle, toujours à s'inquiéter de lui. Gimli râlait encore et encore que nous aurions dû passer par la Moria, mais chaque fois Gandalf l'envoyait paître… Boromir était proche de Merry et Pippin les entraînant à l'épée lors des pauses de midi. Legolas passait son temps à regarder l'horizon et à se disputer avec le nain pour des banalités, cela amenait souvent la communauté à rire de bon cœur.

- Arrêtons-nous ici pour la nuit. Lance Gandalf en indiquant un abri dans la roche.

- Avec cette pluie nous pouvons faire un feu et les vents sont forts.

Sam à préparer le repas en silence, pestant de temps en temps que le pain était mou et les légumes humides. Estel est venue s'asseoir à côté de moi et pousse un soupir en récupérant sa pipe. J'ai regardé chaque membre de la communauté, tous étaient fatigués et lassés du vent et de la pluie. J'ai cherché Legolas des yeux mais il n'était pas là, je me suis retournée pour le voir dehors sous un petit arbre à regarder l'horizon bouché les bras croisés. Comme il l'avait dit, nous n'avions pas échangé un seul mot en deux semaines…

- Que croit-il pouvoir voir dans cette purée… Je murmure.

- Il est inquiet. Répond Estel en allumant le tabac.

- Inquiet?

- Il pense que nous sommes surveillés et je crois qu'il a raison, Legolas se trompe rarement.

- C'est un elfe, il le ressent de toute façon… Dis-je en prenant l'assiette que me tendait Sam.

J'ai regardé l'assiette de Legolas, pose la mienne et la saisi. Je me suis simplement dit qu'un effort serait bien. De faire un petit effort pour faire passer un peu mieux la cohabitation… Je ne compte pas l'éviter pendant deux mois.

Je me suis approchée, protégeant l'assiette avec ma cape des gouttes d'eau qui martelaient le sol. Il a tourné son visage, faisant comprendre qu'il m'avait entendu et me place à côté de lui.

- Légumes et viande séchées. Dis-je en tendant l'assiette qu'il prend. "Aragorn dit que vous êtes inquiet mon seigneur."

Il me foudroie du regard alors que je lui tend la fourchette et mon cœur loupe un battement de tristesse.

- Je souhaitais juste savoir s'il y a de quoi s'alarmer. Dis-je en fronçant les sourcils.

Il récupère l'objet rapidement et je suis partie sans attendre de réponse, comprenant parfaitement que j'avais encore eu l'erreur de me croire en terrain neutre…

- Pas pour l'instant.

Je me suis retournée, il était toujours en face de l'horizon.

- Pardon?

- Vous avez demandé si nous étions en danger, je vous réponds, pas pour l'instant, mais bientôt.

- Je vois… Je veillerai avec vous cette nuit dans ce cas.

Je n'ai pas attendu de réponse en revenant au camp, soupire de lassitude et mange en silence. Estel me lance un regard interrogatif.

- Toujours aussi aimable… Mais selon ses mots "pas de danger pour l'instant, mais bientôt", je reste de veille ce soir Estel, repose toi cette nuit.

- Vous n'avez pas l'air de bien vous entendre avec l'elfe? Lance Sam.

J'ai soupiré en posant mon assiette…

- Nous avons quelques… différent en effet.

- De toute façon les elfes sont des créatures incompréhensibles, je me demande comment vous avez fait pour vivre toutes ces années avec eux… Vous auriez dû vivre dans les mines Maliha. Lance le nain en mâchant son pain.

- Je suis immortelle… Alors je suppose que vivre avec les elfes est plus pratique Gimli…

- Et vous êtes en froid seulement avec le seigneur Legolas? Demande Frodon.

J'ai senti la panique prendre mon ventre. J'ai attendu quelques secondes en hésitant. Devrais-je simplement le dire maintenant? Tout serait sans doute beaucoup plus simple…

- Il faut dire que Maliha était avec les nains lors de leur traversée de la forêt noire lors de leur périple jusqu'à Erebor, les elfes n'aiment pas que l'on pénètre dans sur leurs terres. Lance Gandalf.

Je lui ai envoyé un regard de remerciement.

- Sa colère semble beaucoup plus importante qu'un simple désaccord diplomatique. Lance Boromir.

- Il y a… Je commence. "Il y a de vieilles tensions entre mon prédécesseur et les elfes de Mirkwood, les elfes n'oublient pas facilement".

- Comment voudriez-vous que l'on oublie les cadavres morts de sa main?

Mon sang s'est glacé. J'ai vu son bras passer à côté de moi alors qu'il déposait l'assiette maintenant vide. Je suis restée complètement figée… Le moment était donc finalement arrivé…

- Si vous voulez tout savoir Frodon, et je pense qu'il serait bon que vous sachiez qui est à vos côtés. Vous êtes ici accompagné d'un membre de la race qui a assassiné la moitié de notre armée lors de la dernière grande guerre au lieu de la protéger, armée qui comprenait mon grand-père et ma mère, tous deux morts de la main d'Eriador fil d'Illuvine. Notre route passera certainement par les marais des morts, vous pourrez alors contempler son œuvre et vous la vôtre Maliha.

