/ … Chapitre trente-neuf … /
"Tataki" - Argy
C'était un noir d'encre, un de ceux qui vous colle… Comme s'il rentrait dans votre peau, dans vos os, coulait dans vos veines d'un liquide glacial.
Les poils qui s'hérissent, la bouche sèche, la sueur froide… J'ai échangé un regard inquiet avec Estel qui marchait lui aussi en silence à côté de moi. Il y avait une odeur de mort… Une odeur de renfermé… J'avais comme l'impression de me trouver dans "les montagnes hallucinées", prisonnière d'un endroit qui n'était destiné à aucun homme…
On a monté les escaliers dans le silence le plus total. Seuls les hobbits murmuraient de temps en temps quelques mots. J'avais perdu la notion du temps dans ce noir et je ne désirai qu'une seule chose, nettoyer l'obscurité qui accrochait ma peau. On est d'abord monté, puis descendu par des couloirs étroits pour finalement revenir sur du plat, le tout en plusieurs heures. Combien de marches ? Je ne sais pas, combien de couloirs ? Encore moins… Mais la chaleur était de plus en plus importante à mesure que l'on avançait.
Je ne sais pas vraiment comment fait Gandalf pour se repérer dans ce labyrinthe. Il y a des portes partout, des escaliers parcourant les parois à côté et au-dessus de nous. Il parlait souvent à Gimli pour lui demander un avis dans un murmure, mais le nain semblait complètement perdu tout comme nous.
- Je n'ai jamais été aussi heureux d'avoir Gandalf à mes côtés. Murmure Aragorn derrière moi.
- Je croyais que tu connaissais ces mines Estel? Dis-je d'un air taquin.
- Une partie oui, mais celle-ci m'est inconnue…
- Je rigole Estel, je ne doute pas de ton esprit d'aventurier.
- Si je pouvais me passer d'une comme celle-ci, je le ferai Maliha.
Je me suis retournée vivement en entendant un faible bruit de roche derrière nous. Les autres n'ont pas semblé le percevoir, mais Estel et moi restions là, à regarder le noir comme s'il allait nous sauter dessus. On se regarde en silence, Estel fronce les sourcils…
- Crois-tu? Il demande doucement.
- Je ne sais pas… J'ai toujours l'impression d'être observée, mais la sensation est plus faible que celle que j'avais à l'extérieur.
- Quoi que cela puisse être, ça se tient éloigné.
- Oui.
Aragorn a quitté la garde de son épée pour me pousser à reprendre la marche avec lui. J'ai vu Legolas nous regarder en tenant son arc. Alors lui aussi l'a sentie, pourquoi ne l'aurait-il pas fait en même temps…
Après plusieurs heures, voir même la journée il me semble, car nous avions mangé un morceau rapidement… Je dis ça, mais sans mon compagnon, seuls mes pieds peuvent actuellement m'indiquer une notion de temps… Nous nous sommes arrêtés pour passer notre première nuit dans la caverne. Il y avait un point d'eau, un petit lac souterrain, qui me faisait de l'œil. Un bain ne me ferait pas de mal après le froid, la pluie, le vent, le sang de loup séché sur ma peau et que dire de cette odeur de vase pestilentielle qui persistait…
- Estel, je vais me baigner un peu, je ne peux pas rester comme ça… C'est contre mes principes… Féminin…
- Maliha…
- Je ne serais pas longue et je ne risque rien.
- Je t'accompagne.
- Si tu le souhaites.
J'ai pris mon sac et Estel m'a suivi jusqu'au lac quelques mètres plus loin hors de vue du reste de la compagnie. Il s'est lâchement assis par terre, dos à moi en prenant sa pipe et son tabac. J'ai retiré les vêtements sales et puants, sors le petit sac de toile pour les mettre à l'intérieur proprement, ainsi qu'un pull vert, un leggin propre et des sous-vêtements.
L'eau n'était pas aussi froide que je le pensais… J'ai commencé à savonner mes cheveux le plus discrètement possible, puis tout mon corps avec la plus grande joie. J'ai cru à cette instant bénir Arwen d'avoir préparé ce petit necessaire pour femme.
- Peux-tu le sentir Maliha?
- Sentir quoi, sauf l'odeur qui reste imprégnée sur ma peau… A ça oui je la sens!
- Non, je parle de l'anneau…
Je soupire en arrêtant le frottement du savon sur mon avant bras.
- Non Estel, je ne le sens pas… Du moins pas encore je suppose, je te le dirais, tu le sais très bien.
- Je ne voulais pas dire ça Maliha…
- Alors quoi, tu le sens toi?
- Non, mais j'ai surpris Boromir à regarder Frodon avec insistance quelquefois.
- Depuis le conseil il le désir Estel… ça se voit dans ses yeux…
- Je crois que nous devrions faire attention.
- Je ne crois pas que Boromir soit ici pour l'anneau.
- Je ne pense pas non plus Maliha, je dis juste que l'anneau a beaucoup trop d'influence sur lui.
- Hum. Dis-je simplement en plongeant dans l'eau.
