Chapitre 60: Le test

Severus, en équilibre sur la table de nuit, sourire en coin, retranscrit les prédictions de Ronounet d'un air appliqué. Trop craquant!
Harry s'approche et frotte sa tête contre son épaule:
– Grrrrrrrrrrrrrrrrrr...
– J'arrive tout de suite, mon petit tigre adoré. Qu'est-ce qu'il fait déjà le puceau? Ah oui, il persifle...
– ROARRRRRRRRR!
Severus, taquin:
– Mais deux secondes, mon minou... Je vais mettre la tienne aussi... C'était quoi?
Harry, placide:
– J'ai oublié. GRRRRRRRRRRRRRRRRRR!
– Moi aussi. C'était la meilleure celle-ci! ''...D'un regard énamouré''. Je suis jaloux de Ron.
– Pas moi, ça doit être lourd à porter. Imagine, tout savoir sur tout le monde. Plus de surprises... Une vie plate, avec des instructions.
Harry se lève et lui présente sa main.
Severus, distrait:
– Moi j'aime bien les instructions... Qu'est-ce que tu fiches? Ah oui, la demande en mariage! Comment faire ça mieux?
– Simplement. Harry, mon chéri...
– Je ne peux plus vivre sans toi... Ça me paraît dérisoire, une simple demande... Je sais, habille-toi!
Harry, insistant:
– On pourrait quand même finir, histoire d'être bien au clair.
– Oh mais je veux t'épouser mais on va faire ça à ma façon.
Harry, satisfait:
– Bon. Comment je m'habille?
– Comme d'habitude, jeans troué, pull à message et grolles sur le point de décéder. C'est comme ça que je te préfère.
– Fais-moi classe, pour une fois. Je veux te faire honneur.
– D'accord. Prends mes habits, moi je prends les tiens.
Severus attrape jeans, t-shirt et pull, un sort pour les agrandir. Un sort sur les chaussures, pour les décrasser. Rutilantes, il préfère.
Harry, muet de stupeur. Fou rire. Severus, indulgent:
– Ça ne me va pas?
– Non, ça te va à ravir. 20 ans de moins. Fais-moi ton costume.

Pantalon, chemise, tunique et bottines. Il ajuste. Beau comme un cœur, son mari. Il n'ose pas lui dire qu'il le préfère comme ça. Et le look négligé sur lui, ça donne quoi? Pas grand-chose. Planté devant le miroir, il s'observe d'un air critique. Aucune chance qu'il sorte comme ça. Les trous, on va les refermer. Le jeans, noir, c'est mieux. Le pull hurle, le message en plus petit et on va le changer, le fond il garde bleu-clair, Chaton lui a dit que ça lui allait la couleur. Les tennis, noires. Il peut vivre avec.
– On y va?
– Grrrrrrouuuuuuuuuuuuuuuuuuuu!
Ça lui plaît.
Une touche de couleur peut-être pour le costume? Noir, c'est un peu agressif pour Chaton. Gris anthracite? Ah oui c'est mieux... C'est même beaucoup beaucoup mieux. Mais c'est trop sérieux. On va lui mettre une chemise complètement barrée, avec des petits éclairs, blanc sur bleu foncé. La ceinture, brune. J'y suis presque... Et si on lui mettait de la barbe? Essayons... Pas trop quand même... Ouh là là, jackpot, mais s'il reste comme ça, on va me le piquer. Tant pis, de toute façon, c'est juste pour aujourd'hui, je le tiendrais à l'œil.

