Chapitre 46: Tes amis, je te jure...
Harry décroche le téléphone et le met sur haut-parleur.
– Hello Ron.
– Hello, passe-moi Severus.
– Je peux lui transmettre un message?
Ron, fâché:
– Dis-lui qu'elle a dit non. Il comprendra.
Severus, en soupirant:
– Ron, je suis là. Raconte-moi ça...
– Je lui ai donné la lettre et je suis resté quand elle l'a lue. Elle avait les larmes aux yeux. J'ai cru que c'était dans la poche.
– Mmh mmh, en tout cas, ça l'a émue...
Ron lucide:
– Oui ou alors ça lui faisait chier de me rejeter.
Harry secoue la tête.
Severus, rassurant:
– Non, j'ai raison... La lettre était bonne. Crois-moi.
– Si tu le dis, n'empêche que... Purée ce que je regrette de lui avoir avoué, au moins avant j'avais mes illusions.
Coup de tête de Harry. Severus, compatissant:
– Je comprends. C'était un non définitif, d'après toi?
– Je ne sais pas. Après avoir lu la lettre elle m'a dit qu'elle allait réfléchir.
– Ouh c'est pas bon ça! Désolé. Mais il ne faut pas qu'elle réfléchisse.
Ron, cynique:
– Oui c'est ce que je me suis dit aussi, c'est pour ça que je l'ai embrassée.
– T'as bien fait.
– Oui mais après elle pleurait deux fois plus. Et c'est là qu'elle a dit non.
– Deux secondes.
Severus, emprunté, à Harry:
– Qu'est-ce que je dis?
– Elle s'est sentie brusquée, peut-être. Qu'il s'excuse...
Severus à Ron:
– Tu es là? Mon ''petit'' doigt me dit qu'il faut que tu t'excuses. Elle a peut-être cru que tu voulais lui forcer la main. C'est une cérébrale, elle réfléchit trop.
Ron, mi-figue:
– Severus, la prochaine fois, enlève le haut-parleur. Hello Harry.
Harry, contrit:
– Hello Ron... Elle m'a dit qu'elle avait des sentiments pour toi.
– Quand?
– Après le bal de 3ème année...
Ron excédé:
– Mais c'était il y a mille ans. Je te faisais confiance Severus.
Severus, franchement:
– Je dis tout à mon partenaire.
– Non, tu m'as incité à lui parler! Et maintenant regarde où j'en suis.
– Désolé. Je ne pensais pas que ça se passerait comme ça.
Harry, pragmatique:
– Écris-lui un mot d'excuses et arrête de blâmer Severus, il n'y est pour rien.
– Qu'est-ce que je lui dis?
Silence.
Ron, excédé:
– J'attends!
Severus murmure:
– Comme d'habitude... C'est toujours moi qui m'y colle... Chère Hermione, je me suis laissé emporté par mon amour pour toi, j'ai voulu te prouver par les faits combien je tenais à toi...
Harry, placide:
– Mais je me suis planté et je t'ai mis la pression, excuse-moi...
Ron, à voix haute:
– Prends tout le temps qu'il te faudra, mais ne réfléchis pas trop quand même...
Severus, hilare:
– Laisse-toi porter et repense à tous les bons moments passés ensemble. Je t'ai toujours aimé, Hermione. Et même si tu dis non, je t'aimerais toujours... Maintenant tu lui envoie ça et tu nous rappelles.
Severus boucle le téléphone.
– Tes amis, je te jure, qu'est-ce qu'ils me font pas faire!
– Tu as été parfait.
Ron rappelle, haut-parleur, Severus, blasé:
– Quoi?
– Je lui ai envoyé le message et maintenant j'attends en me rongeant les sangs. J'ai changé l'avant-dernière phrase, j'ai mis, depuis longtemps.
Severus, les yeux au ciel:
– Fallait pas c'était une allégorie. Mais ce n'est pas grave.
– Je n'ai pas dormi de la nuit...
Severus, lassé:
– Nous non plus.
– Tant mieux pour vous, moi j'ai passé toute la nuit à pleurer.
Harry, placide:
– Nous aussi.
Ron, inquiet:
– Vous avez rompu?
Severus, en riant:
– Non, on a évacué le passé.
– Il faut, une bonne vidange de temps en temps. Vous faites quoi maintenant?
Severus, fatigué:
– Je vais boucler, Ron.
Ron, ironique:
– Bon, adieu.
– Pour le suicide, j'attendrais. Bye.
– Merci!
En coeur: – De rien.
Severus boucle le téléphone. La sonnette de la porte retentit. Severus, hilare:
– Je ne vais pas répondre. Si ça se trouve c'est lui.
– Il n'aurait pas fait si vite. Allons regarder.
Les deux se lèvent. Harry guigne par le trou de la serrure:
– Tu ne vas pas le croire, c'est Hermione!
– Tes amis, je te jure...
