/ … Chapitre trente-huit … /
"When the Night Comes" - Fakear
Les oiseaux passaient encore et encore sur nous… Nous marchions principalement de nuit pour éviter leurs yeux, mais au fond de moi je sais très bien que cela ne sert à rien, ils nous observent depuis longtemps. Nous dormions généralement à tour de rôle durant la journée et une longue durant la fin de la nuit pour les hobbits, mais même pour moi le rythme était dur. Estel connaissait une route pour monter jusqu'au Caradhras, une route ancienne et délabrée, depuis longtemps inutilisée.
Le vent était revenu et le ciel était voilé durant la journée, un soleil rouge descendait doucement le soir, projetant les ombres violettes sur le flanc des montagnes. Je trouvais ça beau, malgré la tension dans mes veines… Les nuages passent vite entre les étoiles nous laissant aucun moment de répit et je voyais bien les hobbits de plus en plus épuisés. Aragorn nous guidait sous la lune et je me tenais derrière Frodon plus nerveuse que jamais l'aidant à gravir la roche friable et noire. Je lançais parfois des coups d'œil à l'elfe en fin de file, il regardait à droite et à gauche. Je sais qu'il le sent autant que moi… Ce regard permanent sur nous…
Nous nous sommes arrêtés vers deux heures du matin, les hobbit étaient crevés… Estel m'a rejoint sur le bloc de pierre pour regarder les montagnes.
- La route est dégagée…. Nous pourrions être vu et je n'aime pas ça.. Dit-il.
- Je crois que le mal est déjà fait mon ami. Legolas est tendu, tu le vois tout comme moi… Crois-tu que nous aurions dû passer par une autre route?
- Je ne sais pas, l'autre route possible…
- Je n'en pense aucun bien vous le savez… Fini Gandalf en s'asseyant à côté de nous. "Il faut continuer, se débarrasser du chemin à travers les montagnes le plus vite possible."
- Gimli avait peut-être raison Gandalf. Le vent, le froid et….
- Nous n'en parlerons pas! Pas encore… Dit-il en soupirant…
J'ai échangé un regard triste avec Estel qui soupire à son tour.
- Moi non plus Maliha je ne souhaite pas en parler… Je connais cette route…
Le lendemain matin, quand nous sommes reparties Aragorn restait avec Gandalf, il semblait que le route dans les mines de la Moria se faisait de plus en plus réaliste et possible… Après tout, le vent s'était de nouveau levé, un vent qui vous glaçait le sang… Il tournoyait autour de nous comme pour nous engloutir, on ne s'entendait plus parler, nous devions hurler dans les bourrasques et c'était épuisant. Pour ne pas arranger les choses, une fois au sommet de notre première pente, les flocons sont apparus. Le vent s'était légèrement calmé entre les deux montagnes, mais il faisait encore plus froid.
- Je n'aime la neige que quand je suis bien au chaud sous ma couette. Lance Sam en rabattant la cape autour de lui.
J'ai tendu la main pour sentir le contact doux des flocons. Bientôt le chapeau de Gandalf en était rempli et le paysage devint blanc dans un décort de brouillard.
- C'est ce que je craignais… Murmure le magicien.
- Que voulez-vous dire? Je demande en resserrant la cap autour de moi.
- La neige commence à tomber fort et c'est une chose rare. Je ne suis pas sûr Maliha…
- Cela pourrait-être une manigance de l'ennemi. Lâche Boromir en mettant le bouclier fortement sur son épaule.
Il marchait avec Estel en discutant.
- Son bras se serait bien allongé. Rétorque Aragorn.
Les deux hommes nous dépassent et Gandalf me renvoie un regard dur.
- Son bras s'est allongé… Il murmure en reprenant la marche.
C'était maintenant une tempête et on ne voyait pas à trois mètres. Tout le monde peinait. Le blizzart s'engouffrait partout et la neige arrivait maintenant à mes hanches. Gandalf et Aragorn devant traçaient la route tant bien que mal, mais je distinguait à peine le chapeau du magicien. Le chemin était étroit et seule l'abîme nous attendait d'un côté et l'autre n'était qu'un mur de roche glacial. Mes oreilles étaient gelées, et le vent sifflait dans mes tympans. Parfois je crus entendre une voix, le ciel craquait au-dessus de nous. On entendait les roches s'écraser et tomber des falaises.
- Un abri! Cria Sam en claquant des dents.
J'ai suivi sa main pour désigner le flanc de la falaise. Legolas courut à côté de nous pour aller voir. L'elfe marchait sur la neige sans aucune gène et j'ai vu Gimli pester devant moi en brandissant sa hache de mécontentement.
- Je lui couperai bien les jambes!
Il fit un signe de main au loin pour nous indiquer de venir nous abriter. C'était une petite caverne à l'abri du vent, pas très profonde mais suffisamment grande pour nous tous et même pouvoir faire un feu. J'ai récupéré les hobbits, les sortant du sentier de neige qui arrive au niveau de leur cou. Frodon m'offre un regard exténué.
- Ne vous en faites pas, nous allons faire un bon feu et vous pourrez tous vous réchauffer. Dis-je dans un sourire.
- Oui vous avez raison. Il me répond.
- Vous pourriez-vous fondre dans le paysage avec vos cheveux blanc Maliha! Lance Pippin alors que je hisse sur la pierre.
- Ah, ah, c'est vrai. Dites à Sam de préparer une bonne soupe.
