Chapitre 113 : Tortue

Apparition dans sa cuisine, d'abord le nourrir. Pougnons sur le bracelet. Qu'est-ce qu'il aime et que j'ai? Des oeufs aux plats, du pain, du beurre. On va lui faire ça. On sort la poêle, combien il en veut? Trois oeufs et cinq tranches de pains. Eh ben dis-donc! Fred le regarde faire, les yeux écarquillés.
Severus, intrigué:
– Quoi?
– Je suis bien soigné ici.
Fred s'affale sur la table. Soupir déchirant.
– T'as de la confiture aussi...
– J'évite d'acheter des trucs sucrés parce qu'à Poudlard je m'empifre de gâteaux et je commence à m'empâter avec le temps.
– Non tu es parfait... Si si, j'en ai acheté, c'est dans le frigo, à côté de la mayo...
Ah oui c'est vrai qu'il lui a donné les clefs de l'appart. Fraise, on va lui en mettre une bonne dose, il a l'air d'avoir besoin de réconfort.
Fred, en riant:
– Tu peux m'enlever les croûtes aussi? Non je déconne merci! C'est parfait!
Il empile les tranches de pain et les engouffre.
Fred, franchement:
– Il fait soif...
Ah oui merde! Qu'est-ce qu'on lui fait? Un lait grenadine et de l'eau. On va lui mettre la carafe. Il boit directement dedans, la moitié loin. Du calme, Gargantua! Fou rire.
Fred, franchement:
– Désolé j'ai rien bouffé depuis 2 jours, quand je suis déprimé, je procrastine. Que c'est bon! Manger!
– Pourquoi déprimé?
– T'occupes, ça va passer.
Une grande rasade de lait grenadine et il se met à sangloter sur la table.
La tortue, tristounette: [pauvre homme, il est au bout du rouleau.]
C'est le cas de dire, t'inquiète on va le réconforter. Les mains sur les épaules, Severus l'enlace par derrière.
Fred, en pleurant:
– Ce que je suis plaintif! Quitte-moi! Prends Mélanie avec et sauve-la de la sinistrose!
La tortue, mi-figue: [Je crois qu'il nous fait une petite dépression post-partum.]
Mais non, ça c'est pour les femmes enceintes, tu divagues!
La tortue, placide: [Il vient de m'avoir, quand même...]
Rien à voir mais bon on va quand même vérifier...
Severus, intrigué:
– Avec Mélanie ça se passe comment?
– Une oasis dans la tourmente, je lui fais la lecture, elle aime bien. Des fois, elle traîne des petits bouquins jusqu'à moi, pas les lourds. Elle aime bien les livres d'images surtout celui avec les animaux de la savanes.
La tortue, rêveuse : [Les grands prédateurs ça me fiche une trouille bleue mais j'aime vivre dangeureusement.]
Fou rire. Elle est top, celle-ci. Post-partum, grands prédateurs, il aurait inventé ça?
Severus, curieux, à la tortue:
– Dis un truc con, pour voir? [Je peux aller chercher un livre si tu me poses par terre. Tu as des livres avec les animaux? J'aime bien, ou sur la nature aussi.] C'est crédible. J'ai un livre sur les dauphins que j'ai ramené de vacances. [Connais pas.] Mais il faut l'instruire, Frédérick! Ah là là! Qu'est-ce qu'il te lit? [Tu me traites de bécasses? Enflure. Les filles du Dr March. Il y a Meg, Jo, Beth et Amy. Ils s'entraident. J'aime bien tout le monde sauf Amy.]
Lui il aurait dit les 4 filles du Dr March et l'entraide il n'en a rien à secouer.
Frédérick, placide:
– Non, elle est gentille Amy, mais là je ne t'ai lu que le début alors c'est normal que tu ne l'aimes pas.
– Il dit ça, imperturbable, comme si c'était tout à fait normal. [Il n'a pas de préjugé, lui, il aime les animaux. Il vient ce livre sur les dauphins? Tu m'as donné envie.]
Elle est unique! On va aller lui chercher ce livre... En pleurant comme un con, parce que quand même, il ne faut pas déconner. Il est où ce truc? Zoologie sûrement. Oui il est là. On va prendre tout ce qu'on a. Et sur la nature, il a quoi. Environnement. Ah tout ça, quand même! On va les prendre aussi.