Severus attrape sa main.
– Ne me lâche surtout pas, tu pourrais te perdre.
Harry, en riant, penche sa tête vers le miroir pour contempler sa dégaine. Stupéfait, il s'approche et s'observe sous tous les angles, des grimaces.
– J'ai l'air d'un singe avec cette barbe, non? Le costume est classe! On dirait... Moi, plus tard. Je te plaît?
– Énormément. Avant c'était bien mais là c'est... Wahou. Et moi?
– À croquer... Ça me donne envie de te dévorer.
– Moi j'aimerais t'étiqueter comme les papillons et de te mettre sous verre.
Harry, flatté:
– La tienne est plus jolie... Où est-ce que tu voulais m'emmener?
– Chez le bijoutier pour t'acheter une bague avec une aigue-marine. Je connais quelqu'un au chemin de traverse, un artiste. Je lui avais commandé un bijou pour ma mère, pour ces 60 ans. Bien sûr, je n'ai jamais avoué que ça venait de moi...
– J'ai un peu foutu le bronx, entre toi et ta mère, je suis désolé. Moi aussi je vais t'offrir un énorme saphir... Attends ça n'ira pas. Je ne veux pas me faire entretenir par mon mari. Fiançons-nous pour le moment et quand je gagnerais ma croûte, là on pourra se marier.
Severus, avec certitude:
– Je t'aime.
Harry, mi-figue:
– Tu as l'air certain, c'est la barbe qui t'a convaincu. Je vais la garder alors. Moi aussi je t'aime, sans aucun doute.
– C'est ce que tu m'as dit et de te voir comme ça aussi... J'ai vu notre futur et ça m'a paru beau... Avant, j'avais peur...
– Mais tu voulais quand même m'épouser...
– Oui, de toute façon. Disons que je suis tombé amoureux de l'adolescent mais que j'ai hâte de découvrir l'homme que tu vas devenir... Mais moi, un jour, je deviendrais vieux et tu n'auras plus envie de moi. Ça, ça me terrifie.
– Je serais fou de toi, jusqu'à la tombe. Promis!
Severus, soulagé:
– Ça fait du bien à entendre... Et ensuite?
– Je ne compte pas faire long feu.
– Si, il faudra... 20 ans, quand même. Prends le temps de découvrir le monde ou de trouver quelqu'un d'autre, de moins bien que moi, si possible, mais ne fais pas comme ma mère.
– Non je ne vais pas me trouver de bouche-trou, je vais me faire moine. Histoire d'atteindre la paix avant de passer de l'autre côté.
Severus, hilare:
– Toi alors, qu'est-ce que je t'aime...
Harry, placide:
– Depuis toujours? Avoue que tu es tombé amoureux de moi juste parce que je t'aimais... Ça aurait pu être le premier barbu qui passait. Ça t'excite quand je me gratte la barbe? Il se marre. Au moins, je l'amuse mon futur mari. Alors, ces excuses, ça vient?
– Paaardon... De quoi je m'excuse, au juste, mon comique-de-mari? De préférer les barbus? C'est un petit fétiche, rien de sérieux.
– Futur-comique-de-mari... Au moins tu avoues tes crimes. Mais je voulais être rassuré par rapport au fait... Depuis combien de temps est-ce que tu m'aimes?
Severus, amusé:
– Depuis le premier jour, presque... Je me suis dit, il a une jolie frimousse ce gosse. Après j'ai appris qui tu étais. Je t'ai tenu à distance et je t'ai monté contre moi, pour être tranquille. Je crois que la première fois que j'ai ressenti quelque chose pour toi c'était au bal de Noël, tu étais venu avec Parvati. J'étais jaloux. Tu dansais comme un pingouin, ça m'a fait rire. Je me suis dis, il aurait besoin que je lui donne des cours de danse. Je lui ferais lever la tête et, avec un peu de chance, le reste...
Harry, scié:
– Et tu m'aurais laissé partir comme ça, sans rien dire, mon mari-que-j'aime-plus-que-tout?
– Peut-être le dernier jour... Enfin, je me tâtais, tu me connais...
– Faisons un test... L'avant-dernier jour de classe, tu t'enlèves tous tes souvenirs depuis la lettre et le dernier jour, on verra si tu te déclares.
– Si tu veux, mais il va me manquer une année de souvenirs, c'est louche... J'ai mieux. Je m'enlève tous mes souvenirs de toi et tu frappes à ma porte, habillé comme ça... Tu me dis que tu es mon nouveau voisin... 2 contre 1 que je te prends contre ce mur...
Harry, joueur:
– Oui au bout de 5 ans, Monsieur-je-me-tâte!
– Attends mais tu vas me dire, ''je suis soit votre nouveau voisin, soit votre futur mari qui vous faire une farce'' et là je te prends contre le mur...
– Non, j'y suis! Pour ta demande en mariage, je te lance un défi, Severus Snape! On efface tes souvenirs de moi et de mes amis. Je leur demande de passer avec une barbe, il y aura Fred, Hermione en homme, Ron, Neville et moi... Tu sauras juste que ton futur-mari est parmi la volée et tu devras me reconnaître. Acceptes-tu ce défi, mon futur-mari?
Severus, lucide:
– Non. Il y a beaucoup trop de monde. Fred, Hermione en homme et toi, basta. Les autres, j'en ai rien à battre. Fred va me faire rire, ça n'ira pas plus loin. Hermione risque de me charmer avec sa personnalité mais ça ne collera pas physiquement. Toi, si tu viens comme ça, je te repère direct, mais si ça t'amuse... Il faudra faire dans l'autre sens aussi mon comique-de-mari.
Harry, rêveur:
– Je vais te mettre contre Robert Downey Jr et Batman. Il n'y a personne d'autre qui m'intéresse de toute façon. Tu vas jouer les trois rôles, voir si je résiste aux deux autres.
Severus, mi-figue:
– D'accord mais si tu choisis Batman, je viens dans son costume à notre mariage et si tu choisis l'autre, je te quitte, au moins pour une semaine.