Les jours passaient et Anthéa était relativement tranquille, car Roman ne venait pas la déranger. Il lui faisait livrer des tonnes de fleurs et de cadeaux, mais il ne venait pas en personne, ce qui était déjà une bonne chose. La blonde était presque déçue au fond d'elle-même que le criminel ne vienne pas la voir, que de si entreprenant il soit devenu si distant. Elle s'était attendue à ce qu'il se batte plus fort, mais peut-être qu'au fond c'était pire, qu'il faisait simplement semblant d'être en retrait pour mieux la prendre au piège après ! Anthéa sentait que c'était plutôt cette stratégie qu'il avait mise en place, mais elle ne savait pas encore à quel moment il refermerait ses griffes sur elle. Il se montrait bien présent, mais pas étouffant en venant en personne pour déranger sa belle. Ainsi il restait constamment dans son esprit mais sans non plus imposer sa présence directement, Anthéa devait avouer qu'elle trouvait cela brillant ! Cet homme savait vraiment comment faire craquer une femme, comment faire en sorte qu'elle devienne obsédée par lui, qu'elle attende avec impatience le moindre signe de lui, et qu'elle espère désespérément qu'il vienne enfin la voir. En attendant la blonde continuait de faire sa vie en profitant des attentions de son amant, et savourait chaque moment qu'ils passaient ensemble, pour les fois où Roman daignait enfin venir la voir directement.


Deux semaines plus tard, alors qu'elle rentrait de courses, elle vit la voiture de Roman garée devant son immeuble. Elle soupira et vit le malfrat sortir de son véhicule. Il s'approcha :

-Bonjour ma beauté.

-Bonjour Roman.

-Je peux monter ?

-Je n'ai pas beaucoup de temps, j'ai commencé un autre boulot et je vais devoir partir.

-Menteuse, je sais très bien que tu n'as commencé aucun autre boulot puisque je suis au courant de tout ce qui se passe dans Gotham City. Tu essayes de m'éviter ma jolie ?

-Je n'essaye pas, puisque je sais que même avec tous mes efforts ça ne changerait rien.

Le roux sourit d'un air amusé :

-En effet, tu n'y arriveras pas. Alors, je peux monter ?

-Oui.

La blonde soupira d'un air résigné et ouvrit la porte. Elle appela l'ascenseur et entra dès que les portes furent ouvertes. Roman entra à son tour et la prit aussitôt par la taille, la plaquant contre la paroi de la petite cabine. Il l'embrassa aussitôt dans le cou :

-Tu m'as tellement manqué ! Je devenais fou de ne pas te voir ! Mille fois je me suis retenu de venir, mais là je ne pouvais plus.

La danseuse soupira d'aise, elle avait toujours été extrêmement sensible aux baisers dans le cou, ou aux oreilles. Roman semblait l'avoir compris, car c'étaient les endroits qu'il privilégiait. Le criminel continua ses baisers, et d'une main la jeune femme appuya sur le bouton de son étage. Roman passa une main sous sa jupe, et de l'autre appuya sur le bouton qui bloquait l'ascenseur :

-Maintenant que je t'ai contre moi je ne vais certainement pas perdre l'occasion de profiter au maximum de ton magnifique corps !

Il lui remonta sa jupe et la lui retira. D'une main experte il commença à la caresser puis ne tarda pas à lui faire l'amour. La jeune femme se laissait faire, car elle savait qu'elle allait prendre beaucoup de plaisir avec lui. Une fois qu'ils eurent tous les deux atteint l'orgasme, il appuya à nouveau sur le bouton pour relancer l'ascenseur. Il gardait un bras autour de la taille d'Antéa. Celle-ci enfouit son visage dans son cou, elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle se sentait câline tout à coup. Le bandit eut un sourire de satisfaction, et l'ascenseur s'arrêta bientôt pour ouvrir ses portes. Il prit les sacs de courses et la jeune femme alla ouvrir son appartement. Ils entrèrent et la jeune femme commença à ranger ses achats. Roman se permit de faire le tour des lieux et soupira d'un air triste :

-C'est un lieu pitoyable, je ne peux pas supporter que tu vives dans un tel trou à rat !

