Chapitre 76: Dans mes cordes

Il peut y arriver. Severus n'est plus là mais il existe quelque part et il croit en lui. Prendre sa main et se laisser conduire. Devant la porte, elle hésite.
Charlotte, empruntée:
– Je suis désolée, je pensais qu'on irait au cinéma, je n'ai pas rangé mon appartement.
– J'habite chez ma mère.
Charlotte rigole un peu et se débat avec la clef.
Fred, gentiment:
– Allons ailleurs si tu veux...
La porte s'ouvre. C'est le souk, trop d'objets, pas assez de place mais c'est rangé et propre. Que dire?
– Pas de quoi rougir, en tout cas.
– Qu'est-ce que tu bois?
– Une boisson sans alcool qui fait viril.
– Je n'ai pas de sirop grenadine, mais j'ai du sirop kiwi.
Fred, hilare:
– Parle-moi de moi.
– Tu es sûr, ça fait flipper les gens quand je fais ça? 20 ans, ta date de naissance un gag cosmique, 1er avril. Ton jumeau arrive avant toi. Complexe d'infériorité tenace. C'est tout ce que j'ai.
– C'est juste, continue...
– Probablement amoureux de Sevounet inconsciemment...
Fred, gentiment:
– Non, là tu te trompes.
– C'est consciemment?
– C'était une erreur de l'amener, c'est ça. Excuse-moi. Je m'en suis bien sorti au téléphone et il était à côté, j'ai pensé que ça avait un lien mais, en fait c'est peut-être toi qui me met à l'aise.
Charlotte hoche la tête:
– Je t'aime Fred ou Frédérick comme tu préfères.
– Frédérick. Allons voir ce film.
– Tu ne me réponds pas, je boude.
– Je t'aime ma chérie. Allons voir ce film. J'ai acheté des Marshmallows ça va bien avec les films guimauves.
Charlotte, en riant:
– Et moi j'ai des pop-corn au caramel. Il va être jaloux ton frère et il va essayer de nous séparer?
– Non, il sera peut-être content que je lui lâche les basques. Quoique, d'habitude c'est lui le tombeur, il couche avec et ensuite il se lasse alors il me dit, Fred, c'est à toi, évince-les avec toute la courtoisie du monde et je le fais. Je me fais griller des fois et j'ai des numéros mais je ne passe pas après mon frère. Faut pas pousser.
Charlotte hoche la tête.
– Oui mon chéri, tu as raison, il faut pas pousser. Et toi, tu te lasses?
– Non moi je m'accroche.
Charlotte lui tend la main, tous les doigts repliés sauf le petit doigt.
– Tiens déjà celui-là, pour voir...
Fred l'attrape et le blottit contre sa paume. Charlotte, aux ange:
– Oh si c'est ça s'accrocher, prend tout.
Fred attrape l'annuaire, puis la main et lui fait signe de venir dans ses bras. Charlotte se blottit à l'intérieur.
– J'ai l'impression d'être dans une citadelle.
– Quel âge as-tu, ma douce?
– 23 ans, 18 juillet.
– Il y en a eu beaucoup avant moi?
Charlotte, en larme:
– Un, malheureusement.
– C'est terrible mais je me sens soulagé, tu me montreras comment on fait.
– C'est pas bien sorcier...
– Oui mais pour faire ça bien.
Un soupir de contentement de Charlotte. Il est foutu.
– Refais ce bruit et je... je ne réponds plus de rien. Ma petite vélane.
– Un gène très lointain, il ne fait d'effet que sur toi. Fleur c'est ma cousine germaine. Je l'ai vu une fois. Je n'étais pas invitée au mariage.
– Eh ben moi je m'en fous, je ne l'inviterais pas non plus. Mais bon faisons connaissance peut-être avant... Je pensais pas que ça irait si vite. D'habitude Georges il galère plus que ça.
Charlotte, amusée:
– Euh, d'habitude tout le monde galère plus que ça, mon chéri. Tiens ton sirop. Allons au salon.
Le canapé blanc-cassé, il pose son verre à l'autre extrémité de la table. Charlotte rigole. Elle déplie une couverture et le blottit à l'intérieur. Impression d'avoir 12 ans et de faire une soirée pyjama. S'il avait su, il aurait pris un training ou un peignoir, moins habillé il n'arrive pas à imaginer. Elle dispose les Marshmallows et les Pop-corn au caramel dans deux bols transparents. Ça manque un peu de fantaisie, il s'attendait à mieux.
– T'as pas mieux comme récipients? Oublie.
La bouche zippée. Charlotte, vexée:
– Non pour la nourriture, je prends du transparent sinon ça me distrait.
– Tu as raison, je n'y connais rien.
Charlotte, hilare:
– Première dispute, j'ai peur que tu me quittes.
Gros rires de Fred. Il plaque sa main sur sa bouche.
– Moi j'aime bien les céramiques avec des formes biscornues. C'est moi qui nous sape mon frère et moi, qu'est-ce que t'en penses?
– C'est flagrant. J'adore. Tu en as fait de la céramique?
Fred secoue la tête. Charlotte, impassible:
– Il faudra prendre des cours pour m'offrir mon premier cadeau.
– Ah c'est comme ça que tu fais toi, d'accord. Je vais me renseigner. Flagrant?
– Oui c'est évident que tu sais ce que tu fais. Moi certaines associations je n'aurais pas osé. Chapeau l'artiste. J'ai des images qui viennent c'est pour ça. Mais tu sapes ton frère mieux que toi.
– Oui comme ça j'ai la paix. Regardons ce film, je m'enfonce. En plus, je me sens con, tout seul sous cette couverture. J'ai changé d'avis, je prendrais un verre d'eau, vu le canapé et comme je suis maladroit, ça vaudra mieux mais je l'ai goûté, il était très bon, le sirop.

