Chapitre 55: Pervers narcissique
Ron boucle le téléphone en riant. Il a l'air complètement défoncé le Sevounet.
– HERMIOOONE!
Hermione le rejoint. D'un ton sévère:
– Oui Chéri, je suis là. Ne hurle pas comme ça, tu sais qu'Eileen a besoin de se reposer. Elle a les nerfs fragiles cette femme... Pourquoi tu boudes?
– Je ne boude pas, je me pose juste quelques questions depuis l'appel de ton ''Grand-Loup''... Il a tout déballé. Qu'est-ce que tu as à dire pour ta défense?
Hermione, en plissant les yeux:
– Mais de quoi tu parles, Ron?
– Déni.
Hermione, intriguée:
– Tu me fais une farce mais je ne comprends pas.
– Severus a replongé. Il m'a laissé un message, complètement bourré. Il a dit qu'il n'avait pas dormi mais à mon avis c'est des conneries... Qu'est-ce que tu ressens pour lui?
– Je l'aime bien. C'est un cérébral comme moi. On s'entend. Ahhhhhh, le Grand-Loup!
Ron, ironique:
– Tout à coup, ça te revient, ma petite colombe. Avant tu l'aimais et maintenant c'est disparu du jour au lendemain. Je dois croire quoi? En réalité, je m'en fous parce qu'il gay, le Grand-Pinson. Par contre, je vais l'emmerder. Ça te passera bien. Quand on se mariera, je le prendrais pour témoin, peut-être que tu pourras porter son enfant, s'il le demande. Ils auront bien besoin d'une mère porteuse à un moment ou à un autre.
Hermione, livide:
– Je ne veux pas d'enfant Ron et tu sais très bien pourquoi.
– Mais avec lui, peut-être tu voudrais. Mais ça m'est égal, comme je te l'ai dit. Je l'aime bien Sevounet. Je t'ai dit que je lui avais demandé de jouer aux échecs avec moi?
Hermione, lassée:
– Je ne sais plus sur quel pied danser, Ron. Tu ne fais aucun sens.
Ron, satisfait:
– Mais ça t'excite.
– Tu brouilles les pistes exprès pour me titiller? Tu vas un peu trop loin, Ron. Ça me met mal à l'aise. Stop.
Ron, repentant:
– Désolé, j'essayais de faire comme lui. J'ai lu un bouquin sur les pervers narcissiques, parce que j'ai pensé que toi aussi, tu aimais te faire malmener.
Hermione, soulagée:
– C'est gentil mais c'est faux, je déteste ça. Si je t'ai embrassé, c'était pour te faire taire, parce que je n'en pouvais plus. Ça tournait dans ma tête et je me posais un milliard de questions.
– Pardon mon cœur, en vrai je suis jaloux. Je ne le supporte pas ce type, même maintenant. Il joue les gentils mais en classe, il est ignoble. C'est un pervers narcissique, Hermione.
Hermione, gentiment:
– Je pense que tu te trompes. C'est juste une façade pour se protéger. C'est ce que j'ai toujours cru. Je trouvais touchant cette cuirasse, c'est pour ça que je l'aimais bien. J'ai un peu la même, mais de façon différente. Avec toi, je peux m'ouvrir un peu. Attends, pourquoi tu lui as demandé de le voir, si tu ne peux pas le supporter?
– Je voulais comprendre ses techniques mais il a joué au gentil, tout le long. Sauf un moment où il m'a dit de me taire... J'étais très gentil. Je lui ai dit qu'il était quelqu'un de bien. Et c'est là qu'il m'a dit, tais-toi. Sur ce ton. Ensuite il s'est excusé, je crois, et il m'a dit qu'il ne supportait pas les compliments. Quel genre de malade n'aime pas les compliments.
Hermione, placide:
– Il était ému, Ron. Je pense.
– Il avait les yeux humides.
Hermione, franchement:
– C'est exactement ce que je craignais, Ron. Tu fais des efforts et en plus tu tombes à côté. Moi je voudrais juste que tu sois toi-même, mon amour.
– Désolé mais je ne comprends pas comment tu peux l'aimer lui et moi ensuite. Ça ne fait aucun sens.
– Je ne l'aimais pas Ron, je le trouvais touchant, intéressant, j'avais envie de creuser pour voir ce qu'il y avait derrière.
Ron, lucide:
– Et maintenant que tu as vu?
– Je le laisse à Harry, ils sont gay comme des pinsons. En plus, je préfère les roux qui lisent des bouquins sur les pervers narcissiques. Raconte-moi ce que tu as lu.
– Je te filerais le bouquin. Bon, on va dormir?
– C'est tout, ça te suffit?!
– Tu m'as dit que tu me préférais, oui ça me suffit, Hermignonne.
Hermione l'embrasse gentiment. Ron, en riant:
– C'est pour me faire taire ou tu aimes bien?
– Non j'adore Ron. C'est bien trouvé...
Ron, coupable:
– Je crois qu'il m'aime bien. Il m'a appelé Ronounet. Celui-là est juste pour lui.
– Je ne suis pas jalouse de toi et de Severus. Et j'espère que si un jour... Non rien.
Ron, mi-figue:
– Tu peux le voir, si tu veux. Après tout c'est grâce à lui que tu as daigné m'accorder une période d'essai. Il m'a tout dit.
– Je t'avais montré, Ron. Tout sauf... Le regard.
– Je sais ce que tu essaies de faire. Tu essaies de me tester. Ça marche. Attends c'est le truc que vous avez fait à la sortie là?
Ron la singe, Hermione rigole.
– Et lui c'était plutôt...
Ron singe Severus. Hermione, sévère.
– Sois gentil avec Severus.
– Non Hermignonne, je veux continuer mes investigations mais différemment. Je vais essayer de le faire pleurer, après, j'y croirais au bon type.
Hermione, incrédule:
– Bonne chance, Ron!
– Oh mais tu verras, à gros sanglots.
Hermione rigole et l'embrasse tendrement.
– Allons nous coucher.
– Quand tu dis ''coucher'' c'est...
– Oui c'est un euphémisme.
Hermione lui prend la main et l'emmène vers sa chambre, Ron, satisfait.
– Ah tiens, avant tu aurais expliqué ''euphémisme''.
– Je progresse.
Ron, le regard vide. Hermione, câline:
– Tu me testes?
– Peut-être ou peut-être pas... Ça va quand je dis ça ou c'est trop pervers narcissique?
– Non ça va. Merci Ron, de faire tant d'efforts pour moi.
– Tu veux que j'en fasse ou tu veux que je n'en fasse pas? Toi aussi tu es un peu contradictoire... Mais tu as l'air épuisée. Allons nous coucher, avec euphémisme ou sans, si tu es trop fatiguée.
Hermione, en riant:
– J'apprécie les efforts mais il n'y a pas besoin d'en faire. Oublions la période d'essai, tu me conviens Ron.
