Chapitre 96 : Le Gigolo
L'aube pointe le bout de son nez. Toujours enlacés. Une nuit sympathique, même s'il n'a pas beaucoup dormi. Il faudrait qu'ils se lèvent avant que son frère débarque mais il n'a pas envie. Sa poupée, dans ses bras, se réveille gentiment. Un léger mouvement de recul.
Georges, gentiment:
– Du calme, c'est moi.
– Ah c'est toi, j'ai cru que j'avais été kidnappée par un prédateur sexuel.
– Non non, c'est juste moi.
– Tant mieux, je tiens à ma virginité comme à la prunelle de mes yeux. Prends-moi, s'il te plaît.
Georges, en riant:
– Ah oui, c'est l'aube!
Georges l'embrasse doucement, elle rigole, puis, l'embrasse sur le front.
– Quelle passion! Tu es folle de mon corps!
– Je peux te branler, si tu veux.
– Euh... Comme tu le sens...
Sa main l'enserre et le branle de façon experte.
Georges, stupéfait:
– Où tu as appris à faire ça? Ne me dis pas que tu as vraiment été kidnappée par un prédateur sexuel.
– Non, j'ai engagé un Gigolo pour qu'il m'apprenne les ficelles. Greg, il était très gentil.
– Non mais j'hallucine! Qu'est-ce qu'il t'a appris?
– La branlette et la fellation, c'est tout.
Georges, mortifié, place sa tête entre ses seins.
– Greg, je déteste ce nom. Je déteste cet homme. Quel cauchemar, heureusement que vous êtes là. S'il vous a touché, je ne réponds plus de rien.
– Ma tête, elle est là-haut, si jamais.
– Tu permets, je discute avec une partie raisonnable de ton anatomie.
– Eux, non non, c'est les pires.
Georges se blottit.
– Ils ont l'air lucides, doux et chauds.
Une clef dans la serrure. Georges remonte la couverture.
Fred, distrait:
– Hello... Ah! Je peux repasser.
Georges, en riant:
– Qu'est-ce que tu penses du fait d'engager un prostitué pour... Aïe! Mais c'est mon frère, calme-toi... maîtriser l'art de la pipe et de la branlette.
Fred, choqué, secoue la tête.
– Moi, je ne pourrais pas. Je préfère... Beerk! Je vais déjeuner, je reviens...
Lizia, mi-figue:
– Comment ça Beurk?
– C'est pas très romantique, à part si tu tombes amoureuse du prostitué comme dans Pretty Woman. T'en penses quoi, frérot?
– Je suis sur le cul! Allons déjeuner!
Dans la rue, les trois marchent, songeur.
Lizia, choquée:
– Vous vous dites tout alors, tout tout tout tout tout.
Georges, placide:
– Non non, plus maintenant. Maintenant, il y a Severus et Charlotte, moi j'arrive bon dernier. N'est-ce pas Fred?
– Oui enfin, il y a tous les autres après. C'était pas très délicat pour Lizia, effectivement. Peut-être qu'elle ne s'est pas rendu compte des implications.
– Si si mais j'en avais marre. Tout le monde couche couche couche couche et moi rien du tout. Et je voulais pas passer pour la dernière des poires non plus. Vous ne direz rien à Monsieur Snape, promis! Il est tellement droit.
Fred rigole. Georges, les yeux au ciel:
– Oui enfin l'ancien Mangemort, j'ai connu plus droit quand même. Détends-toi. Bon, je ne peux pas t'en vouloir pour le prostitué mais quand même... Fred, on arrive pas à coucher, c'est une catastrophe.
– Dans quel sens?
– Soit c'est elle qui tue l'ambiance, soit c'est moi. Pas une once de romantisme.
– Vous êtes peut-être un peu trop rationnels. Lâchez-vous.
George, franchement:
– J'arrive pas, elle rêve de décors grandioses et elle ne fait pas le ménage chez elle, elle veut pas m'y emmener. On est coincé au bureau sur cette saleté de table de réunion.
Fred et Lizia, mort de rire.
Fred, en riant:
– Elle pourrait engager une femme de ménage et placer quelques bougies aux endroits stratégiques.
Lizia, conquise:
– Faire l'amour à la lueur des bougies, c'est génial, merci Fred.
Fred ajuste son blazer, satisfait. Georges, mauvais perdant:
– Oui enfin c'est pas révolutionnaire non plus. Et le chat, qu'est-ce qu'on en fait? Et le canapé-lit qui grince? Non c'est insurmontable. Eh maintenant, Greg! Où est-ce qu'elle a été le chercher!?
– Sur internet. Désolée mais je ne suis pas désolée. Le chat on le mettra chez le voisin ou dans la salle de bain et on fera un sort de silence.
Georges, intrigué:
– Mais tu l'as sucé ou comment ça s'est passé?
Fred se bouche les oreilles et chantonne:
– Cinq et cinq trente six, les pruniers pour moi font des cerises, j'aime que la vie vire-virevolte autour de moi! Fifi, la fille fidèle... C'est Fifi Brindacier... Fifi la fille rebelle... C'est Fifi Brindacier!
Il part en courant.
Georges, distrait:
– Tu disais?
– Juste un petit peu, pour pratiquer.
– Ohhhhhhhhhhh!
– Il a dit que j'étais très douée et assidue.
Georges, fâché:
– Il t'a mis une note?
