Chapitre 99: Le bijoutier

Harry se serre contre lui, l'estomac qui grogne.
– Et si on mangeait? Je crève la dalle.
– C'est normal, il est deux heures et demi. Comme quoi l'amour ça ne nourrit pas, ça me rassure presque... Poudlard ou pâtes aux losanges, moi je préfère la seconde, envie de rester dans mon nid.
– Moi aussi. Même pas besoin de losanges, j'ai acheté de la sauce tomate et du fromage rappé ou alors on se fait un gratin de pâtes aux losanges, comme tu veux. J'ai aussi acheté du pesto et de la viande hachée. En fait, quand je ne suis pas à Poudlard, je n'ai envie de manger que des pâtes parce que c'est le seul truc qu'ils ne font jamais et des pizzas aussi, j'en ai rachetées. Des fois quand l'envie est trop forte, je hurle dans ma tête, pitié Dumbledore, un plat de pâtes, une pizza géante, des lasagnes, je vendrais mon âme pour des lasagnes, mais ça ne passe jamais. C'est toujours de la viande ou du poisson, un féculant et un légume, en général trop salé, en accompagnement et une montagne de merde sucrées à côté et ce jus de citrouille, personne n'a remarqué que c'était dégueulasse.
Severus, conquis:
– Alors là, je suis entièrement d'accord avec toi pour le jus de citrouille. Pour le reste ça va, je m'accommode. Les gâteaux, moi j'aime assez. Mais faisons des pâtes, des pâtes, des pâtes, des pâtes. Sauf à déjeuner peut-être, qu'est-ce que tu penses du déjeuner?
– La même chose. Une montagne de viennoiserie, des pancakes, des œufs, des saucisses et du bacon, de quoi rendre obèse et diabétique la moitié de la population sorcière et surtout pour digérer ça, il faut au moins 2h00 d'histoire de la magie après. Des fois, je le fais, le jeudi-brunch, je me lâche, je me remplis la pense et je dors pendant le cours, par contre à midi, je loupe le dîner. Sinon, je me fais une tartine et des fois, quand je suis motivé à manger sainement, je prends du porridge et je mets des fruits dedans.
– Chapeau! Et le souper?
– Je prends de la soupe, sauf quand j'ai entraînement de Quidditch, là je me fais un sandwich le matin avec du jambon, du pain et du beurre. Le but est évidemment d'éviter la viande-féculant-légume.
Severus, amusé:
– Tu pourrais aller en cuisine et commander un truc, moi je le fais souvent.
– Oui enfin, c'est de l'esclavage ce qu'on leur fait faire, moi je ne cautionne pas tellement mais je suis bien content quand tu y vas toi et que tu me ramènes un truc.
– Harry Potter bagué, je l'écouterais bien toute la journée.
Harry, flatté:
– Merci mon mari que j'aime. Moi j'ai envie de simplicité, spaghettis à la tomate. J'ai acheté de la salade en sachet pour faire genre.
– Ah moi, j'aurais acheté de la vraie salade avec une belle limace dessus. Plus c'est frais, plus j'aime.
– C'est noté.
– Je sais que le vendredi je vois Frédérick mais tu n'es pas obligé d'aller faire les courses, on peut y aller le samedi.
Harry, franchement:
– Oui mais je m'emmerde alors autant faire quelque chose d'utile. En plus, c'est mon trip d'aller faire les courses. J'ai pris quelques tomates fraîches aussi pour rajouter dans la sauce.
– Ça t'emmerde pour Frédérick?
– Pas du tout. J'aime bien avoir une soirée pour moi, même si je m'emmerde.
Severus, gentiment:
– Tu pourrais voir tes amis, non?
– Ils sont tous en couple et ils me font chier, en plus, je les vois toute la semaine. Des fois, après les courses, je me fais des soirées ciné. Je choisis un bon film et je prend un paquet de popcorn ou des bonbons si le film s'y prête. J'adore! Des fois, je reste chez toi et je lis un ou deux bouquins, seulement les dialogues évidemment, le reste me soûle. Sauf Sherlock Holmes, là c'est important de tout lire. Et non, je ne m'imagine pas que c'est Robert. Plutôt Cumberbatch et Freeman. La série est excellente, je l'ai regardée quinze fois au moins.
Severus, scié:
– D'accord... On en apprend tous les jours, enfin surtout aujourd'hui, je te l'avoue. Avant tu ne me parlais pas tellement.
