Chapitre 95 : La table
Georges, curieux:
– Comment tu m'as trouvé?
Lizia, en souriant:
– Comme d'habitude, Monsieur loyal. C'était bien.
– J'ai faim, pas toi?
– Non, j'ai déjà soupé. Pourquoi tu me proposes un rendez-vous? C'est non.
Georges, excédé:
– Tu vas me résister combien de temps encore? Toi et moi c'est écrit dans les étoiles. Activons...
– Charlotte t'a donné mon nom, elle peut se tromper...
Georges secoue la tête.
– Non je ne crois pas. Quel est le problème Lizia?
– Je ne sais pas, les cinquante filles qu'il y a eu avant?
Georges, emprunté:
– Une dizaine à peine... Rien de cassant.
– Moi j'ai attendu parce que je croyais au grand amour.
– Désolé! Il faut croire que je ne suis pas aussi patient... Un baiser et si ça ne colle pas, je te laisse tranquille à vie.
Lizia hoche la tête. Le choc!
Georges, incertain:
– Sûr?
Lizia s'approche et plante ses lèvres sur les siennes. 1... 2... 3... 4... 5.
– C'était comment?
– Laisse-moi faire.
C'était pas si mal, mais elle n'était pas dedans. Comment lui faire déconnecter son cerveau?
Georges s'approche et l'enlace gentiment. Elle, rigide. Trois pas en arrière.
– Oublions ça.
Lizia, en larmes. La reprendre dans ses bras, pourquoi pas. Cette fois, elle se blottit contre lui. Une érection. Il la serre plus fort. Elle, hilare:
– C'est un lapin dans ton chapeau ou tu es content de me voir?
– Les deux... Au moins ça t'amuse.
Sa bouche sur la mienne. On la serre à l'étouffer. On l'embrasse à suffoquer. On verra bien.
Elle se laisse faire sans répondre. Essayons plus tendrement, là ça lui plaît. D'habitude, il n'est pas fan des effusions, mais il resterait bien là, dans ses bras, à perpétuité.
C'est bien Lizia, tu t'en sors. Au moins lui, il a l'air de savoir ce qu'il fait. C'est pas comme l'autre qui t'a peloté à l'école et t'a fourré sa langue dans le gosier. Envie de lui mettre la main dans les cheveux, faisons-le. Envie de l'embrasser plus doucement encore. Et si on lui faisait juste des bisous sur les lèvres. Et si on l'embrassait sur le visage? Les paupières, le front, les joues, le nez pourquoi pas, retour à la bouche. Dans le cou? Sucer un peu et laisser une marque. La sienne. Se frotter contre lui. Le basculer sur la table.
Georges, stupéfait:
– Elle tiendra mais il y a peut-être plus confortable...
– Chez moi c'est la cata, à l'hôtel c'est sordide, c'est la table ou rien.
– D'accord. Accio couverture. Accio coussin. Des fois, je dors au boulot.
C'est lui de toute façon. On va le déshabiller. On a assez attendu. Enlever le blazer, défaire la cravate, déboutonner le gilet. Les mains tremblent un peu mais rien de dramatique. On va verrouiller la porte et augmenter un peu la température.
Pourquoi elle tient à cette table, c'est inconfortable au possible. Elle étale la couverture dessus. La chemise, elle la déboutonne, appliquée. Je vais la laisser me déshabiller d'abord.
– Pas très poilu, c'est rigolo les tâches de rousseur.
Hochons la tête. Dieu sait ce qu'elle va dire quand elle va voir le reste. Heureusement que je suis blindé.
Lizia, taquine:
– Toi fais les dialogues, moi je m'occupe de nous déshabiller.
Georges, mi-figue:
– Le narrateur: De toute sa vie, Lizia n'avait jamais vu un homme aussi placide malgré son ''compliment'', il bandait encore, oh c'était une érection ténue et fugace mais Georges tenait le coup. La table, dure comme du bois, ne lui arrivait pas à la cheville. Lizia retira prestement la chemise de son bien-aimé, qu'elle plia délicatement, et déposa sur une chaise pour qu'elle ne fasse pas de faux plis. Face à face avec le pantalon, elle resta empruntée, une bonne demi-heure, puis dégrafa la ceinture, d'un coup sec...
– Et le fouetta avec... Finalement, je vais faire les dialogues, toi déshabille-nous.
Avec plaisir! On enlève les chaussettes, le pantalon et on garde le caleçon.
Lizia, mi-figue:
– Georges se déshabilla en quatrième vitesse, on aurait dit qu'il avait un train à prendre, mais peut-être était-ce de l'impatience? Il garda son caleçon, par pudeur sans doute ou ne voulait-il pas effrayer Lizia, qui claquait des dents à l'idée de voir son zob. Est-il gros ou petit, large ou mince, se demandait-elle.
On va juste écarter le caleçon pour qu'elle le voit et ensuite on le remet. Il ressemble à ça.
Lizia, mi-figue:
– Un aperçu du fabuleux zob de son cher et tendre, mais seulement un aperçu, hélas...
Très bien, on va l'enlever, du coup, le caleçon. Vous êtes toute habillée Madame, je commence par le haut ou par le bas?
Lizia, lucide:
– Nu comme un vermisseau fébrile, il hésitait... Vexé, il lui enleva ses collants sans délicatesse aucune.
– Je vais reprendre les dialogues et nous déshabiller. Toi, fais la morte pendant ce temps, ça m'excite.
– Il partagea ses fantasmes les plus noirs et pervers et elle en fut toute émoustillée.
Gavissime! Enlevons-lui sa robe.