– Pour une fois que c'est toi qui est jaloux. Pas besoin de note avec les commentaires qu'il m'a fait. Zut ton frère, parlons d'autre chose.
Fred, lassé, devant la boulangerie:
– Vous en êtes où, je dois aller déjeuner ailleurs?
George, franchement:
– Probablement.
– Bon je vais prendre à l'emporter...
– Mais non, c'est nous qui partons, toi pose-toi là et rejoins-nous à la boutique, quand tu veux. Bisou!
Les deux se font la bises. Lizia, attendrie:
– Ohhh, c'est mignon.
Fred s'approche de Lizia, une franche poignée de main et il entre dans la boulangerie.
Lizia, fâchée:
– C'est malin! Tu l'as traumatisé avec ton histoire.
– Comme ça au moins, il ne t'approchera pas de trop près. Mais qu'est-ce que je raconte. Je perds la boule! Greg, il était comment?
Les deux entrent dans la boulangerie. Lizia, lucide:
– J'ai pris quelqu'un de beau, pour que ça soit moins pire.
Georges lève les yeux au ciel.
– Définis beau... Tu me trouves beau? Moi je te trouve à tomber, sans tes lunettes.
– Je te trouve... Je vais prendre un pain un chocolat et un pain à la vanille, sur deux assiettes... Evidemment que tu es beau.
Lizia se dirige vers la table de Fred et dépose le pain à la vanille devant lui.
– Tiens mon petit chou, je suis désolée.
La main sur la tête, elle le flatte.
Fred, en riant:
– Merci, maman, à tout à l'heure.
Franc succès! Elle retourne vers son cher et tendre. Il lui fait la gueule.
Lizia, lassée:
– Pff, prends ce que tu veux, je te l'offre.
– Un pain à la vanille, s'il vous plaît.
– J'ai une touche avec ton frère, il m'a appelé maman. Je m'excuse pour Greg mais toi tu ne t'ai pas excusé pour les 10 avant moi.
Georges se met à genoux.
– Pardonne-moi, je t'en conjure! Excuse cet affront!
Tout le monde les regarde, c'est gênant, chevaleresque mais gênant.
– Relève-toi. Tu es pardonné, si tu me pardonnes, sinon non.
– Mais oui, c'était pour la beauté du geste. Oublions ça et marions-nous!
George sort une boîte de sa poche. Coup d'œil à Fred, il lève les yeux au ciel et secoue la tête. Georges ouvre la boîte, un pendentif avec au bout une bague. Le diamant est étincelant quand même!
Lizia, choquée:
– Tu es malade! Oui mais tu es un malade! Un grand malade! Mais oui, si tu veux.
– Je me suis dit profitons que je sois à genoux.
Fred applaudit, mi-figue. Le public en liesse, enfin presque. Georges se relève et lui place le pendentif autour du cou.
– Tu la mettras à ton doigt quand tu le sentiras.
– Quand est-ce que tu as acheté ça?
– Hier, avec Fred. Il disait que c'était trop tôt. Le loooser!
Georges lui fait un signe de la victoire. Fred, gêné, baisse la tête.
Lizia, taquine:
– Vous êtes mignons, est-ce qu'on peut vous échanger, au bout d'un moment, quand on a fait le tour?
Georges à Fred:
– KSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS! KSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS!
Lizia, en riant:
– Non? Bon tant pis.
Fred, embarrassé, au téléphone:
– Oui mon cœur, c'est moi. L'heure est grave. Georges a fait sa demande.
Charlotte, en riant:
– Paauvre Lizia, quel poseur ton frangin! Je t'arrête tout de suite, il n'y a pas besoin de l'imiter.
– Ah ouf! J'en reviens pas qu'elle ait dit oui. Ils se connaissent à peine.
– A mon avis, c'était beaucoup par pitié pour ne pas qu'il perde la face dans la boulangerie.
– Ahhh! Très délicat de sa part. Je t'aime ma douce. Promis, je ne te ferais pas un coup comme ça. J'attendrais que tu sois prête enfin, qu'on soit prêt tous les deux. On en a jamais parlé. Qu'est-ce que tu penses du mariage?
Charlotte, gentiment:
– Je ne vais pas te mentir, chez les Moldus c'est très lourd et chez les sorciers, je ne suis pas une sorcière, je ne pourrais pas faire les vœux correctement enfin je pourrais les faire mais ça n'aura aucune identité magique.
– Voyons-nous! Par téléphone, c'est trop dur, tu es où?
– Au 63.
– Je suis au 70, rejoins-moi, je t'aime.
– Ne boucle pas, s'il te plaît! Et si nos enfants n'ont pas de pouvoirs magiques. C'est 50/50.
Fred, franchement:
– Je m'en fiche! Et pour le mariage sorcier, on peut le faire autrement, sûrement. Je n'ai pas envie non plus de me marier chez les Moldus, le prêtre, le juge, tout le tintouin, Beerk!
– J'arrive mon cœur, j'ai pleuré un petit peu mais c'est de joie.
Charlotte ouvre la porte de la boulangerie, Fred se lève. Elle arrive à sa table et se jette dans ses bras.
– Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter un homme tel que toi? Renseignons-nous pour le mariage sorcier, sinon, faisons notre propre cérémonie.
– Oui, c'est encore mieux, je pense. Gardons ce qui nous plaît et inventons le reste. Je vais prendre Severus comme témoin. Il y aura mes frères et mes parents, le reste, je m'en tape!
