Chapitre 82: L'accident
Severus, placide:
– La préparation des ingrédients... La Valériane. Les racines vont jusque là. On les coupes en tronçons de 10 cm environ, comme ça. Ils faut que tous les tronçons soient d'égal longueur pour qu'ils se dissolvent en même temps. Plus petit, il n'y a pas besoin de couper, plus gros, ça aura de la peine à se dissoudre. Adelaïe tu me fais les racines des deux autres brins? Et vous allez couper les vôtres.
Lavender, inquiète:
– Et pour ceux qui n'ont pas le système métrique comme vous implanté dans leur cerveau, Professeur?
– 30 points. Accio règle... On va dupliquer ça. Qui en a besoin?
Toute les mains se lèvent.
– Acheter des règles, merci de noter Balthazar.
Lavender, lancée:
– Et aussi des balances, des thermomètres et des récipients gradués, vraiment merci Balthazar, vous auriez pu venir plus tôt, à notre premier cours de potions en première année.
Severus, scié:
– Désolé, moi je n'en ai pas besoin... Toi aussi tu aurais pu demander plus tôt...
Lavender, agacée:
– J'aurais bien aimé mais on ne pouvait pas vous causer. Trop renfermé et extrêmement désagréable.
– Merci. Balthazar au secours!
Balthazar, songeur:
– On pourrait faire une boîte à suggestions. On a une à la boutique et les clients déposent leurs remarques à l'intérieur. On la pose au coin du bureau et les élèves notent leurs désirs et griefs de façon anonyme.
– Excellente idée! Accio boîte.
De taille moyenne, noire, un peu poussiéreuse. Il enlève le couvercle et le met dessous.
– Je vous laisse 10 minutes pour méditer et mettre vos remarques dans la boîte. Toutes les insultes seront incinérées. Balthazar, à moi, dans la réserve!
Severus ferme la porte de la réserve et soupire.
– J'ai vraiment fait de la merde avec ces classes, pendant des années!
– Non, mais je crois que ton problème c'est que tu penses que tout le monde est à ton niveau. Et même au début, tu devais être un génie dans cette matière. Alors c'est difficile pour toi de te mettre à la place d'un élève lambda, imagine que tu doives apprendre l'art des Potions à un ver de terre. C'est un peu près le niveau des élèves qui arrivent en première année.
– Câlin!
– C'est vrai que tu es en train de nous virer Poufsouffle... Allez viens.
Balthazar le prend dans ses bras.
Severus, en riant:
– Ah ça soulage... Un ver de terre et ceux-ci?
– Hélas, un peu la même chose. Voyons leurs idées avant de les condamner. Sinon pour le debriefing, tu as été parfait. Peut-être le langage est un peu poussé parfois quand tu te lâches. Je t'ai fait un PV détaillé.
– Je t'aime. Bon retournons-y avant qu'ils foutent le feu à la classe.
– Moi aussi, je t'aime. Par curiosité, qu'est-ce qu'elle t'a dit Milicent?
– La même chose mais j'ai senti que ce n'était pas platonique. Je lui ai répondu que j'étais flatté mais que j'étais gay et fiancé et maintenant tout le monde est au courant. Tant pis... Qu'est-ce que je fais pour la boîte, j'ai peur des remarques.
Balthazar, songeur:
– Demande à Hermione, elle fera le tri et elle te transmettra ce qui est important.
Severus hoche la tête.
– Je me sens redevable envers toi.
– Tu peux venir au boulot un jour et me donner des conseils en contrepartie.
– D'accord.
La boîte à moitié remplie, quelques origamis et un avion en papier.
Severus, amusé:
– Merci pour les pliages, très délicats. Où on en était?
La cloche sonne. Plus que 45 minutes. Ça va être coton. Coup d'œil à Balthazar, il fait signe d'y aller mollo. Concentrons-nous sur la préparation des ingrédients. On va inspecter ça. Il passe dans les rangs, ça a l'air d'aller, Hermione a coupé plus petit 5 cm.
Severus, ironique:
– J'ai dit 10, tu n'écoutes rien.
Hermione, gênée:
– Dans le livre il y a marqué de 5 à 10 cm...
Faisons un peu d'humour.
– C'est qui le Maître des Potions ici, c'est moi ou c'est un livre qui a été écrit il y a 500 ans? Qu'est-ce que tu fais quand ils marquent ''agiter votre baguette''?
Hermione, sidérée:
– Je le fais, je suppose que c'est pour aider à refroidir la potion.
– Ah oui, peut-être... Fais comme tu le sens. Les autres, très bien, on passe aux brins... Les brins on les coupe au couteau le plus finement possible, comme ça... Amelaïe, je te laisse...
Elle secoue la tête. Severus se penche vers elle. Amelaïe murmure:
– «C'est trop compliqué comme vous faites, je vais me couper la moitié des doigts. Il faut que vous me montriez, comme dans Ratatouille.»
La référence obscure.
Severus, hilare:
– Ratatouille? Quelqu'un?
Harry, en riant:
– C'est l'histoire d'un rat nommé Remy, qui a une passion pour la cuisine mais il est incompris de ses congénères qui n'arrivent pas à saisir la subtilité...
