Chapitre 78: La fusion

Le soleil lui transperce le visage. 10h. Le dernier dimanche avant l'infamie. Essayons de nous étouffer avec un coussin.
Harry, guilleret:
– Je sens que tu es d'excellente humeur chéri, tu peux partager ton hilarité avec moi? Moi je suis un peu triste vu que c'est le dernier jour de vacances.
– Achèèève-moooi! Pitié mon mari d'amour.
– Allons, allons... Ah j'ai un message. C'est Fred.
– Saint Fred, qu'est-ce qu'il dit?
Harry, hilare:
– Il demande si tu connais une Lizia Scamander et il demande si tu lui as envoyé une pensée de porter Charlotte jusqu'à son lit. Après c'est des génuflexions à ton égard, je te passe les détails, il a conclu avec Charlotte, orgasmes simultanés.
– Dis-lui oui et oui. Juste ça et lis-moi les génuflexions, j'en ai besoin.
Harry, en singeant:
– Severus, sans toi je n'y serais jamais arrivé. Tu as su par ta présence discrète et la finesse de tes remarques instaurer un climat propice à... Merde il t'appelle!
Severus, mort de rire:
– File-moi ça... Hello Fred, un climat propice à... ?
– Ah t'avais pas fini de lire. Propice à l'éclosion de l'âââmour et du sexe comme des bêtes. Merci de me l'avoir présentée. Je ne sais pas comment tu as su mais c'est sûr que c'est la femme de ma vie. L'autre Lizia, c'est pour mon frère, c'est Charlotte qui m'a donné le nom.
– Ouh là là, le pauvre! Elle tient le magasin de potions où je me fournis d'habitude, c'est une purge! Jamais réussi à lui faire esquisser le moindre sourire. Bon tu me diras, ce n'est pas avec mon humour dévastateur que... enfin bref, la boutique n'est pas très loin de la vôtre, au numéro 66. Un jour, je lui ai demandé si elle ne voulait pas ajouter un 6. Le signe de tête condescendant qu'elle m'a adressé. Plus jamais osé lui parler.
Harry, motivé:
– Allons la voir. Elle me plaît cette femme. C'est pas tous les jours qu'on arrive à embarrasser Severus Snape.
– Tu serais étonné, je m'embarrasse assez facilement.
Fred, jovial:
– Allons-y tous ensemble. À moins que vous ayez prévu autre chose.
– Moi j'avais plutôt prévu de me suicider avant la rentrée.
– Mais ça va aller Severus, on sera là avec Harry en cours, en soutien.
– Oui mais il y a tout le reste, les réunions des profs, Dumbledore, les dîners dans la grande salle, voir mon mari seulement le week-end.
Harry, contrit:
– Merde j'avais oublié. Essayons de négocier avec Dumbledore des autorisations de sortie pendant la semaine.
– Je te laisse, toi tu as la côte. Moi il aime juste me faire chier. Allons au magasin, ça me calmera les nerfs, mais il ne faudra pas compter sur moi pour faire les présentations. Elle me haït.
Charlotte, hilare:
– Mais oui, comme tout le monde Severus, tout le monde te déteste. Je peux venir aussi en cours, si tu veux.
– Merci les fans, non Charlotte tu dois bosser un peu pour ouvrir ta boutique et Fred pour la tenir à flot...
– Ça va, une heure ou deux je peux manquer... Mais c'est trop tard, Georges est déjà parti. Il trépignait depuis ce matin, quand je lui ai donné le nom. Il a appelé tous ses amis, toutes ses connaissances et toutes ses anciennes conquêtes pour la retrouver. Les 3/4 des conquêtes lui ont raccroché au nez. Pour une fois ce n'est pas moi qui les ai rappelées, c'est Charlotte. Et puis, j'ai pensé à toi, Severus. Georges a écouté la conversation jusqu'à... ''ne comptez par sur moi pour faire les présentations'', ensuite il t'a fait un doigt et il est parti en courant. Là il doit y être. Je fais quoi?
Severus, compatissant:
– Laisse-le, le pauvre. Voyons-nous plus tard à midi pour la pause déjeuner, j'ai besoin qu'on me change les idées.
Harry, ravi:
– Bonne idée, Severus. Je peux inviter mes amis, aussi?
– Si tu veux... Moi ils me rappellent un peu le bagne mais si jamais je les noierais.
– On progresse! On va où?
Fred, jovial:
– Il y a un restaurant indien au 86. Moi j'adore ce qu'il font et il y a des grandes tables. Et pour la pensée?
– Euh j'avais l'impression que quelqu'un me hurlait dans la tête avec ta voix. Je n'ai pas tout compris, mais je me suis dis que Charlotte faisait semblant de dormir alors j'ai demandé à Harry et il m'a dit qu'il aime bien quand je le porte dans le lit. Après c'était un peu plus coton pour t'envoyer la pensée, j'ai essayé plusieurs trucs. J'ai hurlé, je t'ai fait un sort de suggestion et Harry m'a dit, pourquoi tu ne ferais pas simplement, ''j'envoie cette pensée à Fred: Moi, je la porterais jusqu'au lit.''... En bref, c'est Harry qui a tout fait et je récolte les lauriers comme d'habitude. Là personne ne voit mais je me frotte les mains. Là personne ne voit mais Harry me saute dessus. Adieu, à tout à l'heure.