On dépose les 40 bouquins sur la table. Frédérick, les yeux ronds. La tortue jubile.
Severus, ironique:
– C'est tout ce que j'ai sur la nature et les animaux. J'aime bien la nature mais les animaux me détestent. Enfin, les dauphins ça allait et toi ça a l'air d'aller aussi, à part quand tu me traites d'enflure, Greluche. [Qui c'est que tu traites de Greluche espèce de Queue de rat infecte, je ne suis pas fan de l'amour vache, désolée. Moi j'aime bien les mots doux comme pupuce. Tu es imposant, sévère et tu fais des gestes brusques. Et tu nous parle, on comprend, ça fait peur. Enfin moi j'en ai vu d'autre. Maintenant tu es doux, ça va mieux. C'est quoi les autres animaux qu'il y a dans les livres?] Des atlas avec toutes les espèces animales répertoriés.
On va lui montrer. On ouvre une page au hasard. Musaraignes. Un flashback, lui à 10 ans, dans le jardin qui parle aux musaraignes. Amusez-vous si vous voulez mais ne touchez pas à mes cultures sinon je vous botte les fesses. Et elle détalaient. Enfin toute sauf une. Il en avait des conversations avec cette musaraigne, philosophique même des fois. Cracotte, il l'avait appelé. C'était un peu son ami imaginaire ou alors c'était son ami tout court. On va sangloter sur la table, un peu.

Qu'est-ce qu'il lui arrive à son ange? Flashback traumatique. Il parlait aux animaux quand il était petit, Severus. Mais après il a grandi et il a occulté les souvenirs, trop pénible. Son rêve secret de l'époque c'était de devenir vétérinaire. Mais les animaux quand ils le voyaient arriver c'était plutôt, au secours un humain qui parle, sauve qui peut! Lui tout triste, les animaux ne m'aiment pas. Peut-être qu'ils sentent que je suis mauvais, au fond. Mais oui bien sûr Severus! On va le serrer dans ses bras.

Il en a tué des milliers avec ses potions. Si les animaux ne m'aiment pas alors moi je ne les aime pas non plus et si je ne peux pas les sauver, je vais faire des mixtures avec. Au moins qu'ils soient utiles, ces cons! Il y en a dans toutes les potions sauf dans la sienne et Felix Felicis.
Severus, en pleurant:
– Je les ai tués, de sang froid. [Les grands prédateurs aussi et ils ne font pas tant de manière. Et l'homme c'est le plus grand des prédateurs. Ça s'utilise les tortues dans les potions?] Oh toi tu aimes bien retourner le couteau dans la plaie! Ils ne sont pas tous aussi malins que toi, surtout les piafs. Enfin le mien, ça va. Corneille la Corneille, c'est lui qui a choisit le nom. Corneille comme l'auuteur, il à dit. Et moi je t'appelerais Coco, je lui ai répondu. Et il m'a charrié: Un vrai nom de perroquet! Qu'est-ce que j'ai ri et je me suis dit, les films que je me fais avec ce piaf, c'est palpitant. Je crois que c'est là qu'il m'a pincé la main. Maintenant que j'y pense, il me pince la main tout le temps, quand je fais semblant de ne pas l'entendre. [Ne fais pas venir Coco ici, j'ai peur.] T'inquiète, il est à Poudlard. Il ne t'arrivera rien. Bon je te lis 10 des animaux et après tu t'occupes autrement. [20.] 18 emballé c'est pesé.

Il est chou, Severus. Il en est au quinzième, le tigre bengal, au moins on s'instruit. Mais il lui passe un peu tout, moi j'en aurais fait 15 en tout et basta. Fou rire. Ça c'est de l'amourette! Si Charlotte les voyait... Courage plus que trois et après il a son ange à lui tout seul.

Son plaidoyé sur la truite terminée, il referme le bouquin. Frédérick se réveille en sursaut. Envie de lui faire ça fête. Il se lève et lui tend la main.
Severus, gentiment:
– Allons au lit, tu sera mieux. [Moi aussi j'ai sommeil, ça me fait toujours ça les histoires.] Tu devrais pas être en train d'hiberner toi? [Si mais je ferais ça l'année prochaine.]
Bon on va la prendre avec, je suis sûr qu'elle aura de superbes commentaires durant le sexe. La tortue dans une main, la main de Frédérick dans l'autre. Au lit mes mignons!