Une fois au sec, Estel entreprend de faire un petit feu pour nous réchauffer. Gandalf époussète son chapeau et Gimli sa barbe maintenant blanche de givre. Je me suis tenue au bord de l'ouverture, regardant les flocons qui tombaient presque à l'horizontal par le vent si fort qui venait de revenir. Le temps changeait trop soudainement, rien de cela n'était normal et que dire de la voix… Une voix sombre, transporté par l'air qui sifflait entre les pierres. Quand il me semblait mettre la main dessus, je la perdais pour ensuite la retrouver derrière moi dans une autre roche. Elle nous entourait et je ne savais même pas si c'était réel. Legolas m'a rejoint, lui aussi semblait écouter avec inquiétude alors qu'il fronçait les sourcils.
- Il faut faire quelque chose. J'entend Boromir derrière nous. "La neige atteindra bientôt nos têtes…"
J'ai perdu mes yeux sur les quatre hobbits, les uns contre les autres à greloter en face du feu timide et jaune.
- Donnez-leur ça. Dit Gandalf en tendant une gourde. "Mais juste une gorgée! C'est du Miruvor, ça va leur donner des forces"
Ils se sont passés la petite gourde les uns après les autres et j'ai cru voir leur couleur changer, leurs joues devenir plus roses.
- Maliha il faut que tu dormes ce soir. Murmure Aragorn en arrivant vers moi.
Ses traits sont tirés, lui aussi est fatigué et épuisé par le temps. Il connaît cette route, mais selon ses dires de cette nuit, jamais il n'avait vu le Caradhras aussi déchainé…
- Je vais plutôt méditer, cela fait trois semaines que je ne l'ai pas fait. Dis-je.
- Bien dans ce cas va-y je vais monter la garde avec Legolas.
- Je peux le faire seul Aragorn, vous devez vous reposer. Répond l'elfe.
Estel soupire.
- Je suis d'accord avec lui, tu dois garder tes forces. Si Boromir à raison, alors demain la route sera encore plus dure.
Je me suis écartée un peu du groupe en m'asseyant en tailleur face à la neige. J'ai laissé le liquide glacé rentré dans mes oreilles et le vide me prit. Plus aucun son ne me parvient, enfermé dans ma bulle de calme et de froid. J'ai inspiré profondément, cherchant la quiétude du vide.
Quand j'ai émergé le ciel était noir devant moi, les flocons passaient toujours aussi rapidement devant moi dans la faible lumière du feu. Combien de temps je m'étais égaré dans la méditation? Je me suis retournée pour voir le groupe endormi derrière moi. Le liquide est descendu de mes oreilles et le bruit fracassant à repris, beaucoup plus fort qu'avant visiblement. J'ai attardé mes yeux dans l'ombre de la nuit, le chuchottement était toujours là…
Je me suis levée douloureusement, ils dormaient tous profondément maintenant à la chaleur du feu. Legolas était toujours en face de l'entrée de notre abri serrant son arc contre lui. Il m'a regardé faire sans rien dire et lui affiche un air blasé pour lui signifier de stopper ce regard médisant.
- Le soleil va se lever. Dit-il.
Je n'ai pas répondu en allant m'installer au pied du feu. Notre relation ne pouvait pas être pire à présent. Des regards de haine, des paroles sans importance. En même temps je lui rendais bien, je ne pouvais pas ignorer ses dernières paroles. Quelque part, derrière mon amour, se dressait mon orgueil… Soit il me parlait pour m'indiquer une information comme à l'instant et je ne répondais pas, soit c'était l'inverse. Les hobbits n'avaient émis aucun changement dans leur comportement envers moi, ni même les autres d'ailleurs, depuis qu'il avait révélé la nature de ma race et j'étais plutôt soulagée.
Le ciel s'est teinté de rouge quand nous avons repris la marche et Boromir avait raison, c'était pire qu'hier… La neige était beaucoup plus haute, presque infranchissable… Je croyais que le vent n'aurait pas pu être pire, mais c'était pourtant le cas… Mes yeux me piquaient, la bise glacée enflammait mes joues et mes oreilles étaient douloureuses. L'orage a éclaté quelques heures plus tard, la neige semblait vouloir nous submerger et je jure que j'arrivais à peine à voir les hobbit devant moi… On entendait des éboulements autour de nous, le toner craquait et les éclairs éclataient dans le vent hurlant, jusqu'à quand allions-nous tenir comme ça…
- Maliha! Hurle Gandalf en tête de file.
- Oui! Je hurle dans le vent, clignant des yeux en me cachant des flocons qui frappaient mon visage.
- Nous sommes bloqués!
J'ai pris les épaules de Frodon pour passer à côté de lui, déblayé la neige pour me frayer un nouveau chemin. Mes poumons étaient gelés dans l'effort, mes pieds rentraient dans la neige et je m'enfonçais jusqu'au hanche. Après des minutes interminables j'ai vu l'elfe en face de moi, toujours debout sur la neige, il s'est accroupie pour me faire face.
- Il y a un rocher sur la route! Il hurle dans la tempête.
- Merde… Je murmure en grognant.