– Si j'avais mes moments, mais, la plupart du temps, je me gênais et je pensais que ce n'était pas assez intéressant, que tu n'en avais rien à faire de la vie d'Harry Potter, ton mari adolescent. Mais bon quand j'ai mis la bague, je me suis rendu compte que je m'étais trompé. J'ai senti que tu aimais bien m'entendre parler.
– Oui j'adore ça. Surtout que tu as des avis bien tranchés et amusants. J'ai l'intuition que ce sera beaucoup plus facile maintenant. Est-ce qu'il faudrait prévenir les autres et quand je dis les autres, c'est surtout Frédérick et Charlotte, les autres peuvent aller griller en enfer.
– Oui dis-lui. Ça augmentera peut-être son estime de lui-même. Pour l'instant ça doit être, je suis le jumeau le plus répugnant de la planète et après ce sera, je suis le jumeau le plus répugnant de la planète sauf pour Charlotte. Enfin je me moque, mais la mienne ce n'était pas terrible non plus. Et la tienne n'en parlons pas.
Severus, en riant:
– On progresse, disons ça. Écrivons-lui un message...
– J'ai toujours voulu te dire, vis avec ton temps Severus et achète-toi un portable bordel de merde! Je ne suis pas ta standardiste, ça devient lourd.
– Bien reçu, mon amour. Allons-y aujourd'hui, après les pâtes. Tu me choisis un truc simple, tu m'expliques les bases et après, je te fous la paix, promis.
Harry, gentiment:
– D'accord. Prenons un iphone, il n'y a qu'un bouton, ça devrait aller. Je te fais les pâtes, toi reste au lit et branle-toi si tu veux.
– Aucun intérêt sans toi, je vais mettre la table.

Severus qui pianote sur son iphone, surréaliste. Au moins, il apprend vite, pas comme Ron. Par contre, il lui fait un roman. Lui il va prévenir tout le monde. Voici le nouveau numéro de téléphone de Severus, on envoie à toute la clique.
Severus, inquiet:
– Je vais l'appeler plutôt! Je n'arrive pas à décrire ce que je ressens. Ça te gêne?
– Vas-y et mets-le sur haut-parleur, peut-être je peux aider.
Ça sonne, il répond à la deuxième sonnerie.
Fred, en riant:
– Severus, brillante idée, tu verras un portable ça change la vie. Enfin pour vous pas tellement, vu que vous êtes coincés à Poudlard.
– Les bagues, Frédérick! Laisse-moi te parler des bagues. C'est urgent. Je me sens libéré. Offrez-vous un bijou avec Charlotte et demande qu'il te fasse le sort qu'il a fait pour nous dessus. C'est quelque chose comme, que cet amour se manifeste sous forme de magie et après ça fait les sorts adaptés. Et là, je plane et ça rend tout plus facile.
Charlotte, en riant:
– Oui enfin pour vous, vous êtes fou l'un de l'autre, c'est pas étonnant! Et moi je ne suis qu'une pauvre cracmol, je vous rappelle.
Fred, vexé:
– Ça veut dire quoi, vous êtes fou l'un de l'autre... Nous pas, c'est ça!? Et le reste, je pense que ça fonctionnerait de toute façon, non?
Severus, gentiment:
– Moi je pense que oui, c'est juste de l'amour à la base. Et Charlotte fait genre, mais elle est pire que nous.
Charlotte, agacée:
– Vous deux, faites-vous faire un bijou et laissez-moi en dehors de ça. Tous ces trucs magiques, ça me fout la gerbe. Adieu!
Fred, scié:
– Bon elle est partie, qu'est-ce que je fais?
– Je suis désolé, j'ai encore foutu la merde! Je suis incorrigible.
– Faisons-nous faire des boutons de manchette ou quelque chose, ça te rassurerait peut-être. Moi je voudrais tester...
Harry, pragmatique:
– Faites-vous plutôt un bracelet ou quelque chose que vous pouvez porter tout le temps.
Fred, en riant:
– Moi je vais me faire une boucle d'oreille, pour rire. J'avais fait le trou, il y a quelques années.
Severus, franchement:
– Demandons plutôt à Gustave ce qu'il voit, il a des visions et demandons pour Charlotte aussi.
– Je veux pas la forcer, si elle ne veut pas... Mais je peux peut-être nous faire faire quelque chose et porter les deux, jusqu'à ce qu'elle soit prête. Là, il est un peu tard, non? Je n'aime pas arriver juste avant la fermeture, moi les clients qui font ça, ça me fait chier.
