Chapitre 19: Une dernière danse

McGo présente sa main à Severus, sourire en coin.
– A ce que je vois, vous dansez, cher collègue.
– Seulement avec Lovegood.
S'il vous plaît, laissez-moi partir!
McGo inflexible:
– Allons, j'insiste.
Severus avoue:
– J'ai rendez-vous.
– Votre chaudron attendra bien encore un peu.
Plus têtue, tu meurs! Autant céder et expédier ça vite fait. Severus lui montrera la scène, Harry rira et lui pardonnera.
McGo, raide comme la justice, veut mener. Severus, narquois:
– C'est moi l'homme ici, Mimi.
Un coup de pied dans les tibias. Severus, ironique:
– C'est de la torture ou c'est une danse?
– À toi de voir.

Toute la faculté veut lui mettre le grappin dessus. Le merengue avec Lovegood était une erreur stratégique. Voilà 45 minutes, que Severus enchaîne les danses avec ses collègues. Il a mal au pieds. Harry va le tuer.
La musique s'arrête. Bibine c'est fait, coincée comme un balais. Dumbledore s'approche de lui. Severus, épouvanté:
– Non! Pas vous!
– Allons Severus! Une de plus ou de moins...
– L'heure est passée, vous avez eu du rab, n'insistez pas!
Dumbledore, jovial, lui désigne la sortie. Severus, méfiant, s'avance vers la porte. Bloquée.
Dumbledore d'un ton innocent:
– Ça alors, comme c'est étrange...
Severus en a sa claque. Il s'approche de Dumbledore et lui susurre d'un ton dangereux:
– Ne m'obligez pas à détruire cette foutue porte, Monsieur le Directeur.
Dumbledore chantonne:
– Je veux juste une dernière danse, avant l'ombre et l'indifférence...
– Vous êtes bourré... Je vais vous dire un secret. Ce soir, il y a une heure, j'avais rendez-vous avec mon amoureux pour un souper aux chandelles et après je comptais bien lui faire sa fête. Mais maintenant, à cause de vous, je suis coincé...
Brusquement, la porte de la grande-salle s'ouvre. Clin d'oeil de Dumbledore:
– Bonne fin de soirée, Severus.

Les escaliers 4 à 4, un sort de Confusion à la grosse dame et Severus ouvre, avec fracas, la porte de la chambre de Petit Chéri.
Harry, dans son lit, ouvre un oeil et tourne la tête vers lui. Dans les vapes:
– Severus...
Severus, stupéfait, s'approche de lui et place sa main sur son front. Encore chaud.
– Merde Harry! Et l'antidote?
– Nul... Par contre l'autre poison, ça il était bien... Je voulais que tu saches, Severus... Dans ma courte vie, tomber amoureux de toi... Ça a été la chose la plus merveilleuse qui me soit arrivée... Même si ça m'a coûté la peau... Je peux partir sans regret...
Severus fouille dans ses poches et aligne les fioles sur la table de nuit. Il va lui falloir la dose, un Engorgio.
Le mourant continue sa supplique:
– Et si tu veux refaire ta vie... Avec le cousin de Chourave...
– Ah non pas lui! Bois-ça, ça et ça.
Harry tente de se lever, puis, abandonne. D'un ton blasé:
– Tu peux me passer les fioles s'te plaît?
– Pauvre chéri...
Severus prend les fioles une à une, soulève sa tête d'une main et lui fait boire. Severus lui caresse la joue.
– Dans une demi-heure, tu seras sorti du tunnel.
Harry enroule ses bras autour de sa nuque et monte sur ses genoux.
– Je suis prêt, allons-y.
– Tu es en pyjama, chéri.
Severus l'habille. Harry, languide, se laisse faire.
– J'ai besoin de ton écharpe aussi.
Severus lui place l'écharpe autour du cou. Harry avoue:
– Neville m'a dit de changer la couleur, mais ça me fait mal au cœur.
Harry, ses bras autour de son cou, agrippe ses jambes autour de sa taille. Severus, mains sous ses fesses, le soulève et le porte comme un enfant. Harry blottit sa tête au creux de son cou.
– Accio cape.
Severus les recouvre et se dirige vers la sortie.
Dehors, il neige à gros flocons, Severus avance, avec un sentiment de liberté, son trésor assoupi dans ses bras.