Je suis sortie du rang en m'enfonçant dans la neige jusqu'à la taille. J'étais frigorifiée et mes muscles tétanisés alors que le vent me poussait en avant avec force. Je me suis étalée dans la neige, mangeant celle-ci en même temps… J'avais envi de hurler de résignation, même avec ma force, la fatigué était bien là, chaque pas était un effort et depuis trois jours de marche à porter les hobbits et déblayer le passage était une épreuve. C'était un enfer et la colère m'avait atteinte en me relevant comme je pouvais sans m'enfoncer de nouveau… J'ai vu la main pâle de Legolas devant mes yeux, mais la colère m'a prise plus encore… . J'ai levé les yeux pour le voir afficher un air sombre dans le vent, ses sourcils se sont froncés. D'un excès de colère et de fatigue j'ai claqué sa main hors de ma vue.
- Tu m'insulte et maintenant tu souhaites m'aider!
Il plisse les yeux.
- Comme vous voulez.
Il est reparti en marchant doucement vers l'avant sans aucune gêne. J'ai frappé la neige du point en sentant mon coeur grincer… Je me suis détestée… Je venais de gâcher une de mes chances que notre relation s'améliore, mais en même temps j'en avais marre de me laisser faire… Prisonnière entre deux sentiments, j'ai grogné en continuant ma route.
J'ai encore fait quelques pas pour atteindre le magicien, mes muscles étaient tétanisés par le froid. Quand j'arrive enfin, c'était juste pour voir la pierre en face de nous, certainement un rocher détaché plus haut venu de fendre sur la route.
- C'est l'œuvre de Saroumane! Hurle Gandalf. "Maliha, pouvez-vous faire quelque chose?!"
J'ai regardé le rocher, il faisait bien trois mètres de haut, ça devrait aller… Mais avec ce froid…
- Je vais essayer!
- C'est un avertissement, Gandalf il faut faire demi-tour! Hurle Boromir en serrant les hobbit contre lui qui se cachait du vent avec leur cape.
- Maliha va nous sortir ça du chemin et nous pourrons avancer! Rétorque Aragorn tenant la bride du poney.
J'ai marché vers la roche pour lui faire face. Il était fait d'ardoise tranchante comme du rasoir. Je n'ai aucune idée de sa profondeur, mais je devais essayer. Mes doigts étaient gelés et je sentais chaque lamelle de pierre sur ma peau quand je l'ai agrippé. Dans un effort surhumain j'ai réussi à le déplacer une première fois pour simplement le faire tomber complètement sur le chemin. Mes mains étaient déjà en sang, ma peau se déchirait sur la roche et j'ai couiné légèrement en voyant les débris de roche incrustés. Dans un dernier effort j'ai réussi à le décaler pour qu'il dévale la falaise d'un bruit sourd.
Gandalf me tape sur l'épaule en signe de reconnaissance alors que je reprends mon souffle, mais un éclair jaillit dans le ciel.
- Il faut continuer! Hurle le magicien en regardant les zébrures ouvrir le ciel.
Les nuages étaient noir au-dessus de nous… Le ciel se déchaînait!
- Il y a une voix sinistre dans les airs, je peux l'entendre clairement maintenant! Hurle l'elfe en arrivant devant nous.
- C'est Saroumane!
- Il veut nous écraser! Nous n'aurions pas dû bouger ce rocher! Crit Boromir.
- Gandalf nous devons rebrousser chemin, il essaie de déclencher une avalanche! Enchaîne Estel.
- Non!
Mais le magicien n'entend rien et gravit la neige pour faire face à la falaise. Dans un mouvement désespéré j'essaie de le suivre en tendant un bras, mais Legolas tire ma cape en arrière. Je me dégage avec force, lui offrant un grognement de colère.
- Laissez faire! Il sait ce qu'il fait!
La voix forte de Gandalf remplit mon âme, prononçant des paroles que je ne comprends pas. L'air semble vibrer autour de moi et mes tympans me font mal. Je me bouche les oreilles en fermant les yeux.
Il y eu un vide, puis un grondement assourdissant, mes jambes tremblaient en voyant l'éclair au- dessus de nous, percutant le flanc de la falaise. Mes yeux se sont écarquillés quand la neige s'est détachée du sommet. J'ai regardé les hobbits, mais Boromir plaçait déjà son bouclier au-dessus d'eux, Aragorn prenait Gimli contre lui et Gandalf se plaque contre la paroie. J'ai vu Legolas sur le bord de la falaise à côté de moi, ses yeux remplis de détresse en voyant la neige dévaler vers nous. La neige est tombée sur moi sans que je ne puisse faire aucun geste, juste regarder la masse blanche et lourde…
Je sens une main brûlante prendre la mienne quelques secondes, mais la masse me cloue au sol et je fini par la lâcher. Tout est noir et glaçant, l'humidité de la neige rentre dans mes vêtements et je ne peux plus respirer. Le souffle me manque… J'ai bougé, cherchant l'extérieur d'une main et fini par sortir de l'enfer gelé. Inspirer fort, dans un râle suppliant, j'avais mal partout, chaque muscles étaient tétanisés par le froid. Chaque fibre de mon corps n'était que tremblement… Je ne sentais plus mes mains, ma peau semblait se déchirer encore rouge de mon sang.
J'ai vu les yeux gris devant moi, il me dévisageait alors que mes dents claquaient comme pas permis.
- Où… Où sont les autres…. J'ai réussi à articuler comme j'ai pu.
Il ne dit rien se contentant de dégager la neige autour de lui pour se dégager, j'ai vu sa main tachée de sang quelque instant et comprit que c'était lui…. C'était sa main qui avait tenu la mienne… J'ai froncé les sourcils, mais Gandalf est sorti éventrant la neige de son bâton et bientôt le grand bouclier de Boromir dévoilant les hobbits en dégageant la neige autour d'eux. Estel a dégagé le poney qui à henni de panique.
