Chapitre 74: Fred, à ta place
Relégué sur la banquette arrière de la Mini. La Cracmol au volant, Fred s'accroche.
– Tu roules vite, il me semble, ma petite princesse guerrière.
– Ah désolée, j'ai trop hâte d'arriver. Severus, ça va?
– Joker. Mais Harry apprécierait ce genre de conduite sportive. Tu as ton permis moto?
– Oui oui, j'aime tous les véhicules. Sauf les balais, jamais réussi à en faire décoller un. Pourquoi?
– Un fantasme sur sa liste, une virée à moto, tu le prendras derrière toi et moi j'irais boire un chocolat chaud avec Fred.
Charlotte, hilare:
– Vous vous connaissez depuis combien de temps, l'enfance? Severus changeait tes couches?
– Deux mois à tout péter. Mais Sevounet m'a donné des cours de potions, il ne m'aimait pas tellement parce que je pougnais sur mon frère alors il m'a mis avec une autre mais je pougnais quand même. Oublions cette époque révolue.
Ah mais oui, c'est moi qui t'ai mis avec Angelina, désolé!
Severus, gentiment:
– Il exagère. C'est juste qu'il n'avait aucune estime de lui-même, je me rappelle une fois où l'autre était absente et il m'a rendu une potion correcte, voir très bonne. Après je l'ai foutu tout seul au dernier rang.
Fred, stupéfait:
– Attends, c'était fait exprès!?
– Oui, c'était fait exprès. Mais il pougnait encore, alors je l'ai foutu tout seul au premier rang. Et chaque fois qu'il tournait la tête, je le fusillais du regard. Deux trois cours ça m'a pris mais après, droit comme un i. Une belle réussite je dois dire.
– Sevounet, tu me tues! Et tu me disais juste ''Fred'' et tu sortais l'index. Toute l'autorité dans cet index. Une fois, j'ai essayé de t'avoir et j'ai mis Georges à ma place. T'as rien vu, j'étais déçu. Alors je me suis dit, je vais lui faire la potion la plus nulle de toute la galaxie et comme ça il verra que c'est moi.
Severus, hilare:
– Si si j'avais vu mais j'avais d'autres pingouins à surveiller en même temps. D'ailleurs quand tu m'as rendu ta potion, je t'ai dit ''Fred'' et je t'ai refait le coup de l'index. ''À ta place'' j'ai même dit. Le pingouin c'était Dubois, il a failli faire exploser la moitié de la classe.
– Ah oui c'est vrai, qu'est-ce qu'on étaient cons! A la fin de ma dernière année... En fait ça t'intéresse où on te soûle?
Charlotte, franchement:
– Non je trouve touchant. Continuez. Tu es allé le voir pour le remercier peut-être mais tu n'as pas osé alors tu lui as juste fait le coup de l'index et tu lui as dit ''Severus''.
Fred, stupéfait:
– C'est exactement ce que j'ai fait! Et tu sais ce qu'il a fait lui?
– Il a fait une plaisanterie.
Severus, avec regret:
– Je lui ai dit ''Professeur Severus'' restons professionnel et je lui ai serré la main. Je pensais que c'était chaleureux mais...
– Mais moi j'ai juste compris que je lui avais manqué de respect. Alors j'ai dit ''Excusez-moi, Professeur Snape''.
– Et ensuite cette conne de McGo nous a interrompus. Je ne l'ai plus jamais revu.
Fred, en riant:
– Pas tout à fait, Sevounet m'a envoyé une lettre anonyme quand j'ai ouvert ma boutique avec mon frère. Je l'ai encadrée et je l'ai mise dans mon bureau. Mais mon frère était jaloux alors il l'a brûlée. Il a fait comme si c'était un accident. J'étais fâché, au moins une semaine. Je ne me rappelle plus ce que ça disait... Quel gâchis ou pas, quelque chose comme ça.
Severus, scié:
– Non c'était mieux écrit que ça quand même! Qu'est-ce que j'avais écrit déjà?
Charlotte, placide:
– Je vais essayer de deviner, c'est un de mes ''pouvoirs''... Severus t'a écrit, c'était pas une lettre anonyme, il a signé: ''Fred, à ta place, j'aurais choisi un autre plan de carrière. Severus Snape PS: Ou peut-être pas, surprends-moi.''
Severus, stupéfait:
– Oui c'était ça, exactement ça. Il y avait une rature sur le i de surprends-moi alors j'ai dessiné un cœur mais après je me suis dégonflé et j'ai fait un sortilège de confusion sur ma signature.
Fred, hilare:
– Il était vraiment puissant le sort, je ne me rappelais jamais de ce que l'inconnu avait écrit alors je relisais la lettre tous les jours, c'est ça qui a dû énerver mon frère.
Severus, repentant:
– Oups!
Charlotte, taquine:
– C'était pas une rature, il en pinçait pour toi.
Severus, hilare:
– Si si c'était une rature parce que j'avais peur de me louper, déjà que la dernière fois je n'avais pas brillé. Mais le cœur c'était un peu trop quand même, là à ce stade j'en mettrais sur toutes les lettres mais à l'époque, j'étais timide. C'est absolument nul comme premier rendez-vous. L'homme invisible te déclare toute son affection. Oublions-le un peu. Alors comme ça, tu devines Charlotte?
Charlotte, en riant:
– Oui je suis très empathique mais je sens qu'avec Fred, ça va passer. C'est quoi ton vrai nom, mon chéri? Frédérick.
– Je ne l'aime pas tellement mais tout ce qui sort de ta bouche est transformé en miel donc ça passera. Je suis désolé de t'avoir fait chanter Sevounet. C'est parti d'une plaisanterie et après je me suis dit, les fins de mois sont difficiles, il faut que je fasse un cadeau à ma mère. Mais après je m'en suis trop voulu. Mon frère me fait la gueule depuis. Désolé pour le bagage, Charlotte jamais aux fraises.
Charlotte, stupéfaite:
– On m'appelait Charlotte aux fraises parce que j'étais tout le temps aux fraises avec la magie. J'ai essayé d'étudier la théorie, enfin on m'a forcée mais ça ne servait à rien évidemment... En potions, j'étais bonne mais ça finissait comme de la soupe, aucune propriété magique. Alors, j'ai supplié ma mère et elle a daigné me payer une école de coiffure et stylisme. Fred, ça te gêne que je sois une cracmol?
– Non. Severus, j'ai envie de l'encourager à créer sa propre boutique, ''Charlotte jamais aux fraises'' si possible à côté de la mienne, enfin la nôtre.
Charlotte, lassée:
– Et qu'est-ce que j'y ferais, Severus?
Fred, désolé:
– Un peu de coiffure, un peu de mode, un peu de baratin et beaucoup beaucoup beaucoup de clients.
Charlotte, touchée:
– On est arrivés. Severus, on te laisse là.
Severus, soulagé:
– Volontiers. Je dois aller voir le mien, il doit probablement s'ennuyer. On se voit la semaine prochaine, Frédérick? Bonne soirée.
– Merci Severus, désolé de t'avoir tenu la jambe.
– C'était un délice. À bientôt Charlotte. Je suis d'accord avec lui pour la boutique.
