Chapitre 52: Le gourou

Severus, devant la porte d'Eileen, les mains moites. C'est la première fois, depuis le début des vacances, qu'il se retrouve sans son binôme. Ça lui fait bizarre. Envie de partir en courant, plutôt que d'affronter sa mère.
Un coup sur la sonnette, c'est tout. Il attend.
Sa mère ouvre, en riant:
– Encore toi?
– Bonjour maman.
Sa mère, dépitée:
– Entre.
Qu'est-ce qu'il a dit? Le chien lui fait la fête. Severus, gentiment:
– Bonjour, Prunelle.
Une caresse sur la tête, même le chien a l'air surpris. Non là, il divague. Eileen, inquiète:
– C'est Harry, il t'a quitté?
– Mais non, tout va bien entre nous. Ne t'inquiète pas, maman chérie.
Eileen, sciée:
– Ouh là! Ne bouge pas je reviens...
Severus la retient par le poignet:
– Où tu vas maman? Je n'ai pas replongé, si c'est ça qui t'inquiète.
– Je vais quand même vérifier!
– Bon.

Severus souffle dans le ballon. Clean.
Sa mère secoue la tête. Severus, mi-figue:
– Calme-toi, Eileen, tu vas nous faire une syncope. Tu préfères quand je te parle comme ça, maman?
Eileen, hoche la tête, puis, la secoue.
– Excuse-moi chéri, je suis très occupée.
Sa mère le pousse vers la sortie. Severus, incrédule:
– Tu me fous dehors, en plus, ma petite maman.
– Non mais j'ai de la compagnie.
– C'est vrai ou c'est pour me virer?
– Les deux.
Severus, scié:
– C'est qui? Et pourquoi tu veux me virer?
– Chu... Je ne sais pas, tu me paniques avec ta gentillesse.
– Maman, pardonne-moi. Je t'ai violenté avec mes mots pour que tu t'affirmes...
– Ça a marché.
Severus, soulagé:
– Mais peut-être que je t'ai blessée, alors je voulais te demander...
– Ne t'excuses pas! Avec tout ce que tu as vécu à cause de moi! Parce que je n'étais pas capable de le quitter! Je mérite, Severus. J'ai gâché ta vie.
Severus, ému:
– Mais non, maman. Je t'aime.
– Il faut que tu partes maintenant. Je ne peux plus t'entendre. C'est trop pénible.
– Tu veux que je te punisse, jusqu'à la fin de ta vie?
– Peut-être. Maintenant, va-t'en.
Severus, fermement:
– Non.
Sa mère tape du poing contre sa poitrine. Une crise de larme. Chu débarque.
– Ça va?
Severus tout bas:
– Enchanté, Severus... Oui on discute.
Severus la prend dans ses bras, sa mère lutte. Chu, placide:
– J'ai l'impression qu'elle ne veut pas... Je vous laisse. Au revoir ma chérie.
– Non c'est lui qui doit partir! S'il te plaît Chu. Protège-moi. Il me fait du mal...
Severus la libère.
– Tu n'es pas bien, maman.
– C'est pour ça qu'il faut que tu partes.
Chu, confiant:
– Ne vous inquiétez pas, elle va s'en remettre.
Severus, franchement:
– Toi je veux te causer. Allons prendre un verre, à la cuisine.
– Non, allons à l'extérieur. Laissons-la digérer.
Severus hoche la tête, puis à sa mère:
– Je te laisse, Maman chérie.
Severus tourne les talons. La mère lui grimpe dessus. On dirait Harry.
– Je t'aime aussi, mon amour.
Severus, ironique:
– Ah quand même! Tu m'as fait peur. Allons boire ce verre tous les trois.
– Non je ne peux pas, allez-y-vous. Il te dira tout et sûrement mieux que moi.
Severus lui attrape les jambes. Eileen prisonnière. Severus, décidé:
– Allons-y, Chu, après-vous.
Chu, incrédule, passe le premier.
– Dans mon pays, on fait comme ça aussi mais avec les ancêtres, par respect.
Severus, mi-figue:
– Oh mais elle est vieille et je la respecte. N'est-ce pas, maman?
Eileen, autoritaire:
– Fais-moi descendre, tout de suite.
Severus redouble le pas. Un Protego au cas-où. Eileen, lassée:
– Je vais venir, lâche-moi mon chéri.