- Passons par la trouée du Rohan! Les hobbits vont mourir! Hurle Boromir.
- Gandalf nous devons faire demi-tour!
Je tenais mes bras autour de moi en tremblant, qu'importe la décision je suivrais. Je n'avais pas d'avis à donner, trop concentré sur le froid qui me prenait.
- Si on ne peut pas passer par les montagnes alors pourquoi ne pas passer par dessous! Lance Gimli.
Je ferme les yeux… La Moria…. Mon esprit semblait marcher au ralenti. Il n'y avait que le vent, le vent et le froid poignant. Je me sentais si faible, complètement transie de froid comme une bête blessée.
- La trouée du Rohan nous rapproche trop d'Isengard, nous allons nous faire prendre et tout espoir sera perdu! Gandalf il faut prendre une décision! Lance Estel.
- Rebroussons chemin pour l'instant… Dit le magicien. "Nous sommes trempés et exténués, nous parlerons de la route au sec."
Cette décision était sage. Cela ne servirait à rien de prendre une telle décision après un si grand choc. Nous sommes alors redescendus, je portais Frodon dans mes bras, car le chemin que nous avions tracé jusqu'ici était effacé et la neige était plus haute encore…
- Vous avez l'air de souffrir autant que nous du froid. Dit-il.
- Oui… Je n'ai pas l'habitude d'un tel climat, la neige n'existe plus chez moi et il fait très chaud.
- Alors vous n'aviez vraiment jamais vu la neige quand vous êtes arrivé ici.
- Pire Frodon, je n'en ai jamais vu autant de ma vie! Je ris faiblement.
- Vous savez Maliha… Pour ce qu'a dit le seigneur Legolas…
- Frodon, vous pouvez me juger autant que vous le souhaitez, je ne vous en tiendrai pas rigueur, après-tout rien qu'il a dit n'était un mensonge. Mais je ne vous abandonnerai pas, pas sans me battre contre moi-même, pas jusqu'à tout avoir donné." J'ai sourie.
- Je n'ai pas peur de vous Maliha et pire encore, je crois que je vous fait confiance.
J'ai redressé son corps sur mon dos avant de continuer la marche en souriant.
- Me voilà rassurée.
Après des heures de marche dans une progression lente nous avons atteint l'abri que nous avions quitté plus tôt. Gandalf alluma un feu dans un souffle et les hobbits se précipitèrent pour réchauffer leur main. J'ai retiré ma cape et mon kimono pour les étendre sur une pierre à proximité du feu comme les autres. Leurs visages me semblaient beaucoup plus détendus maintenant qu'ils étaient entendu que nous trouvions une autre route, mais Gandalf affichait un air grave en prenant sa pipe.
- Bon, nous avons deux solutions. Dit-il. "Soit nous passons par le Rohan, mais ce chemin je le crains nous sera fermé et on nous y attendra, voir même avant… Le choix qu'il nous reste sont les mines de la Moria."
- Elles ne sont pas moins dangereuses Gandalf. Dis Estel.
- Je ne souhaite pas aller dans les mines. Murmure faiblement Legolas d'un ton morne.
- Nous ne savons pas ce qui a pu se passer Aragorn, mais en effet, ce chemin me semble alarmant.
- Dans le pire des cas, que risquons-nous? Je demande.
- Que les mines soient infesté d'orcs ou de gobelins, voire pire…
- Ci c'est le cas, les mines ont été envahies il y a maintenant très longtemps. Murmure Gimli.
- Oui et c'est pour cela que j'entrevois l'espoir que le passage soit ouvert. Répond Gandalf. "Il nous faudra quatre jours pour traverser la montagne et je peux vous guider à travers les dédales de galeries. Il nous faudra être discrets, mais peut-être que l'espoir demeure et qu'il reste des nains…"
- J'ai également déjà traversé la Moria…. Et c'est pour cela que je ne souhaite pas y retourner… Lance Estel en lançant une bûche dans le faible feu.
- En cas d'attaque je ferai le nécessaire. Dis-je.
- Alors s'est décidé! Clame le nain en prenant sa hache.
- Il y a une porte proche de notre position, au sud-ouest, nous devrions l'atteindre dans deux jours tout au plus…
Nous avons continué la route le lendemain, la neige était moins épaisse, le vent toujours là, mais plus de flocons. Les hobbits étaient maintenant beaucoup plus à l'aise pour marcher, mais Legolas regardait souvent en arrière semblant écouter. Heure après heures, il partait explorer les environs sans rien dire et revenait les sourcils froncés.
Après les oiseaux de l'enfer, la voix de Saroumane, que pouvait-il nous arriver de plus… Tout le monde était silencieux durant la descente, je sentais bien que la nouvelle route travaillait Estel plus que de coutume. Et même Gandalf, d'habitude bavard avec Frodon ou Gimli, marchait maintenant en silence. Je n'avais lu que quelques histoires sur le royaume de la Moria, ruisselante de Mithril, la plus grande richesse des nains. Gloin n'avait pas rapporté de bonne nouvelle, mais celle-ci avait des années… Je n'ai jamais visité de mine… Je ne sais pas ce que c'est, mais quand j'ai vu le visage de Legolas, j'ai craint le pire.