J'avais aussi remarqué qu'il ne dormait plus aussi bien qu'avant. Pendant mes gardes, je voyais le Gondorien chercher des yeux Frodon pour ne pas le lâcher pendant de longues minutes une fois qu'il l'eut trouvé. Je ne m'étais pas alarmée plus que ça, mais le fait qu'Aragorn m'en parle me prête à penser que cela pourrait devenir un problème.
Je suis sortie de l'eau et entrepris de me sécher avec ce que j'ai pu… Enfiler les sous-vêtements propres avec une joie retrouvée, un nouveau leggin, le doux pull vert et serrer le bustier autour de ma poitrine. Nul besoin de mon kimono, il faisait déjà assez chaud et il faut dire que l'odeur… Bref, non merci…
- Ta relation avec Legolas ne s'améliore pas. Dit-il en se retournant vers moi.
- Tu veux vraiment parler de ça? Les oreilles des elfes s'égarent facilement tu sais…
- Il est beaucoup trop loin pour nous entendre Maliha, j'ai voyagé longtemps avec lui tu sais.
- …
Je suis restée silencieuse un moment en brossant mes cheveux humides, mais j'ai fini par m'asseoir à côté de lui.
- Je comprends parfaitement le regard qu'il pose sur moi Estel. Notre relation pourra peut-être s'améliorer au cours de cette quête, mais la haine dans ses yeux ne s'effacera jamais et son respect me restera interdit.
- Il n'avait pas le droit de t'humilier Maliha…
- M'humilier hein… C'est ça spécialité… Pourquoi ne le ferait-il pas ?… Ne le ferais-je pas, moi si j'étais à sa place ?…
- Maliha…
J'ai pris mon tabac pour rejoindre son océan de fumée. Il semblait perdu dans ses pensées en fumant en silence. Aragorn faisait souvent ça, regarder devant lui sans parler, les yeux fixent à réfléchir tranquillement. Sans doute avait-il besoin de faire le point avec lui-même… J'ai pensé un instant à sa relation avec Arwen, je savais qu'elle lui manquait terriblement. Souvent je le voyais tenir le pendentif dans sa main en regardant en arrière.
Je sais que l'on rentrera, nous le devons.
- Il y a une chose que je sais sur Legolas.
- Hum, quoi? Dis-je en lâchant une bouffée.
- Il n'aime pas le noir et bientôt cette mine va le rendre malade…
- Alors je pourrais sans doute me venger. Dis-je dans un sourire.
- Tu n'as aucune pitié.
- Ah, ah, je rigole Estel, je rigole… En vrai, je sais que c'est une épreuve pour lui, comme n'importe quel elfe… Je termine en soupirant.
Nous avons rejoint les autres qui mangeaient déjà du pain elfique à grandes bouchées. Sam a fait mes tresses comme à son habitude en chantant un petit air discrètement. Mais bientôt ce fut l'heure de la nuit et je n'avais aucune envie de m'endormir dans cet endroit.
- Comment ça nous n'aurons plus de lumière? Peste Pippin.
- Il est vrai que dormir dans un tel endroit sans pouvoir surveiller les ombres me met mal à l'aise. Lance Frodon.
- Croyez-vous que je puisse faire de la magie en dormant? Rétorque Gandalf en se couchant sur le côté.
- Maliha aurais-tu ta petite lumière? Me demande Aragorn.
- A voir s'il fonctionne maintenant…
Je regarde le compagnon à mon poignet, l'écran est toujours fissuré sur un endroit, mais il répond bien au touché.
- Oui je le peux. Dis-je dans un sourire.
Je me suis rapprochée des hobbits qui me regardaient avec curiosité. Le liquide à fondu pour se transformer en sphère lumineuse dans ma paume.
- Elle durera toute la nuit. Dis-je en la posant sur la pierre à côté d'eux.
- Je ne savais pas que vous étiez capable de magie Maliha. Dit Gimli en s'approchant.
- Ce n'est toujours pas de la magie Gimli, juste de la technologie, comme la dernière fois. Vous pouvez la prendre et la déplacer si vous le souhaitez.
- Merci. Murmure Frodon.
- Avec plaisir Frodon, bonne nuit.
Je me suis retirée, gardant le bracelet fin de la partie endommagée sur moi. Legolas était toujours debout à regarder autour de lui chaque pierre et chaque grain de poussière qui passait dans l'air. Il était tendu je le savais, même sans les paroles d'Aragorn, j'avais suffisamment vécu avec les elfes pour connaître leur mal être d'être enfermé, qui plus est dans une mine. Je ne pouvais pas imaginer ce qu'il pouvait ressentir en regardant le noir devant lui, et quatre jours, c'est long…
J'ai très mal dormi, peut-être même pas du tout. Mon sommeil avait été coupé de cauchemars et d'images sanglantes en tout genre comme d'habitude, mais elles avaient été beaucoup plus nettes et meurtrières. Je m'étais habituée à vivre et revivre les batailles passées, la tristesse et la mort, c'était maintenant le quotidien de mes nuits… Mais cette nuit, je me suis réveillée à chacune d'entre elles, même l'odeur m'avait semblé réelle. Je me suis demandée un instant si c'était le fait d'être à proximité de l'anneau, que finalement son emprise avait commencé. Peut-être pas, l'avenir me le dira sans doute…
On a repris la route, ce qui semblait être des galeries taillées dans la roche vulgairement sont devenues plus droites et nettes.