George, franchement:
– Georges se trouvait sur un bateau, à la dérive. Qu'est-ce qu'il ramait! Et l'autre placide, complètement à la masse, prenait un malin plaisir à le tourmenter. De la lingerie fine? Un soutien-gorges qui se dégrafe sur le devant. Georges se dit, on va gagner du temps. La poitrine voluptueuse mais elle elle dirait, bof, passable, j'ai connu mieux.
– Ses compliments grivois mettaient Lizia au supplice. Elle était toute mouillée.
Contrôlons, sèche comme le Sahara plutôt. Mais que c'est laborieux! Prenons-la dans nos bras et enroulons-nous dans la couverture. Ensuite on reste comme ça et on se tait. Là on est bien! Ses seins contre mon torse. Sexe contre sexe, ça fonctionne toujours. Miss Catastrophe. À moins qu'elle fasse exprès, parce qu'elle sait que les autres, je couche avec une fois et après, je me lasse.
Je vais la regarder dans les yeux pour en avoir le coeur net. Un regard lubrique, et derrière une trouille monstre, et derrière le doute, et derrière l'innocence.
Okay arrière toute avec les rames! Des bisous, un peu partout sur le visage.
– Ça va ma petite mignonne?
– Mmh mmh. Tu bandes encore, c'est bon signe.
– Oui enfin quand je suis contre toi c'est difficile de faire autrement mais prenons notre temps, on ne va pas faire ça maintenant sur cette table. Où est-ce que tu aimerais être, pour la première fois?
Lizia, gentiment:
– J'ai un fantasme avec du sable et la mer, ça me fait planer quand j'y pense. La table, c'est plus terre à terre.
– Moi je n'ai jamais décollé, je te l'avoue. C'est peut-être pour ça que je me lassais si vite.
– Alors ne couchons jamais...
Georges, doucement:
– Ou faisons semblant. J'aime être en toi mon amour. Il n'y a pas d'endroit ou j'aimerais le mieux être. Oups, excuse, elle se réveille. On parle d'elle, c'est pour ça.
– Moi je l'ai trouvée très jolie.
– Merci, parle-moi de ton fantasme, si tu veux...
– Tu es en maillot de bain, bleu marine, à rayures. Tu sors de l'eau, humide, moi je suis restée au soleil longtemps, j'ai la peau brûlante. Le clash quand tu viens contre moi, ça fait presque de la vapeur d'eau. Autour de nous, il y a les mouettes, c'est tout. Tu veux coucher, moi je veux t'embrasser d'abord. Tu es empressé et oppressé dans ton maillot de bain, mais tu patientes et tu le gardes, jusqu'à ce que je sois prête. Je t'embrasse partout, ça te rend fou. Toi tu aimerais passer à la suite du programme. Tu me tâte un peu les fesses pour me donner envie et moi je te donne une fessée et je te dis, on attend Monsieur Weasley, on attend. Après je te lèche partout et là tu n'en peux vraiment plus. Tu m'enlèves mon maillot de bain et tu prends mes seins dans ta bouche. Moi ça m'excite mais ce que j'aimerais que tu fasses c'est que tu m'embrasses et que tu me lèches partout comme je viens de le faire. C'est ce que je te dis au bout d'un moment et tu me réponds: "Mais demande-moi ce que tu veux, ma chérie, je suis qu'un pauvre homme, je ne peux pas deviner, nous c'est le sexe qui nous dirige, dites-moi stop quand vous voulez." Alors tu m'embrasses et tu me lèches, jusqu'à ce que je perde patience. Le soleil se couche et tu entres en moi.
On dirait un souvenir authentique, peut-être dans le futur. Il va la serrer fort dans ses bras.
– Je t'aime. Ça je ne l'ai dit à personne. Je t'aime Lizia. Je t'aime. Ça fait du bien de le dire, pour une fois.
– Je t'aime Georges. Prenons notre temps.
– Oui. Restons comme ça encore! Je suis désolée ma chérie d'avoir été impatient. Avec les autres c'était nul, nul, nul, nul, nul, nul, promis...
Lizia, franchement:
– Et moi je suis désolée de t'avoir repoussé et d'avoir été si têtue et complètement nouille, avouons-le. Et toi, tes fantasmes?
– Je suis désespérément peu imaginatif, ma puce. Je compte sur toi. La plage, ça m'a donné envie de le faire en vrai. Notre première fois à la plage, ça me plaît. Et, en attendant, habituons-nous l'un à l'autre et laissons cette pauvre table tranquille.
– J'en ai un dans la forêt aussi... À l'aube sur le balcon... Dans une piscine... Dans un champs... Dans le noir... Devant une cheminée sur une peau de bête... Au pied d'un volcan... Dans un château...
– Rien de plus banal?
– Dans un lit rond... Sur un tapis persan... Sur une table de réunion...
– Je t'aime, ma douce. Qu'est-ce que je t'aime! De quoi tu as envie?
Lizia, gentiment:
– Restons comme ça, enlacés, jusqu'à ce qu'on se lasse.
– D'accord. Ça veut dire quoi, chez moi c'est la cata?
– Un studio, pas très bien meublé, même le chat squatte chez les voisins. Je n'ai plus fait le ménage depuis un petit moment, trop occupé à travailler pour essayer de sauver ma boutique du naufrage.
Georges, gentiment:
– Ma pauvre chérie... Il y a un lit?
– Un canapé-lit, il grince un peu. Je préfère cette table. Et toi pourquoi tu dors au boulot?
– Fred squatte chez Charlotte et moi je me retrouve tout seul chez mes parents alors des fois, je reste là, j'ai un matelas, oublions cette table et allons dessus!
Lizia, en riant:
– Tu aurais pu le dire plus tôt!
– Tu m'as dit, c'est la table ou rien!
– C'était une expression.
– Je ne connais pas, ça veut dire quoi?
– Qu'il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre Monsieur Weasley.