Le soir venu, nous avons fait un feu sur le haut d'une colline. Tout était calme et Legolas restait à regarder l'horizon. J'observais son dos sans réussir à m'endormir… Notre relation éclatait en morceaux, si nous avions eu une un jour… Je ne le comprendrais jamais… Il m'insulte, me rabaisse ouvertement et à côté de ça offre sa main pour m'aider… Tout était comme ça avec Legolas, tout ou rien… Un mélange aléatoire… J'avais beau chercher, trouver une singularité dans sa façon d'agir, mais à chaque fois ça m'échappe… J'ai soupiré… D'angoisse, d'incertitude et de non sens… La tension montait dans mes veines et je me suis redressée pour regarder autour de moi. Depuis mon arrivée ici, j'avais acquis cette faculté de craindre sans savoir pourquoi. De voir les ombres invisibles s'avancer dans le noire.
La brume descendait autour de nous et je guettais le danger comme s'il était à côté de moi. Il y a eu un hurlement lointain, un hurlement de loup… C'était loin, très loin, mais j'ai vu l'elfe tourner son visage vers le sud avec inquiétude. Je me suis levée en silence… Oui ce cris était loin, et s'il n'y avait pas eu cette brume, maintenant épaisse autour de nous, je n'aurai peut-être rien fait. Mais le même sentiment que la dernière fois me prenait le dos.
J'ai pris Laureline sans bruit, observant les côtés, assemble la lame avant de rejoindre Legolas. Je me suis tenue à côté de lui, pointe de lame à terre et main sur la garde en regardant la masse obscure.
- Ils sont là? Je demande.
- Je ne sais pas. Dit-il. "Le cri était lointain."
- C'est trop calme...
Je ne savais pas où regarder et je détestais ça… Legolas tenait son arc sans rien dire, fixant la brume tout comme moi. D'un mouvement lent, il a pris une flèche derrière son dos sans un bruit. Je cherchais des yeux ce que les siens fixaient, mais je ne voyais rien. La tension était encore plus grande en moi.
Puis je les aient vue, les yeux jaunes dans la brume… J'ai ramené la lame devant moi alors que l'elfe bandait son arc.
- Réveiller les autres, j'y vais.
Sans attendre de réponse, je me suis enfoncée dans la brume épaisse.
- Maliha…
J'ai cru l'entendre, mais j'étais déjà bien enfoncée dans la brume. Je les ai trouvés sans peine… Ils étaient là derrière cette brume épaisse, en rang, une bonne vingtaine de Ouargues puant. Les premiers ont couru vers moi et j'ai enfoncé mon pied dans le sol en lui tranchant la tête d'un coup sec.
De ce que j'arrivais à voir autour de moi entre deux coups, c'était qu'ils entouraient le camp. J'ai aperçu un grand ouargue, beaucoup plus grand que les autres, mais il était beaucoup trop loin pour moi. Le chef de meute… J'ai entendu les dents claquer, mais mon poing l'a fait taire dans un craquement d'os brisé.
J'ai enchainé, concentré sur le rythme, concentré sur leur gueules qui essayaient de se fermer sur mes bras et mes jambes. J'en ai tiré un par la queue pour le fracasser contre un autre.
- Gandalf est ici chien de Sauron! Si vous passez ce cercle je vous dessécherai de la tête à la queue! J'entends hurler le magicien.
D'un mouvement souple, j'en tranche un sur le flanc et cours pour rejoindre le camp au plus vite. Les arbres étaient enflammés autour d'eux, tout n'était que flamme et celle-ci entourait la compagnie dans un cercle brillant. Le bâton de Gandalf s'illumine, maîtrisant les flammes par les incantations que je ne comprenais pas.
Il y en avait un, un seul qui s'attarda à s'approcher de Frodon d'un pas lent et discret. J'ai couru, la lame dehors derrière moi, saute au-dessus des flammes avant de lui trancher la tête d'un mouvement sec.
- Regroupez-vous avec les autres! Je lui hurle.
J'étais maintenant dans le cercle, aux côtés de Boromir. Estel sur ma gauche plantant sa lame dans le ventre d'un ouargue.
- Combien?! Hurle Estel.
- Une bonne vingtaine! J'ai abattu l'arrière de leur formation, il ne reste qu'eux à présent! Aragorn, leur chef est en haut sur les rochers!
La voix de Gandalf a raisonné dans mes tempes, toujours plus forte et il s'est passé une chose à laquelle je ne m'attendais pas. Laureline s'est illuminée d'une flamme rougeoyante. La flamme l'entourait complètement d'une lumière vive et visiblement je n'étais pas la seule à bénéficier du sort.
Un grognement horrible m'a sortie de la contemplation. Il était là, au-dessus de nous, sur le rocher nous surplombant, le chef de meute.
- Legolas! J'entends Gandalf.
Je me retourne et voit l'elfe bander son arc. Je l'avais déjà vu faire, ce mouvement de bras si précis et fort. Mais pourtant là dans les flammes marquant son visage de rouge, je l'ai trouvé plus beau encore. Son bras fort tirant sur la corde, son regard aiguisé et précis, sans scier. La pointe de la flèche est devenue blanche avant de se transformer en flamme, d'un son sec et chantant, elle est partie. Traversant notre position pour atteindre le loup en pleine tête… Un doux sourire est passé sur son visage comme sur le mien.
Les autres bêtes ont reculé, ils avaient perdu leur chef et on pouvait voir l'hésitation de continuer.
