Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour un atelier de Neko, sur le prompt : "ne fait jamais rien contre ta conscience, même si l'état te le demande"


Toute sa vie, Jaime avait obéit aux ordres.

Pourquoi ne l'aurait il pas fait ? Comme son père le lui répétait sans cesse, il n'était qu'un enfant. Il devait obéissance à son Père, mais également aux nombreux précepteurs qui forgeaient son éducation. Tous agissaient pour son bien.

En rentrant dans l'adolescence, il avait continué de s'exécuter docilement. Il avait beau être Jaime Lannister, l'héritier de Castral Roc, il n'en demeurait pas moins un humble écuyer qui devait suivre les ordres de son chevalier. Après tout, il n'était qu'un novice, lui répétait on sans cesse. Plus tard, il serait en mesure de prendre ses propres décisions ; mais pour l'instant, il avait encore tout à apprendre du monde.

Quand "plus tard" était arrivé, Jaime n'avait pu goûter à la joie de suivre ses propres désirs. Sitôt fait chevalier, Aerys avait posé ses mains griffues sur son épaule pour ne plus jamais la lui lâcher. Ce qu'il voyait et entendait le répugnait, mais Aerys était le roi. Personne ne pouvait prétendre savoir mieux que lui ce qui était juste. Du moins, c'est ce que clamaient ses frères de la garde royale. Alors Jaime avait continué d'obéir.

Mais là, alors que Aerys lui ordonne de brûler Port Réal entière, il se fige. Il ne peut pas faire une chose pareille. Il entend la voix de son père, de ses maîtres, de ses chevaliers tous plus sages et plus âgés lui répéter qu'il n'est qu'un enfant et qu'il ne sait rien. Et peut-être est-ce le cas. Peut-être est-il dans l'erreur. Mais des flammes vertes sur la ville... cela lui semble impossible, quoi qu'en disent les fantômes de son éducation.

Alors il lève son épée et, sans un regard en arrière, transperce le monarque.

Il sait qu'il ne pourra jamais revenir en arrière. Mais cela lui convient. Il est prêt à en payer les conséquences.

S'il doit mourir traître, il préfère que cela soit pour avoir tué son roi plutôt que sa conscience.