Le film qui défile, ça pourrait tout aussi bien être un documentaire sur les tortues d'Afrique, quoi qu'il aime bien les tortues. Disons les vers de terre. Il espère que Cunégonde s'en sort dans la forêt. Sa dulcinée blottie contre lui dans la couverture. C'est plutôt ça qui le distrait. Une érection qui va et qui vient, la frousse sans doute, un bisou au creux du cou. Soupir comblé. Ils en sont où dans le film? La guerre des clans. Rien à battre. Elle elle est dedans, ça se voit. Non elle met sur pause.
Charlotte, taquine:
– Tu ne regardes pas, pourquoi?
Fred s'éloigne à l'autre bout du canapé.
– C'est bon, remet-le.
Charlotte rigole et remet le film. Bluffons.
– Tu peux le remettre au début, je n'ai rien suivi.
Elle le fait. Merde. Bon concentrons-nous. Charlotte qui baille, s'enroule dans la couverture, appuie sa tête sur le dossier du canapé et ferme les yeux.
Gros stress, que ferait Severus? Transmission de pensées activée. J'ai fait un énorme faux pas et maintenant elle dort sur le canapé, que faire? Envoyons-ça. §Moi je la porterais jusqu'au lit.§
Flippant mais une bonne idée. Faisons ça. Elle n'a pas l'air lourde mais je ne sais pas où est sa chambre. Il faudra quand même que je demande à Severus si c'est lui qui m'a envoyé cette pensée ou si j'ai deviné, est-ce que c'est parce que je suis à côté de Charlotte, elle me transmet ses pouvoirs ou quelque chose comme ça.
Il va éteindre le film, personne ne le regarde. Il va éteindre la TV aussi.
Comment la porter? Une main derrière la nuque, l'autre sous les genoux. Un petit sortilège de lévitation. On met les bras dessous. On va laisser le sortilège. Voilà dans mes bras. Intuition pour la chambre... Au fond du couloir. Ah oui une porte. Alohomora. J'espère qu'elle m'en voudra pas pour les sortilèges. Le lit à une place, je l'avais pas vu venir celui-là. Bon, on se serrera. J'aime assez les poutres apparentes mais le mobilier est un peu quelconque, ma douce.

Frédérick la dépose sur le lit avec toute la gentillesse qui le caractérise. Pourvu qu'il ne la laisse pas là toute seule. Non il s'installe à côté. Il en a mis du temps à faire le premier mouvement avec tous les signaux qu'elle lui envoie. Et que je t'effleure et que je t'effleure. Lui, à chaque fois. ''Oh, pardon''. Pourvu qu'il parte pas celui-là. Elle le veut, elle le veut, elle le veut. Okay la morte se réveille et lui donne un baiser, ça fait quel effet, un peu d'ironie quand même:
– Oh, pardon.
Fred ricane. Quand même.
– C'est quoi ce lit, chérie? Comment on fait on dort l'un sur l'autre, c'est un peu cavalier, non?
– Non non, cette nuit c'est moi qui vais dessus. Je ferais tout. Toi tu n'auras qu'à t'excuser copieusement.
– C'est pas pour me vanter mais c'est tout à fait dans mes cordes.

