Chapitre 104 : Mon corps

Severus ouvre la porte de ses quartiers, Harry derrière, les bras croisés.
– Je croyais que j'étais le seul qui te faisait bander, chéri? C'est quoi cette histoire?
– Ah il y a déjà eu une dépêche dans la Gazette?
Harry secoue la tête et désigne sa bague.
Severus, d'un ton désolé:
– Diabolique! Normalement oui, mais là, le fait de le savoir en mortel péril, ça m'a un peu bouleversé. Et puis mon sexe l'aime bien apparemment, ça n'ira jamais plus loin. D'ailleurs c'était une erreur stratégique. Pardonne-moi.
– Qui d'autre te fait bander?
Severus, franchement:
– Ici personne. À l'époque, parfois Malefoy le père, quand il était bien apprêté et Thomas, mon ex mais rien à ta mesure.
– Je suis quand même un peu fâché, je te l'avoue.
– Oui je comprends. Je n'ai pas réfléchi aux conséquences. C'était pour rire. Pas très malin.
– C'était pour le réconforter?
Severus secoue la tête.
– Il voulait savoir si j'arrivais à le faire bander. Je pensais pas qu'il réagirait et que ça irait si loin. Désolé.
– Il est fou de toi, ce n'est pas étonnant. Peut-être ses sentiments sont un peu contradictoires? On verra bien avec le bracelet, mais va falloir se calmer, Monsieur Snape.
– Oui chéri, je sais. Je suis un peu débridé, en ce moment. Il faudrait peut-être faire quelque chose. Avant ce n'était pas à ce point là, j'avais des limites.
Harry secoue la tête.
– Non tu étais frustré et réprimé. Tu crois que c'est à cause de la bague? Maintenant que tu l'as, tu te sens rassuré? Et tu peux faire ce genre de jeu débile avec Frédérick?
– Je ne sais pas mais je lui ai dit qu'on allait éviter les lits, à partir de maintenant. Il est possible que je bande occasionnellement avec lui, mais je veux t'expliquer la subtile différence. Avec lui, je vais bander, parce que je suis bien mais je n'ai pas envie de jouir. Avec toi, je vais bander parce que tu m'excites donc j'ai envie de jouir.
– Donc tu ne te verrais pas faire l'amour avec lui?
– Si tu n'existais pas et si Charlotte n'existait pas. Oui, je pourrais.
– Et si je mourrais?
– Je tomberais probablement dans ses bras de désespoir mais il y aurait toujours Charlotte.
Harry, en riant:
– Tu pousses un peu, moi si tu meurs je deviens moine mais bon, j'essaierais de ne pas mourir avant toi.
– Je te supplie! De toute façon avec tous les sorts de protection que je t'ai mis dessus! Même en cas de malédiction tenace, tu ne crains rien.
– Je me sens comme dans une bulle.
– Et moi je plane, il faudra t'y faire. En cours, ça m'aide. Même les timides m'adressent la parole maintenant. Adelaïe m'a fait une phrase complète. Je lui ai donné trop de points mais tant pis.
Harry, stupéfait:
– Ils vont te manquer?
– Certains oui mais la plupart non. Ne t'inquiète pas, je ne vais pas rester ici.
– Et on fait quoi pour ton futur collègue, je te colle un sort de castration?
– Tu peux, ça me ferait chier mais je comprendrais. Mais ça va se tasser, là ils sont en froid. Je pensais pas qu'on pouvait donner de la magie aux Cracmol, sacré Frédérick. Bon il a failli y passer mais elle a de la magie.
Harry, en riant:
– Et si moi je trouvais quelqu'un comme lui?
– Je serais content pour toi.
– Même si je me branlais avec?
– Je ne me suis pas branlé avec, Monsieur Potter, il ne m'a même pas touché.
Harry, livide:
– Si il t'a touché, un peu partout. Prenons une douche. Et je vais effacer ce souvenir de ma mémoire et toi si tu bandes avec lui, sois discret.