-Moi ça me convient parfaitement.

-Ça ne devrait pas ! Tu mérites les plus beaux châteaux ma belle, rien de moins ! Laisse-moi t'offrir une résidence digne de toi.

-Merci mais ça ira.

-Alors laisse-moi payer des travaux pour que ce soit salubre au moins !

-Si tu veux, de toute façon je sais que tu ne me laisseras pas tranquille sur ce sujet tant que je n'aurais pas accepté au moins une des options.

-J'aimerais que tu deviennes ma petite-amie officielle.

-Et moi je ne veux pas, car si je le deviens, ça veut dire que je deviendrai ta complice, or j'ai refusé de suivre la voie de la criminalité quand j'ai été en âge de décider de ma vie.

-Et si je ne te raconte pas ce que je fais ? Comme ça tu ne pourras pas être ma complice. Tu seras ma petite-amie, mais tu ne seras au courant de rien.

La blonde devait avouer que la proposition était tentante, mais elle avait peur de s'engager avec lui. Roman passa sa main sous sa joue :

-Je pourrai te rendre heureuse, j'en suis sûr.

-D'accord, je veux bien essayer. Mais tu dois me promettre qu'il n'y aura pas de représailles si jamais ça ne fonctionne pas entre nous.

-Je te le jure sur tout ce que j'ai de plus précieux.

-D'accord.

La jeune femme hocha la tête et l'embrassa :

-Je veux être libre de mes choix et de mes activités, même si je suis avec toi.

-D'accord, tout ce que tu voudras. Crois-moi, c'est plutôt moi qui serai ton esclave que l'inverse, tu pourras tout obtenir de moi.

-Et pourquoi ça ?

-Parce que je suis dingue de toi, aucune autre femme ne m'avait fait cet effet auparavant.

La jeune femme ne put retenir un sourire, il était si étrange. En privé il semblait loin du meurtrier criminel qu'il était habituellement. Avec elle, il était tendre et doux. Anthéa finit de ranger ses courses et se tourna vers lui. Roman lui sourit :

-Que veux-tu faire ?

-Je ne sais pas trop, je ne travaille pas ce soir.

-Alors que dirais-tu d'une promenade et ensuite d'un dîner ?

-Bonne idée.

-Super, alors on y va.

-Je vais me changer d'abord, j'arrive.

Elle lui fit un clin d'œil et partit dans sa chambre. Elle revint ensuite dans le salon auprès de lui et lui sourit. Elle portait une petite robe bleue à paillettes s'arrêtant à mi-cuisses et des escarpins aux talons vertigineux. Le malfrat sourit :

-Ça valait le coup d'attendre !

Elle était magnifique, il s'approcha et l'embrassa tendrement avant de quitter l'appartement. Ils allèrent marcher dans la partie la moins mal famée de la ville, puis l'emmena dîner dans un restaurant qu'il aimait beaucoup. Anthéa sourit, elle ne savait pas trop pourquoi mais elle aimait assez passer du temps avec lui. Il discutait bien, de tout et de rien. La jeune femme était surprise de constater qu'il était assez doux et romantique avec elle. Il était loin de son comportement de meurtrier intimidant habituel. Ils dînèrent donc tranquillement, puis il la ramena chez elle. La blond lui proposa de monter car il n'avait rien tenté de la soirée alors elle voulait le récompenser. Elle passa une merveilleuse nuit avec lui, et s'endormit même dans ses bras.