On entendait l'eau en bas qui coulait dans une faible rivière, mais aussi son ruissellement sur la roche et des gouttes qui s'en détachaient. La chaleur était encore plus forte et quelques vapeurs s'élevaient par ci par là. J'ai vu Frodon s'arrêter pour regarder autour de lui, laissant passer les autres membres du groupe. Arrivée à sa hauteur, je pose une main sur son épaule.
- Tout va bien Frodon? Je demande en voyant ses yeux se perdrent dans le noir.
- Je crois qu'il y a quelqu'un d'autre ici… Dit-il.
J'ai regardé dans la même direction, mais je n'ai vu que le noir de la pierre…
- Je ne vois rien.
- Depuis… Je le vois hésiter. "Depuis cette blessure". Il commence en posant une main sur son épaule. "J'ai l'impression d'avoir changé."
Nous avons repris la marche derrière les autres.
- Changer?
- Et bien, j'ai comme l'impression d'entendre mieux qu'avant, c'est déstabilisant à vrai dire et cela doit vous paraître insensé…
- Vous savez, j'ai vu des choses bien plus insensées que ça. Dis-je dans un sourire.
- Je vois… Je peux entendre nos pas Maliha, mais il y en a qui ne nous appartiennent pas, c'est un pas doux et léger, j'ai pensé à une erreur au début, mais plus le temps passe et plus je les entends.
- En avez-vous parlé à Gandalf?
- Non je n'ai pas osé, si jamais je me trompais…
- Ne vous en faites pas Frodon, nous avons nous aussi l'impression que nous ne sommes pas seuls depuis un hier. C'est discret et lointain. Pas d'inquiétude nous surveillons l'arrière, pour l'instant ça ne s'approche pas, pas de raison de paniquer.
- D'accord, alors je ne m'étais pas trompé.
- Non vous ne vous êtes pas trompé, vous êtes un bon gardien. En tapant son épaule.
Je sentais qu'il avait besoin de parler. Le silence était pesant depuis notre départ de la porte et la pression s'accentuait à mesure que nous avancions. Il m'indiquait que sa vue aussi était beaucoup plus perçante et qu'il arrivait facilement à voir dans cette obscurité. Frodon était un hobbit discret, avec ses cheveux bruns légèrement bouclés et ses grands yeux bleus. Il était facile de lire son visage et l'inquiétude y persistait…
- Vous vous connaissez depuis longtemps avec Sam? Je demande.
- Nous sommes amis d'enfance depuis aussi longtemps que je m'en souviens. Je dois même avouer qu'il est mon meilleur ami, mais je ne lui ai jamais dit. Il est sans doute le plus courageux d'entre nous.
- Ah, je n'aurai pas dit ça…
- Il cache bien son jeu vous savez. Il a un caractère de feu, mais c'est sa timidité qui le dessert…
- Méfiez-vous de l'eau qui dort…
- Je ne connais pas ce dicton.
- C'est un dicton de chez moi. Je réponds dans un sourire.
- En avez-vous d'autres?
- Hum, l'habit ne fait pas le moine?
- Ce qui veut dire?
- On pourrait dire, l'habit ne fait pas le magicien, je suppose.
Il a rit un moment.
- Nous passions jusqu'à tard le soir à la taverne du coin, Sam, Merry, Pippin et moi. Je connaîs beaucoup de chansons et de dictions, mais les vôtres m'ont l'air plus qu'intéressants je dois dire. J'aimerai bien un jour vous entendre chanter.
- Chanter?! Ha, je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
- Pourquoi ça?
- Les chansons de mon monde ne sont pas vraiment… Appropriées, du moins celles que je connais… Et puis
- Appropriées?
- Et bien, nous sommes un peu plus… Ouvert sur certaines choses et nous ne passons pas par quatre chemins pour dire ce que nous pensons. On appelle un chat, un chat quoi… En gros…
- Vous me rendez encore plus curieux.
- Frodon, je suis une piètre chanteuse croyez-moi…
Un air malicieux est passé dans ses yeux… Dans le pire des cas, je laisserai le compagnon chanter pour moi… Hormis quelques soirées bien arrosées et chanter sous la douche, mon expérience en la matière était bien faible… Sauf ce jour-là sans doute.
C'était agréable de parler avec Frodon, même si au début, je ne savais pas vraiment comment l'aborder. Maintenant et depuis le départ, notre relation s'est détendue pour finir dans une amitié saine et simple.
J'ai informé Estel de sa perception inquiétante et le rôdeur est resté à l'arrière toute la journée. Et nous avons marché, marché encore et encore. Monter des escaliers, passer des paliers, des salles et des couloirs à n'en plus finir. Le noir me piquait les yeux, cette vision monochrome me donnait mal à la tête…
- Il me semble que ce ne sont pas les elfes qui ont mis fin à cette alliance. J'entends la voix faible de Legolas derrière moi.