- Votre chef est mort! Repartez dans la tour sombre d'Isengard!
Ils se sont enfuit la queue entre les jambes et les flammes se sont éteintes dans un étouffement bruyant.
- Il nous faut partir et atteindre la porte de la moria sans tarder! Cri Gandalf en reprenant son souffle.
Et nous sommes repartis, les hurlements des loups nous entouraient et je restais à l'arrière de la compagnie avec Legolas pour les guetter. La nuit était sombre et la visibilité réduite, mais avec l'elfe à nos côtés nos yeux étaient fiables. La route était étroite et les falaises hautes autour de nous, j'avais l'impression d'être épiée à chaque pas. L'elfe était dans le même état que moi, observant, se retournant à mesure que nous pressions le pas en suivant Gandalf.
Une journée entière nous nous sommes perdus dans les montagnes… Gandalf ne reconnaissait plus le chemin, disant que tout avait changé. Il marmonnait dans sa barbe en cherchant une rivière, mais aucune rivière n'était à l'horizon. En fin d'après-midi il reconnut finalement le paysage, indiquant la grande faille sur notre droite comme étant l'ancien lit de la rivière. Il ne restait qu'un mince filet d'eau…
Nous avons continué de longer la faille sans un mot, Gimli aux côtés de Gandalf avait l'air tout aussi pensif que lui. Et moi je me sentais toujours observée… Le soleil se couchait à l'horizon, révélant les pierres grises et faisant danser les ombres…
Legolas s'est approché de moi, il était perturbé et inquiet comme je l'étais.
- Je vais aller sur les falaises, je ne suis pas serein, continuez la surveillance sans moi.
- Legolas, la route est sinueuse et complexe, nous n'avons pas le temps pour explorer les environs. Nous devons continuer, atteindre les mines à la tombée de la nuit et il est déjà tard...
- Cette route est le meilleur endroit pour une embuscade. Termine-t-il en se retournant.
D'un geste irréfléchi, je lui ai pris la main, ferme et sûre. Il s'est arrêté avant de se retourner légèrement pour la regarder. Regarde les doigts serrer les siens avec force et me dévisage. Il n'y avait pas de colère, ni de haine dans ses yeux, un visage impassible que j'ai cru un instant presque tendre.
- C'est beaucoup trop risqué Legolas, vous ne pourrez rien faire seul si vous tombez sur eux. Il vaut mieux que l'on reste tous ensemble, notre nombre fait notre force.
Il regarde encore ma main dans la sienne avant de pousser un soupir. Je sens ses doigts se refermer sur les miens et j'en tremble un instant dans le souvenir brûlant et lointain. Sa main est tellement chaude comparé à la mienne… Il pousse un soupire serrant encore ma main et la lâche rapidement comme si elle l'avait brûlé.
- Très bien… Dit-il finalement en se retirant.
Je l'ai regardé rattraper la compagnie, mais il me fallut plusieurs minutes pour marcher à mon tour. Que venait-il de se passer? J'ai regardé ma main sans comprendre. J'aurai dû lire le dégoût, il aurait dû la retirer au lieu de la serrer… Que venait-il de se passer? Je n'arrive pas à comprendre, je n'arrive pas à le comprendre...
Je suis restée loin de la compagnie, souhaitant rester seule à l'arrière pour remettre mes idées en place et surveiller le mouvement des ombres derrière nous. Après une heure de marche, c'est Estel qui m'a sortie de ma rêverie.
- Maliha! J'entend le faible cri chuchoté.
J'ai couru pour rejoindre la compagnie avant de voir l'elfe tourné vers moi… Il m'attendait?
- Nous sommes visiblement arrivé -il.
Devant nous s'étendait un lac, un lac sombre sans qu'aucune lumière ne le traverse. Visiblement la rivière avait été bloquée pour former cette éteindue noir et puante. Je ne pouvais pas quitter l'étendu des yeux… C'était comme si une étendue malsaine se trouvait devant mes yeux.
- Voici les murs de la Moria… Murmure Gandalf.
Ils étaient immenses… Une masse gigantesque, tombant en une falaise brutale à nos pieds, elle semblaient m'écraser, vouloir me submerger d'un noir opaque. Un gargouillis me sortit de ma contemplation, l'eau faisait des petits cercles à sa surface. J'ai sentie passer le froid dans mon dos… Guettais les bruits autour de nous, mais il n'y avait rien, pas un oiseau, pas même le vent qui siffle..
- Nous devons contourner ce lac… Murmure Gandalf. "La porte est de l'autre côté".
- Si nous la trouvons… Murmure Gimli.
- Pourquoi donc ? Demande Pippin.
- Les portes des nains sont compliquées à trouver, elles sont cachées...
- Oui et parfois même leur propriétaire ne savent plus où elles sont.
- Pourquoi cela ne m'étonne t-il pas… Murmure Legolas dans mon dos.
Je me suis retournée en lui affichant un fin sourire malicieux. Gimli était devant avec le magicien plus motivé que jamais. Nous avons traversé une mare verte et crade qui longeait la falaise, mon ventre s'est tordue à l'odeur qui remplissait mes narines. J'ai encore entendu le clapotis de l'eau au loin, mais elle ne bougeait pas.
- Ah! Lance Gandalf finalement en apercevant une paroie rocheuse. "C'est ici".
Le nain s'avance en courant vers celle-ci et commence à tapoter légèrement la pierre avec sa hache. J'ai souris en le regardant faire.