Harry, impatient:
– Passons en coup de vent pour lui demander son avis, c'est au numéro 2. Rendez-vous dans 5 minutes.

Vingt minutes avant la fermeture, les trois s'engouffrent dans la boutique.
Gustave, hilare:
– Déjà de retour? C'est pour un ménage à trois? Ça ne fonctionnera pas entre ces deux. Par contre, pour vous deux, je vois deux bracelets, une amitié solide. Lui or platine noir, sans artifice. L'autre tout un barda dessus, or platine rose. Personne ne soupçonnera qu'ils font la paire. 150 chacun, vous les aurez dans trois semaines avec le sort habituel. Ne vous inquiétez pas, ça n'interférera en rien avec les bagues, c'est un autre trip.
Severus, ravi:
– Oui faites-ça...
Fred, rêveur:
– C'est quoi tout un barda?
– Oh des petites paillettes, je peux vous faire un croquis, pas aujourd'hui parce que je vais fermer mais... En début de semaine prochaine.
Fred, en riant:
– Désolé d'être venu si tard... J'aimerais vous demander, pour mon amie Charlotte. Elle est réticente mais... Enfin vous voyez sûrement quelque chose...
– Oui que vous êtes plus qu'amis. Âme-sœur plutôt. Seulement, elle n'a pas de magie alors elle angoisse. Faisons-lui un cadeau qu'elle ne peut pas refuser. Des boucles d'oreilles en forme de cœur, or platine rose, une ribambelle de cailloux. Si on en met suffisamment, elle n'osera pas les laisser dans la boîte. Pour vous une boucle d'oreille, un anneau en or platine rose avec la même ribambelle, avec le bracelet, ça fera la paire. 400 en tout. Disponible dans un mois ou deux, le temps de bien lui faire baver sur le bracelet.
Harry, conquis:
– Vous prenez des apprentis, Monsieur?
Gustave, satisfait:
– Je n'osais vous le proposer, cher ami. L'enseignement, ce n'est pas fait pour vous et les études non plus d'ailleurs. Vous vous êtes un artiste... Quand vous aurez eu votre diplôme, l'année prochaine, je vous accueille, trois ans. Ensuite, je compte sur vous pour reprendre la boutique pendant que je savoure ma retraite anticipée, Monsieur Potter.
Severus, ravi:
– C'était prévu!? Depuis quand?
Gustave, en riant:
– La première fois que j'ai vu l'étudiant, je me suis dit, c'est probablement lui. Harry Potter, rien que ça. Faisons mine de rien voir s'il revient...
Severus, scié, à Harry:
– Et toi tu étais dans le déni? C'est quoi cette liste de profession de merde!? Directeur de Poudlard?! Conducteur de Magicobus!? Et toute la clique!
Harry, en riant:
– Je me cherchais et je te rappelle que la proposition numéro une c'était travailler avec toi ou ouvrir une boutique mais après j'ai enfilé la bague et je me suis dit, c'est ça que je veux faire mais bon, moi je n'ai pas de don pour ça. Et après, la deuxième fois que je suis venu, je me suis senti appelé, alors j'ai proposé.
Severus, conquis:
– Il lit dans les nuages, je vous préviens, il est très inventif et intuitif.
Gustave, convaincu:
– On va en faire un génie de l'étudiant, ne vous inquiétez pas. Par contre, pour les autres professions vous oubliez. C'est à temps complet.
Harry, les larmes aux yeux:
– Oui je sais, merci de votre confiance.
– Dormez là-dessus. Et revenez la semaine prochaine, signer le contrat. Vous étiez un peu impatient pour les bagues, non?
Severus, mort de rire.
– Ah c'était ça, je me disais quand même, à ce point là... De toute façon, je vais l'épouser, qu'est-ce que ça va changer deux bagues!? En fait, ça change tout.
Harry, franchement:
– Je les ai même vues en rêve les bagues, c'est pour ça que je t'ai dit que je sentais qu'elles étaient prêtes.
Fred, navré:
– Et moi qui était réticent à venir juste avant la fermeture.
Harry, d'un ton rassurant:
– Oui ça allait me passer sous le nez, c'est ça qui m'a décidé. Je me suis dit, au pire, il me rit au nez. Désolé, Severus.
Severus, ravi:
– C'est rien, tu te tâtais... Au moins tu échappes à la cuisine de Poudlard et au Moyen-Âge par contre Dumbledore va faire la gueule mais bon, il te commandera peut-être une bague pour Mimi.