- Vous rigolez ma parole, vous et vos grands airs arrogants…
- Arrogant, voyez-vous ça! Que dire de votre vulgarité!
J'esquisse un sourire.
- Je ne crains que bientôt la guerre soit déclarée… Commence Boromir. "Qu'en pensez-vous Maliha?"
- Oh vous savez les elfes et les nains, c'est une bien longue histoire…
- Et je peux même vous dire qu'elles sont arrivées au Gondor…
Gimli et Legolas… Deux forces opposées se disputant pour tout et n'importe quoi… Ce n'était pas inhabituel de les entendre se chamailler gentiment, ce qui l'était moins par contre, c'est que Legolas hausse la voix et fronce les sourcils ouvertement. Autre chose m'interpelle, le gris de ses yeux… Beaucoup plus pâle, comme un orage menaçant et ces cernes creuses et sombres.
Sa peau était beaucoup plus blanche, mais à vrai dire dans le noir il était difficile de se faire une idée de la chose. Mais pour le reste… Non, Legolas avait déjà bel et bien le mal d'être sous terre.
Quand nous avons fait halte pour notre deuxième nuit, j'ai vu Estel s'avancer vers lui. Il est vrai que l'elfe parlait très peu depuis notre entrée ici, sauf Gimli pour le rabrouer, ou Estel pour lui indiquer des choses. Mais si deux phrases sortaient de sa bouche dans une journée depuis notre entrée ici, c'était un miracle. Je les ai regardés bavarder un moment en défaisant mon sac.
Ils parlent sérieusement, Legolas a les bras croisés. Puis Estel passe une main amicale sur son épaule en lui murmurant à l'oreille. L'elfe semble frustré et fait un signe négatif de la tête avant de replonger son regard dans le noir. Aragorn soupire et s'avance vers moi en prenant son sac.
- C'est Gollum qui nous suit Maliha.
- Gollum, ici?
- Legolas l'a aperçu plusieurs fois et dit qu'il ne s'approchera pas tant que Frodon sera aussi bien entouré. Nous ne risquons rien.
- Je vois…
Estel plisse les yeux et soupire en arrêtant ses gestes.
- Il n'a pas médité depuis deux semaines… Je suis inquiet.
- ça fait beaucoup en effet, il devrait le faire ce soir.
- Il ne le souhaite pas… "Je ne lacherais pas des yeux cette obscurité un seul instant et le silence m'est insupportable, il n'y a aucune vie ici", voilà ses mots.
- Il ne supporte pas alors.
- Non et je suis inquiet, il se fatigue inutilement.
- Je crois malheureusement qu'il n'a pas le choix…
- Que veux-tu dire?
- Les elfes sont influencés par l'environnement qui les entoure, si celui-ci n'est pas sain, ils ne peuvent survivre… La dure loi des elfes.
- Je ne sais pas comment l'aider…
Je soupire.
Je pourrais sans doute l'aider à faire le vide…
J'ai regardé le compagnon scintiller à mon poignet quelques secondes.
- Je prendrais la garde avec lui cette nuit. Dis-je.
- Qu'as-tu en tête?
- Rien du tout…
- Garde tes mystères pour toi va, moi je veux dormir de toute façon.
J'ai regardé encore le dos de Legolas en reprenant ma tâche. Nous avons mangé en silence, Merry nous a raconté des histoires, les rumeurs de la conté qu'il disait et mon dieu que j'ai ri… C'était un conteur exceptionnel, bougeant les mains quand ils parlaient, les mimiques de son visage trahissaient les situations toutes plus saugrenues les unes que les autres. Toute la compagnie semblait apprécier ce petit moment de réconfort, mais Legolas ne lâchait pas son arc, écoutant dans un demi sourire fatigué.
Ce fut au tour de Gimli et je dois dire que les histoires étaient semblables à celles de mon monde. J'aimais bien le nain, c'était un personnage simple et attachant, un caractère bien trempé et rude sur les bords.
Après deux bonnes heures de camaraderies, ils sont allés se coucher et j'ai entrepris de surveiller la droite et Legolas la gauche en fumant doucement dans le silence. J'ai regardé le petit drone silencieux se former dans ma main avant de le lancer au-dessus de moi. La légère lumière passait sur les rochers et j'ai commencé ma surveillance en silence.
Je ne savais pas comment l'aborder….Et plus les minutes défilent et plus mon ventre se tord. J'ai tourné silencieusement la tête deux heures plus tard, quand tout le monde fût endormi. Gimli ronflait bruyamment, ainsi que Gandalf.
Je me suis levée, époussette mon habit comme pour retirer mon stress avant de me diriger vers l'elfe en soupirant. Le drone m'a regardé comme pour me donner du courage en m'indiquant la route et l'elfe de dos les bras croisés. D'habitude je n'étais pas forcément anxieuse de l'aborder, mais là… Après avoir fauchée sa main, avoir sentit ses doigts contre les miens. Notre relation était incompréhensible et j'en étais venue à me méfier, voir même à l'éviter le plus souvent possible.