Au 66, c'est là. Les mains moites, rassurons-nous comme on peut. La devanture est médiocre. Il aurait dû prendre Fred avec, ils fonctionnent mieux en duo. Tant pis, on entre et on fait comme d'habitude: baratin, baratin, baratin.

Au secours un client, souris Lizie, peut-être un signe de tête. Non le signe de tête était de trop. On va lui parler quand même...
– Bonjour Monsieur, vous désirez?

Le ton, plus pincé il n'y a pas. Mais elle est jolie. Une belle brune plantureuse. Les lunettes ça gâche un peu tout. Le reste rien à jeter.
– On m'a dit que vous aviez besoin d'un amuseur publique pour mettre un peu d'animation dans votre boutique.
– Ah c'est vous... Vous avez mis le temps. Je suis pratiquement en faillite.
Une pointe d'ironie dans le ton mais le fond est vrai.
– Montrez-moi vos comptes.
– Si vous voulez...
Elle sort les classeurs. Une pause.
– Qui êtes vous?
– Georges Weasley, je tiens une boutique de farces et attrapes avec mon frère au numéro 93. ''Weasley, Farces pour sorciers facétieux''
– Et ça marche ça?!
Georges emprunté,
– Mouais, disons qu'on tourne mais... On devrait fusionner. Vous ce serait pour les vieux cons qui cherchent des ingrédients de potions et nous pour les jeunes imbéciles qui cherchent surtout à foutre le bronx ne le cachons pas.
– Ah...
– On pourrait vous laisser le 1er étage et nous on s'installe au rez-de-chaussée. C'est pas si mal comme idée finalement... Et pour Charlotte on lui laisse la réserve, elle se fait un petit cabinet où elle reçoit les gens relooking et diseuse de bonne-aventure... Un loyer pour trois ça devrait le faire, on aurait plus à travailler comme des bœufs. Je vais envoyer le pitch à mon frère. Deux secondes... Dommage pour la devanture je l'aimais bien. On rajoutera un automate de vous et de Charlotte. Ça coûte un bras mais ça attire l'œil. Et si on ne s'en sort pas, il faudra ouvrir une succursale chez les Moldus. Beurk! Mais bon, ne parlons pas de malheur.
– Oui. Oui, oui. Oui. C'est qui Charlotte?
– La copine de mon frère. Elle est très gentille. Par contre est-ce que vous avez des scrupules à mélanger le privé et le professionnel?
– Non tant qu'ils ne se bécotent pas sur mon étage, ça va.
Georges, taquin:
– Non mais je parlais de nous, Lizia.
– Ah non. Non, non. Non. Laissez-moi respirer, déjà qu'on fusionne nos espaces.
– Trop tôt, d'accord. Severus Snape, vous en pensez quoi?
Lizia, rêveuse:
– Ah si tous les clients étaient comme lui. Droit au but, il sait ce qu'il veut. Il a même convaincu ce rétrograde de Dumbledore de venir se fournir chez moi. C'est ça qui me sauve. À chaque fois qu'il vient je me sens tellement redevable que je suis tétanisée et s'il changeait d'avis... Alors je le soigne, je lui donne tous les meilleurs ingrédients. Et un jour, peut-être, j'arriverais à lui parler...
Mort de rire.
– Et la fois où il vous a dit que vous devriez rajouter un 6 à votre adresse?
– Oui c'était drôle, enfin, au début je n'avais pas compris, je lui ai juste fait un signe de tête. Après j'ai compris que c'était un compliment. Probablement que je suis un peu démoniaque avec mes fournisseurs quand il s'agit de lui. Tellement peur de faire un faux pas. Une fois, j'ai renvoyé une peau de serpent 6x mais à la fin, Monsieur Snape était tout content, alors ça valait la peine.
Georges, lassé:
– Vous en pincez pour lui?
– Mais non. Ne vous en faites pas il n'y a que... Il n'y a personne. J'ai un chat, c'est tout.
– Moi il y a eu un défilé, avant vous. Ça vous gêne? Et Severus Snape croit que vous le détestez parce que vous êtes froide avec lui. Beaucoup de nouvelles pénibles dans une phrase, je vous laisse méditer... Ah une réponse de mon frère. ''Une idée géniale frérot, comme d'habitude. Severus se demande s'il y a une place pour lui?'' Vous en voulez-vous?
– Passez-moi le téléphone. Vous restez-là.