Commençons par défaire la cravate, orange, il fallait oser, le blazer piqué moutarde. Il s'assied quand même pour m'aider. Le gilet satiné, assorti à la veste, elle trouve que c'est de trop. La chemise, il n'est pas prêt. Bleu clair à motifs, un petit bijou. On l'enlèvera plus tard. Les grolles bien cirée, brunes à bout pointu. Les chaussettes, il les a assorti à la chemise. Je fonds. Je commence par le haut ou le bas. Je vais me mettre toute nue d'abord, ça va le mettre à l'aise. On enlève tout.

La déesse, au secours, au secours, au secours. Maintenant, il a l'air con habillé. Déboutonnons cette chemise, c'est dans nos cordes. Lui, il aurait commencé par les chaussettes. Mon torse, c'est ça. Elle hoche la tête, convaincue, se passe la langue sur les lèvres. Sûrement un hasard. L'érection cette fois, elle ne partira plus. On va enlever ces chaussettes de merde. La ceinture, le pantalon, c'est pas si difficile de se déshabiller finalement. Le caleçon, oui il est assorti à la chemise, il a pris l'ensemble. Elle rigole. C'est à cause de la trique ou du... probablement la deuxième. On va le virer, on verra bien si elle continue à rire. Non, là elle ne rit plus. Elle se repasse la langue sur les lèvres. Si elle me fait ce que je pense, je vais partir direct. Je tremble, ça ne va pas le faire.
– J'ai froid, mettons-nous sous la couverture. Premier mensonge. Rassure-moi.
– Allonge-toi, je vais me mettre sur toi, ça te réchauffera. Tout va bien se passer.
– Et si je pars prématurément?
– On recommencera plus tard et on se fera des câlins en attendant.
Fred, soulagé:
– Okay, bon. Vas-y je suis prêt.
La sensation de son corps sur le mien, une douce torture. Elle gémit, moi je suis au delà des mots.
Charlotte, excitée:
– Touche-moi, si tu peux.
– Oh je peux, je peux, mais où? Il y a bien une partie que j'aimerais mais c'est la pire.
– Vas-y, touche-moi le cul.
Oui c'était ça. La peau veloutée, je me demande ce qu'elle met dessus. Et si je les prends et je la presse contre moi. Oh j'ai envie d'entrer en elle. Trop tôt sans doute. Okay frottons-nous c'est bien aussi. Mais je ne partirais pas avant d'avoir été à l'intérieur.
Charlotte, à regret:
– Viens si tu veux... Moi j'aime bien les préliminaires.
– Juste un tout petit peu pour goûter, après on fait tout ce que tu veux.
Elle le guide à l'intérieur c'est chaud et humide et ça l'enserre délicieusement. Comment faire autre chose après ça? Il ne voit pas.
– Ah putain de merde!
– Frédérick vous jurez?
– Pardonnez-moi ma douce, une hérésie. Sans doute votre présence me transforme en rustre.
Envie de prendre les devants, pour une fois. Comme dans le film, qu'il à moitié regardé. Il aurait dû demander à Severus avant. Là il n'ose plus, c'est un peu trop tard. Changeons de position, c'est l'homme qui va dessus et retournons-la, elle me distrait. Charlotte, un peu aux fraises, il faut l'avouer:
– Mais qu'est-ce que tu fais?
– Laisse-moi faire.
Un massage, ça il sait faire. Elle soupire.
Des images lubriques lui traversent la tête. Prendre sa mouille et lui écrire une lettre dans le dos. C'est original. Il a quasiment sûr que l'autre ne lui a pas fait le coup. Okay descendons, des baisers tout le long pour divertir l'attention. Son doigt, il va l'humecter avant quand même. Quoi que vu le stade d'excitation ça devrait aller. C'est DiCaprio ou c'est lui? Il enfonce tout doucement son doigt à l'intérieur. On le badigeonne bien. Des petits cris, c'est tout mignon. On va commencer par la signature au creux des reins. ''Frédérick''. Je vais reprendre un peu d'encre. Avant je vais noter. ''Salutations effrénées''.

Mais qu'est-ce qu'il me fait? Ah il écrit quelque chose. Son nom. Il m'a déjà marqué, c'est bon signe. Oh oui continue de me doigter. Non c'est juste pour reprendre de la mouille. Okay qu'est-ce qu'il écrit là. S-a-l... Oh et puis, j'ai qu'à deviner... Salutations effrénées... Je me vengerais Frédérick! Il va me faire toute la lettre, à l'envers.