Chapitre 108 : Platonique
Charlotte regarde son dessin, d'un air blasée:
– Une sirène... Ils en mettent du temps, ils nous ont complètement oubliés. Pas moyen de les rejoindre, Severus a tout blindé. Je voulais juste voir ses aquarelles moi!
– Rien à voir avec toi, Severus est paranoïaque. A mon avis, ils ne vont pas rentrer pour le moment. Tu trouves que je dessine bien?
– Oui ça va. Pourquoi?
– Gustave veut m'engager comme apprenti. Moi je n'y connais rien, j'aimerais me préparer un peu, j'ai peur de le décevoir. J'ai signé le contrat. Quand je lui ai demandé si je pouvais faire quelque chose en attendant il a dit: profitez de vos derniers instants de liberté ici c'est le bagne. Je crois qu'il en a un peu marre.
Charlotte rigole et tire une carte.
– Pour tes dessins, il y a les bases mais ça manque d'ombres et de profondeur. Tu pourrais prendre des cours.
– Oui ça m'occuperait le vendredi quand Severus taille la campagne. Un crucifix?
– Non ce n'est pas ça. Pourquoi Frédérick m'a caché ses aquarelles d'après toi?
– Il devait penser que ce n'était pas assez bon. C'est Jésus? Tu pourrais me donner des cours toi vu que tu maîtrises? Je te paierais. Tu crois qu'ils vont coucher?
Charlotte, placide:
– Non non, aucune chance. Ils sont sages même s'ils se cherchent un peu. En vrai, ça les tuerait de nous trahir. Oui je peux t'apprendre, enfin ce qu'on m'a appris. Je vais te faire la liste pour le matériel. C'était pas Jésus, c'était juste la croix mais c'est nulle à dessiner une croix toute seule... Oh on a de la visite! La tortue, ce qu'elle est choue! Kidnappé par Severus, en tout cas pas contre son gré.
Harry, fâché:
– ''Ne t'inquiète pas''. Quelle blague!
– Au pire, ils couchent ensemble et alors?
Harry, stupéfait:
– Non moi je ne veux pas le partager le mien. Même un soir par semaine. Même une fois ce serait trop.
– Ça pourrait pimenter un brin moi j'ai confiance en Severus.
– Non non non, un couple c'est un plus un égal deux. C'est comme ça dans tous les Disney et ça me plaît.
Charlotte rigole.
– Moi ça me plairait de les regarder et leur jeter des fruits pourris.
– Je t'attire physiquement?
– Hélas pas du tout, désolée. Et moi?
– Non vraiment pas. Tu vois c'est à ça que devrait ressembler une vraie amitié platonique.
Charlotte lui saisit la main en riant et caresse sa paume.
– Ça te fait quelque chose?
– Des frissons, je crois que c'est d'effroi. Tiens-moi juste la main. C'est vrai que c'est réconfortant. Je peux...
– Oh toi tu veux jouer à touche-pipi d'accord. Levons-nous. À trois on approche sa main et on touche sans peloter mais bon vu ta tête, il n'y avait pas besoin de préciser...1...2...3... Alors?
Harry, franchement:
– Je me sens le plus inconfortable possible.
– Tu prends ça trop au sérieux, je crois. Moi je vais essayer de te faire bander. On va juste caresser un petit peu. Voilà, tu vois, réaction normale quand on se touche le sexe.
Harry, contrit:
– Non j'ai triché, j'ai pensé à Severus.
– Pfff! C'est mort. Faisons autre chose. Un striptease, j'ai toujours voulu essayer.
– Pourquoi pas, ça nous entraînera. Et après quand tu seras toute nue je pourrais te dessiner, ça ferait d'une pierre deux coups.
Charlotte, mutine:
– Plus flegmatique tu meurs, tu sais que j'en ai giflé pour moins que ça. Il y a quelqu'un qui t'intéresse à part Severus?
– Maintenant j'aime assez Malefoy, amicalement et physiquement... Et bon, Robert...
– D'accord pour le striptease et pour le dessin, ça nous occupera. Et après, on leur montrera le souvenir, voir ce qu'ils en pensent.
Harry, hésitant:
– Est-ce qu'il faudrait que j'essaie de feindre de l'intérêt?
– Non sois toi-même, impassible. Je mets quoi comme musique. Rihanna?
– Joe Cocker ''You can leave your hat on''.
Charlotte, en riant:
– Les références d'outre-tombe. Tu l'as déjà fait avec Severus, moi je n'ai jamais osé avec le mien.
– Une fois, j'ai sauté sur le lit et je me suis dégonflé comme une merde. Après j'ai juste fait mine de tomber dans ses bras. Règle numéro 1, on ne se moque pas. Règle numéro 2, on ne touche pas. Règle numéro 3, si c'est risible, on ne montre ça à personne. Règle numéro 4, on peut faire des commentaires mais pas de critiques. Je vais garder le costard de Zoro, juste enlever le masque. Comment je la joue?
