Chapitre 31: Tirons-nous
Un appel de Ron, Harry appuie sur «refuser».
– Oups... Je lui répondrais quand il sera calmé.
Severus ouvre la porte de ses quartiers et lui fait signe d'entrer.
– A mon avis, ce n'est pas demain la veille...
– Si si, il s'y fera.
Severus, songeur:
– Invitons-les à prendre le thé, dans une semaine.
– Tu es sûr?
– Ce sont tes amis...
Harry, reconnaissant:
– Merci Yin. Et toi tu... Je veux dire, tes amis...
– Comment te dire ça... J'ai Albus qui se prend pour mon paternel, des collègues avec qui j'entretiens des rapports cordiaux, ma mère et toi.
– Ta maman...
Severus, ironique:
– Une sorcière... Attentionnée, mais une langue de vipère. Je la vois régulièrement... Elle fait des biscuits, c'est ignoble. Pur beurre! Je crois qu'elle veut m'empoisonner. Elle a un chien aussi, une espèce de petit roquet, je l'appelle, Titan... J'avais prévu de passer chez elle, le 25. Tu voudrais la connaître?
Harry, en souriant:
– Bien sûr. Parle-moi encore d'elle.
– Elle... Oh et puis non, tu verras bien. Raconte-moi notre 24 décembre.
– Toi et moi, dans ta maison. Le reste, égal.
Severus, ironique:
– Non, fais-moi rêver.
Harry, d'un ton blasé:
– Un magnifique sapin avec des boules, des guirlandes et une étoile au bout, deux cadeaux dessous, une crèche avec jésus et la bande, un truc qui clignote à la fenêtre, deux chaussettes pendues à la cheminée, sur le rebord de la fenêtre du lait pour le Père Noël, une dinde et un film de Noël qui se finit bien.
Severus, incertain:
– C'était moi? Non, je n'ai rien contre Noël.
Harry, gêné, baisse la tête.
– Yin... J'ai un terrible secret.
– Oui?
Harry, en murmurant:
– Je déteste Noël.
– Noon!? Toi!
– Chez les Dursley c'était... à gerber. Les lumières dehors, c'est moi qui m'y collait pour les installer et défaire les nœuds, il y en avait des kilomètres parce qu'il fallait faire mieux que les voisins. Le sapin, c'est moi qui me le trimballait même s'il était trois fois plus grand que moi. Il ne passait jamais dans le salon, je devais couper le tiers des branches. Les cadeaux, il y en avait une tonne. Moi, je n'ai jamais rien reçu mais je devais regarder Dudley déballer ses paquets et râler parce qu'il n'était pas content. La dinde, je me la suis farcie, mais je n'en ai jamais vu la couleur parce que j'étais consigné pendant qu'ils mangeaient. Le Père Noël, je n'y ai jamais cru.
Severus, d'un ton dangereux:
– Mon amour, dis-moi ce que tu veux que je fasses à ces fils de putes et je te jure que je le ferais.
– Merci. Pour l'instant, j'ai juste envie de les oublier.
– On fait ce que tu veux, si tu veux partir dans les îles, à Strasbourg, sur la lune, je t'y emmènerais.
Harry réfléchit:
– Je ne suis jamais parti en vacances... J'aimerais me retrouver avec toi, dans un endroit tranquille, avec du sable, des palmiers et une vue sur la mer.
– D'accord, partons pour la semaine. Je dirais à ma mère qu'on se tire et qu'on revient le 30. On ira la voir à ce moment-là. Ron et Hermione, on les casera le 2... Noël à la plage... Et Nouvel-An?
– Non. Faisons ce que tu veux. A chaque fois, c'est pareil, tu me demandes mon avis et on fait toujours ce que je veux moi. Et je n'ai toujours pas vu ta liste.
Severus murmure:
– C'est parce qu'en réalité, je suis un suiveur. Mais bon, je veux bien décider pour cette fois. Ma liste, tu l'auras à Noël... Nouvel-An, quand j'étais jeune et con, je me prenais une cuite. Après quand j'ai arrêté la bibine, je me couchais avec un thé et je bouquinais jusqu'à 11h55, ensuite j'allumais la télé et je regardais le décompte... Et si on allait au restaurant, se payer un bon gueuleton, plusieurs plats, on patiente entre chacun en mangeant du pain et en se faisant du pied. Quand on n'en peux plus, on se tire comme des voleurs et on finit le décompte au lit.
– Oui c'est parfait!
Severus qui se penche pour l'embrasser.
– On n'a pas le droit alors je te fais juste...
Une bise au coin de la bouche, les lèvres de Severus glissent au centre, un léger smack. Harry entrouvre la bouche, le bout des langues se frôle. Severus s'éloigne en soupirant.
Harry susurre:
– Mmmh! Professeur, des bises on n'en fait pas trois d'habitude?
Les lèvres de Severus s'attardent de l'autre côté de sa bouche.
– Si... Techniquement, je ne suis plus ton Professeur.
Harry tourne lentement la tête. Retour au centre, un bisou au ralenti, Severus se fait violence. Harry soupire.
– Alors comment je dois t'appeler?
– Monsieur.
Cette fois directement le centré, les lèvres pressées l'une contre l'autre. Harry qui l'agrippe et l'attire contre lui. Érection contre érection. Severus, suppliant:
– Tirons-nous d'ici!