Les semaines passaient et Anthéa voyait régulièrement Roman. Plus elle apprenait à le connaître et plus elle lui trouvait de bons côtés. Elle n'oubliait pas ce qu'il faisait pour gagner sa vie, mais elle découvrait la vraie personne, et elle trouvait ça très agréable. Ça l'inquiétait en même temps, car elle trouvait très étrange de trouver un dangereux criminel gentil et adorable. Car il la couvrait de petites attentions, et il respectait sa demande d'avoir de l'espace. Elle aimait échanger des messages avec lui quand ils ne se voyaient pas, il avait beaucoup d'humour et elle riait souvent en lisant ses messages. Étrangement Roman était un excellent petit-ami, il lui offrait des fleurs, lui envoyait des messages romantiques, l'invitait à des promenades en amoureux et à des dîners aux chandelles. Il avait également compris la leçon et ne lui offrait rien qui ait été volé. Anthéa lui avait fait comprendre qu'elle était contre, elle avait refusé plusieurs fois des cadeaux quand elle s'était douté qu'ils étaient le fruit de braquages. La jeune femme avait arrêté d'être danseuse, car Roman avait un tempérament jaloux, et que la blondinette avait trouvé un autre boulot. Elle était à présent vendeuse dans une boutique de cosmétiques. Tout le monde avait peur car les rumeurs circulaient vite et tout le monde savait qu'elle était la petite-amie de Roman. Il fallait dire que le roux faisait en sorte de se montrer avec elle car il la trouvait sublime et voulait que tout le monde puisse voir qu'elle était avec lui.

Anthéa sortit de la boutique, la ferma et rentra chez elle. Elle se fit couler un bain et son téléphone sonna, c'était Roman. Elle décrocha en souriant :

-Salut mon chou.

-Comment ça va ma beauté ? Tu as eu une bonne journée ?

-Ça va, je me fais couler un bain pour me détendre.

-Très bien ça, tu veux qu'on se voit ce soir ?

-Si tu veux, mais je ne veux pas que ce soit prise de tête, je n'ai pas envie de devoir me pomponner.

-Pas de soucis ma chérie, j'arrive dans une heure avec le dîner.

-D'accord, à tout à l'heure.

-Je t'aime.

Anthéa resta silencieuse, elle ne s'était pas attendue à ce qu'il lui dise ça, car ils n'étaient pas ensemble depuis longtemps. De plus ils ne s'étaient jamais avoué de quelconques sentiments, alors cette déclaration venait de lui éclater au visage. Elle finit par répondre :

-A tout à l'heure, je t'embrasse.

Elle ne se sentait pas prête à lui dire qu'elle l'aimait, car elle n'était pas sûre d'être amoureuse de lui. Elle prit son bain, puis enfila un pyjama douillet composé d'un pantalon en matière douce légèrement spongieuse et un t-shirt trop grand qu'elle avait piqué dans l'armoire de Roman un soir. Elle fit un peu de rangement et on sonna à la porte. La jeune femme alla ouvrir et sourit au criminel. Il l'embrassa en souriant, il tenait deux boites de pizzas à la main. Il la prit par la taille d'un bras et ils entrèrent. La blonde lui mordilla la lèvre :

-De la pizza, c'est trop bien !

-J'étais sûr que ça allait te plaire.

Il se mit à rire et ils s'assirent sur le canapé. La blonde alluma la télé et lança un film au hasard. Elle mangea de la pizza tout en discutant avec son amant et en regardant la télé. Après avoir fini de manger elle se blottit contre lui, et Roman passa son bras autour de son épaule. Il lança tout en fixant la télé :

-Tu sais ce que je t'ai dit tout à l'heure... je ne veux pas que ça te mette la pression ma chérie.

-Je sais, mais ça va. Je ne m'y attendais pas, mais c'était agréable à entendre.

-Je ne t'en veux pas de ne pas m'avoir dit que c'était réciproque, je sais que ça prend du temps.

La jeune femme tourna la tête et l'embrassa en caressant son torse. Elle lui murmura :

-J'aime passer du temps avec toi, mais pour le moment je ne peux pas dire que j'ai un sentiment fort pour toi pour le moment.

-D'accord, y a pas de soucis ma chérie.

Il l'embrassa et resserra son étreinte autour d'elle, il aimait cette simplicité et cette proximité. La jeune femme regarda la télé et une fois le film terminé, elle se tourna vers lui :

-Tu veux rester dormir ?

