Chapitre 21: Jusqu'au petit matin

Nuit noire, il neige encore. La rue est déserte. Severus amène son goéland faire le tour du quartier. A peine dehors, Harry abandonne sa main. La bouche ouverte, il essaie d'attraper les flocons. Maître des potions, mes fesses! Severus a vraiment déconné. Mais quand il a vu Harry, dans le lit, malade comme un chien. Il a oublié toute prudence. La prochaine fois... Il n'y aura pas de prochaine fois. Plus de plan de merde à le rendre malade, pendant que Severus joue les imbéciles sur la piste de danse.

Deuxième tour, Harry les bras écartés tourne autour des réverbères. On dirait Lovegood. Au moins, Harry a des amis sur lesquels il peut compter. Pour Longbottom et Lovegood, c'est dans la poche mais il se demande comment amadouer Granger et Weasley. Il s'imagine mal faire ami-ami avec Weasley, ils ne peuvent pas se blairer. Pour Granger, plus facile. Il suffirait d'un compliment bien placé, de temps en temps, pour la réchauffer. Il lui reste du temps avant la fin de l'année, il va s'y atteler.

Troisième tour, Harry a abandonné les réverbères en faveur de sa main, qu'il balance en trottinant tandis qu'il le dévore du regard.
– Tu es magnifique sous la neige, comme un ange.
– Merci chéri, mais je suis loin d'être un ange.
Pour ses collègues, on va oublier. Personne ne va tolérer, à part, peut-être, Hagrid et Trelawney... Le Directeur est cinglé, il voulait qu'Harry et lui s'entendent mais peut-être pas à ce point. Dès que Dumbledore a su pour le rendez-vous, il lui a ouvert la porte, peut-être qu'il pourrait exploiter son faible pour les histoires d'amour.
Harry, admiratif:
– Tes cheveux ont l'air super soyeux, je peux toucher?
Severus penche, distraitement, la tête sur le côté.
Avec McGo ça va barder, plus mère-poule tu meures, elle ne lui pardonnera jamais.

Quatrième tour, Harry a arrêté de trottiner et lui jette des regards de biais.
Lily... J'ai pris soin de ton fils avec un peu trop de zèle, pardonne-moi. C'est vrai, j'aurais dû le repousser. C'était la chose noble à faire. Mais merde, comprends-moi! J'ai vécu ma vie seul, sans plaisir, sans joie. Les sentiments me sont tombés dessus, je n'ai pas pu faire autrement. Pour une fois que quelque chose de bien m'est arrivé, j'ai été égoïste et je l'ai pris.
Harry lui tire la manche:
– Severus, j'ai l'impression qu'on tourne en rond.
– Oui, je sais. Comment tu te sens?
Harry hausse les épaules.
– ça va.
Severus, ironique:
– Fais-moi un compliment.
Harry, en baissant les yeux:
– Tu es à tomber...
Severus lui soulève le menton, yeux dans les yeux, le lac s'est dégagé.
– Oh, chéri...
Un baiser affectueux sur les lèvres, puis Severus l'embrasse. Leurs langues se rencontrent et se retrouvent. Impression de retourner à la maison après une longue absence. Soulagement. Envie. Oh qu'est-ce qu'il a envie! Le baiser des assoiffés. Severus, les jambes coupées:
– Rentrons... Vite!
Dans la rue, ils n'avancent pas. Les mains agrippées, quelques pas, des baisers qui n'en finissent pas. Arrivés à la maison, dans l'entrée, il plaque Harry contre la porte, ses mains glissent sur ses fesses et le presse contre lui.
Severus, suppliant:
– Comme je te veux!
– J'ai trop envie de toi, Severus mon amour.
Les vêtements, débarrassés à la hâte, volent dans le couloir. Enlacés, impossible de se détacher, un pas de deux jusqu'à la chambre. Sur le lit, nus l'un contre l'autre, à se goûter jusqu'à plus soif. Severus une main sur ses fesses, l'autre plongé dans ses cheveux, lui murmure:
– Raconte-moi la suite, Petit Chéri.
– On fait l'amour jusqu'au matin. Toi à l'intérieur de moi. Moi à l'intérieur de toi. Jusqu'à ne plus savoir ou commence l'un et où finit l'autre.
– Oui! Oh oui.
Le flacon, dans la table de nuit, étalé sur leur mains. Des baisers enflammés tandis que leurs doigts s'insinuent et explorent mutuellement leurs intérieurs. Harry qui supplie:
– Viens en moi. Viens en moi. Viens en moi. Viens en moi.
Severus se fait prier. Harry ondule en gémissant autour de ses doigts. Encore un baiser à ne plus pouvoir se détacher. Puis, face à face, yeux dans les yeux, les jambes d'Harry autour de son cou, Severus le pénètre avec douceur. Harry, soulagé:
– Enfin. Enfin. Enfin.
Severus immobile, un moment suspendu, à savourer la fusion de leurs corps. Envie de rester blotti à l'intérieur de son chéri.
– Ça va, mon amour?
– Trop bon. Trop bon. Trop bon.
– Tant mieux si ça... Oh que j'adore être en toi!
Harry acquiesce à coups de bassins:
– Y a rien de meilleur. Rien!
– Je suis d'acc... Oh purée!
Va et vient enthousiaste d'Harry autour de son sexe. Severus se laisse porter.
Après un moment, Harry qui le supplie d'entrer dans la danse:
– Severuuus!
Mouvements langoureux dans sa direction, le sexe de Severus s'enfonce tout au fond, puis se retire.
Harry, d'un ton résigné:
– Severus...
Severus rigole et augmente la cadence, de brusques et rapides coups de pilons.
– C'est ça que tu veux, Harry? Que je te prenne, carrément.
– Oui! Oui! Oui! Oui! Oui!
– Alors tes désirs sont des ordres. Mais je te préviens qu'à ce rythme, je vais jouir.
Harry, en agrippant ses bras, gémit:
– Je m'en fous, carrément. C'est trop trop bon!
Plus fort, plus vite, ça a quelque chose de libérateur. Severus se déchaîne. Son sexe qui se tend...
– Dans ce ca...ahhhh... Ahh! Ahh! Ahh! Ahh!
L'éruption. Harry qui le regarde jouir en souriant. Bien plus fort que d'habitude. Severus, vidé, se laisse aller contre son amant.
Severus, avant de sombrer, sur un ton d'excuse:
– La prochaine fois, je me branlerais avant. Ça durera plus longtemps, promis.
Harry, en riant, l'embrasse sur le front.