Merde il la prend avec, pas envie qu'elle voit papa dans papa.
Fred, franchement:
– Ça me gêne que la louloutte regarde. Mettons-la plutôt au salon, sur le canapé, qu'elle puisse pioncer.
Severus, emprunté, ça cogite sec, le conciliabule.
Severus, gentiment:
– Elle est d'accord mais elle trouve que c'est naturel la sexualité, même entre deux hommes. On va la mettre ailleurs. Désolé, je suis content d'avoir récupérer mon don. Un moment, je n'entendais plus rien, pourquoi? Coeur scellé. Et maintenant, déscellé? Ouvert grâce à Frédérick et Harry. Les deux? Oui il en fallait au moins deux pour ouvrir ce coeur blessé.
Il dit des trucs poignants, des fois, et sur un ton, ça me troue le coeur. Tant mieux si j'ai pu aider. Je me sens moins coupable de m'être imiscé avec mes gros sabots. Severus recommence à pleurer. Avec ce qu'il lui passe par la tête, pas étonnant. On va se sangloter dessus, ça va passer.
Fred, gentiment:
– Tant mieux si j'ai pu aider. D'habitude, je me sens tellement inutile.
– Mais qu'est-ce que tu dis! Sans toi, je ne pourrais pas vivre. C'est quoi ce god que t'a acheté? T'aurais pu m'attendre. Il y avait une lettre de ta chère et tendre aussi mais bon on va l'oublier. T'es rien qu'à moi aujourd'hui et demain on se verra aussi sinon c'est pas viable.
On va arrêter de pleurer et on va l'embrasser avec la langue qui bouge, comme il veut. Elle bouge pas beaucoup mais elle bouge. Lui la pointe acérée, détends-toi un peu. Il rigole.
– Désolée, je vais la virer, elle est trop bavarde.
Il la prend et l'emmène. Tellement de douceur comme il la tient. Il est pire que moi. Une minute passe, puis deux, cinq, dix. J'ai froid, mettons-nous sous la couverture. Lui revient, empressé.
– Quelle teigne! Où on en était?
– Qu'est-ce qu'elle a dit?
– Elle a dit, fais-moi un lit, ton canapé est élimé, alors j'ai fait quelques sorts dessus.
Dieu sait le trône pour la princesse. Un lit à balaquin sûrement, avec des tentures et un petit pois quand même sous les matelats pour vérifier que c'est bien une princesse. Allons voir! Ah non, une balancelle. Elle a l'air bien installée quand même, tous les coussins de la galaxie. Il pourra jamais s'aligner. Il faudra qu'il refasse la même chez lui. Sauf que lui en métamorphose, il n'est pas tellement au top.
Severus qui revient.
– Qu'est-ce que t'en pense, c'est trop?
Fou rire mutuel.
Fred, mi-figue:
– Non non, sobre. Tu veux la garder? Elle serait peut-être mieux avec toi.
– Non non moi je n'ai pas le fluide. C'est quoi ce fluide? Un don pour soigner. Restez ici les deux, pendant la semaine. Vivre avec Charlotte, ce n'est pas une bonne idée. Elle te suce toute ton énergie, tu n'as même plus de fluide, tellement t'es vané. Va la voir, de temps en temps, quand t'as envie. On n'est pas tous fait pour vivre ensemble, à mon avis.
Fred, enthousiaste:
– Tu me sauves! Et mon frère?
– Non, il te pompe l'air aussi. C'est juste pour toi, tout seul.
– Une planque, j'en ai toujours rêvé. Je vais me prendre un appartement. Après tout, je gagne ma vie. Il y aura le 11, un lit et rien d'autre. Peut-être, une aquarelle au mur et les utilitaires. Et Mélanie et toi, les faux-vendredis. Je prendrais un grand lit. Je vais quand même faire une photo de la balancelle. Pour le god, j'ai essayé mais je n'ai pas réussi à l'enfoncer, trop serré. Même sans fluide tu voudrais de moi?
Severus hoche la tête.
– Oui tu m'es indispensable. Heureusement qu'on se verra au boulot. Je suis quelqu'un de collant mais toi tu me donnes envie d'être trois fois plus collant.
Je crois qu'il a trouvé le bouton ON pour le fluide. Ah oui, la boutique! Plus très motivé... Jamais été très motivé, c'était surtout le projet de Georges, oh lui il a eu quelques idées mais c'est Georges qui gère tout. La caisse, il l'a fait une fois, tout juste bon à accueillir les clients.
Fred, à l'oreille de Severus:
– Je déteste mon job.
– Tu viendras faire des potions au sous-sol avec moi. En attendant qu'on trouve quelque chose de mieux. Après tout, t'es bon en potion. Et je te mettrais la pression, comme au bon vieux temps, mais qu'est-ce que tu glandes, mon petit bouchon, arrête de pavoiser!
– Oh doux rêve lubrique! Et Harry?
Severus, en riant:
– Je le vois le soir et le week-end et je suis verni. Bien sûr j'irais en enfer mais... Tu ne crois pas à l'enfer donc ça va.
Embrassons-le, il me soûle avec ses visions rétrogrades. Il me repousse un peu, juste un peu. Et il me serre dans les bras.
Severus, contrit:
– Désolé, elle me cause [Et les animaux, vous nous laissez tomber? Branleurs!] Culpabilité 10'000, on peut faire moitié moitié, le matin on fait des potions et l'après-midi pendant que ça décante, on reçoit 2-3 bestioles. Lui il leur redonne un coup de pep et moi je note leurs misères. [C'est bien mais il faut voir plus haut et constuire un parc naturel magique pour les animaux. Au boulot.]
Échange de regard consternés. Fred se marre.
– C'est bien ma louloutte mais soyons réaliste quand même.
– [Il faut voir haut dans la vie. Moi je vise présidente des Etats-Unis.] Ils élisent n'importe qui, ça peut marcher, faisons ça plutôt. Le parc naturel, ça m'angoisse déjà. Vite allons nous coucher avant qu'elle nous donne d'autres idées!

