Chapitre 61: Le grand-roux

Severus se réveille, des grands blancs dans sa mémoire. La panique! On sonne à la porte, un mot sur l'oreiller, ''A lire avant tout''. Le visiteur s'impatiente, on verra ça après. Il se lève, fringué comme l'as de pique. Punaise mais qu'est-ce qu'il a pris hier!? Il était sobre, pourtant. Et s'il avait replongé?! Il souffle sur sa main, non il ne sent rien, juste la lavande. Ouf!

Il ouvre la porte, un grand-roux, avec une petite barbichette et une marguerite, le dévisage avec sourire coquin.
– Ah mon Chéééri, je m'inquiétais!
Ça pue l'arnaque. Il aurait peut-être dû lire le mot.
– Deux secondes, mon... amour... Accio note. ''Trois zouaves vont frapper à ta porte...
– Mais fallait la lire avant Sevounet! Bon, je patiente.
Une nouvelle sorte de speed dating? Il est comique le premier. Severus, amusé, dépose un smack sur sa bouche.
– Entre...
Le roux, stupéfait, éclate de rire.
– Peut-être que tu ferais bien de tout lire, avant qu'on couche...
– ''... Parmi eux se trouve ton futur-mari que tu aimes très très très très fort. Sauras-tu le reconnaître? Fais-gaffe, il y a peut-être un piège. Severus Snape'' Oh punaise, le con! Désolé.
Le roux, jouasse:
– Peut-être que j'ai aimé. Tiens... Mon amouuur.
Ce n'est pas lui, c'est sûr. Il surjoue. A moins que ce soit de l'ironie. Severus attrape la marguerite.
– Merci mon canard en sucre. Je vais la mettre dans un vase.
– Non il faut l'égrener, pour être sûr de notre amour.
Severus, mi-figue:
– Il m'aime... C'est quoi déjà la suite?
– Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout... Je croise les doigts!
Severus, en silence, enlève chaque pétale. Le roux, en riant:
– A voix haute, Sevounet!
Ce surnom là est vrai, ça doit être son meilleur pote qui lui fait une blague. Severus enlève le dernier pétale.
– Un peu. Désolé, mon aaamooour, c'est fini entre nous.
– T'as mal compté, j'avais fait pour que ça finisse sur passionnément... Oups.
Le roux, mine déconfite, c'est du flan. Severus, assuré:
– Toi t'es mon meilleur pote.
Le roux, flatté:
– Merci Sevounet. Tu t'attaches vite, mais ça ne me dérange pas. Oui je serais le parrain de ton futur gamin. J'ai une tâche de naissance là, entre les deux doigts. C'est pour ne pas me confondre avec mon crétin de frère jumeau. Fred, c'est mon nom. Tu nous auras en potion, ça ne sera pas de la tarte. Tu m'offres un verre?
Severus, en riant:
– Bien sûr Fred, qu'est-ce que tu prends?
– Un sirop grenadine.
– Ça j'ai... J'ai des blancs dans la mémoire, est-ce que j'ai repris?
Fred, intrigué:
– Repris quoi, Sevounet?
– L'alcool.
– Ohhh... Attends je vais leur demander.
Fred entrouvre la porte.
– Il voudrait savoir s'il a repris la picole!? On ne me dit rien à moi!
Une voix, gentiment:
– Non, non, il est sobre, depuis 10 ans.
Une autre voix, excédée:
– Vous en mettez du temps!
Fred, hilare:
– Il hésite, c'est mon charme naturel. Bon j'y retourne. Il embrasse pas mal, ton futur mari.
Les deux voix, en cœur: – Tu bluffes.
Severus se penche subrepticement, dans l'entrebâillement, deux petits mignons. Il croise le regard du premier, coup de foudre. Le zouave, cordial:
– On ne triche pas, Monsieur Snape.
C'est lui, à coup sûr. Severus lui adresse un clin d'œil. Le zouave, démonté. Severus regarde l'autre. Un sourire satisfait, beaucoup d'affection dans le regard. Peut-être un ancien prétendant? La porte se referme.
Fred, soulagé:
– Bon ben bonne nouvelle pour la picole. Où on en était?
Severus, franchement:
– Fred, j'ai besoin de toi. Je suis sûr que c'est le costume gris mais l'autre me fait de l'œil aussi.
– Tu m'inquiètes. Il ne devrait pas te faire de l'œil l'autre. Ça foutrait une sacrée merde, crois-moi.
– Sans doute, j'hallucine... Ce ne serait pas la première fois mais il me semble que j'ai vu de l'affection dans son regard. Je me suis dit que c'était peut-être un de mes anciens partenaires. Ça expliquerait ce jeu à la con, un dernier test avant l'engagement.
Fred, compatissant:
– Ouhhh ce que tu cogites, mon pauvre! Le jeu c'est juste pour la déconne. L'autre il en veut sûrement à tes synapses mais vérifions... Tu le dragouillles un brin, sans aller plus loin, c'est le copain de mon petit frère.
– Je suis à chier pour draguer. Je vais faire comme si c'était mon ex.
Fred, suppliant:
– Je peux regarder?
– Oui planque-toi dans la cuisine... L'ex-jaloux, première.
Fred, sourire en coin, fait un clap:
– Charge bien le tableau, comme tu fais en cours. Allez bonne chance.
Une accolade puis Severus se dirige vers la porte d'entrée. Il l'entrebâille, sans regarder:
– Suivant!