Chapitre 107 : Les bracelets
Les deux installés sur le lit, Severus ouvre la boîte des bracelets.
– Ils sont parfaits. Je me réjouis pour Harry, une magnifique profession. Je te mets le tien et tu me mets le mien?
Fred, inquiet:
– Attends qu'est-ce que ça va faire que je me prépare psychologiquement.
– Je ne peux pas te dire précisément mais ça va être une sensation agréable. Pense à ce que je ressens pour toi et ce que tu ressens pour moi manifesté sous forme de magie.
– Ça a l'air fort et si on n'arrive plus à se décoller? Et si je commence à soupirer sur toi, toute la journée? Tu me manques un peu des fois mais si ça augmente Charlotte va râler.
Severus rigole.
– Non justement ce sera plus facile parce qu'on sera toujours ensemble d'une certaine manière avec ces bracelets. Moi et Harry ça nous calme, en tout cas. Oublions nos deux, c'est notre moment à nous. Comment tu le trouves le mien?
– Sobre mais classe. Et le mien?
– Clinquant mais audacieux.
– Est-ce qu'on les laisse sous la douche? Et pour se branler?
Severus, en riant:
– Oui on les garde tout le temps moi je ne verrais rien de tout ça. C'est juste une empreinte magique.
– Et si j'avais loupé le mien par pudeur ou au contraire si j'étais trop passionné?
Severus, hilare:
– Vu que tu n'as rien fait tu ne peux pas l'avoir loupé, il sera parfait. Moi j'ai hâte de mettre le mien. Je t'aime Frédérick.
– Je t'aime aussi Severus. Faisons ça à deux, j'ai les mains qui tremblent. On te met le tien d'abord et tu me dis ce que tu ressens. Ensuite, si tu es content, on me met le mien.
Severus prend son bracelet et fait mine de le laisser tomber. Frédérick les deux mains en dessous.
– Ce que t'es con des fois on dirait moi. Donne-moi ça.
Frédérick lui passe le bracelet et le ferme.
Severus, en riant:
– Je suis toujours vivant et j'ai envie de rire, c'est bon signe. Ah non, attends, une crise cardiaque, tu connais les premiers soins? Tu l'as chargé, qu'est-ce que t'y a mis?! Ton âme, tu me donnes ton âme, t'es sûr!? Bon prends la mienne, tu verras bien. Le reste rien de cassant, juste tout l'amour du monde.
– Ce que tu me charries, j'ai dû mettre un peu d'humour pour compenser ta rigueur sidérale. Oui je te donne tout, corps, cœur et âme.
– Il y a quelques petits intentions aussi: Amuse-toi la vie est courte. Sois insouciant, pour changer. Ne te laisse plus marcher dessus ni prendre en tenaille par qui que ce soit. Fais attention de ne pas tout passer à Harry, il est encore jeune. Protection de Dieu. Ouvre ton cœur il y a des gens qui t'aime. Tu es un être exceptionnel, ai confiance en toi. Un peu de culture pop et artistique, ça te fera du bien. Je suis ton éternel obligé. Le destin c'est bien mais le libre-arbitre c'est mieux. Les milles et une façons de faire chier le monde. La gaieté n'est pas une tare, tu verras.
– Tant mieux si j'ai réussi à faire passer tout ça. Mets-moi le mien!
– Je n'avais pas fini. Rendez-vous dans une autre vie. Tu as mis une option sur moi, mon chou? Je suis flatté. On verra avec l'autre si on n'est pas soudé, ça peut s'arranger. Tu crois à l'autre-monde, tu aimerais qu'on soit copain comme cochon là-bas aussi. Moi si je passe la barrière, je suis bien d'accord. Tu mérites le paradis, il n'y a pas d'enfer ni de jugement, j'espère que tu as raison. Passons une nuit de folie, à l'abri des regards, personne ne s'en souviendra excepté les 2 porteurs de bracelets. Tu préfères être dessus ou dessous?
Fred, en riant:
– Tu as inventé la dernière mais moi je ne suis pas contre je vais la rajouter. Avec toi, dessous.
