Chapitre 84: Le poème

Coups d'œil à la table des profs. Dumbledore évite son regard comme d'habitude. Il n'a jamais répondu à ses hiboux. Jeudi soir, 4 jours qu'il n'a plus revu son mari, à part le lundi, en cours et brièvement après. Ensuite le défilé chez Severus, lundi Draco, mardi réunion des profs ensuite Hermione et Lavender, mercredi Neville. Et lui, il passe quand!? Regard désespéré à son mari. Severus lui fait signe de regarder en l'air.

Une corneille. Elle se pose sur son épaule. Pas farouche, la coquine. Sûr qu'elle appartient à Severus. Lui se marre.
Harry, gentiment, à l'oiseau:
– Gouzi, gouzi! J'espère que tu m'apportes de bonnes nouvelles.
Un cri d'assentiment. Si elle le dit, je la crois.
– Tu restes avec moi, un peu?
L'oiseau se cale sur son épaule. C'est pas Severus mais c'est un bon substitut.
L'enveloppe rose, un mot au stylo, Mon cœur. Ah ça fait du bien! Première lettre, il ne sait pas à quoi s'attendre mais l'enveloppe déjà lui fait son beurre. Allez, on ouvre...

Severus se ronge les sangs et si ça ne lui plaisait pas? Il a mit tout ce qu'il avait dedans mais c'est quand même encore noir. Il a apprivoisé l'oiseau, d'habitude c'est une peau de vache, même avec lui. Harry lui adresse un signe de tête, grand sourire. Lui grimace un peu. Ne te réjouis pas trop. Harry ouvre l'enveloppe, plus précautionneux, tu meures, on dirait qu'il est en train de désamorcer une bombe. Ça le rend marteau. Abrège!

Est-ce qu'il devrait attendre d'être seul pour la lire et s'il se met à pleurer? Mais Severus a l'air anxieux de sa réaction. Que faire? Pas le choix, lisons. Au pire, on part en courant, le repas est presque terminé. Un poème ou plutôt, le poème. Il va falloir savourer, il ne sait pas s'il aura droit à d'autres.

Sans lui, le temps s'étire comme une toile d'araignée.
Prisonnier entre les mailles d'instants d'éternité.

Envie de replonger dans ses bras chauds.
Regards de braise, à l'insu du bourreau.

Toute les nuits, penser au cadeau.
Se branler et remettre le compteur à zéro.

Toutes les nuits, toutes les nuits, toutes les nuits, seul dans la prison.
À la recherche du regard limpide du Petit mignon.

À se taper la tête contre les quatre murs.
À imaginer des conversations, jusqu'à devenir mûr.

Comment lui dire, sans paraître ridicule.
Que je ne rêve que de lui qui me bascule.

Son sexe planté en moi comme un gouvernail.
Mon cœur pris dans une tenaille.

Sa présence qui me ramène à la maison.
Et son cœur ouvert de petit chaton.

Me manque.

Severus Snape

PS: Voyons-nous ce soir, je n'en peux plus.

C'est mieux que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Il va le relire, environ cinquante fois et après encore cinquante, pour être sûr. Ravi, ravi, ravi, ravi, ravi, ravi, ravi! Dumbledore le regarde, Harry lui fait un doigt. Son mari, il le verra ce soir, que ça lui plaise ou non. Tant pis s'il se fait renvoyer, tant pis si Severus se fait virer. Dumbledore scié, lui fait signe de venir. Harry hausse les épaules et agite la lettre. T'as qu'à répondre à ton courrier. Dumbledore se marre.
Dumbledore, les mains en porte-voix:
Harry Potter est demandé au bureau du Directeur, je répète, Harry Potter chez le Directeur.
McGo rigole. Harry range la lettre dans sa poche.
Tous les yeux se tournent vers lui. Des regards sympathiques pour la plupart. Severus, prêt à se cogner la tête contre le bureau. Une réponse rédigée en hâte sur un coin de parchemin. Il le plie en quatre et il écrit dessus ''Pour le Professeur Snape''. Il se dirige vers la table des Profs, la première c'est Chourave, il lui donne le mot. Elle transmettra, c'est sûr. Harry se dirige vers la sortie. Dumbledore lui emboîte le pas.