- Bien, ce doit être ça, de l'Ithidin, ça ne reflète que la lumière de la lune et des étoiles…
Un nuage passa et la porte jusqu'alors invisible à mes yeux, s'est mise à briller en arabesque. J'étais médusée, mais surtout émerveillée par la beauté des formes et des écritures sur son arche.
- Que dit le texte? Demande Frodon. "Je connais un peu l'elfique, mais ces caractère ne me disent rien."
- C'est la vieille langue des peuples de l'Ouest et l'arbre des hauts elfes. Dit Legolas en souriant.
- Oui, tout juste Legolas et il est écrit "Les portes de Durin, seigneur de la moria. Parlez ami, et entrez. Moi, Narvi, je les ai faites. Celebrimbor de Houssaye a gravé ces signes."
- Que cela veux-t-il dire? Demande Pippin.
- Que si vous êtes un ami vous donnez le mot passe et la porte s'ouvrira.
Il pose son bâton contre la pierre et murmure dans une langue encore inconnue. Nous avons attendu, puis attendu encore… Pas même un craquement rien…
- Rien ne se passe! Lance Pippin.
Gandalf a marmonné dans sa barbe avant d'essayer de d'ouvrir la porte de l'épaule.
- J'ai bien vieilli, avant je connaissais les incantations dans toutes les langues des elfes, des hommes et des orcs…
- Alors qu'allez-vous faire? Enchèrie encore Pippin.
- Cogner sur les portes avec votre tête Pérégrin touque et si cela ne les fracasse pas et que l'on me libère un peu de vos questions idiotes, j'arriverai peut-être à trouver la formule d'ouverture!
J'ai regardé le pauvre Pippin se gélifier sur place.
- Gandalf s'il vous faut ouvrir, je peux m'en charger. Dis-je.
- Non Maliha. Dit-il vivement. "Je me suis engagé à ouvrir cette maudite porte et elle s'ouvrira!"
Combien de mot de passe a-t-il donné…. J'ai perdu le compte au bout du cinquième…
- Il nous faut trier nos affaires. Commence Estel. " Ne prendre que le strict nécessaire dans les mines. Laissons les vêtements chauds, nous n'en aurons plus besoin et chacun devra prendre un sac avec lui."
Je me suis approchée, retire ma cape et récupère le sac que me tend Estel en silence.
- Pourquoi donc? Demande Sam en tenant fermement Bill.
- Les mines ne sont pas faites pour les poney Sam, je suis désolé.
- Mais les loups? Vous n'allez pas laisser ce pauvre Bill se faire dévorer par les loups? Non je refuse Grand Pas. Il nous a suivi jusqu'ici….
Plouffe.
J'ai regardé Merry lancer un pierre dans l'eau noir. Vu les auréoles se former avec effroi.
Plouffe.
- Merry, s'il vous plaît laisser cette eau tranquille. Dis-je en m'approchant de lui.
- De quoi avez-vous peur Maliha, ce n'est que de l'eau…
- Elle a raison Maître Meriadoc, cette eau ne m'inspire pas confiance non plus. Dit Boromir en se postant à côté de moi.
Nous avons regardé longtemps l'eau, l'homme était tendu et la main sur la garde. J'ai senti Estel se poster avec nous.
- Que voyez-vous? Il nous murmure.
- Je ne sais pas. Lance Boromir. "Mais cette mare puante ne m'inspire rien…"
- Je suis de son avis…
- Mellon.
Il y eut un fracas de pierre et j'ai vu les portes s'ouvrirent. Je me suis sentie complètement soulagée d'un coup, regardant toujours les vagues faibles sur la surface noire.
- Allons-y Maliha. Dit Estel en touchant doucement mon bras.
Nous avons gravi les marches, Gimli disait je ne sais pas trop quoi et mes yeux n'étaient pas encore habitués à l'obscurité. Car même s'il faisait nuit dehors, elle n'était rien comparé à celle de l'intérieur.
- Une mine! Une mine!
Ce n'est pas une mine… C'est un tombeau.
La lumière du bâton de Gandalf montre des images glaçantes. Il y avait des cadavres partout, des nains momifiés éparpillés dans tous les coins. Legolas à bondi en récupérant une flèche.
- Des Gobelins.
J'ai sorti une arme rapidement de ma cuisse et les autres ont fait de même.
- Alors vers la trouée du Rohan, nous n'aurions pas dû venir ici. Murmure Boromir.
- Frodon!
Je me suis retournée au hurlement de Sam. Le hobbit glissait par terre et j'ai mis du temps à comprendre qu'il était entraîné par un bras hors du commun, un tentacule vert horrible.
- Estel! J'hurle, rangeant mon arme et prenant une partie de Laureline.
- Maliha! Hurle Sam.
J'ai poussé Merry et Pippin pour sortir et rejoindre Sam qui découpait déjà le bras avec son épée. Prends la deuxième lame et me poste devant les hobbits tenant maintenant Frodon en arrière libéré par Sam.
- Retourner dans les mines!
Le bras a serpenté jusqu'à l'eau pour ne plus être visible. L'eau à bouillonné et c'est pas un, mais des dizaines de tentacules qui sortent de l'étang. J'ai tranché tout ce qui passait, mais ce n'était pas suffisant, j'ai vu Frodon passer en dessous de moi, prisonnier à nouveau.
- Frodon! J'hurle en rentrant dans l'eau croupie.