– Je ne crois pas que tu as bien compris la nuance. Je vais te faire les dialogues. Mon sexe avec lui: ''Oh tiens, Frédérick, je l'aime bien.'' Mon sexe avec toi: ''HARRYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY! Où t'étais, où t'étais, où t'étais!? Délivre-moi! Je t'aime! Je t'aime! Je t'aime! Je t'aime! Prends-moi dans tes mains, prends-moi dans ta bouche, mets-moi à l'intérieur! Encore! Encore! Encore! Encore! Etc...''
Harry, scié:
– Ça doit être l'enfer! Mon pauvre chou. Prenons cette douche et je m'occupe de toi.
– Tu parles à mon sexe ou à moi?
– Au deux.

Dans la douche, Harry lui tend le lubrifiant.
– Tiens si tu veux te branler un peu, en attendant. Moi je vais te débarrasser des miasmes. Les cheveux, penche la tête vers l'arrière.
– Vaudrais mieux commencer par les mains si je me branle.
– Bon réflexe.
Severus présente ses mains, Harry les savonne, surtout l'index. Il rince ses mains, des baisers dessus.
Severus, scié:
– J'ai l'impression d'avoir été infidèle.
– Non c'est juste que je n'aime pas passer après les autres. Ne vous touchez plus le sexe et prend une douche en rentrant et ça ira pour moi.
– J'ai l'impression d'être une possession.
– Disons un trésor très précieux que je ne veux partager avec personne.
Envie de me branler, je le fais? Il a dit que je pouvais. C'est mon sexe après tout. On badigeonne bien, on prend son temps, doucement, on se fait plaisir pour soi, pour une fois. On se laisse aller contre le binôme, rattrape-moi. Il m'entoure de ses bras. Moi, à mon affaire. Lui, à la sienne. C'est mon corps, à moi.
Harry, gentiment:
– Oui c'est ton corps, Severus, pardon. Récupère ton corps, il est à toi. Je te laisse te doucher tranquille, je t'attends dans le lit, prends ton temps.
Harry sort de la douche. Pour une fois, pas envie de le rejoindre. C'est mon mari mais je passe avant. Mettons de l'eau tiède et profitons... Ça donne quoi son corps libéré? Envie de se caresser et se branler jusqu'à demain. Un patronus pour Harry: ''Désolé chéri, j'en ai pour la nuit, je t'aime, pardon.'' On envoie. Merde c'était quoi, il a déjà changé trois fois. Un oiseau quelconque cette fois-ci. La réponse en Phénix, tiens tiens il est nouveau aussi! ''Vas-y, moi je chauffe le lit, prends congé demain et dis que tu es malade.'' Oh que c'est tentant! En plus, il y a la réunion des profs mais bon, je m'en fous à la fin de l'année je suis loin et personne n'écoute ce que je dis de toute façon. C'était à McGo de prendre le PV, d'habitude elle pougne sur mes notes, qu'elle se débrouille. On va s'asseoir dans la baignoire, c'est plus confortable.

Severus ne revient pas. Je me demande si ça va être comme ça maintenant. Lui qui prend du temps pour lui et moi qui m'emmerde à côté. Qu'est-ce que dirait Severus? C'est juste pour ce soir, lâche-moi la grappe pour une fois que je m'aime mieux que toi. Toi aussi aime-toi mieux que moi et fait ce dont tu as envie.
De quoi il a envie? De lire le cahier de Severus en entier. Surtout la fin, commençons par la fin et revenons à rebours.

Il va prendre un bain. Il s'est assez branlé, joui au moins dix fois, après il a arrêté de compter. De l'eau chaude. Il savoure, puis, s'emmerde un peu.
– Accio Harry.
Son mari débarque, en riant.
– Tu m'as appelé chéri? J'ai senti une subtile demande de ta part. J'ai failli voler à travers la porte.
– Désolé. Tu veux venir dans le bain avec moi?
– Oui mais j'étais en train de lire ton cahier.
– Prends-le dans le bain, il ne risque rien, il y a un sort d'étanchéité dessus. Raconte-moi ta journée, un peu.