Mais qu'est-ce qu'ils branlent les deux? Est-ce qu'il doit y aller aussi? Il faudrait déjà qu'il récupère son mot chez Chourave. Il se lève et se dirige vers elle. Elle lui plante discrètement le papier dans la main. Il continue à marcher et sort de la salle. Un brouhaha indescriptible à sa sortie. Tant pis! Le mot, peu prolixe: ''Meilleur poème du monde, je t'aime, oui à l'infini.'' Bon dépêchons-nous de les rejoindre.

Harry devant la porte du bureau du Directeur.
Je suis un vieillard sadique et sénile?
La corneille ricane.
Dumbledore, mi-figue:
– Roudoudou.
Kiff kiff.
Harry entre dans le bureau. La corneille va rejoindre Fumseck sur son perchoir, les deux en grande discussion. Harry se marre. Severus arrive en courant. Harry lui saute dans les bras. Câlin amoureux. Les deux s'embrassent assoiffés.
Dumbledore, mi-figue:
– Allons, allons, depuis combien de temps...
Severus, le coupe, excédé:
– Depuis la rentrée et on vous emmerde Monsieur le Directeur. Si vous répondiez à vos hiboux, on en serait pas là! Depuis le temps, qu'Harry vous demande des autorisations de sorties. À ce stade, c'est du sadisme!
Harry, enthousiaste:
– C'était trop beau, je vais l'encadrer! J'ai attendu longtemps mais ça valait la peine!
– Oui ça a mis du temps à venir mais je pensais chaque mot. Je t'en ferais d'autre, des plus jolis encore.
Harry, langoureusement:
– Je t'aime mon amour!
– Je t'aime tant! Plus que tout!
Dumbledore, hilare:
– Aïe aïe aïe aïe aïe. Bon accordé pour les autorisations de sorties, voyez-vous quand vous voulez mais soyez discrets s'il vous plaît, pour la réputation de cette école. Et s'il dort en classe, le lendemain, je serais intraitable et je lui mets un couvre-feu.
Harry, mi-figue:
– D'accord et pour mon plan de cours?
Dumbledore, emprunté:
– C'est un peu ardu à mon stade, je l'avoue...
– Ahh! Mais si vous n'aviez rien compris, il fallait me demander, moi je vous explique volontiers. Prenons rendez-vous. Quand est-ce que tu vois Frédérick, mon amour, vendredi? Vendredi soir, ça vous va?
Dumbledore, agacé:
– Je n'ai pas dit que je n'avais rien compris mais effectivement, c'est un peu brouillon pour l'instant, davantage d'explications seraient requises pour plus de clarté.
Mauvaise foi activée, c'est noté.
Harry, placide:
– Bien sûr, bien sûr, c'est que je débute, c'est mon premier plan de cours, vous me direz ce qui manque, Monsieur le Directeur.
Dumbledore, soulagé:
– C'était bien pour une première fois, ce vendredi je suis occupé mais je vous attends vendredi prochain à 18h30.
Severus se retient de rire. Dumbledore fait mine de consulter sa montre.
Severus, enthousiaste:
– À tout à l'heure mon chou, on se voit après les cours... J'ai hâte.
– Moi aussi! Tu vas où là?
Severus murmure à son oreille:
– «Je recommence dans une demi-heure. Viens avec moi, si tu veux.»
Harry hoche la tête. Severus le relâche, ils partent en hâte.
Dumbledore, pour lui-même:
– Ahhh quand ils ne pouvaient pas se supporter... C'était la belle époque.