Aller…
- Tout me semble calme, qu'en dîtes-vous? Je commence en triturant mes doigts derrière mon dos arrivée à sa hauteur.
Il se tourne vers moi doucement et m'affiche un regard froid… ça commence bien…
- Estel a dû sans doute vous dire pour Gollum.
- Oui il me l'a dit…
Aller…
Aller…
- Il m'a aussi dit que vous n'aviez pas médité depuis deux semaines…
Pas de réponse.
- Vous devriez méditer Legolas, je peux surveiller toute seule cette nuit.
Pas de réponse.
- Legolas…
- Je n'ai pas besoin de vous pour me dire quoi faire.
- Vous êtes exténué Legolas…
- En quoi cela vous…
- Passez-moi de votre sarcasme pour cette nuit, j'ai assez vécu avec les elfes pour savoir que vous avez atteint vos limites.
Il soupire, ferme les yeux et serre la mâchoire.
- Il ne reste que deux jours de marche.
- Mais nous ne savons pas ce qu'il pourrait se passer, si jamais…
- Je ne peux pas méditer ici, Maliha. Il rétorque durement.
Je ne dis rien quand ses yeux trouvent les miens. Il est à fleur de peau… Les rides se creusent un peu plus quand il plisse ses yeux gris impénétrable.
- Si vous le souhaitez, je pourrais vous aider…
- M'aider?
- Oui.
- Vous ai-je déjà demandé de l'aide fille d'Illuviné?
- Non, mais je vous la propose. Legolas vous êtes exténué… Pensez-vous que vous êtes en état de combattre si des orcs, des gobelins ou tout autres créatures venaient à attaquer? Franchement, ne pouvez-vous pas faire l'impasse sur mon nom pour une fois et simplement accepter?!
Il semble hésiter un instant. Regarde dans le vide en face de lui semblant réfléchir en silence et passe une main sur son visage fatigué.
- Très bien. Dit-il en posant son arc.
Il s'est assis sur la large pierre sur laquelle il était debout, pour se mettre en tailleur, prêt pour une méditation. Je me suis approchée pour me mettre en face de lui, assise à mon tour. Le drone est venu naturellement nous éclairer sans bruit, il le regarde dubitatif avant de regarder mon poignet.
- Je vais vous confier une partie de mon compagnon. Dis-je en désignant le bracelet de verre. Je garderai juste une petite partie pour contrôler le drone.
Une partie fond pour se transformer en petite plaque d'origine.
- Votre main. Je demande.
Il me fixe un instant puis me tend sa main. Je la récupère pour sentir la peau froide… J'ai tressailli, jamais je n'avais senti sa peau si froide avant. Le verre à de nouveau fondu pour épouser la forme de son poignet en un fin bracelet. Il le regardait faire avec étonnement.
- Bien. Vous avez déjà vu mes écouteurs n'est-ce pas?
- Vos?
- Les billes blanches dans mes oreilles parfois.
- Oui.
- Et bien vous allez les porter. Elles vont d'abord faire le vide et vous allez entendre votre respiration dans votre tête, comme quand on se bouche les oreilles. Ensuite vous avez deux possibilités, vous pouvez rester ainsi à ne rien entendre, soit y injecter des sons dans vos oreilles, des chansons principalement, mais je pensais vous faire écouter des bruits de la forêt, à vous de choisir.
Il me regarde dubitatif.
- Vous voulez dire que je pourrais entendre la forêt avec ces choses dans mes oreilles?
- Oui, ou tout autre chose si vous le souhaitez, c'est la fonction des écouteurs.
- Je demande à voir.
- Très bien, allons-y.
J'ai tapoté le bracelet et il a fondu pour monter le long de son bras. Il s'est tendu quand le liquide métallique a atteint son cou, puis ses oreilles avant de s'y enfoncer. D'un geste brusque, il a voulu les retirer, mais j'ai retenu son bras.
- Ne les touchez pas, vous allez vous habituer.
Il s'est raidit, mais se laisse faire. Le liquide s'est solidifié et j'ai vu les billes blanches dans ses oreilles délicates, un instant j'ai trouvé ça si beau et en même temps si bizarre… Voir ma technologie dans les oreilles d'un elfe, c'était l'ancien, le sacré, mélangé à la modernité, le futur.
- Bien, maintenant je vais faire le vide d'accord, vous allez entendre ma voix plus faiblement, mais seulement ma voix si je parle.
Il me fait un signe de tête. J'ai vu la commande s'actionner et lui sursauter aux mots qui avaient dû envahir sa tête un instant lui indiquant le vide. Il regarde autour de lui, cherchant quelque chose.
- Vous ne pouvez pas entendre autre chose que ma voix Legolas.
Ces yeux se sont écarquillés de surprise.
- J'ai l'impression de vous entendre dans ma tête…
- C'est parfaitement normal, les écouteurs vous envoient le son de ma voix. Dis-je dans un sourire. "Bien, je vais vous injecter le son, mais avant il faut que je vous indique certaines choses."