Severus, sourire en coin, lui passe le bracelet et fait mine de vouloir le rattraper s'il s'évanouit. Fred se laisse tomber dans ses bras, rien à battre.
Fred, ironique:
– Je suis soulagé, j'ai juste envie de rester dans tes bras à jamais. T'es sûr que tu as mis assez de sorts de protection dessus et s'il y avait un ouragan?
Severus, en lui caressant les cheveux:
– Si j'ai pensé aux ouragans.
– Oui mais est-ce que tu as pensé aux ouragans et aux volcans en même temps?
– Tu as raison, on va faire tous les cataclysmes naturels simultanément.
– Il ne restera plus que moi et Harry sur cette planète. Pour le reste rien de cassant, juste tout ce que je veux. L'âme tu me la donne, le cœur aussi, le corps tu hésites juste pour le réconfort et le fitness ensemble mais le cerveau je peux tout prendre. Je n'avais pas pensé au cerveau! Mise à jour automatique?
Severus, en riant:
– Mises à jour activées, n'éteignez pas le bracelet...
– Je suis désolé le mien est un peu vide comparé au tien! Regarde-moi ça, toute la bibliothèque de la terre. ''J'ai tout lu, tu peux te servir.'' Un esprit scientifique et curieux. Ses matières préférées? Histoire, géographie, physique, chimie, astronomie. Les langues: Français, anglais, latin, le reste rien à branler. Moi j'ai japonais mais juste les Kanji, je trouve ça joli.
Severus, conquis:
– Wahou! C'est drôle celui de l'épée il ressemble à Pi. L'amour on dirait un bouquet de fleurs. Et la princesse est coincée dans son château. Combien tu en as 1'000! Précieux trésor. D'autres trésors? Des aquarelles, oh ce qu'elles sont belles! Crime inqualifiable, il les range dans un porte-document et ne les montre à quiconque. Accio aquarelles. Je vais mettre mes lunettes pour les voir mieux... Elle sont toutes chiffonnées, je vais t'apprendre un sort. Voilà maintenant elles sont montrables... Je t'achète celle-ci, c'est ma préférée. Ça me fait rêver. Arrête de pleurer.
– Je pleure si je veux. Tout le monde m'a dit que c'était niais sauf toi.
– Il ne fallait pas les montrer à ta mère et à ton frère, ils sont insensibles. Ton père pourrait les apprécier. Et Ron, qui sait? Charlotte et moi.
Fred, gentiment:
– Très sensible ce scientifique. Qu'est-ce qu'il fait pour s'exprimer? Il a du mal. Il fait des poèmes pour vider sa tête. Et s'il essayait d'aller chercher plus haut, l'inspiration divine, balançons la sauce! Comme ça il nous pondra des textes plus lyriques.
Des coups timides à la porte, Charlotte l'entrebâille.
– Je peux voir les aquarelles?
Severus murmure un sort. Apparition. Dans son appartement. Dans son lit, tranquilles. On va verrouiller toutes les issues.
– Tu disais?
– On parlait de Pi, je suppose qu'il aime les mathématiques aussi. Oui il adore. Les chiffres c'est prévisible et ça le détend. Moi ça me prend la tête. Philosophie les plus grands, sauf Socrate, il ne peut pas le blairer. Imbuvable, il a marqué dans ses notes de lecture. Qu'est-ce qu'il t'a fait Soso?
– Il s'est foutu de la gueule du monde et il n'a rien glandé, voilà ce qu'il a fait. L'ignorance est reine, youpi!
Fred, en riant:
– C'est un début, moi je l'aime assez, il faut se rappeler qu'à l'époque, ils ne se mouchaient pas du coude. Alors l'aveu d'ignorance, c'était déjà pas mal. Enfin moi je n'y connais rien je suppose. Et l'histoire de l'Art? Oui il connaît les bases, même plus que moi mais rien à carrer, il est daltonien. Malevitch, peut-être? ''Carré noir sur fond blanc.''
– Un collègue à Soso sans doute!
– D'autres bêtes noires?
– Les animaux me détestent.