Severus la fait descendre. La mère s'enfuit par la porte d'entrée. Severus, stupéfait:
– Où elle va?!
– Je crois qu'elle nous fuit, Severus.
– Est-ce que je lui cours après? Elle a pris la voiture! Attends! Rhhhho!
– Non elle va vous passer dessus. Elle est hystérique. Ça lui arrive aussi avec moi, quand je suis trop gentil.
– Oh punaise! Je ne vais pas la laisser prendre la voiture dans cet état. Elle va se tuer!
Chu, pragmatique:
– La mort, vous savez, ce n'est qu'un passage. La vie est éphémère... Oh purée, elle a grillé un feu, rattrapez-la!
Severus, mi-figue:
– Je ne vous aime pas vous, vous êtes fourbe... Vous conduisez?
Chu, sur le même ton:
– Faut bien gagner sa croûte, Severus... D'accord je ne fais pas vraiment ce que je prêche mais je m'inquiète pour votre mère... Ma Paauvre Eileen... Non je ne conduis pas, c'est elle qui me conduit. Mais c'est un très bon chauffeur, prudente et tout, juste un petit accrochage mais c'était de la faute de l'autre conducteur...
– Oui mais là, elle est bouleversée... Comment vous l'avez appelée?
Chu, emprunté:
– C'est un petit surnom que je lui ai donné, quand elle joue la victime. Elle peut être très dramatique vous savez. A faire des crises pour un oui ou pour un non, au supermarché au rayon des boissons.
Severus, pour lui-même:
– C'est normal, ça lui rappelle... Je croyais que ça lui avait passé ces crises... Peut-être qu'il faudrait qu'elle refasse...
– Une petite thérapie, on y travaille. La méditation aide beaucoup.
– Oui, j'ai trouvé qu'elle allait mieux ces derniers temps.
Chu, satisfait:
– Alors tant mieux. Je peux vous demander un service? J'aurais besoin d'argent pour prendre un taxi... Comme d'habitude c'est elle qui conduit... Mais là elle a décidé de me laisser en plan... Merci Ma Paauvre Eileen... Cette fois-ci, elle va ramasser...
Severus livide, le gourou saisit par le col.
– Tu te fous de moi! Tu la frappes aussi? Et comme tu parles d'elle! Si je te vois encore une fois roder autour de ma mère, je te dégomme.
– Allons Severus, je ne la frappe pas, je la gronde et elle aime ça. Chacun ses fantasmes. Moi c'est les victimes et vous c'est peut-être...
Severus, dégoûté:
– Au secours, Harry... Je vais vous planter mon poing dans la gueule, connard.
Chu taille la route. Severus, pour lui-même:
– Elle a vraiment des goûts de merde!
Severus, baguette au poing, un Stupefix sur le gourou. Yeux dans les yeux:
– Imperio. Tu vas dire à ma mère que tu ne veux plus la voir parce que... Qu'est-ce qu'elle pourrait entendre? Aucune idée... J'ai besoin d'Harry...
Apparition.
Les deux dans son salon. Harry, devant la TV, les regarde ébahi. Il faudrait qu'il se trouve des activités plus constructives... Bon c'est pas le moment.
– Chéri, je te présente, le gourou de ma mère. C'est un sale type qui abuse d'elle verbalement et sort avec elle pour assouvir ses fantasmes de victimes. Les siens et ceux de ma mère. Elle est bouleversée et elle est en train de faire une fugue dans sa voiture. Qu'est-ce que je fais?
Harry, scié:
– Oubliette? Il ne l'a jamais rencontrée. Pour ta mère, on peut la suivre en balais.
Severus, mi-figue:
– Toi, tu me la ramènes, vivante, si possible et moi je vais m'occuper de... Si ça se trouve Chu, ce n'est même pas son vrai nom, il a l'air asiatique quand même...
Harry, en le coupant:
– Severuuus! J'y vais. Je te ramène ta maman.
– Il faudrait la mettre en sûreté... Elle n'est vraiment pas bien dans sa tête.
– Elle ira voir un psy! Allez Severus, courage! C'est pas le moment de flancher! Débarrasse-nous de ce pingouin. Je compte sur toi.
La porte claque, Severus, mi-figue:
– Maintenant c'est lui le chef... Ah la famille, je vous jure!