Son chéri va lui raconter tout le film. Severus, en riant:
– Abrège, Très-Cher! Elle me dit de faire comme dans Ratatouille.
Gros rires. Harry, en riant:
– Remy, je suppose que c'est vous, rencontre Linguini je suppose que c'est elle, un jeune commis et il lui apprend les ficelles de la cuisine. Il se met dans ses cheveux et il tire et ça lui fait bouger les bras comme une marionnette.
– Ahhh!
Severus taquin, se met derrière elle et lui tire une mèche. Elle, fâchée, murmure:
– «Mettez vos mains sur les miennes, c'est mieux.»
Les mains glacées et moites, ça n'ira pas. Il les frotte l'une contre l'autre. Ça passe. Ses mains sur celles d'Amelaïe, il refait les gestes. Elle, docile. Il enlève les mains un peu. Non, c'est moins bien.
Severus, mi-figue:
– Faites comme vous le sentez mais taillez ça finement. Ceux qui veulent que je leur montre le geste lèvent la main.
Harry et Draco. Commençons par Draco. Il lui fait signe de venir. Avec son mari, il a peur de lâcher le couteau. Draco mi-figue, se laisse conduire. Il maîtrise le geste en deux temps, trois mouvements.
– «Tu savais déjà le faire, avoue.»
– «Peut-être, ça marche toujours pour ce soir?»
– «Oui oui.» 20 points. À vous, Très-Cher...
Harry s'avance vers lui. Personne ne regarde sauf Amelaïe. Severus, encourageant:
– Continue, je te prie...
Elle se concentre sur ses brins.
Harry s'installe devant la planche. Severus derrière lui, le plaque contre la table. Il susurre, tout bas:
– «Oups, excuse-moi.»
– «Mmmhr Mmmhr.»
Il l'enserre, ses mains sur les siennes. Il le culbuterait bien là, sur la table. Il ne tiendra jamais une semaine.
Severus, lui souffle:
– «Et ces autorisations de sortie?»
– «Dumbledore m'évite, je lui ai envoyé un hibou.»
Severus soupire de frustration. Amelaïe tourne la tête et dérape, la main en sang.
Severus, blasé:
– Infirmerie! Je t'accompagne. Hermione, tu gardes la classe.
Sur le chemin de l'infirmerie, le linge qui se remplit de sang, Amelaïe qui pâlit à vue d'œil.
Severus, placide:
– Du calme, c'est normal que ça saigne beaucoup, c'est une extrémité. Désolé, si je t'ai distraite.
– Harry Potter, certains seraient choqués par la différence d'âge, moi je vous trouve bien assortis.
– Merci.
Severus ouvre la porte de l'infirmerie.
– PomPom! Urgence!
– Qu'est-ce qui se passe Severus?
Pourquoi elle le regarde comme ça et oui le relooking. Bon arrêtons de poser et répondons-lui.
– Une entaille à la main, avec un couteau. Je l'ai enroulée dans un linge et je suis venu direct.
PomPom, mi-figue:
– Vous avez bien fait... Ça doit être tout ce changement, qui l'a bouleversée.
– Tu crois?
C'est bien la première fois qu'il déconne avec elle. Aucun humour d'habitude. Lui non plus d'ailleurs.
PomPom, hilare:
– Et votre classe?
– Oh je l'ai laissé à Hermione. Elle va survivre ou non?
– Ah oui merde, la patiente! Vous êtes distrayant. Asseyez-vous là.
– Bien Madame.
Severus s'installe au bord du lit. Pompom, s'occupe d'Amelaïe, les yeux rivés sur lui. Le fou rire commence à monter. Pensons à quelque chose de triste. Pompom, distraite:
– Ça vous va bien cette coupe... Attendez, je vais quand même...
Elle tire le rideau. Et s'il s'allongeait sur le lit deux minutes? Faisons une pause, il enlève ses pompes.
PomPom, curieuse:
– Vous êtes amoureux, c'est ça?
– Oui follement.
PomPom, placide.
– Je vous envie.
– C'est vous qui avez la belle vie, vous en prenez un à la fois. Moi c'est toute la bande que je dois...
– Pauuuuvre Severus, si vous préférez le vomi, le pus et le caca, on échange... Ah oui, ça donne moins envie, du coup. Bon dégagez!
Severus, en remettant ses chaussures.
– Bon, on me chasse... Elle va bien Amelaïe au moins?
– Mais oui, même pas besoin de points de suture. Je vais juste désinfecter la coupure et lui faire un pansement. Par contre, elle ne reviendra pas pour ce cours, je vais lui faire un mot d'excuse.
– Je peux en avoir un aussi? Tout ce sang, ça m'a bouleversé.
PomPom tire le rideau brusquement, d'un ton ironique:
– C'est vrai que vous avez l'air tout pâle. Baissez votre pantalon, je vais prendre votre température.
– Si vous me faites du plat, j'y vais... Adieu.
Severus part en courant. PomPom, à la porte:
– On ne court pas dans les couloirs Monsieur Snape!
Severus dérape et il lui fait un doigt.
PomPom, faussement choquée:
– Oh il a osé! Malotruuuuu!
