Petit mot de l'auteure : j'ai écrit cet OS pour la 135e nuit du FoF, sur le thème "Tabler".
Cet OS est une fiception de la merveilleuse fic de Black Angelis, My fire never goes out (i rise from ma scars) C'est un UA de la saison 8 où Cersei survit à la destruction de Port-Réal et où Tyrion, qui la trouve, s'enfuit avec elle de l'autre côté de la mer pour échapper à Daenerys, qui survit aussi dans cet UA. Et c'est genre... la meilleure fic du monde. Elle est trop bien écrite. Et le développement de la relation entre Tyrion et Cersei juste sublime. Si c'est pas clair : allez la lire !
Merci à Marina, Lassa, Angelica, Jess pour leurs review !
Comme toutes les nuits, Cersei était allongée à ses côtés.
Et comme toutes les nuits – ou presque – elle était réveillée.
Il n'avait même pas besoin de se tourner vers elle pour le savoir. Sa respiration avait été longuement tourmentée, avant de se faire plus régulière mais heurtée, ce qui signifiait qu'elle avait été en proie à un cauchemar qui avait fini par la tirer du sommeil. Un instant, Tyrion se demanda ce dont qu'elle avait bien pu voir dans ces mauvais rêves. Était-ce leur cher Jaime et la vision de son corps sans vie ? Ou bien Robert, et le poids qu'il lui avait imposé trop de fois ? Ou était-ce les fantômes que Cersei avait-elle même créé, venus la tourmenter ? Il ne le savait pas, et au fond, peu lui importait, car le résultat était de toute façon le même : Cersei et son corps parcourus de tremblements qu'elle ne parvenaient à contrôler.
Tyrion était bien embêté. Avant, il se serait régalé de voir sa sœur aussi tourmentée, presque... fragile, mais cela, c'était avant. Avant Port-Réal, avant les ruines et les cendres, avant cette fuite effrénée, avant la peur constante d'être rattrapé.
Et puis, bien sûr, avant leurs rapprochements timide.
Alors maintenant que Tyrion se trouvait face au corps anxieux de Cersei, il ne savait pas bien quoi en penser. Une partie n'oubliait pas les moqueries, les rejets, les coups bas et les coups fourrés – à vrai dire, il ne pourrait jamais vraiment l'oublier. Mais il ne pouvait pas non plus oublier les excuses, les papiers déchirés, les larmes séchées et cette promesse de survie, ensemble.
Alors, même s'il craignait toujours au fond de lui un rejet, Tyrion posa sa main dans celle de Cersei.
Comme toujours où elle était touchée, Cersei se tendit. Le cœur de Tyrion se pinça en voyant sa réaction – parce qu'après tout ce temps, elle ne parvenait pas totalement à lui faire confiance, mais surtout, pour les raisons qui avaient créées cette peur incontrôlée. Comme à chaque fois que les noms de Robert, Euron ou Gaelon Nargaris venaient danser devant ses yeux, ceux-ci se remplirent d'une haine viscérale, mais Tyrion se retint d'en montrer quoi que ce soit. En cet instant, Cersei avait besoin d'une présence rassurante, et non d'un frère remplis d'envie de vengeance envers des fantômes.
Alors il déserra sa prise sur Cersei, lui laissant l'espace pour respirer, si bien qu'au bout du compte, ce fut elle qui finit par raffermir l'étreinte. Après quelques minutes, sa respiration sembla se calmer. Pourtant, et c'était un fait qui déplaisait fortement à Tyrion, des larmes continuaient de couler de ses yeux.
Il ne savait jamais comment réagir face à cette vision qui lui paraissait parfois surréaliste – Cersei pleurer, cela lui avait longtemps paru impensable. Sa sœur était une garce, un monstre même, mais elle était forte, de cela il n'en avait jamais douté, même au plus profond de leur guerre fratricide. Mais ce temps où il ignorait les blessures de sa sœur appartenait lui aussi à cet avant qui était si lointain qu'il en venait parfois à ce demander s'il avait un jour existé. Mais c'était bie parce que cet « avant » était une réalité qu'il avait autant de mal à agir comme il le faudrait. Pourtant, il lui fallait bien faire quelque chose, bien qu'il ne sache pas exactement quoi.
Ce fut une nouvelle larme qui le conduisit à bouger.
C'était une larme normale, qui n'était pas si différentes de ses congénères qui continuaient de ruisseler sur les joues de Cersei. Mais ce fut la larme de trop, celle qui lui dit que décidément, il ne pouvait la laisser altérer les beaux traits de sa sœur.
Alors la main de Tyrion quitta celle de Cersei pour remonter vers sa joue. Il n'était pas bien sûr de savoir ce qu'il faisait. Tapie dans l'ombre de son cœur, prête à surgir, demeurait la peur de faire le pas de trop, de franchir la ligne fragile de leur rapprochement, et de conduire Cersei à sortir des griffes destinées à le blesser. Mais Tyrion décida de chasser cette peur et de tabler sur les pas qu'ils avaient effectués l'un vers l'autre.
Alors après quelques instants d'une hésitation muette, il posa sa main sur la joue de Cersei et commença à en essuyer doucement les larmes. Puis, voyant que ce n'était pas suffisant, il déposa un léger baiser sur celle ci.
Se faisant, il se demanda s'il venait de signer son arrêt de mort.
Mais lorsqu'il recula, il vit qu'un léger sourire étirait les lèvres jusque là tremblantes de Cersei.
Un jour, il y a bien longtemps, avant, Tyrion avait promis à Cersei que des cendres viendraient lui ôter son sourire. Mais alors que son vœu s'était finalement réalisé, incarné par la folie de Daenerys Targaryen, Tyrion se retrouvait à tout faire pour que ce sourire lui revienne. Tant et si bien qu'il sentait qu'il était peut-être temps d'officialiser ces changements.
- Je te promet de tout faire pour que tu sois heureuse.
Il avait murmuré cette phrase si bas qu'il n'était pas sûr que Cersei ne l'ai entendu. Mais après une minute, il l'entendit dire :
- Je te le promet aussi.