-Avec plaisir, mais je ne veux pas que tu te sentes obligée de m'inviter.

-Je ne me sens pas obligé mon chou, j'ai vraiment envie que tu reste.s

-Alors j'en suis d'autant plus ravi.

Il l'embrassa et ils partirent pour la chambre. Ils se couchèrent, firent l'amour et s'endormirent dans les bras l'un de l'autre. Roman resta un long moment à caresser son corps avant de dormir lui aussi.

Le lendemain la jeune femme leur prépara le petit-déjeuner et ils mangèrent tranquillement avant qu'ils ne partent tous les deux au travail. La blonde était heureuse de ne rien savoir sur le boulot de son compagnon, il tenait parole et ne lui racontait rien de ce qu'il faisait. Anthéa lui en était très reconnaissante car elle ne supportait pas le fait qu'il soit criminel, mais elle ne pouvait pas le changer. Elle voulait simplement qu'ils laissent leurs boulots de côté, qu'ils n'en parlent pas. Ça fonctionnait très bien ainsi, la jeune femme devait bien l'avouer. Il était remarquable.


Le temps continuait de passer, et la blonde fut enfin prête à franchir le cap. Elle était en train de dîner avec Roman lorsqu'elle lança :

-Je t'aime Roman.

Roman lui sourit, se pencha au-dessus de la table et l'embrassa. Ils finirent de dîner, puis il l'emmena au théâtre. La jeune femme sourit lorsqu'il prit sa main dans la sienne et entremêla leurs doigts. La blonde sourit et profita de ce moment avec son bel amant. Elle adorait la simplicité dont le criminel savait faire preuve, franchement, elle était impressionnée de voir qu'il pouvait être si différent en privé ! Quand il était son patron elle n'aurait jamais pu imaginer qu'il avait ce côté en lui. Une fois devant l'immeuble de la blonde, le criminel mit un genoux à terre et sortit un écrin de sa poche :

-Anthéa, ma magnifique chérie, acceptes-tu de m'épouser ?

-Je... waouh... c'est impressionnant !

-Ça veut dire non ?

-C'est pas ça, je suis juste surprise, car chaque fois que je me dis que tu ne vas plus réussir à me surprendre, tu y arrives. Et aussi étrange que faire ta demande maintenant, je vais accepter ta demande.

Le roux sourit, lui passa une bague au doigt et le fit se lever. Roman la prit par la taille et l'embrassa avec fougue. Après ça il recula car son téléphone sonnait, il soupira :

-Je dois y aller, c'est le boulot ma chérie. On fêtera nos fiançailles plus dignement ma princesse. Je t'aime.

Il l'embrassa, monta en voiture et le chauffeur démarra aussitôt. Anthéa soupira et monta dans son appartement. Elle se coucha la mort dans l'âme, elle aurait préféré avoir son fiancé à ses côtés pour cette nuit après demande en mariage plutôt que de le voir fuir à toutes jambes pour son travail malhonnête.


Quelques mois plus tard la jeune femme s'installa chez Roman, et ils se marièrent dans la foulée. Elle était heureuse car le roux l'avait aidée à tout organiser, il n'avait pas lésiné sur le luxe, avait dépensé sans compter et avait été très sérieux dans toute cette histoire.

La blonde fit sa grande entrée dans sa magnifique robe de mariée immaculée. De son côté Roman portait un costume bordeaux avec une chemise noire. Il était magnifique et très élégant, Anthéa eut presque le vertige tant il était beau. Roman tourna la tête vers elle et sourit, avec même les larmes aux yeux, devant l'apparition face à lui. Anthéa s'arrêta à côté de lui et la cérémonie commença. Le couple échangea les vœux, les alliances et s'embrassèrent, ils étaient enfin mari et femme. Roman prit sa femme dans ses bras et sourit :

-Alors, es-tu heureuse d'être madame Sionis ?

