Chapitre 43: La dispute
Severus, en lui caressant les cheveux.
– Et toi Harry, tu t'aimes?
– Non pas du tout.
Severus, incrédule:
– Pourtant tu es parfait... Tu es mignon avec tes lettres, moi je n'ose rien t'envoyer, je les garde toutes. Et ton mot, le courage qu'il a fallu pour me le donner. Mais tu n'as pas signé, voilà, j'ai trouvé un défaut. Tu pleure pour un rien. Tu es jaloux comme un pou, tu voulais éliminer le cousin de Chourave, t'es chou. Tu es toujours là pour m'écouter, dire les bonnes choses, au bon moment... Tes amis... Non, ça va, je les aime bien. Si tu reçois un téléphone de Ron, demain, passe-le moi sans poser de questions, je n'ai pas envie de te mentir... Je ne supporte pas les mensonges. Tu ne dis rien, ça va?
Harry avoue, à mi-voix:
– Severus, je n'aime pas quand tu m'appelles Petit Chéri, il y a ''petit'' dedans et je n'aime pas quand tu prends trop de potions et je déteste par dessus tout, quand tu te compares à moi et que tu te déprécies, j'ai mes failles aussi. Je t'ai menti, parfois...
Severus, stupéfait:
– Quand?! Oh punaise, tu n'aurais pas pu me le dire avant pour Petit Chéri? Maintenant, je me suis habitué! Et je ne prends pas trop de potions, c'était une fois!
– Et je n'aime pas quand tu t'énerves et que tu cries.
Severus, fâché:
– Toi tu ne t'énerves jamais, toi. Tu es placide. Quand est-ce que tu m'as menti?
– Le jour où on a été voir ta mère. Aujourd'hui. À mon arrivée ici. Et quand on est rentrés de vacances.
Severus, ironique:
– Autant dire tout le temps. Tu peux développer?!
– Non je ne préfère pas. Tu es déjà énervé. C'est la première fois que je te vois comme ça.
– Désolé c'est... Tu n'aimes pas ma mère?
– Si si, c'est les biscuits et ce qu'elle m'a dit à la porte, avec l'autre con et ses boucles d'oreilles.
Severus, mi-figue.
– Non, tu ne l'aimes pas. Arrête de mentir. Tu m'as dit qu'elle te soûlait.
– Je n'ai jamais dit ça. Tu me cherches?
– Mais oui punaise, énerve-toi un peu que je me sente moins seul!
Harry, stupéfait:
– C'est un jeu?
Severus, satisfait:
– Laisse monter.
Harry, lassé:
– Tu veux vraiment que je m'énerve?
– Oui. C'est notre première dispute, il faut la soigner. Dis-moi que tu détestes ma mère.
Harry, scié:
– Tu es un enquiquineur de première. ''Le sauveur, a encore oublié les racines de gniagniagnia...''
– Oh comme tu m'imites mal. Continue, je te prie, délicieux.
– Je te déteste, ce que tu me fais faire. Je déteste m'énerver!
Severus chantonne:
– Je sais.
– En plus tu me nargues! Il faut que je parte d'ici avant de te balancer un poing dans la figure.
Harry se dirige vers la porte, Severus lui court après. Harry, fâché:
– Ne me suis pas!
Severus, navré:
– Harry, excuse-moi.
– Non. Je me casse.
– Je suis désolé, mon chéri, sans le petit. J'ai merdé.
Harry, lassé:
– Non mais tu le fais exprès en plus!
Severus se met à genoux et murmure:
– Je te supplie.
– Je m'en fou. Je suis quelqu'un de gentil mais faut pas pousser. ''Dis-moi que tu détestes ma mère''. Je l'aime bien ta mère. C'est toi que j'aime pas. T'es un sale con avec. Elle mérite mieux que ça.
Severus se relève.
– Je ne te permets pas.
– Là, tu es énervé. Dis-moi que tu me détestes.
– Tu es un petit con, exactement...
– Comme mon père, je sais! Faut changer de disque! C'est toi qui yoyote.
La main d'Harry qui fait des moulinets.
Severus applaudit.
– Tu auras mis le temps pour me remettre à ma place. Toi t'es un faux calme. Reprenons... Je suis chez moi et je fais ce que je veux. Je te loge gracieusement pour pas un rond.
Harry, excédé:
– J'en ai marre! C'est bientôt fini ce cirque!? Si tu ne veux pas de moi, ben je dégage. D'ailleurs, je vais faire mes valises.
Severus, mi-figue:
– Tu veux que je te retiennes, chéri? Je ne vais pas te retenir.
– Je vais pleurer maintenant mais de rage. Parce que tu me rends malade avec tes jeux de cinglés. Je savais que t'avais un petit côté...
Severus, encourageant:
– Dis-le!
Une pause, puis, Harry, mi-figue:
– Ahhhhh! Tu essaies de me coacher. Génial. Merci!? Non vraiment merci, sans toi, qu'est-ce que je ferais!? ''Je t'aime, Severus''! Enfin, quand tu es comme ça, je ne t'aime pas. Ça part sûrement d'une bonne intention mais c'est complètement à côté de la plaque. Pourquoi tu pleures?
– Je ne sais pas.
Harry soupire et s'approche de lui pour l'enlacer. Severus le tient à distance à bout de bras.
– Non.
– Mais si, c'est fini. Tu as gagné. C'était une superbe dispute, la meilleure. Ne me refait plus jamais le coup.
– Tu vas me quitter?
– Non. Toi?
Severus, navré:
– Non. Ça ne t'a pas fait du bien de t'énerver?
Harry franchement:
– Non pas du tout, au contraire.
– Je me suis planté. Tu crois que je me goure aussi avec ma mère?
Harry soupire:
– Je ne sais pas, tu la connais mieux que moi. Je peux te prendre dans les bras maintenant?
– Oui... Non attends... Tu allais vraiment me balancer un poing dans la figure?
– Non mes paroles ont dépassé mes pensées. Je préfère cogner le mur jusqu'à m'ouvrir la main plutôt que de te frapper. Jamais je ne lèverais la main sur toi.
Severus soupire, puis avoue:
– Mon beau-père me battait.
– Oh chéri, je suis désolé.
Harry le prend dans ses bras. Severus pose la tête sur son épaule et murmure:
– Je t'ai cherché comme un sale con pour te tester, je ne croyais pas que quelqu'un puisse être aussi gentil. Mais tu es une crème, même quand tu t'énerves. J'ai beaucoup de chance, toi t'en as un peu moins.
Harry, sur le même ton:
– Là tu faisais semblant? Je me demande ce que ça donne quand tu t'énerves vraiment mais je n'ai pas envie de voir. Je peux te demander une faveur, ne me coache plus jamais... Tu devrais voir quelqu'un pour ton père.
– Un psy? J'en ai déjà vu un, ça ne m'a pas aidé... Au début de la discussion, j'étais énervé, après entre les deux, mais je ne pensais pas ce que je disais... Moi énervé, ça donne: ''Oui je sais que j'ai merdé, j'ai compris merci''. Je suis ironique et je pète des trucs. Une fois, j'ai cassé un vase d'époque, ma mère m'a passé un de ces savon. Tu trouves vraiment que je suis un sale con avec?
Harry, gentiment:
– Non je ne pensais pas ce que je disais non plus, à part pour les potions et Petit-Chéri. Je complexe sur ma taille. Et si je t'ai menti, c'était pour des choses sans importance, pour arrondir les angles. Je peux te les dire, si tu as besoin.
– Oui, sinon je yoyote.