- Legolas ceci n'est pas l'œuvre de Maliha, vous ne pouvez pas l'accuser seulement pour ce qu'elle est… Lance Aragorn.

- Comment est-ce arrivé? Demande Frodon complètement paniqué.

- Les titans sont dotés d'une force incommensurable, trop de pouvoir les mène simplement à la folie.

- Vous ne savez rien… Je murmure en détournant les yeux vers le sol.

- J'en connais juste les conséquences et cela me suffit amplement, par deux fois vos ancêtres sont venus et par deux fois leur force les ont poussé au massacre. Le niez-vous?

- Je ne nie rien Legolas…

Je me suis levée, incapable de rester plus longtemps. J'avais beaucoup trop honte et pas la force d'affronter ça.

- J'essaie juste de vivre avec et de faire en sorte de ne pas faire les mêmes erreurs… Dis-je finalement avant de passer la capuche sur ma tête.

- Maliha… Murmure Aragorn en me tendant la main.

- Je vais faire un tour dans les environs…

Je me suis perdu au milieu des rochers sous la pluie battante et le vent qui sifflait à n'en plus pouvoir. Je n'ai même pas réfléchi à vrai dire, pourquoi le ferais-je de toute façon? Ce qui devait-être dit a été dit, au moins maintenant il n'y a plus de secret. Et Frodon ne me regardera plus comme avant. Il aura certainement peur de l'influence que l'anneau pourra avoir sur moi. Qu'importe j'avais demandé à Legolas de faire ce qui devra être fait si c'est en effet le cas.


Après quelques heures à gambader autour du camp sur plusieurs kilomètres, une sensation s'est incrustée dans mon esprit. Ce n'était pas un danger, mais plutôt une gêne… Je me suis sentie observée et plus le temps défilait et plus la sensation était présente. Je suis rentrée tranquillement au camp après un bon cercle de surveillance. Le feu était toujours allumé faiblement et tout le monde profondément endormi autour. J'ai souri en voyant les hobbits les uns contre les autres, Frodon avait l'air paisible et calme pour une fois.

J'ai trouvé Legolas sous le même arbre que tout à l'heure et je me suis dirigée vers lui résignée… Il n'a pas bougé alors que je me plaçais à côté de lui.

- Je l'ai sentie en allant un peu plus vers le sud…

Il ne dit rien, continuant à regarder droit devant lui les bras croisés.

- Je ne pense pas que ce soit dangereux, mais je me suis sentie observée.

Pas de réaction… J'ai soupiré en croisant les bras pour regarder dans la même direction que lui. Nous sommes restés comme ça, lui et moi à regarder la nuit avec inquiétude sans un mot, sans un regard, sans rien d'autre que l'ignorance et la haine… Le sentiment s'intensifiait heures après heures et même au lever du soleil je pouvais encore le sentir. Heureusement la pluie avait cessé et le soleil à percé les nuages qui passaient à grande vitesse au-dessus de nous.

Estel est venu nous rejoindre à petite foulée.

- Maliha, Legolas, comment était la nuit?

- Calme, mais Estel je pense qu'il y a quelque chose. Dis-je.

Il regarde Legolas.

- Nous sommes surveillés. Pour ses premier mots…

- Orcs?

- Non, autre chose. Lance L'elfe en descendant du rocher. "Il faut bouger mon ami."

- Nous partirons après avoir mangé un peu.

Legolas lui fait un signe de respect avant de partir vers le groupe. Estel se tourne vers moi avec un sourire triste. Je lui tourne le dos en regardant le lever du soleil.

- Ne t'en fais pas trop Maliha… Dit-il en posant une main sur mon épaule. "Et je ne crois pas que Frodon te juge pour quelque chose que tu n'as pas fait…"

Je soupire en regardant mes pieds.

- "ça n'a pas d'importance de toute façon Estel, je suis juste là pour vous protéger."

- Maliha.

- ça va je te dis, je suis heureuse comme ça, ne t'inquiète pas pour moi d'accord".

Je lui fait un sourire en rejoignant à mon tour le camp.

J'ai mangé un bout de pain, évitant le regard des autres. La nuit avait été fatigante et je n'avais aucune envie de me prendre la tête avec des histoires pareilles. Legolas disait que nous étions surveillés… Donc il y a beaucoup plus important à l'heure qu'il est.


Nous avons repris la route sous les nuages rapides et le vent doux. Le soleil réchauffait un peu mon cœur. Je suis restée à l'arrière surveillant les environs avec Legolas. Je me sentais observé de plus en plus, m'arrêtant souvent pour regarder l'horizon à la recherche de je ne sais pas quoi, mais pourtant c'était là, j'en suis certaine. Legolas était aussi tendu que moi. Il partait parfois des heures explorer les environs et revenait en faisant un signe de tête qu'il n'avait rien vu.

- Toujours rien je suppose? Lance le nain.

- Non Gimli, rien. Répond l'elfe.