Je prends de nouveau son poignet pour afficher une barre bleutée sur celle-ci. Je lui ai expliqué en long en large et en travers comment il devait régler le son ou même arrêter. Il a compris assez rapidement d'ailleurs, en même temps c'était intuitif…
- Bien. "Compagnon peux-tu passer une bande de son extérieur type forêt pendant plusieurs heures s'il te plaît?".
Legolas se raidit et regarde autour de lui. Il essaye de se lever, mais je le retiens lui faisant signe de s'apaiser.
- Écouter seulement les sons et essayer de vous détendre, si j'étais vous je fermerai les yeux pour méditer, cela sera plus simple pour vous".
Il hésite. Puis bouge pour reprendre sa position initiale, soupire, me regarde avec méfiance et ferme les yeux. Ses sourcils étaient toujours froncés, il soupire encore, toujours aussi tendu. Je n'avais pas fait attention, mais ma main est toujours sur son poignet et la sienne la tient fermement en place. Je le sentais raide sous mes doigts, les nerfs à vif pour le maintenir prêt à bondir.
D'un geste mécanique, entreprend un léger va et viens avec mon pousse pour le pousser à lâcher prise et à se détendre. Ses traits lâchent enfin… Ses épaules s'abaissent, son front devient lisse et son souffle calme.
- Reposez-vous, je vous préviendrai quand les autres seront réveillés.
J'ai laissé glisser sa main sur la mienne à contre cœur. Attarder mes yeux sur son visage qui plongeait déjà en méditation. Je l'ai trouvé beau à chaque seconde, détaillant son visage pour m'en nourrir. Cette peau crème si pâle, ses lèvres rosées fines et bien dessinées, son nez et ses sourcils droits et par-dessus tout, ce qui m'attirait irrémédiablement, cette mâchoire délicate et virile. Elle renvoyait un tel charisme qu'il me faisait perdre pied… À chaque instant je l'ai dévoré des yeux et soupiré de tristesse à la pensé que le seul amour que je ressentirai, lui était offert sur un plateau d'argent. Qu'il me tenait au creux de sa main sans le savoir… Pour l'éternité…
Je me suis levée pour fuir et regagner ma place initiale… Me détourner totalement pour regarder le noir sans fin, sans bruit… Tournant mon regard de temps en temps vers l'elfe immobile derrière moi. Les heures ont défilé, j'ai entendu les pas doux sur le sol, les pas de Gollum sans doute, mais je n'arrivais pas à identifier leur provenance. J'ai pris Laureline en me levant, assemble la lame et la pose pointe au sol en laissant reposer mes mains sur la poignée comme à mon habitude.
Je fouille chaque ombre, chaque recoin, mais ne voit rien, seul le drone se balade calmement autour de nous, dans un petit son volatil… Plus aucun son ne me parvient, visiblement Gollum ne se montrera pas cette nuit non plus…
Estel s'est levé en premier, je l'ai regardé faire en ayant aucune idée de l'heure qu'il pouvait bien être.
- Comment était la garde?
- Calme… J'ai entendu Gollum, mais celui-ci à pris peur en voyant Laureline je crois. Dis-je avec un petit sourire.
Il tourne son regard vers Legolas toujours assis.
- Je vais aller le réveiller… Enfin le réveiller, le sortir de sa méditation. Dis-je en me levant difficilement.
- Oh, alors tu as réussi?
- Mon compagnon oui, je lui ai donné mes écouteurs pour la nuit. Dis-je en désignant mes oreilles. "Chants d'oiseaux, eau qui coule, bruit de la forêt quoi".
- Je vois.
Il me fait un doux sourire alors que je me détourne de lui.
- Il est rare que Legolas fasse confiance aussi facilement.
- Aragorn ça n'a rien à voir avec la confiance, il était désespéré…
- Peut-être oui…
Je me suis approchée de l'elfe doucement et me place devant lui, comme lorsque je l'avais quitté. J'ai passé ma main pour prendre la sienne et caressé doucement sa peau avec mon pouce. Ses sourcils se sont froncés un instant et un long soupir calme est sorti de ses narines. Le bleu m'a prise en un instant, ce bleu si profond, clair et brillant… Mon souffle s'est perdu sur le bord de mes lèvres alors qu'il refermait sa main sur la mienne. Sa peau était tellement chaude qu'elle brûlait mon cœur.
Chaque seconde me paraissait des heures, et j'aurais pu rester comme ça une éternité à le dévorer des yeux… Mais la contemplation était finie… J'ai passé un doigt sur le bracelet pour arrêter le manège qui tourmentait mon âme… Arrêter l'instant imaginaire qui n'existait que dans mon cœur.
- Estel est debout et les autres ne vont pas tarder à se réveiller. Avez-vous pu récupérer un peu? Dis-je.
Il fronce les sourcils, serre encore ses doigts sur les miens, quand le liquide descend dans son cou avant de me répondre.
- Pas assez, mais ce sera largement suffisant pour deux jours. Dit-il.
Délicatement, j'ai retiré ma main et récupéré le bracelet avant de me lever. Il m'a suivi dans mon mouvement en reprenant son arc. J'allais partir sans rien ajouter, surtout me tenir le plus loin possible de lui et retrouver un rythme cardiaque normal… Mais il attrapa mon bras d'un geste ferme.