– Forcément tu les prends et tu leur arraches leurs organes pour les mettre dans des potions. Pas étonnant qu'ils t'en veuillent. Moi je fais des petites prières avant et ils m'aiment bien. Essayons de te donner un peu de fluide, histoire que tu ne te fasses pas dévorer par un dauphin.
Severus, en riant:
– Tu demandes toujours qu'ils soient réincarnés en licorne. Il va y avoir une surpopulation à un moment donné. On sera envahi de licornes. On tournera la tête à gauche, une licorne. On tournera la tête à droite, une licorne. Bonjour Madame.
– C'est un risque à courir. Moi je t'aime bien avec de l'humour absurde. Et puis c'est le seul animal que tout le monde aime. Des fois, je fais un peu des dauphins et des baleines aussi histoire de peupler les océans. Passons aux connaissances magiques. Alors là, il dévore. Il connait tous les sorts et il en invente même des nouveaux. En potions, c'est la bête, tout le monde tremble quand il arrive au symposium. On lui donne du Maître Snape et on nous l'installe au premier rang. L'autre qui veut passer inaperçu n'est pas content, il croit que tout le monde lui en veut. Pssst, c'est du respect, banane.
– Ahhh c'était ça! Aux fraises la banane.
Fred, gentiment:
– Mettons une intention, tout le monde t'adore sauf les cons. Voyons les autres matières. Rien de spécial, il maîtrise juste l'alchimie, l'arithmancie, la botanique et l'occlumancie. Il n'aime pas tellement la métamorphose ni la divination, à part avec les runes. Il a appris tout ça quand? Il était seul toute sa vie, il avait du temps. On va charger un peu l'amour, au cas ou on en aurait pas reçu assez.
– Ainsi mourut Severus Snape Maître des Potions et Branleur Professionnel, foudroyé par une crise cardiaque au tendre âge de 39 ans, assassiné par son meilleur ami de sang froid. De toute façon le maximum du maximum, tu ne peux pas faire pire. Ça irradie de partout, je vais claquer. Adieu, mon ami. Je me réincarnerais en dauphin.
– Pauvre homme! Voyons ses intentions pour nous avant son décès. Quitte Charlotte et fais-moi six gosses, comme tu y vas!
Severus se marre.
– On peut demander à ma cousine d'en mettre trois au lieu de deux à l'intérieur, mère-porteuse contre son gré c'est son trip. Comment je vais lui demander ça, moi?
– Elle est docile, c'est le mari qu'il faudra convaincre mais il t'aime bien. On va mettre une autre intention. Je ne m'inquiète de rien, la vie suit son cours placide, tout va bien. Et le reste de la famille? Rideau noir. Je n'insiste pas.
– Si si je te fais un spectacle de marionnettes, version édulcorée.
Les marionnettes sont jolies mais l'histoire laisse à désirer. Le père meurt intoxiqué par sa propre connerie. La mère inconsolable va prendre le pire pour remplacer. Il boit et leur tape dessus. La mère protège Severus mais il ramasse quand même quand elle a les yeux tournés. Severus rejoint les Zoulous, les moldus c'est de la merde. Son beau-père n'ose plus le toucher. Comment le tuer, Severus ne veut pas gaspiller sa magie, une mort débile pour un fils de pute, étouffé par un coussin. Sa mère n'en saura rien. Severus l'index sur la bouche. Le rideau se baisse.
Fred le sert dans ses bras.
Severus, blasé:
– Le maximum du maximum du maximum. J'avais tort, tu peux faire pire. Pas trop de compassion, je vais gerber. – Ouvre tout et laisse couler...
– Oui c'est mieux, merci. Alors tu vois, Dieu, disons qu'il n'a pas brillé.
Fred, en regardant en l'air:
– Dieu, espèce de fils de pute, qu'est-ce que vous avez foutu avec la vie de Severus? Lui donner toutes les merdes du mondes au début pour le combler après quand il est bien traumatisé? Je vous en veux un peu. Pas terrible comme job! Severus, il faut lui dire, il a besoin de retour pour s'améliorer.
Severus, les yeux au ciel:
– Vous êtes une merde sans nom et je ne crois plus du tout à votre bénédiction. Désolé... Et il répond?
