Chapitre 17 : Les fraises
Hermione et Ron l'abandonnent enfin, d'un air coupable. Hermione lui jette un regard inquiet.
– Repose-toi bien, Harry.
Culpabilité. Un signe de main d'Harry et un sourire qui se veut rassurant.
– T'inquiète, ça va aller. Passez une bonne soirée!
La porte de la chambre se ferme. Harry se laisse tomber sur le lit. Il se sent comme si un quinze tonnes lui avait roulé dessus, plusieurs fois. Courbatures, frissons dans tout le corps, vertiges, migraine. Depuis ce matin qu'il se traîne, impossible de se lever. La potion de Severus est un peu trop efficace, il va claquer.
L'antidote est sous le matelas. Harry se redresse, assis sur son lit. Il voit tout tourner. Pause. Un pied par terre, l'autre. Courage Harry, tu as vaincu Voldemort, c'est pas une potion qui va t'avoir. Il se lève, la pièce tangue. Il s'assied par terre en gémissant. Une main qui soulève le matelas et l'autre qui saisit la fiole. Des lancées dans la tête. Il ouvre la fiole et bois d'une traite.
Il s'attendait à un miracle, un bien être instantané. Il a juste envie de pioncer. Il grimpe dans son lit et se pelotonne sous la couverture.
Encore un coup d'œil à la grande horloge, le temps s'étire. Prisonnier d'une faille temporelle, Severus attend la délivrance. Impossible de s'éclipser avant 21h, Dumbledore a bloqué la sortie. Encore une demi-heure...
Pour passer le temps, il observe Longbottom et Lovegood sur la piste de danse. C'est décalé mais ça à quelque chose de charmant. Longbottom se débrouille bien mais Lovegood improvise des mouvements et mélange toutes les danses. Longbottom essaie de la suivre, ce qui rend le tout chaotique. Encore une rotation qui n'en finit pas. Samba! Severus étouffe un rire.
Au fond, il les envie. Amoureux au grand jour, pas besoin de dissimuler les regards complices... Avec le sien, ça restera difficile. Quand les autres apprendront, il imagine déjà les regards désapprobateurs et le jugement pour avoir choisi un adolescent de 20 ans son cadet... Une tentative de revivre sa jeunesse pourrie? Où simplement un coup de cœur pour Harry? Un peu des deux. En parcourant sa liste, Severus a eu envie de faire tout ce qu'il n'avait pas pu, accompagné. Et puis c'est difficile de ne pas l'aimer le Petit Chéri, avec sa gentillesse, son honnêteté et sa fougue. Sans parler des lettres et de la façon dont il le regarde, attachant, craquant, à croquer... 25 minutes! Lovegood est passée au tango...
– Vous ne dansez pas?
Severus lève la tête. Regard plissé vers le grand blond qui l'accoste. Aucun souvenir. Le blond lui tend la main.
– Je m'appelle Richard, je suis le cousin de Pomona.
Oh oh. Léger malaise.
Severus lui fait signe d'approcher et murmure:
– Richard... C'est une embuscade?
Richard rigole:
– On peut dire ça, oui.
Severus, navré:
– Ah. Je suis vraiment confus.
– Déjà?
– Rien à voir avec vous... Mais j'ai déjà quelqu'un.
Richard hausse les épaules et s'assoit à côté de lui.
– Severus, vous connaissez le test du champs de fraises?
Coup d'œil à l'horloge, 20 minutes. Du temps à perdre. Severus, à regret :
– Non.
– En promenade, vous tombez sur un champs de fraises, vous avez faim, personne autour, juste une barrière, à quelle hauteur?
– Les fraises sont dans une serre fermées à clef.
Richard, sourire en coin:
– Vous en prenez?
– Non.
– Le fermier arrive, vous lui dites quoi?
– Belle plantation!
Richard éclate de rire et lui murmure à l'oreille:
– Les fraises représentent le sexe, vous l'appréciez mais vous ne passez pas à l'acte. On doit vous donner la permission. Et si le fermier vous en offrait?
– Alors j'en prendrais... Juste, une. Et je la dégusterais car il m'aura donné, la plus belle.
Richard secoue la tête.
– Il a de la chance votre partenaire, vous êtes fidèle et vous ne voyez que lui. J'espère pour vous que c'est réciproque... Ma carte, en cas de fringale...