-Oui, même si j'avoue que j'ai peur de ce que l'avenir nous réserve. Je ne peux pas te demander d'arrêter ta carrière car je n'ai pas à le faire, mais je ne peux m'empêcher de me dire que tu risques de mourir chaque fois que tu sors de chez toi, que ça peut me retomber dessus, ou sur nos enfants si jamais on fonde une famille. Ça me fait peur Roman. Car j'aimerais avoir des enfants, mais je refuse de me dire qu'ils seront élevés par un criminel. Car même si je sais que tu l'es, je suis assez grande pour me défendre toute seule, mais je refuse de mêler des enfants innocents à ça.

-Je comprends ma chérie, je suis désolé. J'aurais préféré être un homme normal, ça aurait été plus simple à bien des égards, mais je ne peux pas changer le passé. Et ça m'amène à mon cadeau de mariage pour toi, viens.

Il l'emmena hors de la piste de danse et s'enferma dans une pièce à côté. Il lui tendit une grosse enveloppe brune. La jeune femme arqua un sourcil :

-Mais qu'est-ce que c'est ?

-C'est pour toi, ouvre s'il te plaît.

La blonde était très intriguée, elle ouvrit donc l'enveloppe et commença à parcourir rapidement les documents. Elle écarquilla les yeux :

-Mais... est-ce que c'est ce que je crois ?

-Oui, j'ai passé un accord avec la police pour être placé sous le programme de la protection des témoins, en échange je quitte le milieu du crime. Bon, en contrepartie je dois aussi rendre tout ce que j'ai pu voler : argent, œuvres d'arts, bijoux... je vais changer d'identité et devenir pauvre, mais je voulais un nouveau départ pour toi. Je savais à quel point tu souffrais que je sois dans la pègre, alors j'ai décidé d'arrêter, car je t'aime plus que je n'aime mon statut de grand méchant.

-Oh mon amour merci !

Elle le serra dans ses bras et l'embrassa follement, elle était au comble du bonheur. Il l'observa :

-Tu m'aimes toujours en sachant qu'on va tout perdre et qu'on va devoir déménager ?

-Bien sûr que je t'aime toujours ! Je t'aime encore plus même, car il fallait tellement de courage pour prendre une telle décision !

-Je sais, mais je n'ai pas peur, je veux simplement ton bonheur, ma petite femme d'amour.

Il sourit et la serra dans ses bras. Ils repartirent danser, en réalité c'était leur dernière soirée dans le luxe, car après le week-end, le programme de protection allait être mis en place. Le couple allait devoir déménager à la campagne, à l'autre bout du pays, changer de nom, trouver de nouveaux emplois... et Roman devait suivre une thérapie, c'était la dernière condition pour qu'il puisse bénéficier du programme. Car il était évident que même si il était parfait avec Anthéa, il souffrait de graves troubles psychiatriques, puisqu'il était tout de même un tueur fou. La blonde voulait que leur nouvelle vie soit parfaite, et par conséquent, elle ferait son possible pour le soutenir.


Le couple Sionis était à présent rebaptisé Ewan et June McGregor. La jeune femme avait trouvé un emploi d'assistante couturière alors que son mari avait trouvé un emploi de soigneur animalier dans un zoo. Être en présence d'animaux lui faisait de bien, ça l'aidait dans sa thérapie.

La blonde était heureuse de cette nouvelle vie, elle adorait la maison que la police leur avait fournie. Ils étaient dans une demeure simple avec trois chambres, un salon qui faisait salle à manger, une cuisine, une salle de bain et une pièce dont ils pouvaient faire un bureau, une pièce pour faire du sport ou toute autre chose. Il leur fallut un moment pour s'habituer à leur nouvelle vie et à leurs nouvelles identités, mais ils s'y faisaient peu à peu. Le couple commençait même à s'appeler avec leurs nouveaux prénoms, même dans le privé. Ils voulaient que tout fonctionne pour le mieux, même si ils étaient constamment surveillés par le shérif de la ville et son équipe.

