Petit mot de l'auteure : j'ai écrit ce texte pour la roulette du 3 mai : un moment entre Jaime et Tyrion.
Merci à Marina, Angelica, House of the lion (x2) et Lit' pour leurs review !
- Tu n'es qu'un idiot, murmura Tyrion. Non. Je retire ce que j'ai dit. Idiot est trop gentil. Tu n'es qu'un abruti.
- Je sais, se contenta de répondre Jaime.
- Tu es un abruti et un connard de première.
Encore une fois, Jaime ne répondit qu'un « je sais » désolé – si tant est qu'il l'était vraiment. Tyrion n'en était pas vraiment sûr, tout comme il n'était pas tout à fait certain de vouloir lever cette incertitude. Pourtant, il demanda tout de même à son frère, toujours impassible à ses côtés :
- Tu le regrette ? D'être parti rejoindre Cersei ?
- Non.
Tout le monde veut la vérité, mais se plains lorsqu'on la lui sert, avait-il dit un jour. Son ton avait été dédaigneux à l'époque. Aujourd'hui, il comprenait mieux ceux qui se plaisaient dans l'ignorance. Celle-ci avait ses avantages.
- Tu l'as préféré à moi, finit-il par dire.
- Non.
- Si. Tu savais comment ça allait finir, et pourtant tu as foncé la rejoindre. Et moi... tu t'en fichais.
- C'est faux.
- Mais j'aurais dû m'y attendre, continua Tyrion sans prêter attention aux protestations de Jaime. Toute ces années, Cersei est passée avant.
- Tyrion, c'est faux.
- Si. Si. Tu avais deux choix : rejoindre Cersei et mourir, ou rester en vie avec moi. Le résultat parle de lui-même. Je ne compte pas. Je n'ai jamais compté, comparé à elle. Je...
- Tyrion !
Jaime avait haussé le ton. S'il avait pu, il aurait agrippé son frère pour le forcer à le regarder, mais en l'état actuel des choses, cette options était inenvisageable. Il espérait alors que la conviction de sa voix suffise.
- Je t'interdis de dire ça. De seulement le penser. Tu comptes pour moi. Plus que tout. J'ai simplement cru... tu l'as dit toi-même. Je suis un idiot. J'ai naïvement cru qu'on s'en sortirai. Mais... tout s'est effondré et... Je n'ai cessé de penser à toi à la fin. Je n'ai jamais cessé de penser à toi tous les temps où cela n'allait pas ; durant l'emprisonnement par les Stark, lorsque j'ai perdu ma main, lors de la grande guerre. L'idée de revoir Cersei m'a fait tenir, oui. Mais je voulais te retrouver tout autant qu'elle.
- Vraiment ? Murmura Tyrion, une fêlure dans la voix.
- Vraiment. Tu te rappelles Winterfell, juste avant que tu partes voir le mur ? Tu m'avais lu le premier chapitre d'un livre qui se trouvait dans la bibliothèque. Quand je voulais mourir... je me suis accroché à l'idée que si je restais en vie, tu pourrais me lire la suite. Dans la tente, tu m'as dit que sans moi, tu serais mort. L'inverse est vrai.
- Sauf qu'au final, tu es mort, fit remarquer amèrement le cadet.
- Oui. Certes. Mais mon point, c'est que... j'ai eu une belle vie, grâce à toi. Parce que tu m'as offert de précieux souvenirs auxquels m'accrocher.
- C'est ça que je suis censé faire, désormais ? Demanda alors Tyrion, des larmes dans les yeux. M'accrocher à des souvenirs de toi ?
Jaime prit une profonde inspiration avant de répondre :
- Oui. Il vaut mieux s'accrocher à des souvenirs qu'à un fantôme. Pour ton bien comme le mien, tu dois me laisser partir. Et j'espère que maintenant que tu sais combien je t'aimais, cela te sera plus facile.
- Facile non... mais peut-être plus faisable.
Tyrion lui offrit une tentative de sourire, à laquelle répondit Jaime, avant de s'évaporer.
