Petit mot de l'auteure : Ce texte a été écrit pour la 131e nuit du FoF, sur le thème "Jeunesse". Promis, ce recueil n'est pas destiné à n'être que sur Cersei, mais elle m'inspire beaucoup...

Merci à Marina, Black Angelis, Angelica, Lassa, JessSwann, Lectricite, Silva (x2) et Leptitloir (x2) pour leurs review !


Debout face au grand miroir qui orne sa chambre, Cersei se regarde, et ce qu'elle voit lui cause un choc.

L'image face à elle, qu'elle a tant de fois admirée, a changée. Ses seins se sont affaissés, son ventre distendu, ses cuisses se sont ornées de vergetures. Celles-ci, d'un bleu translucide, sont certes fines, presque invisibles, mais elles sont là et Cersei ne peut faire comme si elle ne les voyaient pas. Ces pâles marques, associées à tout le reste, lui hurle une vérité qu'elle aurait aimé pouvoir ignorer : sa jeunesse s'est envolée. Peut-être n'est-elle pas encore réellement vieille, mais elle n'est plus vraiment jeune, et pour une femme, c'est déjà trop.

La blonde sait que ce moment était inévitable, que la fraîcheur de son adolescence ne pourrait demeurer intacte à jamais. Déjà, les regards se sont changés. Les yeux des hommes se posent toujours sur elle avec du désir et de l'appréciation, mais moins longtemps, moins souvent, car se tournent vers une autre femme qui apparaît alors dans leur champ de vision, plus jeune et plus belle qu'elle. Cersei voudrait alors les retenir, dire que ce sont pas quelques années qui ont altéré ça beauté, mais sait au fond d'elle qu'il n'en est rien.

Elle devrait simplement accepter cet état naturel des choses, mais comment y arriver lorsqu'on lui a appris toute sa vie qu'elle n'avait de valeur que pour sa beauté ?

Cette question tourne encore et encore dans sa tête, ne lui laisse aucun répit – ou presque.

Car il y a certains moments, lorsque Jaime embrasse son corps et que son regard embrumé de désir pour elle lui crie combien il l'aime, où ces questions s'effacent de son esprit. Ne restent plus que les mains de Jaime sur toutes ces parties d'elle qu'elle déteste mais que sous son toucher, elle se surprend à apprécier ne serait-ce qu'un peu. Lorsqu'il l'embrasse et lui murmure qu'elle est la plus belle femme du monde, Cersei le croit, et, même si ce n'est que pendant quelques instants seulement, elle se retrouve jeune et belle.