La maison était sous vidéo surveillance, sauf dans les endroits trop intimes, et une fois par semaine, le shérif venait les voir pour faire le point sur leur vie ici. Il devait aussi vérifier auprès du psy que tout allait bien, que Roman suivait bel et bien sa thérapie, et surveillait aussi que tout se passait bien dans les boulots du couple. Les patrons étaient des réservistes dans les forces de l'ordre, ils avaient donc été mis dans la confidence, et c'est pour ça que Roman et Anthéa avaient été dirigés vers ces deux emplois quand il avait été nécessaire qu'ils trouvent du boulot pour ne pas trop éveiller les soupçons de leurs voisins. Le couple avait dû apprendre une nouvelle histoire sur leur rencontre, sur leurs vies depuis leur naissance, leurs photos avaient été modifiées pour ne pas montrer qu'ils avaient vécu sur Gotham, et toute trace de Roman dans la presse ou toute autre forme avait été effacée. Avec de la chance personne ne les reconnaîtrait ici car la petite ville comptait un peu moins de deux mille habitants, le zoo était le seul endroit digne d'intérêt dans les environs. Mais à part ça, la plupart des habitants travaillaient dans des ranchs, dans l'élevage bovin, au zoo, dans le restaurant de la ville, dans le bar ou dans les quelques boutiques. La blonde aimait beaucoup le calme de cette petite ville où rien ne se passait, tout était calme et se ressemblait et ça lui faisait un bien fou.


Anthéa rentra du boulot et commença à préparer le dîner. Roman rentra lui aussi et l'embrassa tendrement, déposant un sac de courses sur le comptoir de la cuisine. La blonde sourit :

-Tout va bien mon amour ?

-Oui merci, le psy dit que j'avance bien. On a trouvé d'où venait mon problème, et donc on travaille dessus.

-Très bien ça, je suis fière de toi mon amour.

Elle l'embrassa et lança :

-Ce soir j'ai prévu risotto, ça te va ?

-Oui c'est parfait ma chérie. Je me suis arrêté en chemin pour faire les courses car j'ai vu qu'il nous manquait quelques petites choses.

-C'est très gentil de ta part, merci mon amour.

Roman rangea les courses, puis mit la table. Ils mangèrent et regardèrent la télé avant d'aller coucher. Le roux serra sa femme dans ses bras et l'embrassa tendrement :

-Je t'aime, cette vie est absolument formidable avec toi ma chérie. Je ne me suis jamais senti aussi bien et reposé de ma vie. Si j'avais su j'aurais contacté la police bien plus tôt ! Il m'a fallu attendre presque deux ans avant de trouver le courage de venir te parler. Dès que je t'ai vue danser la première fois je suis tombé amoureux de toi, mais j'ai aussi tout de suite vu que tu étais différente, qu'avec toi mon statut ne suffirait pas pour que tu tombes sous mon charme. Alors j'ai attendu, et ce soir de Fête, j'ai décidé de franchir le pas.

La blonde l'observa et sourit :

-Je suis contente que tu aies fait ce premier pas mon amour ! J'aime beaucoup qu'on puisse construire le début de notre mariage sur des bases solides. Ici au moins on va pouvoir se découvrir sans une menace pesant constamment au-dessus de nos têtes à propos de la Justice qui risquait de te tomber dessus.

-Je sais, c'est une bonne chose tout ça mon ange. Et au moins ici, on va pouvoir passer à un autre projet et une autre étape.

-Ah oui ?

-Oui, maintenant que je ne suis plus un criminel on peut fonder une famille, ou c'est trop tôt ?

-Non, c'est une excellente idée mon amour.

La blonde lui sourit et le serra dans ses bras. Elle avait du mal à croire que son mari et l'ancien patron du club de strip-tease dans lequel elle avait travaillé étaient la même personne. Le criminel était loin maintenant, alors que pourtant ils n'étaient dans ce programme que depuis trois mois ! Anthéa avait l'impression qu'une éternité s'était écoulée depuis leur rencontre un peu plus d'un an plus tôt.