Encore une journée de merde chez Tritalion, vivement la retraite! Les trois sont dans une merde monstre. C'est Harry qui a signé le contrat, on va commencer par lui. Juste un brillant à l'oreille, il n'a pas le temps de pavoiser, l'autre bovine va bientôt revenir.

– Ne bougez pas, Harry
Le gosse immobile. Tellement de traumatismes, on commence par quoi? Personne ne l'a jamais écouté. J'ai le droit d'être écouté, j'ai le droit d'être aimé, j'ai le droit de respecté, on grave.
Harry, avide:
– Gustave, prenez-moi pour mari.
On va garder l'amour filial, c'est tout. L'Amour universel c'est trop pour lui, pour le moment.
Harry, scié:
– Enfin, je voulais dire, vous êtes comme le père que je n'ai jamais eu. C'est assez puissant, ce truc! J'ai toujours envie de les buter par contre, enfin surtout lui, l'autre, je veux qu'il le regarde souffrir. La tortue, je ne lui en veux pas.
– C'est déjà ça, laissez ce pauvre animal vivre. Elle pourrait servir, qui sait.
– Venez avec moi au Symposium sinon ce sera le carnage.
– Ça lui picotera un petit peu entre les deux yeux, on va dire.

Harry, ricane:
– Elle est bonne. Je suis un psychopathe.
– Tout à fait mais ça se comprend.
– Qu'est-ce que vous feriez vous qui êtes blasé de la vie? Vous croyez en Dieu, Gustave?
– Non, je crois en une énergie d'amour universel. Chacun fait son chemin, des fois ce n'est pas de la tarte, même pour moi. Moi ce que je ferais? Vous êtes jeune, vous êtes beau, profitez de la vie, pardonnez à votre mari puisque vous n'aimez que lui, la vie vous fera peut-être rencontrer quelqu'un d'autre. Peu importe! Vivez, bordel! Evitez la drogue, rasez-moi cette barbe de chimpanzé et je vous prends comme employé.
– Deal!

– J'exprime ma rancoeur de manière saine, on grave.
Harry, scié.
– Qu'est-ce que vous avez fait!? Bordel, je ne ressens plus rien. Juste envie de les informer avec une lettre. Je vais quand même planter un poignard dedans. Vous avez un poignard, Gustave?
– Je vous en donnerais un, joli avec une poignée en titane.
– Peut-être que je pourrais trouer le coeur de l'autre avec.
Jalousie un brin excessive on va graver, j'exprime ma jalousie de manière saine.
Harry, raisonnable:
– Il n'y aura pas besoin de poignard. Je vais juste prendre un coupe papier et m'ouvrir les veines avec.
Je n'ai aucun désir de vivre. On va remplacer ça par la vie est une aventure palpitante surtout avec Gustave.
Harry, avide:
– Gustave restons lié, vous avez mon numéro? Je vais vous le donner, je vais vous l'écrire sur votre main et le graver sur votre coeur. Je me sens libéré. Presque plus rien à foutre. Mais vous avez le droit de faire ça, Gustave, libérer les gens comme ça? Oh et puis merde! Vivons bien, j'ai assez souffert dans le vide, quelle existence funeste. Je vais me la couler douce après tout je mérite. Bon je m'occuperais bien de votre boutique, Gustave. Après tout, je suis pas un chien.
– Vous êtes prêt, mon ami.
– Charlotte va être déçue, je vais quand même faire un truc. Et je vais lui écrire une lettre, ça sera poignant.
Revanchard, on garde. Qu'il est drôle ce gosse.