- Pfff, de bon yeux qu'ils disent.

- Les miens portent déjà un peu plus haut que les vôtres.

- Baliverne!

- Du calme Gimli. Ce n'est pas la taille qui compte" Dis-je à son oreille dans un sourire.

Le nain explose de rire et Legolas nous dévisage en fronçant les sourcils.

- Ah, je vous aime bien jeune fille! Une force brute, du caractère, et un bon sens de l'humour douteux, vous feriez une bonne femme naine!

- Oula, ne vous engagez pas trop maître nain, elle mettrait une belle pagaille dans vos mines! Cris Estel au début de la file indienne.

Nous étions maintenant aux pieds des montagnes, elles nous regardaient avec défit avec leur sommets blanc. Il devait être seize heures quand nous nous sommes arrêtés pour manger. Je commençais vraiment à être fatiguée, mais Gandalf à dit que nous devrions continuer à marcher durant la nuit pour éviter d'être vu. J'ai mâché mon bout de viande en regardant le soleil décliner à l'horizon. Legolas était perché sur un rocher comme à son habitude, mais il tenait son arc contre sa poitrine. Mes nerfs se sont tendus. J'ai regardé à gauche, à droite en sentant les frissons passer dans mon dos.

Je n'ai pas vraiment réfléchi en arrivant à côté de l'elfe.

- Legolas, il y a quelque chose… Dis-je en avalant ma salive.

- Je sais.

Les autres bavardaient tranquillement en finissant de se reposer pour la marche nocturne. Estel regardait les hobbit faire les zouaves avec Boromir, Frodon était avec Gandalf qui fumait sa pipe et Gimli affutait sa hache.

- Je vais voir. Dis-je en partant vers l'avant.

Legolas arrêta mon bras d'un geste sec.

- Ne bougez pas. Dit-il en plissant les yeux. "Regardez"

Il pointe l'horizon et j'ai distingué une masse noire au loin. Je n'ai pas des yeux d'elfes, et je ne voyais qu'un nuage plus noir que les autres. La main de l'elfe serre encore mon bras.

- Legolas? J'entend Estel derrière.

- C'est juste un petit nuage. Lance le nain.

- Rapide quand même et contre le vent qui plus est. Dit Boromir en reprenant son souffle.

Il serre encore ses doigts me faisant presque mal.

- Des crébains, des espions de Saroumane! Dit-il finalement en hurlant.

- Cachez-vous! Lance Gandalf en se levant d'un bon.

J'ai distingué les oiseaux, mais je n'ai pas eu le temps de regarder plus. L'elfe m'a entraîné avec lui pour descendre du rocher, s'arrêtant en regardant autour de lui.

- Là! Dis-je en désignant un buisson contre un grand rocher.

Il me lâche et je le suit vers l'arbuste, s'engouffre et je fais de même derrière lui. Nous nous retrouvons côte à côte à regarder le ciel à travers les branches denses. Épaule contre épaule, je sentais les frissons encore parcourir mon dos alors que je commençais à entendre leur cris. C'était des créatures noires, des corbeaux presque sans plume, des bêtes comme sortie des enfers… Ils sont arrivés sur notre position et on commencé à tourner autour de nous. Je me suis instinctivement baissé plus bas en posant ma main sur la cuisse de l'elfe à ma gauche.

Me reculant brusquement, je le sens me retenir fortement alors que je partais en arrière.

- Ne bougez pas. Dit-il dans un murmure alors que ma main était de nouveau sur sa cuisse et mon visage à quelque centimètre du sien.

J'ai détourné les yeux, regardant encore les oiseaux noirs qui hurlaient en tournant au-dessus du camp.

- Nous ont-ils vu? Je murmure à son oreille.

- Peut-être pas, mais ils ont vu le feu…

- Tsss, nous ne pourrons pas passer par le sud…

Ils se sont éloignés dans la direction par laquelle ils étaient venus… Tout est devenu silencieux autour de nous et l'air pesant alors que je sentais le tissu du leggin de Legolas sous ma main. J'ai vu Gandalf sortir et j'ai fait un bond en avant pour sortir de là, poussant un soupir de soulagement.

- Maliha, une carte s'il vous plaît. Demande le magicien.

- Le passage par le sud doit-être surveillé. Dit Aragorn.

- Oui très certainement.

- C'est ce que nous craignions. Lance Estel en venant vers nous rejoint par Legolas.

- Je peux lancer un drone pour aller voir. Dis-je.

- Cela prendrait trop de temps Maliha. Dit Estel.

J'ai affiché la carte via le compagnon, nous étions encore loin du sud… Très loin en effet…

- C'est le col? Demande Gandalf.

- Oui.

- Alors nous prendrons par le Caradhras. Dit-il en s'éloignant.

J'ai rangé l'objet qui dégouline autour de mon poignet avant de contempler les montagnes. L'ascension sera longue et rude …


OOO


Ce chapitre est plus court que les autres, je sais… Sorry…

J'espère que ça ira et que la lecture aura été bonne :)

La bise