Harry secoue la tête.
– Non je lis.
– Bon, accio bouquin.
Harry s'installe dans le bain. Couché sur lui, la tête calée sur son épaule. Regard en coin. On va l'embrasser dans le cou et l'enlacer.
Severus, tendrement:
– Je t'aime, mon poussin.
On va poser le bouquin et juste profiter.
Harry, volubile:
– ''Mon petit lapin est encore coincé avec Robert...''
– Oh non, épargne-moi ma propre prose et lis à voix basse. Robert en plus. Chhhhhhhhhhhhhhhh!
– Mmmh.
Harry, en murmurant:
– ''J'ai fait semblant de lire un brin à côté mais là je n'en pouvais plus...''
– Plus basse encore, genre dans ta tête.
Harry se marre.
– Tu t'es branlé?
– 155 fois et toi?
– A peine 3.
Severus, mi-figue:
– Tu penses vraiment ce que tu disais, l'histoire de prendre congé?
– Ça te titille, je le sens. Mais oui vas-y, le monde ne va pas s'écrouler sans Severus Snape, Maître des potions.
– Et Branleur Professionnel. Tu oublies toujours la fin de mon titre, pourtant j'y tiens. Et je ferais quoi? Je reste au lit et je me branle et si X vient contrôler et se rend compte que je suis parfaitement bien portant?
– Tu ne crois pas qu'il a autre chose à foutre? Prends une potion si jamais, grippe ou nausée, elles sont efficaces.
Severus, en riant:
– C'est bon, il y a prescription. J'ai surestimé tes muscles d'acier.
– Malefoy, quand même. On se mouche pas du coude, Monsieur Snape.
– Oh il ne m'a jamais regardé, rassure-toi. Mais bon, il est beau, il faut lui laisser ça.
– C'est tout à fait ton type, moi, lui. C'est du pareil au même.
Severus, hilare:
– Oui comme moi et Robert, on est frère jumeau aussi. Finalement, je préfère les petits mignons que je peux soulever comme de rien.
– Miaw.
– Et qui se transforment en chat les soirs de pleine lune. Je vais donner mes cours demain mais je vais sécher la réunion des profs. Chhhut!
– Quelle audace! Comment ça se passe, ces réunions des profs, Monsieur Snape?
– Laborieux! On prend le PV chacun son tour. Certains font ça bien et d'autres moins. Moi je note tout. On m'a dit que c'était trop détaillé alors maintenant je fais trois lignes par paragraphe et je mets, vous déduirez le reste...
Harry, mort de rire.
– Attends je vais essayer de deviner la suite, ça m'entraîne pour mon futur job. Monsieur Snape à la réunion des profs. Il a taillé cinq ou six crayons, bien entendu tout le monde les lui pique, enfin surtout celui qui prend le PV, les autres n'en n'ont rien à foutre c'est juste pour l'emmerder. Severus Snape, Maître des Potions et Branleur Professionnel note tout, on ne sait jamais, s'il y avait dans le lot une information capitale qui mettrait en péril cette école de singes. Même quand ce n'est pas lui qui prend le PV, il note. Détendez-vous Monsieur Snape!
– Il faut bien s'occuper, sinon, je me fais chier, des fois je note des conneries aussi ou des théories de potions mais l'important c'est d'avoir l'air attentif.
– Le problème c'est McGo, elle se met à côté de toi et elle pougne sur tes notes parce qu'elle n'arrive pas à suivre ce con de Dumbledore. En plus, il divague la plupart du temps et ces dictons de merde, ceux-là elle les note tous dans l'espoir qu'il se rende compte à quel point ils sont risibles, mais lui pense qu'elle est fan alors il en rajoute de nouveaux. Toi tu écris en code, quand ça n'a aucun rapport avec la réunion. C'est un truc alambiqué, je ne comprendrais pas. Elle appelle ça l'écriture de chauve-souris. Elle croit que tu fais ça juste pour l'énerver, explique-lui. Des fois, elle arrive à pougner, des fois, elle met etc. etc. et elle essaie de deviner. Elle tombe assez juste en général mais des fois elle se gourre et Chourave lui fait une remarque.
