Chapitre 41: L'épaule
Severus range le jeu d'échec. Ron, incertain:
– Si Hermione me rejette, je peux t'appeler? Tu es de bon conseil.
Severus, en riant:
– Appelle Harry, plutôt.
Ron murmure:
– Non il n'est pas au courant. Je ne l'ai dit à personne. Chut.
– Tu te fiches de moi?! Harry, il faut lui dire...
– Je peux pas.
Severus, emprunté:
– Si tu m'appelles, je ne vais pas savoir quoi te dire.
– Si si.
Severus, mi-figue:
– Je n'ai pas de portable.
– Je t'appellerais sur celui d'Harry.
Severus murmure, suppliant:
– S'il te plaît... Harry serait mieux. Je te prête son épaule... La gauche, la droite est à moi.
– Non c'est toi ou rien.
– Bon. Tu verras bien...
– Je t'appelle ce soir.
Severus, avoue en murmurant:
– Demain. Aujourd'hui je suis vidé. Trop de monde.
– D'accord. Et pour la revanche?
Severus, incrédule:
– Tu veux qu'on se revoit?
– Oui. Pas toi?
Severus réfléchit, longuement. Ron les yeux au ciel.
– Si tu ne veux pas, dis non!
– Je n'ai pas d'ami, je ne sais pas ce que ça implique. Qu'est-ce que tu attends de moi?
– Mais rien! On joue aux échecs et on discute. Tu peux me parler de toi, aussi. La vie d'un daltonien, Harry et tout ça... Mais pas des potions, ça je m'en fous.
Severus, ironique:
– Oui t'es pas le seul, pourquoi tout le monde s'en fout?
– Mais parce que c'est chiant!
Severus en riant:
– J'apprécie ta franchise mais est-ce que tu sais tenir ta langue?
– Oui, Monsieur. Je suis une tombe.
– Alors d'accord... Enfin si Harry est d'accord de te prêter.
– Oui oui. T'inquiète.
Severus, gêné:
– On s'appelle... On a fini?
– Pourquoi, je te saoule? T'inquiètes on va se tirer. Ma mère... Merde, il faut que je me tire maintenant si je veux lui dire, après ce sera trop tard! Fous-nous dehors, s'il te plaît!
Severus, ironique:
– Mais avec plaisir... Comment tu veux que je fasse ça?!
Ron, les yeux suppliant. Severus, stupéfait:
– Ohhh! Si tu sors les yeux... Bon je vais essayer, envoie-moi Harry.
– Tu lui dis pas, hein!
– Non mais je vais dire que c'est de ta faute.
– Ça je m'en branle! Je te l'amène.
Harry ouvre la porte de la cuisine. Severus qui fixe la fenêtre, le regard dans le vide. Harry, par derrière, l'entoure de ses bras, Severus soupire de soulagement.
Harry, gentiment:
– T'en peux plus toi...
– Si je... Non. Je les aime bien mais je suis pas habitué à voir autant de monde. D'habitude, je vis reclus chez moi.
– Ça te manque?
Severus lui fait signe de s'installer sur ses genoux.
– Parfois... Mais je préfère beaucoup, quand tu es...
La porte qui s'ouvre brusquement. Ron, paniqué:
– C'est bon!? Mais qu'est-ce que vous foutez!? On a pas le temps!
Severus dépose un baiser à l'oreille d'Harry et murmure, placide:
– Là... Ron voudrait se tirer, chéri.
Harry, hilare:
– Mais oui, tirez-vous!
Ron, soulagé:
– Merci!
Severus, sur le pas de la porte. Fred s'approche, sourire en coin et lui serre la main, le billet de 100 plié à l'intérieur.
Severus, stupéfait, le retient par l'épaule.
– Attends deux secondes, toi.
Severus se dirige dans le bureau, il saisit une enveloppe, marque le nom dessus, les sous à l'intérieur.
Il retourne à la porte. Merde, les jumeaux ont enlevé leur étiquette. Les mains derrière le dos, il les scrute. Aucune idée.
– Lequel est Fred?
En cœur:
– C'est lui.
Severus brandit l'enveloppe.
– Et maintenant?
En cœur:
– C'est moi.
Un jumeau:
– Pas cool, frérot.
Severus, en pointant son oreille:
– Qu'est-ce que j'ai fait dans la cuisine? Toi.
Georges murmure, en bluffant:
– Tu as commis un acte irréparable. T'inquiète pas, je te couvre.
– Et toi?
Fred s'avance, puis, murmure:
– T'as pleuré, Sevounet. T'inquiète pas, je te couvre.
Severus lui tend l'enveloppe.
– Joyeux Noël.
Fred, en riant, guigne à l'intérieur.
– Fallait pas... Qu'est-ce que tu veux que je foute de ça!?
– Un petit acompte pour les grolles.
Fred, en catimini, à l'oreille:
– Merci.
Fred qui s'en va guilleret en sautillant. Georges lui fait un doigt et tourne les talons.
Severus à Harry, hilare:
– Je crois que je vais les reconnaître, maintenant.