L'eau a bouillonné, encore et encore, pour finalement révéler une créature immonde et gigantesque. Je n'aurai pas pu la décrire, c'était simplement hors de la pensée… Je ne savais pas si je distinguais un visage ou seulement une bouche.
- Maliha! Hurle Estel en arrivant à côté de moi.
J'ai vu le Gondorien à sa suite et nous avons tout découpé autour de nous. Frodon passait dans l'air au-dessous de moi, changeant de tentacule à chaque fois que nous en coupions une. Mon sang s'est glacé, la gueule s'est ouverte et avec elle une odeur pestilentielle… Une flèche a sifflé dans mes oreilles et la bête hurle de douleur.
- Prends Frodon! J'ordonne en tranchant le bras qui le tient prisonnier.
Il récupère le hobbit avant de se retourner pour sortir de l'eau.
- Dans les mines! Cris Gandalf.
Il y en a beaucoup trop, je continue de trancher les bras qui veulent de nouveau happer le hobbit dans les bras de l'homme.
- Legolas! Couvrez Maliha! Hurle Boromir.
Protégeant leur retraite comme je le peux, la créature avance encore, semblant vouloir sortir de l'eau. Rampe vers moi et mes yeux rencontrent deux paires d'un gouffre sans fond. Un sifflement de nouveau, la bête recule dans un rugissement de colère.
- Maliha!
J'ai pris le bras de l'elfe pour me laisser tirer par lui à l'intérieur et range Laureline dans mes reins pour entammer la course folle. L'odeur était toujours dans mes narines, mais l'obscurité est venue dans un bruit assourdissant… J'avais l'impression que cela n'allait jamais s'arrêter, j'ai sentie le bras de Legolas me tirant toujours vers l'avant au milieu des pierres qui commencent à tomber et la poussière entre dans mes poumons. Nous allions être écrasés…
- Lumière! J'ai hurlé de toutes mes forces dans le son de la roche.
Le compagnon s'est illuminé à mon poignet pour révéler les ombres qui tombaient autour de nous dans le couloir. J'ai vu une masse noire au-dessus de nos têtes, tiré l'elfe vers moi, nous protégeant d'un bras contre la roche qui tombait déjà sur nous. Puis ce fut le silence au milieu du nuage gris… J'entendais sa respiration sous moi et la mienne maintenant sifflante de poussière et celle des autres un peu plus loin.
- Vous n'avez rien? Je demande dans un murmure.
- Non, je n'ai rien.
La lumière de mon compagnon s'est éteinte dans un petit craquement et un flash.
- Merde…
Mais il est remplacé par le bâton de Gandalf.
- Maliha!
Estel cours vers nous, alors que je repousse durement la pierre de mon bras et ce fracasse sur le sol.
- Tout va bien Estel… On est entié.
Legolas se lève doucement en récupérant son arc et je constate que mon compagnon est brisé à mon poignet… Mais comme toute nanotechnologie, il ne lui faudra que quelques heures pour réparer ça.
- Nous n'avons plus le choix désormais… Il va nous falloir affronter les ténèbres de la moria. Murmure Gandalf.
- Alors nous voilà finalement dans les profondeurs du monde… Lance Boromir.
- Nous vous en faite pas Seigneur Boromir je vous conduirez de l'autre côté, Gimli vous marcherez avec moi. Ah! Et faites donc passer le Miruvor, nous en avons tous besoin après cette monstruosité. Il va falloir être discret mes amis, il y a des créatures bien plus répugnantes que les orcs ici."
Je suis restée légèrement détendue en prenant la gourde que me tendait Legolas. Les hobbits s'étaient assis, prenant un peu d'eau et Estel faisait l'inventaire de ce que nous avions après l'éboulement et la précipitation.
- Il semble que je vous dois de nouveau la vie.
J'ai avalé ma gorgée en dévisageant l'elfe. Il me tend la main pour reprendre la gourde et en prendre une à son tour.
- Et je vous rappelle que vous ne me devez rien. Sauf si vous êtes capable de ne plus m'insulter? Dans ce cas, ce sera mon seul prix.
Il me fixe un instant, puis soupire.
- Si tel est votre seul souhait. Dit-il en partant.
J'ai soupiré à mon tour en commençant à marcher pour rejoindre les autres, maintenant revigorée par la boisson qui me brûlait la gorge. Il n'y avait aucun bruit sauf nos murmures et sans la lumière de Gandalf, je me serais sans doute cru dans un film d'horreur… Enfermée dans les ténèbres.
- Si tout le monde est prêt, alors allons-y. Lance le magicien en se relevant.
OOO
Et voici venir l'obscurité… houuuuu.
La lecture était-elle bonne?
Je vais mélanger du livre et du film, comme d'habitude pour la suite.
Caro-hearts : Mazette que de mots! Mon dieu qu'ils m'ont fait plaisir! Merci pour tes commentaires. Tu as vachement décortiqué l'histoire, ça fait plaisir, franchement je suis impressionnée (et trop heureuse surtout)! Pour tes suppositions dans ton dernier commentaire: en effet il n'est pas mort comme le premier. A voir pour la suite! Pour le reste: Maliha et Legolas, il faut que leur relation soit horrible, sinon c'est trop simple… J'aime bien les histoires d'amour déchirées, inavouées et impossibles. Pour la fin… On verra la fin… Sinon ça aussi c'est pas trop simple. ^^
La bise.