– Flegmatique: ''j'ai juste ce corps de rêve''.
– Non, il faut de l'estime de soi pour ça. Autodérision, c'est tout ce que j'ai. Sinon j'ai: ''Quel corps?''
Ils ont poussé les meubles, une grande allée. Elle, installée sur le canapé. Est-ce qu'il est rouge? Il se sent devenir rouge. Pour l'instant, il a juste marché vers elle. Merde comment on marche?!
Charlotte, hilare:
– Du calme, Harry, tout va bien.
Pétrifié. Charlotte se lève et s'approche de lui en se déhanchant. On va faire la même chose. Non ce n'est vraiment pas mon style. Où est passé l'autodérision bordel!?
Charlotte, lucide:
– Il te manque un chapeau et une cane. La cane tu peux la faire tourner. Tu peux enlever ton chapeau en le jetant.
Jeter des trucs, c'est ça, il ne savait plus la suite. Se déshabiller, pas besoin de faire mille chichis. De toute façon, il ne trompe personne.
– Recommençons, je n'étais pas dedans.
Charlotte ouvre la malle et lui tend un chapeau de magicien et une cane. Pas sûr que ça aide. Au moins, il a quelque chose dans les mains. Il va prendre des gants aussi et un nœud pap. Le magicien rentre chez lui après son spectacle de magie. Il tient un thème, on bodera dessus.
Harry, enthousiaste:
– Musique!
On va sortir de la pièce et entrer par la porte. On l'ouvre comme dans les sitcoms des années 80, la poignée qui reste dans la main. On scrute l'assemblée. Charlotte rigole., on progresse. Entrons d'un pas primesautier. On va retrouver son mari après tout. Imaginons Severus à la place de Charlotte. Il y avait un truc dans un film avec la cane. On s'approche, on la passe autour de son cou et on l'attire à soi. Elle, placide. Lui vient sur ses genoux. On va poser cette cane dans le porte-journaux, elle nous encombre. Un peu de frotti-frotta, enfin c'est ce qu'il ferait avec Severus. On enlève les gants et on les passe délicatement sur son visage. Mmh du cuir! Non c'est de la merde. On les balance par derrière. On se penche en avant. Elle nous remet le noeud papillon droit. On se relève et on se déshabille. Les pompes, il n'en a plus, on va enlever les chaussettes. Le ridicule ne tue pas, on va la mettre à sa main et lui causer un moment. Gros rires de Charlotte. Demandons à la chaussettes de l'aide, non elle n'est d'aucune utilité, on la balance.
Charlotte, joueuse:
– Ohhhhh! J'aimais bien la chaussette!
Oui mais il faut lui dire adieu à un moment ou à un autre. Il faudrait qu'il blinde ses poches de tours de magie et qu'il les vide pour faire monter la sauce. Il enlève sa veste et la jette sur elle. Elle ne voit plus rien, tant mieux.
Charlotte, conquise:
– Hihihi! C'est de la triche!
Elle soulève la veste un brin et guigne. Il ferait mieux de faire ça avec Severus.
– Stop! C'est bon j'ai assez pratiqué.
– Oh non, continue! C'était bien! Décalé mais bien! Et puis il faudrait pas que tu te dégonfles!
– C'est bon je gère. Il fallait juste des accessoires et un scénario c'est tout. Je vais lui faire le coup du magicien. Je peux t'emprunter deux trois trucs?
– Oui sers-toi mais tu me les ramènes!
Au tour de Charlotte, c'est plus classique. On sent qu'elle est à l'aise dans son corps elle. Qu'est-ce qu'elle nous fait là!? Ah oui très à l'aise! On va lui faire signe de se calmer un brin pas la peine de se casser une jambe.
Charlotte, en riant:
– Quoi j'en fait trop? J'ai un passé de gymnaste aussi mais c'était quand j'avais 12 ans.
Hochons la tête, placide.
– Si si c'est bien mais, du calme.
11H15 quand même! C'est pas le moment de bâiller, envie de rentrer me coucher et demain j'ai cours.
Charlotte, sévère:
– Tu ne regardes rien du tout et tu penses à autre chose. BOUUUHH le public!
– Désolé, on pourrait reprendre ce vendredi?
– Si tu veux, comme ça j'aurais le temps de m'entraîner. De toute façon, faire ça devant toi ou un bout de bois c'est pareil, les deux restent de marbre.
Fou rire. J'avoue!
Harry, placide:
– Vous êtes une très belle femme Charlotte. Et même si mes goûts laissent à désirer. Ce serait un honneur de vous représenter...
Bâillement étouffé.
– Tu m'agaces, va te coucher! Et prends les loques de ton mari avec.
– Oui Madame.