- Merci. Dit-il en faisant un signe de gratitude solennel.
- Avec plaisir Legolas. Lui offrant le même geste. N'hésitez pas si vous souhaitez de nouveau méditer.
Il fait un signe de tête et je me suis retournée pour rejoindre Estel et les autres qui se levaient à leur tour. J'ai croisé un instant le regard de Gandalf, il affiche un sourire malicieux que je ne comprends pas le moins du monde avant de déposer le chapeau sur sa tête.
Et on a encore marché… Heure après heure… Certains sentiers étaient escarpés en longeant ce qui devait être les zones d'extraction du minerai.
- La richesse des nains ne vient pas de l'or ou des joyaux, mais du Mithril. Bilbon avait une cotte de mailles en Mithril que Thorin lui avait offert, je ne lui ai jamais dit, mais sa valeur dépassait celle de la conté entière. Ce métal est d'une valeur inestimable, d'ailleurs, le roi Thranduil a déclaré la guerre aux nains pour mettre la main sur les galeries d'Erebor.
- Mon père m'a raconté cette histoire, la bataille des cinq armées. Comme quoi les elfes sont bien cupides en réalité.
- Le roi Thranduil est cupide Gimli, tous les elfes ne sont pas comme lui. Dis-je en posant la main sur son épaule.
- Vous ne savez rien de mon père et je vous interdit de prononcer son nom. Dit Legolas finalement.
La méditation lui a redonné de l'énergie on dirait…
- Je prononce le nom de qui je souhaite… Dis-je en me retournant. "Et j'en sais suffisamment sur votre père pour affirmer cela, car j'ai lu la cupidité dans ses yeux et le passé ne peux changer cette facette de sa personnalité."
Il prend mon bras fermement les yeux brûlant de colère.
- Un mot de plus et je vous coupe la tête titan.
- ça suffit vous deux! Crit Gandalf en brandissant son bâton. "Legolas, Maliha n'a rien à voir avec votre famille et les drames qu'elle à pu vivre et Maliha, vous parlez d'un des plus grand roi de cette terre alors modérez vos propos!"
Il me fusillait du regard sans ciller… Mais pour une fois, comme la dernière fois, je n'ai pas voulu m'avouer vaincue, alors je n'ai pas baissé les yeux. Tôt le matin j'avais eu droit à un "merci", et maintenant j'avais droit à une mise à mort… Toujours la même chose, toujours cette haine tapie derrière la bienveillance. Prête à bondir pour mieux me mettre à terre et j'ai détourné les yeux en arrachant mon bras.
J'ai croisé le regard désolé d'Estel en passant à côté de lui et la colère s'est intensifiée… J'ai marché en silence, ruminant ma colère, jusqu'à ce que Gandalf reste dubitatif devant trois portes.
- Je ne me souviens pas de cet endroit… Murmure-t-il
- Sommes nous perdu? Demande Pippin.
- Non, mais je suis fatigué, alors arrêtons-nous le temps que je réfléchisse. Dit-il en posant son chapeau à terre.
Avant qu'il ne puisse s'asseoir, les hobbit se sont dirigés vers une petite salle à proximité du passage.
- Attendez! Dis-je en allant vers eux. "Je passerai en premier, on ne sait jamais."
C'était un poste de garde visiblement, petit et délabré avec un puits en son centre.
- Il serait plus convenable de dormir ici vous avez raison. Dis le Gondorien en arrivant à côté de nous.
Nous nous sommes finalement regroupés dans la petite pièce pour la nuit, celle qui devait être, selon mes calculs, la dernière de cette longue traversée. Nous avons installé le camp en silence, la marche avait été dure aujourd'hui, les sentiers avaient été étroit, nous obligeant à passer en file indienne et à surveiller chacun de nos pas. L'obscurité me piquait plus les yeux que d'habitude et la lumière commençait vraiment à me manquer. Elle me rendait irritable et anxieuse…
Plouf…
Nous nous sommes tous retournés et mon sang n'a fait qu'un tour. Pippin se tenait là, devant le puis, regardant le fond son visage se décomposant en comprenant l'erreur qu'il venait de faire comme un idiot.
- Je suis désolé… Il murmure en s'écartant.
- Touque stupide! Croyez-vous que c'est un voyage découverte? Jetez-vous dedans la prochaine fois, ainsi vous ne générez plus personne avec vos gestes insensés!
J'ai respiré avec soulagement avant de les entendre.
Tap-dan… Tom-tap … Tom-tap…
- ça c'est un bruit de marteau… Ou je ne suis pas un nain… Murmure Gimli.
J'étais immobile… Ma main a tremblé légèrement en prenant Laureline derrière mes reins. Mais c'était de nouveau le silence, plus rien hormis nos respirations ne remplissaient la salle.
- Oui et dans tous les cas ça vient de s'arrêter… Dit Boromir.
- Pippin ne touchez plus à rien! Espérons passer la nuit sans problèmes…" Lance Gandalf.
