Petit mot de l'auteure : j'ai écrit ce texte pour la roulette du 5 mai : un moment entre Jaime et Kevan (oui le mois de mai c'est le mois de Jaime)
Merci à Fleur d'épine, Marina, Angelica et Plume (x3) pour leurs review !
Kevan ne pouvait pas faire comme s'il n'avait pas remarqué l'air sombre de Jaime. Il n'était guère étonné que son neveu soit d'humeur taciturne – sa mère avait disparu seulement deux mois plus tôt et le château entier était encore en deuil. En revanche, l'intensité de son regard le surpris. Ses yeux émeraudes étaient méfiants.
Pourtant, lorsqu'il était arrivé à Port-Réal, c'était un Jaime joyeux qui l'avait accueillit – dans la mesure où un tout fraîchement orphelin pouvait être joyeux, évidement. Mais il c'était jeté dans ses bras et lui avait offert un vrai sourire, rassurant Kevan : malgré tout, son neveu avait réussi à garder une part de sa bonne humeur. Cersei avait aussi semblé heureuse de le voir, bien qu'elle ne lui avait pas montré aussi expressément – Jaime avait toujours était plus expansif dans ses sentiments.
- Votre père n'est pas là ? Leur avait demandé Kevan.
- Il est en réunion. Alors il nous a chargé de vous accueillir, répondit pompeusement Cersei.
Kevan sourit en entendait l'air de sa nièce – si jeune, elle faisait déjà si noble !
- Je suis honoré d'être accueilli par vous, jeune lady. Et bien, puisque mon frère n'est pas encore disponible, peut-être pourrais-je rencontrer mon neveu en l'attendant ?
- Jaime est déjà ici, fit remarquer Cersei.
- Bien sûr. Je parlais de Tyrion.
- Ah... lui... lâcha sa nièce.
Jaime, lui, ne répondit rien mais Kevan put déceler une émotion qu'il n'avait alors jamais vu jusque là dans les yeux de son neveu : de la méfiance. Il finit toutefois par lui dire :
- Bien sûr. Je vais vous accompagner jusqu'à sa chambre.
Cersei, quant à elle, avait prétexté devoir se rendre à une leçon de couture.
Tout le temps de leur parcours dans le château, Jaime ne l'avait pas lâché des yeux. Il en avait été de même lorsqu'il avait ouvert la porte de la pouponnière et lorsqu'il s'était penché sur le berceau. Son deuxième neveu était réveillé, mais calme. Kevan put avoir confirmation de tous les bruits qui avaient circulé à son sujet : il était bien atteint de nanisme. Cette vision lui causa une certaine peine ; la vie pour les êtres différents n'étaient jamais aisée, mais il n'aurait de plus plus sa mère pour le soutenir. C'était pour cela qu'il lui fallait d'autant plus être un bon oncle pour lui.
Alors qu'il allait le prendre dans ses bras, Jaime cria un « Non ! » qui figea sur place Kevan.
- Pourquoi ne veux-tu pas que je le porte ? Lui demanda Kevan. Il supporte mal d'être pris dans les bras ?
- Ce n'est pas ça...
- Alors de quoi s'agit-il ?
Jaime se mordit la lèvre, hésitant à répondre. Kevan vint alors se mettre à sa hauteur :
- Tu peux tout me dire, tu le sais n'est-ce pas ? Alors que se passe-t-il ?
- Vous... vous n'allez pas le prendre pour le jeter par terre ? Finit par dire Jaime.
L'horreur de la question le laissa pantois un long moment.
- Bien sûr que non, le rassura-t-il une fois sa stupeur dépassée. Qu'est-ce qui te fait croire que je pourrais le faire ?
- J'ai entendu des servantes dire que Père est allé dehors pour jeter Tyrion dans la mer. Et Cersei pense que ce serait mieux qu'il tombe du berceau.
Son cœur manqua un arrêt en entendant les confidences de son neveu. Kevan se retint d'hurler de rage. Jaime venait de perdre sa mère. Et au lieu de le soutenir, Tywin avait voulu attenter à la vie de son fils, et laisser sa fille s'en prendre à lui. Ce n'était guère étonnant que Jaime ait été si méfiant lorsqu'il avait dit vouloir voir Tyrion...
- Je ne lui ferai jamais de mal. Je te le promets.
- Alors... vous non plus, vous ne pensez pas que c'est un monstre ? Demanda Jaime avec espoir. J'avais peur d'être le seul à ne pas le croire.
Pour toute réponse Kevan le prit dans ses bras pour le porter au-dessus du berceau.
- Regarde comme il sourit en te voyant. Ce n'est pas un monstre, ça. Et ça montre qu'il t'aime déjà. Ce qui n'est guère étonnant : tu es un magnifique grand-frère.
L'air de Jaime se détendit enfin. Kevan, lui, se fit une promesse : de non seulement veiller sur Tyrion, mais aussi sur Jaime. Ses deux neveux avaient besoin de lui.