– Une fois, je me suis énervé très fort et je lui ai dit: Mais on a pas un rond, bordel, aidez-nous! Et le lendemain, mon père a eu une promotion. Mais le reste du temps c'est moi qui veut croire en quelque chose, sinon ce n'est pas viable toute cette merde.
– Oui je comprends. Et l'inspiration divine pour les aquarelles?
– Ça j'aime bien. Je me mets devant une feuille blanche et je laisse venir. C'est toujours une surprise. Après je regarde le dessin et je suis heureux. Tu crois qu'il faudrait que je les montre?
Severus hoche la tête.
– Oui on demandera au galeriste combien ça peut valoir. Il faudra les encadrer et trouver des titres moins culs que le fruit de la passion. Allons-y vendredi.
– Non vendredi il y a le symposium du Maître. Voyons ça à la fin de l'exposition quand on ira chercher nos bols.
– Tes aquarelles sont un régal. Tu pourrais vivre de ça si nous n'étions pas entouré par une bande d'abrutis insensibles.
Fred se marre.
– Voyons les autres bénédictions: Affranchis-toi de ton frère, ce n'est pas ton double ni ton modèle. Réalise tes rêves, tu es capable. Tu te crois stupide mais c'est faux, tu es plus drôle, malin, imaginatif et intelligent que la plupart des gens, rends-toi compte de ta grande valeur. Et toi tu es un génie, Severus, c'est normal que tu trouves que les autres soient des abrutis. Peut-être qu'on t'a mis là pour faire évoluer les masses mais t'es un peu comme So-so, t'a rien glandé. Enfin, à part remettre au goût du jour toutes les potions. Il faudrait peut-être que tu publies tes résultats dans un bouquin. Oh la masse ne va pas être contente, mais on s'en fout, qu'ils crèvent! Au moins tu aurais fait ce que tu avais à faire.
– Et soudain, une lumière s'alluma au-dessus de la tête du génie mais c'était son meilleur ami qui tenait l'ampoule.
– Elle est bien centrée ou tu veux que je la mette un peu plus à droite?
Severus, inquiet:
– Et si je finis comme Gilderoy?
– Adulé par les foules, tes fans qui s'accrochent à tes basques, toi en sueur qui avance malgré tout, jusqu'à la prochaine librairie? Je voudrais pas détruire ton fantasme mais le public sera restreint. Tu vas en vendre une centaine et ensuite on va le faire commander à Poudlard pour qu'ils l'utilisent en classe, c'est déjà pas mal.
– Et pour la boutique?
Fred, en riant:
– Profite de faire ce que tu aimes, expérimente, change la vie des petites gens et déconne un peu avec ton meilleur ami.
– Il faudrait des images pour mon livre.
– Demande à Charlotte ou Harry ou toi essaie aussi, t'as un petit coup de crayon quand même. Je l'ai vu sur ''Foudroyé''.
Severus, scié:
– Je les avais oubliés les deux, il faudrait les prévenir qu'on ne va pas rentrer. Moi dessiner, bof...
– Mettons une intention, ta fausse modestie est risible! On ne va pas rentrer, moi ça me va. C'est donc ça notre nuit de folie à l'abri des regards, dont personne ne se souviendra à part les deux porteurs de bracelets? Je pensais au moins qu'on irait à Las Vegas et qu'on coucherait.
Clin d'œil de Severus:
– La nuit n'est pas finie, il est à peine 10h.
– Je n'ai pas mon portable, toi?
– Dans mon autre costume. Envoyons-leur un patronus. ''Trop à débriefer, ça va nous prendre la nuit, je t'aime, ne t'inquiète pas.'' Toujours un piaf mais encore un autre, je n'arrête pas de changer ces temps.
Fred, conquis:
– Oh une tourterelle, c'est joli. ''Severus m'a kidnappé, on se voit demain, je t'aime fort.'' Vas-y fend-la-bise!
– Elle est drôle... Si tu vois un lièvre sur la route, ne t'inquiète pas, tu le dépasseras à la fin.