- Je surveillerai cette nuit. Dis-je
- Non Maliha, je crois que c'est à Pippin de surveiller cette nuit, ce sera sa punition. Dit le magicien.
Le hobbit fit la moue et j'ai regardé Aragorn légèrement paniquée.
- Ne t'inquiète pas, tu seras la première informée en cas d'attaque. Dit Aragorn en me tapant sur l'épaule.
- Très bien…
- Repose-toi, tu es à cran.
- Hum…
Un moment j'ai regardé Pippin sans trouver le sommeil, il fut bientôt rejoint par Gandalf et la dernière image qui m'est parvenue avant de m'endormir, ce fût le magicien en train de fumer.
La nuit a été agitée comme d'habitude, des rêves sombres à n'en plus finir et quand Estel m'a réveillée j'ai bien cru ne pas m'être endormie au final. Une fois tous levés, nous nous sommes rassemblés devant les trois portes.
- Bon, nous allons prendre le chemin de droite. Dit-il.
- Vous vous souvenez du chemin? Demande Merry.
- Non mon cher, mais je n'aime pas la voie du milieu et à gauche l'odeur ne me dit rien qui vaille. Alors nous allons grimper un peu. Dans le doute Meriadoc il faut toujours faire confiance à son flaire.
Le magicien me fit sourire doucement et nous sommes repartis pour la dernière journée de marche. Dans l'hypothèse où nous avions pris le bon chemin… Visiblement nous étions tombés sur une route principale, car il était beaucoup plus facile de marcher, le chemin était plus large et ne desservait que très peu d'autre passage. Bien que nous grimpions, les heures défilaient sans que nous ne voyions une possible sortie. Soudain nous n'étions plus entouré par les murs des larges couloirs et il m'était difficile de comprendre où nous étions tombé.
- Ah visiblement je ne me suis pas trompé de chemin. Commence le magicien. "Nous sommes dans les parties habitables de la mine, mais nous sommes beaucoup trop haut, il nous faut descendre un peu pour rejoindre la porte et à en juger par l'atmosphère qu'il règne ici nous devons être dans une grande salle. Risquons-nous à faire un peu de lumière mes amis."
Les ombres ont disparu, révélant ainsi des colonnes immenses et robustes. Je n'ai aucune idée de la taille de cette salle, mes yeux n'arrivaient pas à en deviner la fin… Et cette hauteur… L'air chaud passait dans mes cheveux, un air presque brûlant avec une odeur de renfermé.
Nous avons marché à travers les vastes colonnes et Gimli nous chanta une chanson de sa voix grave. Les hobbits étaient heureux et l'accompagnaient avec joie, un sourire passa sur mon visage en pensant que nous allions bientôt sortir de ce trou. Mais d'un coup le nain s'arrêta. Sans aucune raison apparente il s'est précipité entre les colonnes en courant pour atteindre une salle dont sortait une lumière aveuglante.
- Gimli! Crit le magicien.
Nous l'avons suivi à contre cœur pour faire une découverte macabre. C'était une petite salle, remplie de cadavre, en son centre, dans la lumière aveuglante, était disposé un grand tombeau de marbre blanc. Gimli s'est agenouillé devant en pleurant toute les larmes de son corps.
C'était écrit dans une langue que je ne connaissais pas, mais Gandalf en s'approchant nous traduit l'inscription d'une voix triste.
- Ici gît Balin, seigneur de la Moria.
Mon cœur s'est tordu tristement… Alors Balin est finalement mort… Les souvenirs du sourire malicieux du nain m'ont prise et j'ai baissé la tête en signe de respect, main sur le cœur.
- C'est ce que je craignais… Murmure Gandalf.
- Il faut avancer… Dit doucement Legolas à Aragorn derrière moi. Ne pas nous attarder ici…
Gandalf récupéra un vieux livre des mains d'un ossement et le feuilleta attentivement. L'ombre grandissait dans mon esprit et les paroles de Legolas ne me semblaient plus appropriées…
- Ils ont pris le pont et la deuxième salle. Il commence d'une voix grave. "Nous avons barricadé les portes, mais cela ne les retiendra pas très longtemps. Une ombre s'avance dans le noir… Nous ne pouvons plus sortir…"
J'ai regardé derrière moi comme si une ombre y était tapis dans l'obscurité, mais je n'ai croisé que les yeux de Legolas. Il m'offre un regard tendu avant que je ne me détourne de nouveau.
- Nous ne pouvons plus sortir, ils arrivent.
Les secondes sont passées, les unes après les autres et j'ai sursauté de peur quand le magicien à brusquement fermé le livre
- Bien ne nous attardons pas ici…
Dooom, dom, dom
Le voix de Gandalf se perd.
Ma respiration se bloque.
Dom, dom, dom, dooom
Un échange de regards terrifiés des hobbits.
Le mien avec Estel et Boromir…
Les murs qui vibrent et le cauchemar commence.
OOO
J'espère que ça allait, pas trop soporifique ?
Il y aura plus d'action pour la suite, on va changer de rythme. héhé
A bientôt pour le prochain chapitre!
La bise.
