Chapitre 69: Deux babioles

Les mèches tombent sur le sol. Severus les yeux rivés sur le miroir est décidé à refaire connaissance avec lui-même. Charlotte tout à son affaire a les mains qui tremblent légèrement. Harry fait mine de feuilleter des magazines mais son regard est attiré vers son futur-mari comme un aimant.
La coupe terminée, Charlotte, satisfaite de son travail, le regarde avec un grand sourire. Harry aux anges, les éclairs dans les yeux redoublent. Lui, mi-figue, Johnny Depp de loin mais oui c'est bien.
Severus, placide:
– Et la tenue, vous en pensez quoi? D'habitude, j'ai une cape aussi.
Chaton murmure à Charlotte:
– Pour le costume, le même en bleu indigo?
Charlotte, franchement:
– Ça ferait un peu charlot... Juste les lunettes, les chaussettes et la doublure de la cape en indigo et je ferais la tunique en gris anthracite avec des lignes gris clair. J'ai des feutres dans mon sac, je vais vous faire un croquis.
Charlotte prend une feuille et dessine le costume.
Severus sort sa baguette et transfigure les lunettes, les chaussettes et la tunique. Ah oui, ça a de la gueule!
– Mademoiselle Charlotte, vous êtes une artiste.
Charlotte lui fait une révérence. Chaton lui tire la manche.
– Et moi?
– Une coupe un peu moins structurée et la barbe il faudra la tailler un peu quand même.
Chaton, décidé:
– Déstructurez-moi, Charlotte.
A la caisse, Severus empoigne les poignets de Charlotte, place ses mains en coupe et vide le contenu de son porte-monnaie à l'intérieur.
Charlotte, amusée:
– Qu'est-ce que vous faites imbécile!?
– Je vous paie, Charlotte. Merci! Je reviens quand et qu'est-ce qu'on fait des autres?
Charlotte garde la monnaie, replie les biffetons et les places en triangle dans la poche de la tunique de Severus.
– Revenez quand la coupe ne vous plaît plus. Vous pourriez laisser les autres comme ça jusqu'à demain, voir comment je me débrouille pour gérer la boutique?
Severus, mi-figue:
– Oui. Tu as fait de moi un homme presque beau, c'est un exploit. Prends plus d'argent, s'il te plaît. Au moins, le prix des coupes et pour le croquis... Sinon, je te file tout mon blé et on te fige le temps de partir en courant.
– D'accord. Le prix des coupes, le croquis gratuit, merci, j'ai enfin pu m'entraîner! Je peux vous prendre en photo?
Severus, en riant:
– Il aurait fallu prendre une photo avant pour voir l'étendue du naufrage mais oui vas-y.
Charlotte sort son portable et les mitraille.
– Pour les croquis, si vous en voulez d'autres, je le fais volontiers, j'aime bien la mode aussi.
– Je vais prendre ton numéro mais par pitié change d'emploi et choisis quelque chose à ta hauteur.
– Merci Severus, je vais y songer...
– Oui je te garde à l'œil, fais gaffe! A demain...

Dans la rue, Harry attrape sa main et la serre fermement. Trop beau, son mari. Envie de le baguer, dès que possible.
– Et si on allait voir cette bijouterie dont tu m'as parlé? On pourrait acheter deux bagues de fiançailles pour marquer le coup.
Severus, taquin:
– Tu crois?
Severus l'attire contre lui, un baiser passionné, difficile de se détacher. Encore un. Harry les mains sur sa nuque, d'habitude, elles sont plantées dans ses cheveux. Peur de le décoiffer peut-être.
– Tu peux y aller avec les cheveux. Allons chercher ces bagues, je n'en peux plus...
Harry, hésitant, passe délicatement les mains dans ses cheveux. Severus soupire et l'attire contre lui.
Apparition. Juste devant la bijouterie.
Severus, en lui caressant les cheveux:
– C'est là. Je te préviens que le patron, Gustave, est un peu caustique, ne fais pas attention. Mais c'est un artiste aussi. Je lui fais confiance.
Severus l'entraîne à l'intérieur de la boutique. Le carillon, toujours le même. Severus s'avance vers le comptoir.
– Bonjour Gustave, deux bagues de fiançailles à l'emporter, s'il vous plaît.
– Vite...
Gustave rigole de bon cœur.
– Oh vous, vous êtes poursuivis par la police des mineurs! Une idée pour la garniture?
Harry, scié:
– Non, j'ai 18 ans, vous faites des rabais pour les étudiants? Pour la garniture, une pierre bleue-foncée pour Severus et pour moi une pierre bleue-claire. Pour l'anneau, tout sauf du doré. Il faut que les bagues transmettent le message que le mariage est imminent.
Severus, hilare:
– Pour résumer, nous voudrions deux babioles qui brillent jour et nuit, en attendant le mariage, pour éloigner les fans... Pour les vraies bagues, on vous les fera faire sur mesure quand on aura les moyens.
Gustave se frotte les mains.
– Deux anneaux qui attirent les pies. J'ai une vision. Pour vous Severus, un anneau en or platine noir, une ligne d'or platine gris qui le coupe par le milieu, 4 zircons bleu-marine et un diamant au milieu. Pour l'autre, le contraire, l'anneau en or platine gris, une ligne d'or platine noir qui le coupe par le milieu, 4 zircons bleu-clair et un diamant au milieu. 200 chacun. Emballé c'est pesé, vous les aurez dans deux semaines.
Severus, indifférent:
– Parfait.
Harry, hilare:
– On pourrait voir ce que ça donne quand même?
Gustave, placide:
– Revenez dans une demi-heure, je vais vous faire un dessin. En attendant que les bagues soient prêtes, je peux vous prêter une paire de menottes. Elles ont très peu servies et l'un de vous peut avaler la clef... Maintenant, fichez-moi le camp, vous êtes trop amoureux et vous faites peur aux autres clients.