Le téléphone sonne, encore...
Severus, lassé:
– Laisse sonner...
– C'est Georges.
– Rhhho! Bon, passe-le-moi. Allô?
Lizia, joviale:
– Lizia Scamander à l'appareil, il paraît que vous voudriez travailler avec moi Monsieur Snape? Comme assistant, peut-être?
Severus, mi-figue:
– Non non, j'ai trop peur de vous. Je voyais plus un laboratoire de potions, vous fournissez les ingrédients comme vous savez si bien le faire et je fais les potions pour les plus fainéants. Pour les autres, vous gardez les ingrédients...
– Ma boutique ne tourne que grâce à votre généreuse assistance... Arrêtez de me serrer la main vous, restez à distance.
Severus, emprunté:
– Mais non, mais non, vous exagérez...
– Mais si, mais si, vous êtes mon messie.
Severus, amusé:
– Dans ce cas, vous pourriez faire semblant de rire à mes gags au moins... Je me sentirais moins con.
– C'est un malentendu Monsieur Snape!
George, hilare:
– Explique-lui le 666.
– C'est à cause des ingrédients c'est ça, la manière méticuleuse dont je les choisis pour vous. Des fois, je renvoie les ingrédients, jusqu'à 6x, après je change de fournisseur.
Severus, scié:
– Madame, je suis désolé! Laissez-moi prendre votre numéro et vous couvrir de fleurs. Je peux vous envoyer d'autres clients...
– Ce serait un honneur de travailler avec vous, Monsieur Snape.
Georges, jovial:
– Bon on a un sous-sol, pour l'instant on y entasse toutes les merdes de la galaxie mais on peut bazarder tout ça et te faire un laboratoire, on te fera des fenêtres quand même et si tu veux tu auras même des contacts avec les clients et toute la clique. Comment ça se passe ton contrat pour l'enseignement, c'est renouvelable d'année en année?
– Oui. Pitié faites ça! Je n'en peux plus de ce job! Désolé Chéri.
Harry, lassé:
– Oui j'ai bien vu. Moi je vais rester à Poudlard. Je vais essayer de faire évoluer un peu cette école et si la chance me sourit, peut-être même que je finirais Directeur.