Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la 153e nuit du FoF sur le thème "découvrir"


Le baiser que lui donna Cersei fut le plus merveilleux d'entre tous.

Il n'était pas aussi grandiose que celui qu'ils avaient partagé sous le feu d'artifice de Castral Roc ni aussi tendrement maladroit que leur tout premier, mais il avait une saveur bien particulière : celle des retrouvailles ardemment attendues. Depuis que Cersei avait épousé Robert, ils avaient eu du mal à se voir. Le roi gardait en effet sa nouvelle femme constamment prêt de lui. Quand son mari la délaissait, la blonde était retenue par ses nouvelles obligations et par la cour qui bourdonnait autour d'elle. De ce fait, trois semaines étaient passées sans que les deux jumeaux ne puissent se retrouver.

Cersei avait néanmoins réussi à semer ses commères de demoiselles de compagnie et Jaime avait échangé son tour de garde. Une heure s'offrait alors à eux... Cette poignée de minutes leur paraissait bien peu comparées aux longues journées qu'ils avaient l'habitude de passer ensemble enfants, mais le lion comptait bien profiter de chacun des instants qu'ils pourraient partager.

Quand Cersei l'embrassa passionnément et qu'il put sentir ses vêtements chauds de désir, il comprit qu'elle avait les mêmes envies que lui.

Jaime entreprit alors de délester sa sœur de sa lourde robe mais celle-ci lui opposa une drôle de résistance. Étrange, songea-t-il, mais ne s'en préoccupa pas plus. Cersei avait peut-être envie de tenter l'expérience habillée. Il abandonna ainsi les lacets pour se concentrer sur le lobe d'oreille de la blonde. À en juger par la réponse de cette dernière, elle appréciait toujours autant que cette zone soit stimulée. Le lion continua ainsi ses baisers, avant de descendre dans le cou gracile.

Ce fut alors qu'il arrivait au début de l'épaule qu'il remarqua le premier bleu.

Il était si discret que Jaime n'y avait pas fait attention lors de son premier passage, mais maintenant qu'il avait le nez dessus... Il ne pouvait pas ne pas le remarquer.

- Qu'est-ce que tu t'es fait ? Interrogea-t-il, surpris.

Après tout, les bleus à cet endroit là n'étaient pas courant. Cersei commença à bredouiller ce qui ressemblait fort à une excuse, mais il ne l'écouta pas : son attention était rivée sur une morsure et un nouveau bleu que la manche de Cersei, impudemment relevée, laissait maintenant entrevoir. Une pierre tomba dans son estomac alors qu'il réalisait l'horreur de sa découverte.

- C'est lui ? Gronda-t-il.

- Jaime, je t'en prie, ce n'est vraiment rien, protesta faiblement Cersei.

- C'est lui ? Insista le blond.

Sa sœur ne dit rien, pourtant elle eu la plus éloquente des réponses : elle laissa couler une larme.

Jaime sentit alors une rage monter en lui.

- Je vais le tuer.

- N'en fait rien.

- Je découvre que cet immonde connard te frappe et tu veux que je ne fasse rien ? Je vais l'étriper et...

- Et après quoi ? Le coupa Cersei en reprenant de sa fermeté. Tu as déjà commis un Régicide, Jaime ! Ta tête ne tient plus qu'à un fil. Et si tu tues Robert, ce sera Stannis qui montera sur le trône. Tu crois vraiment qu'il te laissera la vie sauve ?

- Je me fiche de mourir !

- Mais moi non ! Hurla de désespoir Cersei. Je peux supporter les foudres de mon époux. Mais je n'arriverai pas à vivre sans toi. Alors je t'en supplie... reviens à la raison.

Elle s'approcha de lui pour le prendre dans ses bras et lui murmurer à l'oreille :

- S'il te plaît, ne meurs pas... Ne me laisse pas seule en ce monde. Promets le moi.

Comme si Jaime avait jamais pu refuser quoi que ce soit à sa belle...

- Je te le promets, jura-t-il.

Pour Cersei, il tiendrait sa promesse. Mais intérieurement, il sentait que Robert était parvenu ce que même Aerys n'avait pu réussir : il avait brisé, de la plus terrible des manières, la dernière miette de son innocence.