Quelques semaines plus tard la jeune femme organisa un repas romantique pour son mari. L'ancien criminel rentra et la regarda en souriant :

-Qu'est-ce qui se passe ma chérie ? Ce n'est pas notre anniversaire de rencontre, ni celui de notre mariage, ni notre anniversaire tout court, la Saint Valentin... alors quoi ?

-Bah simplement parce que je t'aime mon amour.

Elle l'embrassa et ils dînèrent. Au dessert, elle déposa devant lui un cupcake avec dessus un dessin en glaçage représentant une tétine et lui tendit une petite boite. Le roux arqua un sourcil et ouvrit la boite. Il y avait un petit pyjama avec écrit dessus « L'ange de mon papa ». Roman releva la tête vers sa femme :

-C'est ce que je crois ?

-Oui, je suis enceinte, je viens de l'apprendre.

-C'est merveilleux, c'est la meilleure nouvelle de ma vie après que tu aies accepté de m'épouser ma chérie. Je t'aime tellement !

Il se leva et la prit dans ses bras en l'embrassant. Décidément leur vie avait pris un tournant merveilleux. Ils profitèrent de la fin de soirée, ils avaient hâte de devenir parents. Ils commencèrent à imaginer leur vie avec un enfant, à réfléchir à des prénoms et à tous les changements que ça apporterait dans leur vie. La jeune femme fut particulièrement touchée lorsque son mari lui avoua qu'il avait hâte de la voir avec un gros ventre de femme enceinte, qu'elle serait encore plus belle ainsi.


Anthéa donna naissance à des jumeaux, un garçon et une fille. Les deux bambins étaient magnifiques, Roman était absolument gaga de ses enfants. La blonde aimait le voir avec eux, il était un excellent père, elle était vraiment chanceuse de l'avoir. De plus Tom et Mia étaient adorables, ils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau tout en ayant un peu de leurs deux parents en eux. La vie était étrange parfois, mais il arrivait que tous les morceaux se mettent enfin en place. En effet, de strip-teaseuse elle était devenue la petite-amie d'un malfrat, puis sa femme, puis ils étaient passés dans le programme de protection des témoins, avaient dû commencer une nouvelle vie en apprenant une nouvelle histoire, puis ils avaient fondé une famille. Mais aujourd'hui ils avaient enfin trouvé l'équilibre qu'il leur fallait pour être heureux.

Leurs bébés grandissaient tranquillement et ils allaient être très heureux tous ensemble, tout se passerait pour le mieux, Anthéa le sentait. En attendant elle regarda son mari endormi avec leurs deux enfants assoupis sur son torse. Ils étaient si adorables, son cœurs fondit devant cette vision et elle les laissa tranquillement dormir. En réalité Roman était devenu criminel car il avait beaucoup souffert, mais après un très dur travail sur lui-même il avait réussi à affronter ses démons et à vraiment devenir un autre homme. La blonde était heureuse qu'ils aient pu construire cette vie parfaite, et ils allaient être très heureux, elle le savait maintenant. Roman faisait tout pour être un mari et un père exemplaire ainsi qu'un citoyen modèle. Sa vie de malfrat était loin derrière lui maintenant, et ils feraient en sorte que tout cela reste du passé, que ça ne ruine pas la nouvelle vie qu'ils avaient construite maintenant. La blonde vint finalement s'allonger contre eux en souriant, heureusement qu'ils avaient un grand canapé, ça lui permettait de pouvoir profiter de son mari et ses enfants même quand ces derniers faisaient une sieste dessus. Anthéa était heureuse, elle n'aurait jamais imaginé qu'elle puisse tomber amoureuse d'un criminel, l'aimer si fort et être aussi heureuse avec lui, mais ça prouvait que c'était possible. Elle comptait bien vivre pleinement le bonheur avec l'homme de sa vie et leurs enfants. Leur histoire n'était pas comme les autres, mais aux yeux de la blonde elle était digne des contes de fée.


Fin.