Severus, scié:
– T'as placé des micros ou quoi!? C'est tout juste mon chéri. L'écriture infâme de chauve-souris, elle l'appelle. Elle pense qu'un jour elle craquera le code mais c'est avec des formes, elle n'y comprend rien. Quand elle est à côté de la plaque elle joue à l'innocente et demande à Flitwick et quand il ne sait pas, elle joue la carte de la mauvaise foi ou refile la patate chaude à Dumbledore qui pacifie le truc en débitant deux trois platitudes.
– Moitié intuition et moitié je triche avec ma bague. Laisse-moi y aller à ta place, ce soir! Polynectar, un sort sur la voix et Severus Snape, Maître des Potions et Branleur Professionnel reprend du service.
Severus secoue la tête.
– Non exclu! C'est une farce mais pas à ce point là. En plus, ils devront s'habituer à mon absence.
– Tu me prives d'un plaisir délicat, tu sais. Bon tant pis. Trelawney, tu adoooooores quand elle fait le PV, la finesse de ses remarques te laisse pantois.
– Tout à fait, très cher. Ces élucubrations me mettent en joie. Les PV que j'aime ce sont ceux de Flitwick, droit au but, en plus il y a de l'humour, je suis fan. Des fois, j'essaie de plaisanter avec lui mais il croit que je me fous de sa gueule, que faire?
– C'est délicat avec ta réputation de joyeux luron. Lâche-toi un brin et rigole.
– Rigoler, je note. Tout le monde va penser que je re-picole.
– Non quand tu picolais tu dormais. Dumbledore te réveillait d'une petit tape sur l'épaule à la fin. Tu croyais que personne n'avait rien vu mais tout le monde parlait de toi et s'inquiétait. Comment tu as fait, en fait, pour arrêter?
Severus, gêné:
– J'ai été à Ste-Mangouste et je leur ai demandé de me boucler. Qu'est-ce qu'ils disaient?
– Chourave: Pauvre Severus, il me fait de la peine, comment l'aider?
Dumbledore: Il faut que ça vienne de lui.
McGo: Oui enfin, un bon coup de pouce, ça ne lui ferait pas de mal et arrêter de lui dire que tout le monde a ses jours sans. Il est alcoolo, il faudrait qu'il s'en rende compte!
Trelawney: Son aura est noire et les astres sont bouchés, hélas.
McGo, à voix basse: J'en connais d'autres qui sont bouchés.
Flitwick: Bon ce n'est pas que je n'aime pas discuter de ce brave Severus derrière son dos, mais si on reprenait la réunion?
Severus, en riant:
– Ah c'était vraiment une époque de merde! McGo n'arrêtait pas de laisser un peu partout des pamphlets contre l'alcool et pour les cures de désintoxications. J'en ai brûlé de ces pamphlets. J'étais totalement dans le déni. Jusqu'à ce que j'ai la brillante idée d'ajouter de la piquette dans la pimentine. Ça a fait sauter la moitié de ma réserve. C'est ce jour là que je me suis rendu à Ste-Mangouste. Sans avertir personne, sauf McGo. Elle a dit : Dieu soit loué et elle m'a serré dans les bras.
– C'est mignon et ensuite?
– Il m'ont bouclés et ils m'ont sevrés. Je suis retourné à Poudlard. J'étais clean mais le cerveau en fusion. Alors, j'ai cherché quelque chose de moins nocif pour remplacer et j'ai trouvé l'histoire des gouttes. Après, ça allait beaucoup mieux. Après j'ai découvert le sexe et ça allait beaucoup beaucoup mieux. Et maintenant, je n'y pense plus du tout et je n'ai même plus envie d'y retoucher, jamais. Et c'est moi qui met des pamphlets contre l'alcool et pour les cures de désintoxication. Fin. Allons dormir!