Severus ouvre la porte de ses quartiers. Vingt minutes.
– Soit on se parle, soit on se fait un quickie?
– Pourquoi pas les deux? Raconte-moi tes soirées, je veux tout savoir.
Harry le déboutonne. Severus lui enlève son uniforme.
– Soirée avec Draco, il est venu bien éméché, il m'a posé des questions sur le sexe toute la soirée, enfin ça a duré une heure mais c'était long. Je lui ai dit que j'étais puceau avant toi, je lui ai donné les sorts que j'avais et je lui ai dit de prendre un bouquin ou de se renseigner sur internet. J'ai essayé de le rassurer aussi et de lui dire que ça pouvait être beau, le sexe, entre deux hommes.
Les deux nus. Severus l'embrasse goulûment.
– Oh tu m'as manqué! Tu m'as manqué, tu m'as manqué, tu m'as manqué! Allons dans la chambre et viens en moi, s'il te plaît.
– Oui! Laisse-moi te toucher un peu. Ce que t'es beau. Ce que tu me donnes envie. Et mardi?
Severus le prend dans ses bras et le porte jusqu'à la chambre.
– Le courrier du cœur, je te passe les détails! Parvati est amoureuse de ce crétin de Nott mais Ron a prédit. Zabini et Parvati ami indécis, amant indécents.
Harry l'embrasse à pleine bouche.
– Mmmmmh! Intéressant.
Les deux sur le lit, se frottent l'un contre l'autre, des gémissements.
– 10 minutes, il faut activer. Le lubrifiant dans le tiroir vite! A la réunion des profs, j'ai dit, ''comme disait Zarathoustra ou un vieillard qu'on connaît: McGo tu as un corps de déesse ma chérie''. Elle m'a fichu un coup de pied, j'ai encore mal maintenant. Dumbledore m'a regardé de travers aussi mais j'ai réussi. Mais ne parlons pas de ces deux, ils me font débander. Dans la boîte noire, il y avait des compliments de toute sorte. Mon préféré, c'était le tien et celui de Lavender, elle l'a écrit en rond. Oh oui mets-moi direct 2 doigts, je suis prêt, doigte-moi, oh oui!
Harry l'embrasse tendrement:
– Qu'est-ce qu'il y avait dans le rond?
– Euh, moins carré que d'habitude le cours, ça a passé vite, surprise dans les grandes largeurs, Lavender. Je l'ai affiché dans mon bureau. Le tien, je le garde secret mais je vais me taire quand tu me pénètres, histoire d'avoir un peu de respect... Ohhh! Ça te dérange si je me branle en même temps. Non hein! Oh oui prends-moi. Oh oui. Prends-moi! Ohh ce que j'aime quand tu me prends. Faisons-ça tous les jours à midi. Zappons le dessert et faisons-ça. C'est meilleur pour la ligne en plus. Oh punaise, j'y suis, j'y suis! Et toi t'y es mon cœur?
Harry, franchement:
– Oui mais je suis jaloux de Lavender, il était bien son mot, mieux que le mien...
– Mais si le tien, il était parfait, t'inquiète. C'est toi que j'aime, pas elle. Elle me fait rien du tout, elle me ferait plutôt débander. C'est toi qui m'excite comme un malade. Ah! Ahhh! Ahhh! J'ai joui tant pis pour toi. Débrouille-toi maintenant mon chaton. 2 minutes, il te reste. Repense au poème si jamais. Parce qu'après tout ce défilé de con, je me retrouvais tout seul et c'était très dur. Mon sexe aussi, parce que je pensais à toi. Merde je rebande.
Harry, excité:
– Ohhh oui! Ohhh oui! Raconte-moi ça! Je vais partir, je vais paaartir. AAAHHH! Aaah! Oh putain, je suis parti fort... Je t'ai manqué alors?
– Oui mon chéri, moi il faut que je me branle à nouveau, désolé, tu arriveras en retard.
– Laisse-moi t'aider avec ça.
Harry le prend dans sa bouche et le suce langoureusement.
– Oh punaise mais si tu me fais ça, je vais partir direct. Le soir, je me branlais et je me m'imaginais avec toi et je te racontais mes soirées. Et parfois, je pleurais, comme un imbécile... Oh oui, ça me réconforte ce que tu fais. -5 minutes, on va se faire engueuler. Je vais arrêter de me retenir, je crois. AAAAHHHH! aaahhh! Ouh là là. Serre-moi dans tes bras. Qu'est-ce que t'as comme cours?
– La Divination et toi?
– Cours avec les deuxième années, Poudsoufle et Serdaigle. La conscience me taraude, il faut que j'y aille. Ce soir, on refait la même chose dans l'autre sens et en plus détaillé, d'accord mon ange?
– Je prédis que ce sera parfait.